Charlotte Mary Wilson, née Charlotte Mary Martin, le à Kemerton (Worcestershire) et morte le à Irvington-on-Hudson (New York), est une anarchiste et féministe britannique. Elle est cofondatrice du journal Freedom en 1886 et membre du Fabian Women's Group en 1908.
Biographie Charlotte Wilson est la fille unique de Robert Spencer Martin, médecin, et de son épouse Clementina Susannah, née Davies. Elle fait ses études universitaires au Cheltenham Ladies' College, puis à Merton Hall, Cambridge de 1873 à 1876.
En 1876, elle épouse le financier Arthur Wilson et elle s'installe à Londres où elle rejoint la Fabian Society. Elle est élue membre du comité exécutif de la société fabienne en 1884. C'est aussi le début d'une longue correspondance, tenue jusqu'à 1896, avec Karl Pearson.
En même temps, elle fonde le , aussi connu sous le nom de Société Karl Marx ou Société ProudhonBritish Library Archive ADD MS 50511 f143, Emma Brooke to G.B. Shaw, 26 November 1885. Le groupe se rassemble à Hampstead Heath, dans son ancienne maison"Wyldes A New History. Philip Venning. London 1977". Aucune trace écrite du club ne subsiste, en dehors de références par plusieurs participants dont les mémoires ont été publiés. Wilson note cependant une longue liste de personnes fréquentant le club, dont la secrétaire est ; la liste inclut Sidney Webb, George Bernard Shaw, Sydney Olivier, Annie Besant, Graham Wallas, Belfort Bax, Edward Pease, Hubert Bland, Edith Nesbit, Havelock Ellis, Edward Carpenter, Frank Podmore, Ford Madox Brown et Olive Schreiner"Wyldes and Its Story. Mrs Arthur Wilson. Transactions of the Hampstead Antiquarian and Historical Society.1902-3".
Le club étudie d'abord Le Capital, lu en français par une participante russe, puis se penche sur les écrits de Pierre-Joseph Proudhon. En 1889, George Bernard Shaw décrit des débats enflammés au sein du club. La Fabian Society et le sont deux groupes séparés, bien qu'ils aient de nombreux membres en commun, et Shaw décrit les réunions organisées par Wilson comme le lieu de naissance du socialisme de classe moyenneHampstead and Highgate Express. 1 June 1907.. Elle co-fonde également un groupe de réflexion avec Sergueï Stepniak-Kravtchinski, Karl Pearson et Wilfrid M. Voynich, qui deviendra en 1890 la .
En , elle invite Pierre Kropotkine à s’établir près de Londres. Kropotkine et Wilson rejoignent le petit groupe du journal The Anarchist, animé par l’individualiste libertaire Henry Seymour, mais s’en séparent rapidementPhilippe Paraire, Marianne Enckell et Constance Bantman, Pierre Kropotkine, Dictionnaire des anarchistes, « Le Maitron ».. En octobre de la même année, elle fonde avec Pierre Kropotkine le journal communiste libertaire Freedom autour duquel se constitue un Freedom Group, qu'elle animera jusqu'en 1895. Le journal partage la presse de William Morris avec le journal .
En 1886, William Morris et elle s'opposent à la transformation de la Fabian Society en parti politique, mais n'obtiennent pas gain de cause, et elle quitte la Society en pour rejoindre la faction anarchiste associée.
Le , à Bloody Sunday, elle prononce un discours à Trafalgar Square et participe aux manifestations.
En 1888, elle écrit et publie l'ouvrage Work, longtemps attribué à tort à Kropotkine"Book Review: Charlotte M. Wilson's Anarchist Essays", NEFAC, 2 December 2002..
Au début du vingtième siècle, elle prend de la distance des mouvements anarchistes, sans les critiquer publiquement. Elle réintègre la Fabian Society en 1907 et participe à la fondation du Fabian Women's Group avec Maud Pember Reeves en 1908, où elle soutient les revendications des suffragettes.. Elle est secrétaire générale et gestionnaire du sous-comité des études du Fabian Women's Group de 1908 à 1913, où elle pousse le groupe à étudier les conditions de travail des femmesLondon School of Economics Archive FABIAN SOCIETY/H30London School of Economics Archive FABIAN SOCIETY/H20. De 1911 à 1914, elle réintègre également le comité de direction de la Fabian Society.
Postérité Elle sert de modèle au personnage de Gemma dans le roman Le Taon d'Ethel Lilian Voynich. Edith Nesbit décrit la maison qui accueille le dans son autobiographie.
En 2000, Nicolas Walter édite une collection de ses essais chez Freedom Press.
Œuvres Anarchism and Outrage, 1893. Women and Prisons (avec Helen M. Blagg), 1912. Three Essays on Anarchism (publié en 1979). Anarchist Essays (avec Nicolas Walter) (publié en 2000).
Références
Voir aussi Bibliographie Sally Mitchell, Victorian Britain (Routledge Revivals), 2012 Susan Denene Hinely, Charlotte Wilson: anarchist, Fabian, and feminist, Stanford University, 1987 Sylvie Aprile, Fabrice Bensimon, La France et l'Angleterre au XIXème siècle, Échanges, représentations, comparaisons, Éditions Créaphis, 2006, page 194. Fédération anarchiste, Freedom, le bimensuel anarchiste le plus lu au Royaume-Uni depuis octobre 1886, 2004, texte intégral. Robert Graham, Anarchism : A Documentary History of Libertarian Ideas, From Anarchy to Anarchism (300 CE to 1939), volume I, Black Rose Books, 2005, texte intégral.
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