Édouard Schimpf est un architecte alsacien né le à Wissembourg, à l'époque du Reichsland, et tué le sur le front russe, à Kiszow (Wolhynie, aujourd'hui en Ukraine).

Formation thumb|La Kaiserliche Technische Hochschule de Strasbourg (1910) Édouard Jacques Schimpf était le fils de Valentin Schimpf, maître ébéniste, et de Célestine Roullet. Doué pour le dessin et les arts graphiques, il étudie de 1893 à 1894 les arts décoratifs à l'école des Arts Décoratifs (Kunstgewerbeschule) de Karlsruhe.

De 1894 à 1897, Schimpf suit l'enseignement d'architecture de la Kaiserlische Technische Schule (école technique impériale) de Strasbourg, où il obtient son certificat de fin d'études avec la mention très bien. Après l'obtention de ce diplôme, il s'inscrit comme auditeur libre à la Technische Hochschule (université technique) de Karlsruhe, lieu de formation de la plupart des architectes rhénans durant le Reichsland. D' à , il y bénéficia de l'enseignement de Carl Schäfer, dont la pensée sur le Heimatstil, le style régionaliste, et sur l'alliance entre art et artisanat influença de nombreux architectes régionaux de la génération de Schimpf, tels que Paul Schmitthenner, Théo Berstconcernant Théo Berst voir l'article sur Archi-Strasbourg et Gustave Oberthurconcernant Gustave Oberthur voir l'article sur Archi-StrasbourgÉdouard Schimpf, Architecte d'une ville en renouveau, (fascicule édité par la ville de Strasbourg à l’occasion des 100 ans de la Cité Jardin du Stockfeld)

Carrière vignette|gauche|Carnet de croquis (vers 1900). Après un stage chez les architectes Kuder et Mullerconcernant les architectes Kuder et Muller voir l'article sur Archi-Strasbourg il est engagé le par le Service justice et culte du Ministère d'Alsace-Lorraine. Dans ce cadre, il dirige la construction du Tribunal d'instance de Mulhouse.

D' à , Schimpf travaille à nouveau chez Kuder et Muller, qui avaient notamment réalisé l'immeuble néo-renaissance dit l'ancienne Pfälzerhaus, rue Pierre-Bucher à Strasbourg en 1902 ou le Musée historique de Haguenau, de style néo-gothique.

De 1904 à 1907, il a travaillé à Mulhouse, rénovant notamment le jardin zoologique de cette ville. De 1907 à 1910, il fut architecte municipal à Strasbourg sous la direction de Fritz Beblo, à l'époque du renouveau urbain impulsé par la municipalité.. Sa première grande réalisation à Strasbourg fut la caserne des Artilleurs du Polygone (1910, actuel quartier Lizé). Mais on le connaît surtout pour son retour aux formes traditionnelles de l'architecture alsacienne, qui s'exprime dans la cité-jardin du Stockfeld, conçue par Schimpf à partir de 1909 (ensemble de 220 maisons formant un véritable « village » au bord de la forêt du Neuhof, destiné à reloger les familles des logements démolis par la percée du centre historique). L'architecte synthétise une architecture innovante et traditionnelle, mélangeant le style d'un village rhénan, Heimatstil, avec quelques touches françaises et anglaises. En raison d'un conflit avec la ville, la cité-jardin fut achevée par Ernst Zimmerle. En 1911, il s'installa à son propre compte, réalisant en 1912 l'église protestante Saint-Paul de Koenigshoffen, puis son presbytère en 1913. Il réalisa à Bœrsch, la restauration du domaine de Léonardsau. Et de 1910 à 1914, il a réalisé plusieurs des immeubles de la Grande Percée (9, 11, 18 rue du 22-Novembre). Il construit sa propre maison et son atelier, sur ce nouvel axe, à l'angle de rue Gustave-Doré, au .

Il est récompensé pour son œuvre par la médaille d'or de l'exposition d'architecture de Leipzig en 1913 et il participe à l'exposition Werkbund de Cologne de 1914.

Il a été une figure majeure de la « jeune génération » des architectes d'après 1900extraits de la notice de Denis Durand de Bousingen, dans le du Nouveau dictionnaire de biographie alsacienne, .

Schimpf, en qualité d'architecte strasbourgeois, est l'une des figures importantes du régionalisme Heimatsschutz (avec Gustave Oberthür, Fritz Beblo, Théo Berst).

Décès Mobilisé dès 1914"Édouard Schimpf à Strasbourg, architecte d'une ville en renouveau", il est sous-officier au sein du d'infanterie, un régiment alsacien, lorsqu'il est tué sur le front russe le , à 39 ans. À sa mort, confrères et presse spécialisée lui rendirent hommage, déplorant « l'œuvre inachevée de l'architecte, promise à de grands développements ».

Notes et références

Sources Édouard Schimpf sur Archi-Strasbourg, sur ce site voir également la liste des réalisations

Voir aussi Bibliographie Denis Durand de Bousingen, « Édouard Jacques Schimpf », dans Nouveau dictionnaire de biographie alsacienne, vol. 33, Édith Lauton et Benoît Jordan, Édouard Schimpf à Strasbourg, architecte d'une ville en renouveau, Direction de l'urbanisme, de l'aménagement et de l'habitat, Strasbourg, 2010, 3 p.

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