vignette|La nouvelle mosquée cathédrale de Moscou en Russie, plus grande mosquée d'Europe. vignette|250px|Salle de prière de la grande mosquée de Kairouan, en Tunisie.

vignette|250x250px|Mosquée de Goudermes en Tchétchénie.

vignette|270x270px|Mosquée centrale de Cologne en Allemagne.

vignette|270x270px|Mosquée neuve située dans le quartier d'Eminönü à Istanbul en Turquie.

vignette|250x250px|Mosquée à Kota Kinabalu en Malaisie.

vignette|250x250px|La mosquée du Chah vue depuis le balcon du Palais Ali Qapu.

Une mosquée est un lieu de culte où se rassemble la communauté musulmane pour les prières communes. Il s'agit du type de monument culturel le plus caractéristique de l'islam.

On ne trouve pas de règle définie dans le Coran sur ce que devrait être le lieu pour prier Allah, à l'exception de la qibla, à savoir la direction vers laquelle doit se tourner le fidèle pour accomplir la prière rituelle. L’ensemble architectural qui s'est développé au cours de l'histoire est en général flanqué d’une ou plusieurs tours appelées minarets, dont le nombre n'est pas limité. La salle de prière est souvent surmontée, complètement ou partiellement, par un dôme. C’est du haut d’un des minarets que le muezzin (mouadh-dhin) appelle à la prière au cours de l’adhan.

Une mosquée est plus qu’un lieu de culte ; elle sert d'institution sociale et éducative : elle peut, ainsi, être accompagnée d’une madrasa, d'une bibliothèque, d’un centre de formation, voire d’une université. Elle sert aussi de lieu de rencontres et d’échanges sociaux. Par ailleurs, les mosquées jouent parfois un rôle politique important, lié aux jeux d'influence des gouvernements qui sponsorisent des mosquées, dans leur pays et à l'étranger, et aussi aux liens de certaines mosquées avec diverses formes de radicalisation (islamisme).

Le modèle initial de la mosquée trouve sans doute ses sources dans l'aménagement de la maison du Prophète, à Médine. Par la suite, la forme des mosquées a évolué dans le temps et dans l'espace, et l'on relève trois grands types de plan : arabe (Maghreb, Égypte, péninsule Arabique, Proche Orient), iranien (Iran, Asie centrale, Afghanistan, Inde) et ottoman (Empire ottoman). Les mosquées contemporaines, à part quelques exceptions notables, reprennent souvent des adaptations historicisantes de ces modèles. Dans certaines régions (Chine, Inde, Indonésie), on trouve aussi des formes syncrétiques, qui mêlent ces grands modèles architecturaux à des formules architecturales locales.

Étymologie En arabe Mosquée dérive de l'arabe masjid, terme qui vient lui-même du verbe sajada (racine « Sîn-Jîm-Dâl, ») signifiant « s'agenouiller se prosterner » Daniel Reig, Dictionnaire français-arabe / arabe-français, Paris : Larousse, 1998, n° 2468., en référence aux postures de prosternation exécutés pendant les prières.

Le mot masjid existait avant la naissance de l'islam, et il désignait essentiellement un lieu de prière qui n'est donc pas spécifiquement musulman. Il est emprunté à l'araméen masgədā, « lieu de prière, autel ». Il dérive d’une racine proto-sémitique signifiant « poser le front au sol » et signale donc qu’il s’agit d’un lieu de prosternation. Le mot msgdʾ apparaît en araméen dès le avant J.-C., et on retrouve le même mot plus tard chez les Nabatéens, signifiant « endroit du culte ». Apparemment, ce mot araméen aurait à l’origine signifié « stèle » ou « pilier sacré »J. Pedersen, R. Hillenbrand et al., « Masdjid », Encyclopaedia of Islam Online, P.J. Bearman, Th. Bianquis, C.E. Bosworth, E. van Donzel and W.P. Heinrichs (Eds.), Leyde, Brill, 2012. .

Dans le Coran, on trouve vingt-six fois le mot masjid, mais presque toujours suivi de l'épithète « sacré », dans l'expression al-masjid al-harâm. Ainsi dans la sourate 2, 14 : . Parlant de la Kaaba, le Coran utilise aussi les termes de « maison » (bayt), « station [d'Abraham] » (maqâm) et « lieu de prière » (muṣallâ). Ce dernier mot n'apparaît qu'une fois dans le Coran, 2, 125 (verset qui reprend aussi les deux autres): .

Une distinction floue En arabe, on trouve deux mots pour désigner une mosquée : à côté de masjid (), on a aussi jâmi’ () ou masjîd al-jâmi‘ () de la racine Jîm - Mîm - 'ayn qui véhicule l'idée de rassembler, mais avec aussi celle de grande capacité. Le premier est souvent employé pour désigner de petites structures, comme des mosquées de quartier où l'on accomplit les prières quotidiennes. Le second, fréquemment traduit par « grande mosquée », « mosquée du vendredi » ou « mosquée congrégationnelle »., s'applique à un bâtiment de dimensions plus importantes destiné à la prière du vendredi. C'est en principe le seul dans lequel on trouve un minbar, la tribune de laquelle l'imâm adresse son prêche le vendredi.

En général donc, la ville musulmane traditionnelle compte un grand nombre de mosquées, mais une seule, en principe, joue le rôle de mosquée du vendredi. Cette mosquée a d'abord été appelée al-masjid al-jâmi', c'est-à-dire, littéralement, la grande mosquée. Par la suite, on a simplifié l'expression, conservant le seul jâmi', et on n'a utilisé le terme masjid pour les seules mosquées secondaires. Toutefois, aujourd'hui, le mot jâmi a souvent pris le dessus sur masjid, et désigne aussi les mosquées de quartier. Mais en même temps, on rencontre de grandes mosquées qui arborent le titre de masjid, si bien que la distinction est devenue plutôt confuse.

Dans les langues européennes En français, mosquée est un mot attesté en 1550 dans la langue française, et il figure dans l'édition de 1694 du Dictionnaire de l'Académie française. Le mot est un emprunt, par l'intermédiaire de l’italien , altération de , à l'espagnol , venant lui-même de l’arabe / , lui-même emprunté à l'araméen masgədā, « lieu de prière, autel ». Il dérive d’une racine proto-sémitique signifiant « poser le front au sol » et signale donc qu’il s’agit d’un lieu de prosternation.

Mais aux , apparaissent d'autres termes pour désigner la mosquée en langues européennes : « musquette », « mousquaie », « musquée » (pour le français) et . Après quoi, progressivement s'est imposé le terme « mosquée », qu’on trouve en espagnol, portugais, moyen français, italien ou encore en anglais, et qui deviendra la norme. En français, l’épellation moderne est attestée en 1694, et c'est elle qui est devenue l'épellation standard du mot.

Histoire Tradition islamique thumb|Mosquée Al-Aqsa, sur l'Esplanade des mosquées à Jérusalem.

Selon une parole attribuée à Mahomet, « la terre entière est le masjid d'Allah ». D'après une autre, « la Terre m’a été rendue lieu de prière et pure. Quiconque parmi les hommes de ma communauté atteindra l’heure de la prière aura un lieu de prière et de pureté » Site fatawaislam.com] (consulté le 14 octobre 2006). Selon la croyance islamique, la première mosquée au monde était masjid al-Haram connue également sous le nom de Kaaba à La Mecque, qui aurait été édifiée par Adam, puis reconstruite par Abraham et son premier fils Ismaël sur un ordre de Dieu. La deuxième mosquée la plus ancienne est la mosquée al-Aqsa. Selon la tradition musulmane, elle aurait été construite 40 ans plus tard par Abraham ; lors du voyage nocturne de Mahomet, celui-ci aurait été conduit d’abord de la mosquée sacrée de La Mecque jusqu’à celle d'al-Aqsa de JérusalemLa place de la mosquée Al-Aqsâ dans le cœur des musulmans, Anas Ahmed Lala, la maison de l’islam (consulté le 15 octobre 2006). Elle était également la première direction de la qibla Vincent J. Cornell, Voices of Islam : Voices of tradition, éd. Greenwood Publishing Group, 2007, p. 16.

La première construite pendant le règne de l’islam serait la mosquée de Quba à Médine. Elle aurait été édifiée lors de l’hégire, migration de Mahomet et ses compagnons de la Mecque à Médine. Quelques jours après avoir commencé sa construction, Mahomet aurait entamé la construction d’une deuxième mosquée à Médine, connue aujourd’hui sous le nom de masjid al-Nabawi, ou « mosquée du prophète ». D'après la tradition, son emplacement serait celui de la première prière de vendredi effectuée à Médine, article de l’Islamic Council (consulté le 7 octobre 2006). Selon cette tradition, prié par différents habitants de Médine d’accepter leur terrain et désireux de ne froisser personne, Mahomet lâcha la bride de sa monture, Qoçoua, disant qu'il établirait la mosquée là où elle s'arrêterait. Après une longue divagation, elle s’arrêta enfin sur un large terrain vide et s’agenouilla. C’est sur ce terrain que la mosquée de Médine aurait été bâtieL’enseignement de l’islam dans les mosquées, Dalil Boubakeur, site de la Grande Mosquée de Paris (consulté le 8 octobre 2006).

Durant son séjour à La Mecque, Mahomet effectue devant la Kaaba les cinq prières quotidiennes avec les disciples de l’islam alors même que des Arabes non musulmans y effectuent également leurs rituels. La tribu de Quraych, chef de La Mecque, qui est responsable de la Kaaba, essaie d’exclure les disciples de Mahomet du sanctuaire. Quand celui-ci revient à la Mecque en 630, il brise les idoles du temple et convertit la Kaaba en mosquée. Elle est depuis connue en tant que masjid al-Haram, ou « mosquée sacrée ».

La Masjid Al-Haram a été sensiblement agrandie au cours de son histoire afin de ffaciliter le hajj, le pèlerinage que tout musulman se doit d’effectuer s’il en a la capacité. Sa première extension fut réalisée au , sous le règne du calife Omar, et elle a acquis sa forme actuelle en 1577 pendant le règne du sultan Selim II. D'importantes extensions sont réalisées à partir des années 1970, sous le règne de la famille royale saoudienne Al-Saoud Safiur Rahman Mubarakpuri, History of Makkah, éd. Darussalam, 2002, p. 105.

Diffusion thumb|Les ruines de la mosquée d'Ayla à Aqaba, construite vers 650. Ce fut la première mosquée construite en dehors de la péninsule Arabique. thumb|upright=1.3|left|La grande mosquée de Kairouan (Tunisie) est le plus ancien et le plus prestigieux sanctuaire de l'Occident musulman Mohammed Talbi, « Kairouan », in C. Edmund Bosworth, Historic Cities of the Islamic World, Leyde, Brill, 2007, p. 258-267, p. 264 .

Des mosquées ont été construites en dehors de la péninsule d'Arabie au fur et à mesure de l'avance des conquêtes musulmanes, du commerce et des migrations.

Au Maghreb, la première mosquée est la Mosquée Al-Naqah de Tripoli, en Libye, fondée vers 643 par le compagnon et général du Amr Ibn Aa-as lors de la conquête de l'Égypte, Cyrénaïque et Tripolitaine, sous le califat des Rachidoune d'Omar.

Fondée vers 670, la grande mosquée de Kairouan (en Tunisie) est l'un des plus anciens et le plus prestigieux sanctuaire de l'Occident musulman Grande mosquée de Kairouan (Patrimoine méditerranéen Qantara). Par son plan et ses caractéristiques architecturales, la grande mosquée de Kairouan servit de modèle à de nombreuses mosquées dans divers pays du Maghreb, en Andalousie et jusqu'à l'Égypte de la période Fatimide.

thumb|Mosquée d'Akbar (Akbari Masjid) à Rajmahal, dans l'État du Jharkhand en Inde. Peinture de 1804.

La première mosquée connue de Chine a été construite sous la dynastie Tang pendant le , à Xi'an. La mosquée de Xi'an, à l'instar de celles de l'est du pays, suit l’architecture chinoise traditionnelle en forme de pagodes, et ne contient pas certains des éléments propres à celles du reste du monde, y compris celles de Chine occidentale.

Leur large diffusion en Inde remonte au règne de l’Empire moghol, aux . Les Moghols ont adapté les créations iraniennes dans leurs réalisations, en particulier les dômes en arc brisé, comme dans la Jama Masjid de New Delhi, docteur Gesink, Baldwin-Wallace College. Toutefois, la première mosquée construite en Inde fut la mosquée Quwwat ul-Islâm à Delhi, vers 1197