Le de ligne (en néerlandais : ) était une unité d'infanterie de la force terrestre des forces armées belges.
Origines Le régiment de Bruges est créé par un arrêté du régent le à partir du 6 afdeling de l'armée néerlandaise. Le , il est renommé en de ligne.
La 6 afdeling fut créée par les néerlandais le et provient du bataillon d'infanterie n°7 qui fut formé le . Les soldats recrutés en 1814 sont pour la plupart d'origine belge et sont des vétérans de l'armée de Napoléon. La majorité des officiers ont participé aux guerres impériales, ont parfois même appartenu à la garde impériale et été décorés de la Légion d'honneur.
Le bataillon d'infanterie n°7 prend part les 16 et à la bataille des Quatre Bras et à la bataille de Waterloo aux côtés des alliés. Le bataillon compta 241 morts et 282 blessés et disparus sur 701 hommes dans la bataille. 27 Croix d'honneur furent décernées pour le remarquable comportement au combat.
L'indépendance belge vignette|La caserne du dans la Ligne de défense d'Anvers vers 1865.
En 1831, le régiment, composé alors de , fait partie de l'armée des Flandres qui est positionnée entre le Zwin et le Linkeroever (ouest d'Anvers) sur une distance de . Le ; les troupes du général néerlandais De Kock traversent la frontière belge. Le de ligne livre bataille à Hazegras, à de Hoeke (le ) et à Stobrugge (le ).
Le 1833, il est intégré avec les 3, 5 et de ligne à la . Il est caserné à Diest, Bauwel et Schilde. Le , les Pays-Bas et la Belgique signent un traité de paix. Le de ligne fait alors partie de la de la avec le de ligne et est caserné à Bruges jusqu'en 1844.
Le régiment déménage ensuite presque chaque année : le dépôt reste à Malines jusqu'en 1880 et est déplacé ensuite à Sint-Bernard (Hemiksem). Le reste du régiment est déplacé à travers la Belgique. En 1870, l'armée est mise sur pied de guerre à la suite du conflit franco-prussien, et le régiment compose avec ses 3 bataillons et le de ligne la brigade de la . Le , le pied de paix est rétabli et le l'armée est réorganisée en 4 divisions : les et de ligne forment alors la brigade de la et retourne sur Anvers.
Huit officiers et 39 sous-officiers et hommes de troupe du régiment prennent part à l'expédition du Mexique dans le corps des volontaires belges. Durant la campagne, le corps combattra à Tacámbaro le , La Loma le et Ixmiquilpan le .
De 1877 à 1914, 33 officiers, 88 sous-officiers et caporaux du de ligne sont envoyés en Afrique pour soutenir l'exploration du continent. Du contingent, 30 % des officiers et 16 des sous-officiers et caporaux périront victimes des combats ou de blessures ou maladie.
Première guerre mondiale En 1913, l'unité est casernée dans les forts 7-8 et 9-10 de la position fortifiée d'Anvers.
Mis sur pied de guerre, le régiment est dédoublé pour donner naissance au de ligne et au de ligne de forteresse et fait partie de la mixte de la d'armée.
Le , la d'armée est positionnée à l'est de Louvain sur la Gette. Le , le de ligne livre combats à Aarschot et Werchter puis se replie sur le réduit national à Anvers.
Le régiment participe à la sortie des 25 et et combat à dans les environs de Boortmeerbeek et Over-de-Vaart. Du 9 au , une seconde sortie est effectuée et le régiment parvient d'abord à refouler l’ennemi de Wesemael, Rotselaar et de Putkapel, et à reprendre le Wijgmaal. Le régiment progresse encore le 11, mais subit une contre-attaque l'obligeant à reculer et à perdre Wesemael.
Durant la dernière semaine de septembre et la première semaine d', le régiment participe à la défense du réduit national : l'unité est placée en première ligne. Le , le régiment quitte Anvers et se retire derrière l'Yser. Il défend Nieuport le puis est envoyé à Wulpen le . Le de ligne est dissous.
Durant la nuit du 29 au , à 5h00 du matin, les et d'infanterie allemands brisent la ligne de défense du de ligne. Le de ligne reçoit alors l'information que Ramscapelle est tombé aux allemands et envoie 2 compagnies du pour reprendre le village.
Après de durs combats, les 30 et , le de ligne avec le de chasseurs à pied français reprennent le village. Le soir même, ils sont cités à l'ordre du jour par le Lieutenant-général Dossin : J'offre, plus particulièrement, mes plus chaleureuses félicitations au de ligne, qui dès les premières heures du a participé à la contre-attaque sur Ramscapelle, a combattu toute la journée du et toute la nuit du 30 au avec la plus grande vigueur.
De à , le régiment est positionné derrière l'Yser successivement dans les secteurs de Nieuport, Ramscapelle, Loo, Steenstraat, Dixmude, Ramscapelle et Dixmude. Le , le de ligne est reformé par dédoublement du de ligne.
Le , la bataille des crêtes de Flandres est lancée. Le de ligne occupe le secteur de Dixmude jusque qu'au est impliqué dans les attaques contre la Flandern Stellung I à Moorslede, Bosmolens, Ingelmunster et Oostrozebeke ().
Le , le régiment franchi sans trop de difficulté la Lys, l'ennemi offrant peu de résistance. Le régiment se distinguera encore sur le canal de dérivation de la Lys et le canal Gand-Terneuzen.
Le régiment perdra durant la guerre 20 officiers et 312 sous-officiers, caporaux et soldats. 5 officiers et 769 sous-officiers, caporaux et soldats resteront portés disparus. 56 officiers et 1735 sous-officiers, caporaux et soldats seront également blessés.
Entre-deux-guerres Du au , le de ligne participe à l'occupation de la Rhénanie. Le régiment sera successivement caserné à Montjoie, Erkelenz et Geilenkirchen
Le régiment retournera ensuite à Anvers et occupera les forts 7-8 et 9-10. Le second bataillon participera comme unité de marche à l'occupation de la Ruhr du au . En 1930, le régiment fêta son centenaire.
Le à 14h00, le régiment est mobilisé jusqu'au .
Durant l'après-midi du , l'état-major est informé des plans de mobilisation. Le vendredi , le régiment reçoit l'ordre d'organiser et fortifier sa position au sud de Waterloo.
Le commandant du régiment, le colonel BEM Godeau, rassemble ses chefs de bataillon le et donne de nouvelles instructions : se placer en position défensive le long du canal Albert à Olen-Oevel. Le , l'état d'alerte est mis en place, toutes les positions sont occupées, mais rien ne se passe. Durant les jours qui suivent, les mesures d'alerte sont progressivement réduites. Le , le régiment part pour Bourg-Léopold pour participer aux manœuvres de la d'infanterie. Du 10 au , le régiment est convoyé vers Waterloo pour reprendre ses positions de 1939. Le , le colonel Godeau rassemble de nouveau ses chefs de bataillon à Waterloo pour délivrer de nouvelles instructions : le régiment, avec la d'infanterie, prendra la route le pour occuper le secteur Ourthe-Meuse près de Liège de Seraing à Boncelles. Le sera à partir du mis à disposition des troupes de la position fortifiée de Liège où il occupera le secteur Meuse aval à Houtain et Heure-le-Romain. Le peloton d'éclaireurs sera placé sous les ordres du de lanciers dans la région de Bütchenbach.
Seconde guerre mondiale Le à 01h30, le régiment est placé en état d'alerte. Sans avoir eu de contacts directs avec l'ennemi, le régiment abandonne ses positions durant la nuit du 10 au et est transporté le lendemain matin par camion vers la ligne KW sur ses nouvelles positions à Rijmenam-Keerbergen. Le se repliera seulement le en fin de journée. Le train avec le matériel lourd du partant de Ans sera capturé avec un détachement la . Le , le est dispersé et se trouve dans la région de Namur. Le , les restes du qui ont pu rejoindre Rijmenam sont répartis dans différents régiment de la d'infanterie. Après un court contact avec l'ennemi, le régiment abandonne la ligne KW durant la nuit du 16 au et rejoint Gand durant 3 marches nocturnes. Le , le régiment arrive sur la Tête de Pont de Gand dans le sous-secteur de Betsberg-Gijzenle. Le régiment est alors composé de 2 bataillons d'infanterie et du bataillon armes lourdes dépourvu de ses mortiers de 76 mm.
Du 20 au , le régiment livre de durs combats contre les forces allemandes de la d'infanterie et réussi à conserver ses positions. À 20h00 le , le commandant du régiment diffuse l'avis de se tenir prêt à quitter ses positions et à se replier à l'ouest de Gand, derrière le canal de dérivation de la Lys. Il fait déjà jour le quand les premiers éléments du régiment arrivent à Nevele.
Le soir, les bataillons reçoivent de nouvelles instructions : organiser la troisième ligne entre Hamme et Hansbeke. Le , le régiment reprend les positions du de ligne le long du canal et subit un bombardement aérien. Tôt dans l’après-midi du , le régiment quitte ses positions et atteint Maria-Aalteer à 21h00. Le à 10h00, la capitulation de l'armée belge a lieu. Le , le régiment est regroupé à Ruddervoorde puis envoyé à Hertsberge où il restera jusqu'au . Le , le cadre de réserve et les miliciens sont libérés à Hyfte et l'arrière-garde à Destelbergen. Le reste est emmené par train à Lokeren. Les allemands libèrent les soldats et sous-officiers le . Les officiers quant à eux sont envoyés au camp de Maria-Ter-Heide avant de partir pour l'Allemagne dans les camps de prisonniers.
Reformation et dissolution Le , le de la reprend le nom du de ligne et reçoit le un nouveau drapeau à Bruxelles. À partir du , il reprendra également ses traditions.
Le de la est formé le à Zottegem et rejoint le l'Irlande du Nord pour recevoir sa formation. Après la période de formation, le bataillon est rassemblé à Bridlington en Angleterre. Le , le bataillon est de retour en Belgique à Knokke et se prépare à sa première mission qu'est l'occupation de l'Allemagne à partir du à Plettenberg. Le , le bataillon déménage à Aix-la-Chapelle et est de retour en Belgique le à Hasselt.
Le , le bataillon est à Brand (Aix-la-Chapelle), et dépend de la . Le , le bataillon est à Brand et est transféré aux Troupes de couverture le . Le de ligne est alors organisé comme un bataillon d'infanterie des forces de couverture. Le , il quitte l'Allemagne pour Luchtbal (Anvers). Le , le bataillon est transféré aux Forces de Défense de l'Intérieur.
En , le de ligne est transformé en bataillon d'infanterie blindée équipé de Half-tracks. Le , il est transféré à la brigade du d'armée belge et ce jusqu'au sans quitter Anvers. Durant cette période, le bataillon est une unité de soutien pour l' Allied Command Europe Mobile Force et prend part à des opérations de maintien de l'ordre (-). Le , la ville d'Anvers reprend le parrainage du bataillon. En 1962, le bataillon passa à la puis en à la . Le bataillon fournit un soutien matériel et humain en et de novembre à à la suite de fortes inondations en Belgique ainsi qu'en après une tornade à Oostmalle. En , le bataillon reçoit des M75 FT.
Le , le de ligne devient un bataillon d'infanterie légère des forces armées de l'intérieur et échange ses véhicules blindés pour des camions légers. Le , le régiment déménage vers le quartier Bauwin à Hoogbom où il restera jusqu'à sa dissolution.
Le bataillon est à partir du intégré aux forces armées territoriales et devient responsable de l'instruction et du rappel des unités territoriales : il forme le noyau du léger nord et possède dès lors une compagnie de formation.
Le plan BEAR 97 prévoit la dissolution de l'unité pour le . Les traditions du régiment sont alors reprises par la de sous-officiers de Zedelgem. À la suite de la fermeture de l'école en 2007, ces traditions sont reprises par l'école des sous-officiers de Saffraanberg.
Drapeau Un premier drapeau fut remis par le roi Léopold le sur la place de Malines. Dans la nuit du 27 au , il fut brûlé et la hampe avec le lion furent enterrés dans l'école des sœurs d'Artrijke. Le de la d'infanterie reçut les noms et les traditions de de ligne le . Un nouveau drapeau fut remis sur la place Poelaert à Bruxelles le mai 1946. Il est actuellement conservé par le commandement militaire de la province d'Anvers. Il porte les inscriptions suivantes :
Campagne 1914-1918, Yser, Oost-Rozebeeke, Ramscapelle Anvers