Albert Fernand Séverin Roche (), est un soldat français ayant combattu pendant la Première Guerre mondiale.
Il est connu pour être l'un des soldats français les plus décorés de cette guerre, avoir été blessé neuf fois et avoir capturé un total de quelque allemands. Il est surnommé par le maréchal Ferdinand Foch.
Biographie Origines Né à Réauville dans la Drôme, Albert Roche est le fils d'un cultivateur, Séverin Roche, et de Louise SavelActe de naissance de la commune de Réauville., troisième fils dans une modeste famille nombreuse.
Première Guerre mondiale En 1914, à 19 ans, lors de la mobilisation, le conseil de révision le refuse, l’estimant trop chétif pour servir, à la grande joie de son père, qui a besoin de bras pour faire tourner la ferme.
Albert veut se battre coûte que coûte. Devant l’opposition de son père, il fait son sac et se sauve. Il se présente au camp d’instruction d’Allan, qui l’affecte au de chasseurs..
Son incorporation se passe mal : mal noté, mal-aimé, il s’énerve et s’enfuit. Aussitôt rattrapé, il est envoyé en prison pour désertion.
Il se défend en ces termes :
Il est alors envoyé le au de chasseurs alpins engagé dans l’Aisne, bataillon surnommé « diables bleus » par les Allemands.
Il se porte volontaire pour aller détruire un nid de mitrailleuses. Rampant jusqu’aux tranchées ennemies, il parvient à proximité de la cible, atteint le tuyau de cheminée du poêle autour duquel se pressent les Allemands pour se chauffer et y fait tomber une poignée de grenades. La position est neutralisée : il y a plusieurs morts et les survivants se rendent, croyant être attaqués par un bataillon entier. Albert revient à sa base avec les mitrailleuses et huit prisonniers.
Le , il est distingué comme chasseur de première classe.
Régulièrement en première ligne, il se trouve un jour être le seul survivant de sa position, une tranchée au Sudel en Alsace, tous ses camarades ayant été tués. Il positionne alors tous les fusils des morts avec lesquels il tire alternativement, faisant croire à l’ennemi à la résistance d’une garnison et le mettant en déroute.
Régulièrement volontaire pour des missions de reconnaissance, il est un jour fait prisonnier avec son lieutenant blessé. Isolé dans une casemate lors d’un interrogatoire, il parvient à maîtriser et tuer son interrogateur, dont il a subtilisé le pistolet. Ne s’arrêtant pas là, il ramène prisonniers et son lieutenant blessé sur son dos. thumb|redresse=.6|left|Insigne du . Devise : « Vivre libre ou mourir », devise du bataillon des Glières et « Toujours à l'affût ». Lors d'une offensive de la bataille du Chemin des Dames, son capitaine est grièvement blessé et gît entre les lignes. Il rampe alors sous le feu au péril de sa vie pendant six heures pour le rejoindre, puis encore quatre heures pour le ramener avant de le confier aux brancardiers. Épuisé, il s’endort dans un trou de guetteur. Il est réveillé par une patrouille qui le prend pour un déserteur. « Abandon de poste sous le feu, fusillé dans les 24 heures ». Malgré ses dénégations, sans témoin et en période de mutinerie, il est envoyé au cachot en attente de l’application de la sentence. Il écrit alors à son père . Il est emmené au peloton d’exécution qui s’apprête à faire sa besogne lorsqu’une estafette l’interrompt : le capitaine est sorti juste à temps de son coma et apporte son témoignage le disculpant.
Le chasseur Roche est nommé chevalier de la Légion d'honneur le avec la citation suivante.. :
Il reçoit la croix de la Légion d'honneur des mains du commandant de l'armée des Vosges, le général de Maud'huy. Il est invité à la table du général Mangin.
Après-guerre vignette|Cérémonie du choix du soldat inconnu destiné à reposer sous l'Arc de Triomphe ; citadelle souterraine de Verdun (Reconstitution). vignette|Albert Roche (à gauche) et le généralissime Foch (à droite) en 1918. Au cours du conflit, il a été blessé neuf fois et a fait à lui seul.. À la fin du conflit, à , il est toujours soldat de première classe.
Le , il est présenté au balcon de l’hôtel de ville de Strasbourg par le généralissime Foch devant une immense foule en liesse en ces termes : Peu de temps auparavant, Foch a découvert avec étonnement les états de service du soldat, au vu desquels il s’était écrié :
Le , il porte, avec sept de ses camarades, le cercueil du Soldat inconnu lors de la cérémonie à l’Arc de TriompheHommage au héros de guerre Albert Séverin Roche dimanche 25 novembre 2018 à Réauville (Drôme), ONACVG, ..
Il fait ensuite partie de la délégation française conduite à Londres en 1925 par le général Gouraud pour assister aux obsèques du Lord French. Il est convié à la table du roi George V avec cinq représentants de l’Armée..
Fin de vie Il retourne ensuite chez lui à Valréas dans le Vaucluse, où il travaille modestement comme cantonnier.. Il y épouse, en , une femme de Colonzelle de la Drôme voisine..
Il est affecté comme pompier à la poudrerie de Sorgues. En , il est renversé à Sorgues par une voiture à sa descente d'autocar.. Transporté à l'hôpital Sainte-Marthe d'Avignon, il y meurt le , à l'âge de .
Édouard Daladier demande que les honneurs militaires lui soient rendus lors des obsèques. Une semaine après, il transmet un don anonyme de à sa veuve. (soit environ en .).
En 1971, la municipalité de Réauville fait ériger une stèle à sa mémoire devant sa maison natale...
D'abord inhumé à Sorgues, le corps d'Albert Roche est transféré le au cimetière Saint-Véran d'Avignon, où il repose toujours. (carré 40, rangée Nord, tombe 15).
Exposition En , une exposition lui est consacrée au musée des troupes de montagne de Grenoble.
Hommage En , La Poste émet un timbre à la mémoire d'Albert Roche.
La chanson The First Soldier du groupe de power metal suédois Sabaton fait référence aux actes d'Albert Séverin Roche pendant la Première Guerre mondiale.
Décorations ; chevalier du
50px Croix de guerre 1914-1918, avec 4 palmes et 8 étoiles (12 citations)
Notes et références
Voir aussi Bibliographie
Articles de presse
Livre
Autre document Feuillets du matricule militaire d'Albert Roche (archives « registres matricules » de la Drome) : p973, p972, p971, p970, p969, p968 et p967.
Articles connexes Chasseur à pied Chasseurs alpins Louis Best, 'l'As des As de l'infanterie française.
Liens externes
Page sur Albert Roche - Mairie de Réauville Page sur Albert Roche - Office du Tourisme Grignan Valréas
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