LÉcole des mousses (autrefois constituante avec l'École de maistrance pont des « Écoles préparatoires du Pont ») est une école militaire française de la Marine nationale située à Brest.

L'histoire de l'École des mousses Les origines Une ordonnance du réorganise le corps des équipages de ligne, elle prévoit notamment l'incorporation de jeunes garçons de 12 à 14 ans, enfants de marins, de pupilles de la Nation ou ouvriers de marine, dont la seule condition d'engagement est d'être « sain de corps et vacciné » ; les parents s'engagent à ne pas les retirer avant l'âge de 18 ans, sous peine de rembourser les frais de leur instruction et de leur entretien.

L'ordonnance du structure la formation des mousses., en fixant le programme d'instruction. Les deux compagnies de Brest et Toulon se composent chacune d'une centaine de mousses, celle de Rochefort de soixante, celle de Cherbourg et Lorient de cinquante. Pour leur instruction, ils suivent, avec les apprentis marins les leçons de lecture, d'écriture et de calcul organisées alors pour tout le personnel des équipages de ligne, ainsi qu'une formation professionnelle (maritime et militaire). Les mousses participent avec leur compagnie à l'armement des corvettes, des frégates ou des vaisseaux. À 16 ans, ils peuvent continuer leur formation en tant qu'apprentis marins en contractant un engagement volontaire ; à défaut, ils peuvent être gardés dans les compagnies jusqu'à 18 ans. Certains estiment que la création de ces compagnies de mousses résulte en grande partie d'un motif humaniste.

Le est créée la de mousses de Brest sous le commandement du lieutenant de vaisseau Le Borgne. D'un effectif de 100 mousses, elle est installée à La Cayenne (caserne des marins) à Recouvrance avec l'équipage de ligne. Plus tard, le , une de mousses est formée dans ce port sous le commandement du lieutenant de vaisseau Magre. Cette compagnie est installée aux Capucins, couvent construit à partir de 1695 sur les terrains qu'occupent actuellement les ateliers des machines de l'arsenal. Ce couvent, attribué à la Marine en 1801, a servi de casernement à l'école des apprentis canonniers.

En 1835, les compagnies de mousses de Rochefort et Lorient sont supprimées en même temps que les équipages de ligne de ces ports. Deux autres compagnies voient le jour à Toulon.

La création officielle de l'École des mousses C'est un décret de Napoléon III, du , qui fonde l'École des mousses., en retirant les mousses des équipages de ligne et en les regroupant tous sur un navire école. Le premier de la série sera la frégate Thétis, avec laquelle le comte Louis Antoine de Bougainville avait fait sa circumnavigation.

Les vaisseaux école de l’École des mousses Avant la création officielle de l'école, les mousses embarquent sur le brick Lyonnaise en 1835, suivi de la corvette La Moselle, renommée L'Abondance de 1835 à 1850. Il y aura ensuite : la Thétis de 1856 à 1861 ; L'Inflexible de 1861 à 1876 ; l'Austerlitz de 1876 à 1894 ; le Bretagne III de 1894 à 1909 ; le Mytho, rebaptisé Bretagne en 1909 puis Armorique en 1912. Il se crée alors un « groupe Armorique » avec des navires annexes : le Magellan annexe de 1908 à 1923, le Montcalm, renommé le Tremintin le de 1925 à 1940, le Jean Bart, renommé l'Océan de 1940 à 1944.

Durant la Première Guerre mondiale, les mousses et leur encadrement intègrent la première brigade de fusiliers marins. Engagés dans la bataille de Dixmude, beaucoup y périssent.

L'Armorique reste École des mousses jusqu'en 1940, mais alors que les troupes allemandes approchent, les mousses embarquent en catastrophe sur le cuirassé Paris pour un périple passant par l'Angleterre, le Maroc, l'Algérie puis Toulon, où ils se regroupent à bord de l'Océan.

L'École des mousses à terre À la Libération, mission est confiée au capitaine de frégate Paul Le Coz (lui-même fils de mousse, Jean-Louis Le Coz, né en 1862, qui terminera sa carrière comme officier principal des équipages) de réorganiser l'École des mousses et celle de maistrance pont sur le site du château du Dourdy, à Loctudy, dans le Finistère sud.

En septembre 1960, l'école revient à Brest et occupe les bâtiments de l'ancienne École navale, dans le quartier de Saint-Pierre-Quilbignon. Le recrutement se fait dans la France entière. Pour postuler, il faut posséder le certificat d'études primaires ou le niveau de sortie d’une classe de quatrième ou de troisième. Les dossiers sont examinés par une commission. Les candidats subissent des examens médicaux, psychologiques et scolaires.

L'école compte alors trois compagnies de 180 mousses chacune, composée de 6 sections de 30 mousses, encadrées par 6 seconds maîtres chefs de section. Une section comprend deux escouades. Le capitaine de compagnie, un lieutenant de vaisseau, est assisté par un maître principal, adjudant de compagnie et un premier maître chargé de la planification des cours. La , moins nombreuse, appelée aussi CPM (cours préparatoire à maistrance), prépare les mousses les plus capables et motivés à être admis à l'École de maistrance.

Une promotion dure 10 mois, de septembre à juin, sensiblement équivalente à la durée d'une année scolaire avec normalement l'obtention du diplôme national du brevet pour les élèves qui ne le posséderaient pas préalablement à leur admission.

À leur incorporation, les élèves contractent un engagement dans la Marine de cinq ans à compter de leur sortie de l'école. La moitié du temps est consacrée à la formation militaire, maritime, sécurité et sportive, complétée par des sorties à la mer sur les bâtiments de la Marine nationale (Belle Poule, l'Étoile, le Mutin, l'Hortensia et l'Œillet). L'autre moitié du temps est réservé aux études scolaires avec des enseignants civils détachés par l'Éducation nationale.

Créée en 1834, l'École des mousses ferme ses portes le , après 154 ans. L'enseignement n'était en effet plus adapté aux récentes évolutions technologiques du monde militaire. Une évocation historique de la prestigieuse école est lue par leur dernier directeur.

Son drapeau, remis le à Brest des mains du délégué du ministre des Armées, est confié à la fermeture de l'école en 1988 à la garde de l'École de maistrance. Le drapeau de l'École des mousses est titulaire de la croix de la Légion d'honneur, des croix de guerre 1914-1918, 1939-1945 et TOE (Théâtres d'opérations extérieurs).

La renaissance de l’École des mousses En , l'École des mousses renaît. Elle accueille une nouvelle promotion à Brest. 150 mousses y suivent une formation de 10 mois, dans le but de se voir proposer un engagement en fin de scolarité. Le , l'École des mousses récupère la garde de son drapeau. Honorant cette cérémonie de sa présence, c'est le contre-amiral Hervé Vautier, entré à l'École des mousses le , qui remet le prestigieux drapeau à sa garde d'honneur.

L'actuelle école a pour mission de former des jeunes engagés de 16 à 18 ans et d'un niveau de classe de troisième pour qu'à la fin de cette formation, les mousses puissent suivre une formation élémentaire d'un métier qui leur permettra d'intégrer l'équipage d'un bâtiment ou d'une base à terre. L'école leur permet d'acquérir des qualités et des valeurs morales, une bonne condition physique et un niveau scolaire suffisant pour leur permettre d'envisager de faire carrière dans la Marine nationale.

Le , l'École des mousses ouvre le traditionnel défilé sur les Champs-Élysées. Son parrain est alors l'acteur Bernard Giraudeau, qui meurt trois jours plus tard.

En , une troisième compagnie de mousses est formée à Cherbourg ., afin de porter les effectifs à 220, et former davantage de mousses aux spécialités de la restauration. Elle reçoit son fanion le des mains du chef d’État-Major de la Marine, l'amiral Christophe Prazuck. À la rentrée 2023-2024, cette compagnie de mousses quitte Cherbourg pour rejoindre Brest, et fusionne avec les 2 compagnies déjà présentes au Centre d'Instruction naval, portant à 248 le nombre de mousses.

La formation d'aujourd'hui La formation dure 10 mois, de septembre à juin. Les mousses sont répartis en deux compagnies et 8 sections.

Une section, regroupant entre 25 et 30 mousses, est encadrée par un second maître, chef de section.

Elle est structurée en trois temps : un premier mois d'incorporation et d'intégration, où les mousses font leurs classes ; un tronc commun de 6 mois ; une voie d'approfondissement métier de 8 semaines.

Le tronc commun Les deux premiers trimestres sont consacrés à un tronc commun pendant lequel les mousses vont suivre : des cours académiques : anglais, français, mathématiques, histoire et géographie ; une formation maritime : manœuvre et navigation, sécurité incendie, compartimentage... ; une formation militaire : ordre serré, instruction au tir d'armes légères, aguerrissement. En parallèle, ils embarqueront sur des voiliers de tradition de la marine (La Grande Hermine, le Mutin, l’Étoile et la Belle Poule) et du patrimoine maritime français (Belem, Étoile Molène, Le Renard), et visiteront de nombreuses unités de la marine (navires de guerre, sous-marins, bases aéronavales) pour découvrir les différents métiers qui leur sont ouverts.

La voie d'approfondissement métier À l'issue de ces deux trimestres, ils sont ensuite orientés dans une voie d'approfondissement les menant à l'un des métiers suivants : Matelot Restauration (MoRestau) ; Matelot Fusilier-Marin (MoFusil) ; Matelot Opérations Systèmes de Combat (MoSDC) ; Matelot Maintenance Aéronautique (MoMaintae) ; Matelot Machine (MoMach) ; Matelot Pont (MoPont) ; Matelot Pont d'envol (MoPontvol) ; Matelot Système d'Informations et de Télécommunication (MoSIC) ; Marin pompier (Marpo) ; Secrétaire (Mo Bureau) ; Opérateur sécurité navire (SecNav) ; Guetteur-Sémaphorique ;

Cette orientation se fait aux résultats, en fonction des desiderata émis par les mousses, et des besoins de la marine nationale.

Les traditions de l’École des mousses La devise La devise de l'école des mousses est Mousse sois toujours vaillant et loyal.

Le drapeau Le drapeau est l’emblème qui symbolise à la fois la patrie et la personnalité morale de l’école des mousses. Il est le témoin de la gloire et des traditions de l'école. C'est le , par décision ministérielle d'Alain Poher, secrétaire d’État à la Marine, que l'École des mousses s’est vu attribuer son drapeau. Il lui a été remis le à Brest, rue de Siam, par M. Le Bigot, délégué ministériel à la Marine. À la fermeture de l'école, en 1989, il a été remis à la garde de l'École de maistrance. En 2009, le ministre de la Défense, Hervé Morin, restitue aux mousses leur drapeau, lors de l'inauguration de la réouverture de leur école. et remet à l'École de maistrance son propre drapeau.

Ce drapeau porte sur son avers « École des mousses » et sur son revers « Honneur et Patrie ». Il arbore les décorations que l'école s'est vu décerner pour les actes de bravoure des mousses : La Légion d’honneur, que l'école des mousses s'est vu attribuer par décret du , La croix de guerre 1914-1918, remise le avec la citation suivante à l’ordre de l’armée : « L’école des apprentis marins de Brest a formé de nombreux contingents de marins dont l’esprit de devoir et de sacrifice s’est hautement manifesté soit à terre, soit à bord, au cours de la guerre de 1914-1918. » La croix de guerre 1939-1945, remise le dont la citation à l’ordre de l’armée de mer est ainsi rédigée : « École de haute valeur maritime et militaire, a formé des générations de marins dont le courage, la discipline et le dévouement ont fait honneur aux traditions de la marine pendant la guerre 1939-1945 » La croix de guerre des théâtres d’opérations extérieurs, remise le avec la citation ci- après : « l’École des mousses a fourni à la marine une élite de marins de carrière dont l’esprit de devoir et de sacrifice n’a cessé de se manifester au combat sur les théâtres d’opérations extérieurs ».