Messac est une ancienne commune française située dans le département d'Ille-et-Vilaine en région Bretagne. Elle a fusionné le avec Guipry pour former la commune de Guipry-Messac.

Géographie Situation La commune est située sur la rive gauche de la Vilaine. Elle fait face à celle de Guipry située sur la rive droite. Les deux bourgs sont reliés via un pont par les ports de Messac et de Guipry.

Messac et Grand-Fougeray ne sont pas limitrophes bien que leurs frontières ne soient séparées que d’une cinquantaine de mètres.

thumb|center|Carte de la commune de Messac et des communes avoisinantes.

Relief et hydrographie

Des inondations graves et fréquentes Le risque d'inondation est élevé à Guipry et Messac.. Les crues de la Vilaine provoquent des inondations fréquentes à Guipry et Messac : mesurés à l'écluse de Guipry, la crue des 27 et (une inondation s'était déjà produite 15 jours auparavant) a atteint un pic de crue record à 3,81 m (plus de 300 personnes ont dû être évacuées, 346 maisons inondées, le pont reliant Guipry et Messac submergé, le trafic ferroviaire interrompu pendant plusieurs jours.), effaçant la marque de celle du qui était à 3,58 m et ., celle du (3,41 m) et du (2,55 m). ; en remontant plus loin dans le temps, nombreuses furent aussi les nombreuses furent aussi les inondations : par exemple en 1772 de graves inondations détruisirent le pont reliant Guipry et Messac ; celles du et des 3 et ont aussi été très importantes.

Transports Voie routière

Voie ferroviaire

Voie fluviale Le trafic marchandises a cessé depuis la décennie 1970. Le port de plaisance de Guipry-Messac, avec une capacité de 90 emplacements, a été créé en 1979 ; il a été agrandi en 1991 et a désormais une capacité de 166 emplacements et est géré par le réseau "Le boat"..

Paysages et habitat Messac présente un paysage agraire traditionnel de bocage avec un habitat dispersé formé de nombreux écarts formés de hameaux et fermes isolées.

Le Bois de Bœuvres, au sud du château éponyme et de la commune, est le principal espace boisé. Toponymie Le nom de la localité est attesté sous les formes Metiacus en 843 sur une carte de RedonBulletin et mémoires, Volume 47, Société archéologique du département d'Ille-et-Vilaine, 1920, page XIV., Mezac en 1089, Mechac en 1279, Messacum en 1516.

Nom de domaine d'origine gallo-romaine metiacum formé sur le nom d'homme gaulois Metius et le suffixe de localisation –acum / -iacum (du gaulois –akon / -iakon), avec le sens général de « domaine de Métius ».

La terminaison en -ac et non en -é indique que le breton était parlé dans la commune au .

Le nom de la localité en gallo, la langue régionale locale, est Msa ou Meussa.

La forme bretonne normalisée donnée par l'Office public de la langue bretonne est MezegOffice public de la langue bretonne.

Dans une étude publiée en 1990, Jean-Yves Le Moing indique que 10,0 % des toponymes de la commune sont bretonsJean-Yves Le Moing, Les noms de lieux bretons de Haute-Bretagne, Coop Breizh, 1990, p. 372.

Histoire

Préhistoire Plusieurs vestiges de la Préhistoire sont visibles sur le territoire de la commune de Messac, notamment les menhirs des Grées et des dizaines de cupules datées du Néolithique et de l'Âge du Bronze aménagées sur des rochers de la Vilaine (village de Clédy, port de Messac), visibles en toutes saisons ou lors des basses eaux. Une allée couverte, située à 300m au nord est des menhirs des Grées, a été malheureusement détruite en 1970. Antiquité

Moyen-Âge Des vestiges très entamés d'une motte féodale se trouvent à Raulin sur la rive gauche de la Vilaine face à celle située sur l'autre rive à Baron en Guipry. Un gué dallé existait à cet endroit dans le lit de la Vilaine. À l'extrémité sud de la commune (à la limite de la commune actuelle de Sainte-Anne-sur-Vilaine) sur la rive gauche de la Vilaine, le lieu-dit "l'Ermitage", un rocher élevé et taillé à pic du côte du cours d'eau, correspond à la retraite de trois ou quatre cénobites. A. Marteville et P. Varin écrivent en 1843 qu'on y voit encore quelques murs d'enceinte et les murailles de l'habitation elle-même et qu'une carrière de phyllade est exploitée pour la reconstruction des écluses de la Vilaine..

En 843, la bataille de Messac voit la victoire de Renaud d'Herbauges sur les Bretons de Nominoë, alliés à Lambert de Nantes.. Messac est alors située aux confins du comté de Nantes et de l’évêché d'Aleth.

Au Moyen-Âge, les ports de Guipry et Messac connaissaient un trafic important, car ce double port était le terminus de la navigation (les bateaux étaient tirés par des hâleurs) sur la Vilaine et les marchandises venant de l'aval, notamment à destination de Rennes, y étaient déchargées pour être acheminées ensuite par voie terrestre ; le commerce du sel, venant principalement des marais salants de Guérande, était déchargé sur place et emmagasiné dans les salorgesEntrepôts de sel. des négociants locaux. Il est ensuite vendu à des marchands de sel (sauniers), qui le distribuent aux habitants de la région, ou acheminé, sous contrôle, sur les greniers à sel des provinces limitrophes de la Bretagne (Anjou et Maine), où se pratiquait la gabelle (la Bretagne en était exempte), la contrebande effectuée par les faux-sauniers étant également importante ; une caserne de gabelousGendarmes chargés de la surveillance du commerce du sel. existait au port de Guipry. ; des toponymes comme Le Sel-de-Bretagne et Saulnières gardent le souvenir de ce « chemin des Saulniers » partant de Guipry et Messac en direction de ces deux provinces..

Jean-Baptiste Ogée indique comme maisons nobles en 1400 Beaumont (au seigneur de Châteaugiron), Messac (à Jean de la Chapelle), Chartes (à Jean Giffart), Coasquen (à Éon du Hardat) et Baudouin (à Pierre Giffart) ; en 1480 un autre Jean de la Chapelle possède le château de Bœuvres ; les seigneurs de Bœuvres avaient un droit très ancien sur les aubergistes de Bain..

Temps modernes Michel-Vincent Cawiezel, prêtre irlandais venu jeune en Bretagne et pourvu le de la cure de Messac où il mourut le fut dès 1741 le premier cultivateur de pommes de terre en Bretagne, bien avant que Parmentier n'en démontre l'innocuité en 1779 et donc en favorise la culture.. thumb|300px|Port de Guipry (et Messac) en 1543. La construction au d'écluses en amont de Guipry et Messac, permettant désormais aux bateaux de remonter la Vilaine jusqu'à Rennes entraîna un déclin des ports de ces deux localités, qui s'aggrava à la fin du , les États de Bretagne engageant en 1784 d'importants travaux effectués par le régiment de Penthièvre (reconstruction de l'écluse du port, construction d'un canal d'accès à cette écluse, construction de l'écluse de Mâlon, aménagement du chemin de halage au niveau de la Corbinière). thumb|Carte de Cassini des paroisses de Guipry et Messac (1786). Jean-Baptiste Ogée décrit ainsi Messac en 1778 :

Jean-Baptiste Ogée précise aussi que la seigneurie de Bœuvres qui appartient alors à Jean-Baptiste de Pontcarré de Viarmes [décédé en 1775], dispose des haute, moyenne et basse justice et que la commanderie de l'Ordre de Malte dispose aussi d'une haute justice, qui ressortit à Rennes.

Se trouvaient à Messac des possessions du marquisat de la Marzelière (situé en Bain) et les terres nobles de Bœuvres, du Hardatz, du Vautenet, de la Pommeraye, de la Beucherais..

Révolution française L'assemblée du général de la paroisse de Messac en vue de la préparation des États généraux de 1789 se tint le (une réunion s'était déjà tenue le ) en présence de 13 paroissiens sous la présidence de Nicolas Frétaud de la MarchandaisNicolas Frétaud de la Marchandais, né le à Lavau (Loire-Atlantique), décédé le à Bain-de-Bretagne., sénéchal et seul juge de la juridiction de la Marzellière et Bain. Julien Levaillant et Louis Jouadé furent choisis comme députés pour représenter la paroisse à l'assemblée du tiers-état de la sénéchaussée. Un cahier de doléances fut rédigé. Mais les paroissiens, mécontents de la manière dont cette réunion s'était tenue et du procès-verbal qui en avait été fait, se réunirent à nouveau, plus nombreux (54 paroissiens sachant signer et 300 autres déclarant ne savoir signer) au domicile et sous la présidence de Julien Fredel (de la Rondelais), et approuvèrent un nouveau cahier de doléances, plus revendicatif, copié sur celui de Saint-Senoux ; ils choisirent aussi deux autres députés pour les représenter : Pierre GuiheuxPierre Guiheux, né le à Guipry, décédé le à Messac. (de Tréguer) et Augustin DuvalAugustin Duval, baptisé le à Messac, décédé le à Messac. (du port de Messac)..

La population de la commune est favorable aux changements apportés par la Révolution française, surtout après la fin de la Terreur. La principale fête révolutionnaire est celle célébrant l’anniversaire de l’exécution de Louis XVI, accompagnée d’un serment de haine à la royauté et à l’anarchie, fêtée à partir de 1795. La fondation de la République est aussi fêtée tous les ansDubreuil, Fêtes, .

Anne-Joseph Guérin fut pourvu de la cure de Messac le (il succède à Michel-Vincent Cawiezel) ; prêtre réfractaire, il s'exila en Espagne en 1793 ; il redevint recteur de Messac après le Concordat en 1803 et mourut le âgé de 74 ans..

Le Un nouveau pont (à péage jusqu'en 1860) permettent le franchissement de la Vilaine, remplaçant celui détruit par l'inondation de 1772, est mis en service en 1837 et la ligne de chemin de fer entre Rennes et Redon en 1862.

La Noë-Blanche a été une trève de Messac, érigée en paroisse le , et dès 1852 elle devient indépendante par démembrement de la commune de Messac. « La commune de Messac (..) a une superficie de hectares, qui se divise en deux sections bien distinctes : Messac, dont le bourg, placé à l'une des extrémités est le chef-lieu, et la Noë-Blanche qui forme l'autre extrémité de la commune. Il en résulte que cette dernière, composée de plusieurs villages, est dans des conditions très défavorables pour ses relations avec son chef-lieu dont elle est éloignée de 7 à 11 kilomètres. La section de la Noé-Blanche a déjà une succursale et une maison d'école qui réunit quatre-vingts enfants ; elle aura hectares et 800 âmes de population ; elle demande aujourd'hui que l'on complète ces avantages en l'érigeant en commune distincte (..) ». thumb|300px|Plan cadastral de Messac datant de 1838. A. Marteville et P. Varin, continuateurs d'Ogée, décrivent ainsi Messac en 1853 :

Le

La Belle Époque En , en vertu de la loi sur les congrégations, le conseil municipal de Messac donne un avis favorable à la poursuite de l'activité des Frères de l'instruction chrétienne de Ploërmel, qui enseignaient dans la commune depuis 65 ans..

Des épidémies de fièvre typhoïde et de rougeole survinrent à Guipry et Messac en ..

Le est mis en service le tronçon Messac-Ploërmel de la ligne de chemin de fer de Châteaubriant à Ploërmel, à voie métrique et voie unique ; elle dessert les gares de Guipry, Pipriac-Lohéac, Maure, Brulais, Guer, Port-Sec de Porcaro et Augan.. Messac à la Belle Époque

Des fêtes nautiques étaient organisées chaque année, associant les deux communes de Messac et Guipry : celles du par exemple connurent une forte affluence.. Celles organisées le également: parmi les bateaux qui défilèrent, la Mouette, une reconstitution d'un bateau revenant du Pôle nord « tout chargé de glace, ayant à son bord des Esquimaux capturés dans le pays [sic], des oiseaux et des bêtes fauves de toute sorte ». Le curé de Messac, Perroteau, s'opposa à ces fêtes : en 1906, il refusa l'absolution aux jeunes filles ayant participé au défilé (dont le thème était "Noce bretonne" ; en 1907 il imposa comme pénitence aux jeunes filles venant se confesser pour le 15 août de ne pas assister aux fêtes et fit faire des prières aux enfants de l'école libre pour qu'il pleuve le jour des fêtes..

La Première Guerre mondiale