Le traité de Paris de 1898 signé entre l'Espagne et les États-Unis le met fin officiellement à la guerre hispano-américaine. Il est ratifié par le Sénat américain le ...
Contexte
La guerre hispano-américaine, commencée le , à la suite d'une « escalade » des différends opposant les États-Unis et l'Espagne, s'achève le avec les négociations du traité de Paris, qui marque la perte par l'Espagne de ce qui lui restait de son empire d'outre-mer..
Depuis les années 1890, l'isolationnisme américain venant de la doctrine Monroe perd en intensité. Les États-Unis cherchent à ouvrir de nouveaux marchés dans une idée d'expansion économique, comme avec Cuba qu'ils déclarent soutenir officiellement dans sa volonté d'indépendance en 1896.
Contenu du traité
Ratification du traité La ratification du traité a fait l'objet d'un certain nombre d'objections, tant en Espagne qu'aux États-Unis :
En Espagne vignette|redresse| La reine régente Marie-Christine d'Autriche, signataire pour l'Espagne du traité de Paris. Bien que les Cortes aient refusé de ratifier le traité, la reine régente Marie-Christine d'Autriche le signa néanmoins, ce à quoi l'autorisait une clause de la Constitution espagnole d'alors.
Aux États-Unis vignette|redresse| Le sénateur républicain , fermement opposé à la ratification du traité. Plusieurs écoles de pensée se sont affrontées au sujet de la ratification de ce traité au Sénat des États-Unis, en relation avec la naissance d'un impérialisme américain..
Du côté des républicains, on était généralement favorable à la ratification ; parmi les opposants républicains, certains s'opposaient spécifiquement à la clause concernant l'acquisition des Philippines.
Les démocrates étaient eux aussi généralement en faveur de la ratification, en particulier au Sud. Une minorité de démocrates étaient également favorables au traité, d'une part pour mettre fin à la guerre et de l'autre pour accorder leur indépendance aux Philippines et à Cuba.
Les sénateurs (républicain) et George Graham Vest (démocrate) étaient résolument opposés au traité, le premier affirmant que .
Certains des opposants au traité affirmaient que celui-ci conduisait les États-Unis vers la constitution d'un empire, violant ainsi les fondations mêmes de la Constitution des États-Unis : ils soutenaient en effet que ni le Congrès ni le Président n'avaient le pouvoir d'imposer des lois à des peuples colonisés qui n'étaient pas représentés par des législateurs. Les partisans de l'expansion et donc du traité soutenaient, de leur côté, que la Constitution des États-Unis ne s'appliquaient qu'aux seuls citoyens des États-Unis ; la Cour suprême confirma plus tard cette opinion lors des de 1901.
Le traité a finalement été ratifié le , par 57 voix contre 27, soit par une voix seulement de plus que la majorité des deux tiers qui était requise..
La législation américaine qui suit ce traité aboutit à créer un ensemble de particularités relatives à la citoyenneté des habitants de Porto Rico. Le de 1900 dispose que les sujets espagnols nés à Porto Rico avant le deviennent des citoyens de Porto Rico. Puis, le de 1917 fait d'eux des citoyens des États-Unis sans supprimer la citoyenneté de Porto Rico, créant ainsi une situation complexe où coexistent deux nationalités..
Clauses territoriales Elle se conclut par la perte par l'Espagne de : Ses dernières colonies de l'empire espagnol d'Amérique. Indépendance de Cuba (dans les faits instauration d'un protectorat américain avec l'amendement Platt) ; Cuba cédera rapidement à perpétuité l'enclave de Guantanamo.. Cession de Porto Rico aux États-Unis. Ses principales colonies du Pacifique (le reste est perdu un an plus tard au profit de l'Allemagne avec le traité germano-espagnol de 1899). Cession des Philippines (contre 20 millions de dollars) et de Guam aux États-Unis.
Le traité marque le début du pouvoir « colonial » des États-Unis avec l'extension de leur zone d'influence dans le bassin Caraïbes, en Amérique centrale et dans le Pacifique. Les relations difficiles entre les deux côtes américaines pendant le conflit accélèrent le projet du canal de Panama par le président William McKinley.
Réactions
Aux Philippines où la république venait tout juste d'être instaurée, les nouvelles du traité firent scandales, car l'on y considérait toujours les États-Unis comme des alliés. En réalité, l'administration américaine refusa de reconnaître l'indépendance de la jeune république et de discuter avec Felipe Agoncillo, le représentant philippin à Paris., préférant prendre possession de la colonie..
Notes et références
Annexes Article connexe Guerre hispano-américaine
Lien externe Texte du traité, sur le site de l'université de Perpignan.
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