Christian Friedrich Samuel Hahnemann, né le à Meissen, en Saxe, et mort le à Paris, est un médecin qui fonda et participa grandement au développement de l'homéopathie, à partir de 1796.

Biographie Jeunesse et formation vignette|Maison de Samuel Hahnemann à Köthen (Anhalt).

Hahnemann est baptisé le jour même de sa naissance, le , dans l’église luthérienne de Meissen. Il est le troisième enfant de Christian Gottfried Hahnemann et de sa deuxième femme, Johanna Christiane Spieß. Son père, peintre sur porcelaine dans la célèbre manufacture de porcelaine de Meissen, veille à son éducation, jusqu'à ses dix ans. Il fréquente alors l'école municipale, où il montre un don pour les langues, pour le latin et le grec d'abord, puis pour le français, l'anglais et l'italien. Il reçoit ensuite une bourse à l'école princière de Ste Afra à Meissen. Quand il en sort, en 1775, il commence des études de médecine à Leipzig, gagnant sa vie grâce à des cours de langues et des traductions en allemand d'ouvrages de physiologie et de médecine. Un an plus tard, il va à l'université de Vienne pour trois trimestres où, jusqu'à ce que l'argent lui fasse défaut, il assiste aux cours faits au chevet des malades par le baron Joseph von Quarin, professeur de médecine et directeur médical de l'hôpital des Frères de la Charité.

En , le baron Samuel von Brukenthal, que l'impératrice Marie-Thérèse vient de nommer gouverneur de Transylvanie, lui offre le poste de bibliothécaire et médecin personnel. Hahnemann l'accompagne à Hermannstadt (aujourd'hui Sibiu en Roumanie) et il y reste pendant presque deux ans. Il y vit, semble-t-il, de nombreux cas de paludisme, et il serait tombé malade lui-même (ce qui est important pour ses essais avec le quinquina). Pendant son séjour à Hermannstadt, il entre dans la loge maçonnique St André des trois LotusCf. Homéopathie, par Alain Sarembaud.. Ensuite il termine ses études de médecine à Erlangen et, en , il passe son doctoratSa thèse, passée le 10 août 1779, a pour titre : Conspectus adfectuum spasmodicorum oetiologicus et therapeuticus..

Médecin itinérant Il s'établit d'abord dans une agglomération minière, Hettstedt, qu'il quitte pour Dessau au printemps de 1781. C'est là qu'il fait la connaissance de Henriette Küchler, la belle-fille de l'apothicaire Haeselen avec lequel il est en relation de travail. Acceptant un poste à Gommern, il en revient un an plus tard : c'est à Dessau qu'il épouse Henriette Küchler en 1782 ; de leur union naîtront 11 enfants.

Au cours des années qui suivent, il exerce avec plus ou moins de bonheur dans un grand nombre de villes d'Allemagne du Nord et d'Allemagne moyenneÀ Dresde, en 1785 ; à Gotha au printemps de 1792 (début d'une période de « vie vagabonde ») ; enfin à Torgau, en 1804. Les raisons de cette instabilité vagabonde chez Hahnemann sont peut-être diverses ; Anthony Campbell les résume assez pertinemment en disant : « Il était sans cesse poussé toujours plus loin par son esprit toujours agité et la nécessité d'assurer sa subsistance ». Il n'était pas facile, évidemment, pour un travailleur intellectuel indépendant et sans fortune (comme l'était Hahnemann) de se nourrir et d'entretenir une famille qui s'accrut bien vite ; il ne faut pas oublier non plus une ambition incontestable, qui l'incitait à tenter des expériences diverses (comme l'a été son séjour à Altona). Et puis il eut souvent maille à partir avec des pharmaciens, en raison de ses activités « interdisciplinaires » : le chimiste se faisait volontiers médecin ou pharmacien. La querelle qu'il eut à Leipzig n'en est qu'un exemple. comme médecin, chimiste, traducteur et écrivain. Par moments, il délaissait complètement la pratique médicale, (lettre du , cit. d'après Jütte, page 48) ou parce qu'il ne croyait pas à l'efficacité de la médecine telle que pratiquée à l'époque. Il se consacrait alors aux expériences chimiques, aux traductions et aux publications. À d'autres moments, c'est à peine s'il pouvait échapper aux patients : (lettre du , cit. d'après Jütte, page 74).

En 1788, il publie Sur les moyens de reconnaître le fer et le plomb dans le vin, où il expose une méthode pour mettre en évidence la dénaturation du vin par l'apport de sucre de plomb toxique. Ce « test de vin Hahnemann » lui vaut une certaine notoriété.

C'est en 1790, à l'occasion d'un travail de traduction de Lectures de la Matière médicale de William Cullen qu'il est amené à expérimenter sur lui-même les propriétés du quinquina.

En 1791, Hahnemann est élu membre de la , à Erfurt.

L'homéopathie vignette|Buste de Samuel Hahnemann par David d'Angers (1837).

S'il commence à mettre en pratique ses principes d’homéopathie à partir de 1796, c'est à compter de 1800 qu'Hahnemann commença véritablement à pratiquer l’homéopathie. À partir de cette date, il garde toutes ses observations dans ses livres de cas, les journaux de malades.. À partir de 1800, Hahnemann commence à prescrire des préparations infinitésimales, n'hésitant pas à qualifier les homéopathes usant de doses pondérales de demi homéopathesL'homéopathie ou le mythe de l'expérience pure : Patrice Pinet, Revue d'histoire de la pharmacie, année 1998, volume 86, numéro 317..

Ne rencontrant pas le succès espéré auprès de ses confrères, Hahnemann déménage à Leipzig, ville universitaire, où il entreprend de donner des cours, après avoir passé une thèse en 1811, pour accéder au statut de lecteur : c'est effectivement à Leipzig que seront formés ses premiers disciples, tels que Stapf, Gross, Moritz et Wilhem Müller. C'est aussi en 1811 qu'il publie La Matière médicale pure.

Jugé coupable d’exercice illégal de la pharmacie par la Cour de justice de Leipzig en 1820, attaqué par ses confrères et par les pharmaciens, Hahnemann trouve asile un an plus tard à Köthen, où le duc Henri d'Anhalt-Köthen lui offre le titre de médecin privé de la cour ducale, de conseiller aulique, assorti du droit de fabriquer lui-même ses médicaments ; il y restera quatorze annéesOn considère qu'il est à l'origine de l'introduction de la pratique de la mise en quarantaine, dans le royaume de Prusse, lors de son emploi auprès du duc d'Anhalt-Köthen..

C'est à Köthen qu'il publie, en 1828, le second ouvrage majeur, exposant sa conception de l'homéopathie : le « Traité des maladies chroniques, leur nature spéciale et leur traitement homéopathique ». Cette œuvre entraîne une scission dans le milieu homéopathique.

En 1830, son épouse Henriette décède. Hahnemann continue à vivre à Köthen, avec deux de ses filles.

En 1831 il publie trois textes sur le traitement du choléra. À l'époque, l’épidémie de 1831-32 envahit l'Europe par la Russie. Hahnemann reçoit une volumineuse correspondance de ses disciples auxquels il prodigue ses conseils. Il synthétise les observations reçues de Russie, d'Autriche, de Hongrie, de Pologne et des États allemands, dans une Instruction sur les soins à donner contre le choléra, publiée à Genève 1832http://www.homeoint.org/seror/janot/cholera.htm, « Le Choléra et les Homéopathes il y a cent ans », ..

Remariage et départ pour Paris vignette|gauche|Plaque au 26 rue des Saints-Pères (Paris), où il vécut. vignette|Marie Legouvé malade au lit, 1838. Dessin après Amaury-Duval de Marie Desvallières, née Legouvé, dedié à son fils Maurice, 1881. Le , Hahnemann, à l’occasion d’une consultation, en , fait la connaissance de Mélanie d’Hervilly-Gohier, ils se marient à Köthen, qu'ils quittent, le , pour arriver à Paris, le . En août, Hahnemann obtient l’autorisation d’y exercer l’homéopathie (rue Madame, puis rue des Saints-Pères et enfin rue de Milan). Une cinquantaine de médecins exercent déjà l’homéopathie à ParisL’Homéopathie, par Jacques Boulet. Médecin respecté et beaucoup occupé, Hahnemann passa ses huit dernières années à Paris. Déjà en 1837, un de ses malades célèbres est le violoniste Niccolò Paganini , qui souffrait de toux, rétention d’urine et priapisme. Le traitement se termine à la suite du rejet de ses offres à Hahnemann. Fin 1838, il guérit la fille du célèbre écrivain et académicien Ernest Legouvé, qui était déclarée irrémédiablement perdue par ses médecins. On fait venir le peintre Amaury-Duval pour conserver au moins un souvenir d'elle. Son travail terminé, il leur dit : - Ernest Legouvé Soixante ans de souvenirs. Deuxième et dernière Partie. Paris: Hetzel; 1887: 150–159Stephan Heinrich Nolte:Hahnemann in Paris: Umfeld und neue Belege zur Behandlung des Kindes Marie Legouvé (1838-1843) Medizin, Gesellschaft und Geschichte 31 (2013) 181-231. Ainsi dans la société parisienne et lui amenait d'autres malades bien connus, comme l'écrivain Eugène SueStephan Heinrich Nolte Eine „Kollateralheilung“: Die Lebenskrise des Schriftstellers Eugène Sue und seine Behandlung durch Hahnemann 1838/1839. AHZ 258 (2013) 22-26 ou la mère de Victor Schœlcher. Les dossiers médicaux encore existants de la période de Paris n'ont été que partiellement évalués et pourraient offrir d'autres surpriseshttp://Institut für Geschichte der Medizin, Stuttgart, RFA www.igm-bosch.de/content/language1/html/index.asp.

Hahnemann meurt dans sa (Décès Crétien Frédéric Samuel Hahnemann (vue 15/51) ), à Paris ; Joseph Antoine Chatron, l'un de ses élèves, assiste seul à ses derniers moments et lui ferme les yeux. Sa femme obtient l’autorisation de garder le corps de son mari jusqu’au , date de l’enterrement au cimetière de MontmartreIl n’y eut pas de service funéraire, aucune annonce publique. Les médecins homéopathes n’apprirent le décès qu’après l’enterrement. Le lieu du décès lui-même est douteux : Paris ou Nice ? http://www.homeoint.org/site/laborier/biographie.htm Il fut inhumé dans un simple caveau (en briques), où reposaient déjà le peintre Lethière (père adoptif de sa seconde femme) et le président Gohier.. Ce n’est que le que les restes d’Hahnemann sont transférés au cimetière du Père-LachaiseEn 1892, à la suite d'une initiative du Docteur Thomas Lindsley Bradford, médecin et homéopathe à Philadelphie, la tombe où reposait Hahnemann devint la propriété du Collège Hahnemann de Philadelphie. Les participants du congrès international d’homéopathie de Londres de 1896 considèrent que le cimetière du Père-Lachaise s’accordait mieux à la réputation de Hahnemann et un comité est nommé afin de lever des fonds dans ce but : cf. La mort du Docteur Samuel Frédéric Christian Hahnemann et ses deux tombeaux..

Descendants Si l'on connaît plusieurs descendants de la sœur aînée d'Hahnemann, CharlotteLa famille du Samuel Frédéric Christian Hahnemann., on ne lui connaît qu'un seul descendant direct : Charles Tankard-Hahnemann, dont le père, William Herbert Tankard-HahnemannWilliam Herbert Tankard-Hahnemann. (1922–2009), en plus d'une activité à la City de Londres, présida pendant vingt-deux ans aux destinées du British Institute of Homeopathy. L'arrière-grand-père de Charles Tankard-Hahnemann était le Leopold Süß-Hahnemann, qui était lui-même le fils unique d'une des filles d'Hahnemann, Amélie (1789–1881). Le botaniste Carl Bernhard von Trinius était son neveu (fils de sa sœur Charlotte).

Dans son livre Une médecine douce - Docteur Hahnemann (deux tomes), Colette Lesens donne une vision différente de la fin de vie du docteur Hahnemann et écrit notamment : « Peu avant sa mort, le docteur Hahnemann fit promettre à Mélanie d'inscrire sur sa tombe l'épitaphe « Non inutilis vixi » (« je n'ai pas vécu en vain »), ce qu'elle ne fit jamais. »

Bibliographie Hahnemann fait publier plus de au cours de sa vie, résultat de traductions dans plusieurs langues vers l'allemand, d'articles, de travaux majeurs et d'ouvrages secondaires. La bibliographie de son œuvre et de sa correspondance en français est téléchargeable gratuitement sur le site de l'Institut d'histoire de la médecine de la fondation Robert Bosch..

Œuvres vignette|Organon de l'art de guérir (édition française de 1845) (BnF/Gallica).

Écrits majeurs :