Le Pardon est un film documentaire québécois réalisé par Denis Boivin, sorti en 1992.

Le film met l'accent sur le pardon que deux parents ont accordé à deux individus qui ont violé et assassiné leur fille en .

Synopsis Le , Chantal Dupont, 15 ans, et son ami Maurice Marcil, 14 ans, reviennent d'un spectacle de Gérard Lenorman sur l'île Sainte-Hélène et se dirigent vers leurs domiciles à Longueuil. Ils prennent le pont Jacques-Cartier où les attendent deux délinquants, Normand Guérin et Gilles Pimparé. Ils les emmènent de force sous le pont sur une poutre, leur volent leur argent (). Ils violent Chantal Dupont puis jettent les deux enfants en bas du pont. On les retrouvera noyés dans le fleuve Saint-Laurent une dizaine de jours plus tard. Pimparé et Guérin ne tardent pas à être appréhendés{https://www.journaldemontreal.com/2023/12/01/vrai-une-serie-sur-leffroyable-meurtre-de-deux-ados-jetes-en-bas-du-pont-jacques-cartier Vrai: une série sur l'effroyable meurtre de deux ados jetés en bas du pont Jacques-Cartier}.

Le film débute par une interview du journaliste Claude Poirier qui nous fait entendre sur cassette le témoignage de Normand Guérin sur le drame le jour de son arrestation. Poirier continue en disant qu'il n'a aucune pitié envers de tels criminels. , déclare-t-il en parlant de Maurice Marcil et de Chantal Dupont. Il dit également : .

Le père de Maurice Marcil témoigne ensuite. Ses premiers sentiments, dit-il, ont été la douleur et la rage. Il déclare avoir mis en cause le système de libération conditionnelle. Il blâme le gouvernement fédéral, propriétaire du pont Jacques-Cartier. critique-t-il. Il aborde ensuite le sujet du pardon accordé par la famille Dupont. Le pardon, pour lui, de la part des criminels. Il ne croit pas être capable de pardonner. Il conclut : car les souvenirs demeurent.

Le nouveau témoin est ensuite Sylvie Dupont, la sœur de Chantal, entrée dix ans après le drame chez les Petites sœurs de Nazareth. Dans le film, elle fait son dernier témoignage public avant son entrée officielle. Elle raconte alors la soirée du , alors qu'elle était allée avec Chantal et quelques-uns de leurs amis à un spectacle de Gérard Lenorman à Terre des Hommes. Chantal et Maurice avaient alors décidé de revenir chez eux avant les autres car le spectacle ne les intéressait pas. Elle ne les a jamais revus. À propos des criminels, elle déclare : .

Nous passons ensuite au témoignage du père et de la mère de Chantal Dupont. Ceux-ci ont passé au travers de la tragédie grâce à la religion. Les jours qui ont suivi la disparition de Chantal, ils ont lu des chapitres de la Bible, tel le sacrifice d'Abraham. Comme Abraham, qui a décidé d'offrir son fils au Seigneur, eux ont décidé d'offrir leur fille au Seigneur. Ils ont de même pensé à Maria Goretti qui a pardonné à son agresseur. C'est la première phase de leur pardon vis-à-vis les meurtriers de leur fille.

Le frère et la mère de Normand Guérin, l'un des assassins, sont ensuite interrogés. Le frère jumeau déclare avoir eu également des problèmes avec la justice. , déclare-t-il. La mère, elle, est étonnée du courage des parents Dupont.

Il y a également l'interview de Normand Guérin lui-même, en prison, qui tente de se réhabiliter en faisant de la peinture. . Comme sa mère, il semble éberlué par le fait que les parents Dupont lui aient pardonné.

La scène finale se déroule au pénitencier de Port-Cartier. Le père et la mère de Chantal Dupont prennent dans leurs bras un Normand Guérin visiblement ému. Les Dupont voient ce jour comme . Ils ont offert leur fille au Seigneur en pardonnant à son assassin.

Fiche technique Réalisation : Denis Boivin Production : Production de Films Dionysos Recherche et entrevue : Jean-Marie Ladouceur Script : Jo Lessard Montage : Claude Roshen Musique : Daniel Bernatchez Durée : 56 minutes

Autour du film L'autre assassin, Gilles Pimparé, n'a jamais voulu rien savoir des parents Dupont. Le financement du film a été très difficile. Les différents paliers de gouvernement n'ont pas voulu donner de subventions. Finalement, c'est un vendeur de voitures de Québec, Giguère Automobiles, qui a assumé le financement. Les télévisions d'État (Radio-Canada, Radio-Québec) et le réseau TVA n'étaient pas intéressés par le projet. Finalement, c'est Télévision Quatre-Saisons qui a télédiffusé le film le . En 2024, les deux assassins sont toujours en prison.

Prix et nominations Festival international de Tours Grand Prix Henri-Langlois de la presse Prix pour le meilleur Grand Reportage

Prix Can-Pro pour le meilleur documentaire télédiffusé sur les réseaux canadiens en 1992.

Deux nominations aux Prix Gémeaux 1993 meilleur montage, documentaires toutes catégories meilleure réalisation d'auteur

Notes et références

Liens externes

La Rage dans la Presse

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