Maxent (prononciation : ) est une commune française située dans le département d'Ille-et-Vilaine, en région Bretagne.
Géographie Situation thumb|left|Carte de Maxent et des communes avoisinantes.
Maxent est située au sud de la Forêt de Paimpont, à au sud-est du bourg de Paimpont, à l'ouest de Rennes et près de la voie express Rennes-Ploërmel-Lorient (RN 24).
Relief et hydrographie
Le finage communal, est traversé approximativement en son milieu par le Canut et limité au nord par la Chèze, deux affluents de rive droite du Meu et donc sous-affluents de la Vilaine, qui coulent ouest-est. Dans la partie sud-ouest de la commune le Ruisseau de Ropenard et celui des Vaults, qui coulent en direction du sud-ouest, sont des affluents de rive gauche de l'Aff, autre sous-affluent de la Vilaine.
Le Canut alimente le Grand Étang de la Musse, situé en partie en Baulon, et la Chèze par la retenue d'eau de Rennes IV.
Les deux retenues des barrages de la Chèze et du Canut (Rennes IV) ont été mises en service en 1976 pour contribuer à l'alimentation de Rennes en eau potable (l'eau est acheminée par une conduite souterraine jusqu'aux réservoirs de Villejean à Rennes) : elles s'étendent sur (dont sur la commune de Treffendel) pour une contenance totale de de m³..
Hydrographie
La commune est située dans le bassin Loire-Bretagne. Elle est drainée par le Canut, la Chèze, la Fontaine du Rozay, le ruisseau de Froquet, le ruisseau de Ropenard et le ruisseau des Landes de bovelle ruisseau des Vaults..
Le Canut, d'une longueur de , prend sa source dans la commune de Plélan-le-Grand et se jette dans la Vilaine à Saint-Senoux, après avoir traversé ..
La Chèze, d'une longueur de , prend sa source dans la commune de Plélan-le-Grand et se jette dans le Meu au niveau du Verger, après avoir traversé ..
vignette|centre|redresse=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique de MaxentLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés.. Deux plans d'eau complètent le réseau hydrographique : le plan d'eau du le barrage de la Chèze, d'une superficie totale de ( sur la commune) et l'étang de la Musse ()..
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique altéré, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Csb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais et sec.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique.. Parallèlement l'observatoire de l'environnement en Bretagne publie en 2020 un zonage climatique de la région Bretagne, s'appuyant sur des données de Météo-France de 2009. La commune est, selon ce zonage, dans la zone « Littoral doux », exposée à un climat venté avec des étés cléments.. Elle est en outre dans la zone H2a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune du Rheu à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... . Paysages et habitat
Urbanisme Typologie Au , Maxent est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Rennes, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de ou plus (hors Paris)...
Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d'occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (86,1 % en 2018), une proportion identique à celle de 1990 (86,1 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : zones agricoles hétérogènes (41,3 %), terres arables (39,6 %), forêts (11,6 %), prairies (5,2 %), eaux continentalesLes eaux continentales désignent toutes les eaux de surface, en général des eaux douces issues d'eau de pluie, qui se trouvent à l'intérieur des terres. (1,4 %), zones urbanisées (0,9 %).. L'évolution de l'occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
Toponymie Le nom de la localité est attesté sous les formes Schirio en 863Jean-Yves Le Moing : Les noms de lieux bretons de Haute Bretagne. Coop Breizh. 1990., Sanctus Maxentius en 866., basilicam Sancti Maccentii en 869 et 875Albert Dauzat et Charles Rostaing : Dictionnaire étymologique des noms de lieux en France. Librairie Larousse, 1963; Librairie Guénégaud, 1978., Macent en 1330, Mecent en 1382, Massant au .
Maxent est issu de Maxentius, saint abbé poitevin du .
Ne demeure que le nom propre sans référence à la religion. La chute du qualificatif, saint, s'est produite le plus souvent vers, et rarement avant, le (Maxent dès le ).
La forme bretonne normalisée donnée par l'Office public de la langue bretonne est Skirioù-Masen..
Dans une étude publiée en 1990, Jean-Yves Le Moing indique que 16,6 % des toponymes de la commune sont bretonsJean-Yves Le Moing, Les noms de lieux bretons de Haute-Bretagne, Coop Breizh, 1990, p. 371.
Histoire Préhistoire et Antiquité
Une hache armoricaine, plate, a été trouvée à Maxent et décrite par l'archéologue Jacques Briard..
Un gisement gallo-romain matérialisé par des tegulae, des briques, des tessons de céramiques a été retrouvé sur le territoire de la commune.
Moyen Âge vignette|175px|Église de Saint-Maxent. Sur la pelouse, c'est une ancienne église Saint-Sauveur. Vers 860, les moines de l'abbaye Saint-Sauveur de Redon demandent protection au roi de Bretagne Salomon, pour se protéger des incursions vikings. Le roi, qui possède une résidence (aula) à proximité de Maxent, leur fait construire un monastère richement doté sur le territoire actuel de la communeChartes du Cartulaire de l'abbaye Saint-Sauveur de Redon.. Ce monastère prend le nom de lorsque le roi Salomon fait déposer dans l'église du jeune monastère des reliques de saint Maxent, ce qui accroît la renommée du site, jusqu'à ce que le corps du saint soit finalement restitué à sa paroisse poitevine d'origine. La femme de Salomon, Wembrit, ainsi que l'un des fondateurs de l'abbaye Saint-Sauveur de Redon, Conwoïon, y sont également inhumés.
La renommée des lieux grandit rapidement : le monastère Saint-Sauveur de la paroisse de Plélan prend le nom de Saint-Maxent..
D'après la légende, la demeure de Salomon se situait à Maxent, à l'emplacement de la ferme du Prélouais, placée à l'entrée du Domaine des Hayes, côté bourg, en face de la conciergerie..
Temps modernes
Selon Dom Pierre Porcher., prieur et recteur de Maxent, dont la description est reprise par A. Marteville et P. Varin, le prieuré occupa la place de l'ancien monastère : « c'est un bâtiment assez vaste, aux toits aigus, reconstruit à la fin du . Son aspect témoigne encore de son ancienne importance seigneuriale ; mais l'église surtout mérite une description complète : elle est depuis la fondation sous l'invocation de saint Sauveur ; elle se compose d'une abside, d'une nef, d'un bas-côté au sud de la nef, et de deux chapelles, côté de la tour. La nef et le bas-côté, de style ogival dégénéré, ont été reconstruits à la fin du , et on voit encore dans les murs de la nef des parties anciennes qui se raccordent mal avec le nouveau mur. L'abside est d'architecture romane. Elle est entourée à l'extérieur par une galerie, espèce de crypte, très basse, voûtée en pierre et percée de quelques fenêtres très étroites, semblables à des meurtrières, qui ne laissent pénétrer qu'un faible jour. Dans la partie du nord, on voit un autel en pierre, très grossier ; celle du sud a été abattue presqu'entier pour faire place à une sacristie. (..) Tout, dans cette partie de l'église, annonce l'antiquité la plus reculée. Tout est lourd, massif et sans ornements. On croit que c'était dans ces caveaux que reposaient les corps de Salomon, de la reine Guenvret [Wenbrit] et de saint Convoyon. Les reliques de celui-ci furent portées à Redon, lorsque les moines y rentrèrent peu d'années après la fondation de Maxent, et elles y ont été conservées jusqu'en 1793, où l'impiété les détruisit »..
Pierre Porcher écrit aussi que les terres de Maxent ont toujours appartenu à l'abbaye de Redon depuis le et qu'au c'est encore le cas du fief de Maxent et que le prieuré de Maxent est baillé à un prieur nommé par l'abbé de Redon. ; il ajoute que « les paroissiens dudit lieu ont toujours depuis continué et continuent encore la sainte et louable coutume d'aller tous les ans solennellement au jour et fête de la très-sainte Trinité faire leur Procession […] à saint Sauveur en son Église de Redon, distante dudit Maxent de sept grandes lieues ». Pierre Porcher reconstruisit en partie en 1625-1626 la vieille église du qui avait déjà été agrandie le siècle précédent par l'adjonction de trois chapelles dédiées à saint Étienne, saint Fiacre et la troisième étant occupée par les fonts baptismaux.
Une confrérie du Rosaire était active à Maxent aux et si l'on en juge par la présence d'une chapelle du Rosaire (dans laquelle avaient lieu de nombreuses inhumations) dans l'ancienne église et du tableau du Rosaire du peintre rennais Piéfort, commandé en 1693, qui a été conservé. thumb|Carte de Cassini de la paroisse de Maxent et de ses environs (1785). Jean-Baptiste Ogée décrit ainsi Maxent en 1778 :
Le même auteur cite comme maisons nobles le Clos et la Chevollevais, disposant du droit de haute justice et appartenant à M. du Breil-HoussouxLe château du Breil-Houssoux est en Treffendel., le prieuré de Maxent, aussi haute justice et appartenant aux moines de Redon (qui possèdent aussi la moyenne justice de Redon-Maxent) ; Bois-Playant et le Clos-Loyer (moyenne justice).
Le manoir des Hayes, possédé depuis environ 1630 par la famille Gentil, est vendu en 1720 à Marc-Gabriel du Lys, comte de Beaucé ; cette famille le possède jusqu'en 1803, date à laquelle il devient la propriété de la famille de Poulpiquet du Halgouët et le reste jusqu'en 2011.
Révolution française R. Bellancy, recteur de Maxent, fait partie des signataires d'un texte publié le par le journal L'Ami du roi annonçant l'opposition des signataires à la Constitution civile du clergé.. Le thumb|left|Dessin représentant le bourg de Maxent en 1865. thumb|Plan cadastral du bourg de Maxent en 1823.