Emmanuelle Béart est une actrice française, née le à Gassin (Var).

Elle est la fille du chanteur français Guy Béart et de l'actrice et mannequin française d'origine belgo-grecque Geneviève Galéa. Elle est révélée en 1986 par son jeu dans le drame Manon des sources, de Claude Berri, qui lui vaut le César de la meilleure actrice dans un second rôle.

La décennie suivante, elle s'impose comme une actrice française de premier plan en étant dirigée par Jacques Rivette (La Belle Noiseuse, 1991), André Téchiné (J'embrasse pas, 1991), Claude Sautet (Un cœur en hiver, 1992 ; Nelly et Monsieur Arnaud, 1995) et Claude Chabrol (L'Enfer, 1994). Puis elle participe à des grosses productions : les mélodrames en costumes Une femme française de Régis Wargnier (1995) et Les Destinées sentimentales d'Olivier Assayas (2000), qui lui vaut sa septième et dernière nomination au César de la meilleure actrice. Par ailleurs, elle tient le premier rôle féminin du blockbuster hollywoodien Mission impossible de Brian De Palma (1996).

Durant les années 2000, elle privilégie un cinéma français populaire : elle fait ainsi partie des distributions de la comédie dramatique La Bûche de Danièle Thompson (1999), de la comédie musicale Huit Femmes de François Ozon (2001), de la satire À boire de Marion Vernoux (2004), de la comédie noire Le Héros de la famille de Thierry Klifa (2006) et de la comédie dramatique Mes stars et moi de Laetitia Colombani (2008).

Elle tient aussi les premiers rôles des thrillers psychologiques La Répétition (2001), de Catherine Corsini et de Nathalie... (2003), d'Anne Fontaine, ainsi que du film d'horreur Vinyan (2008), de Fabrice Du Welz. Elle retrouve également André Téchiné, pour les drames historiques Les Égarés (2003) et Les Témoins (2007). Quant à Jacques Rivette, il lui confie l'un des rôles-titre de la romance Histoire de Marie et Julien (2002).

De 1996 à 2006, elle est ambassadrice de bonne volonté de l'UNICEF et participe à de nombreuses activités humanitaires.

Engagée politiquement, elle s'implique notamment dans un soutien aux étrangers en situation irrégulière.

Biographie Jeunesse et formation Fille de l'auteur-compositeur-interprète Guy Béart, né Béhar-Hasson (Béhart) au Caire., dont le patronyme évoque une origine liée à Béjar en Salamanque., et de l'ex-mannequin et actrice d'origine belge et grecque Geneviève Galéa, née Guillery à Londres., Emmanuelle Marie Hélène Béart naît dans la région de Saint-Tropez. Elle a une demi-sœur aînée prénommée Ève, née le de Cécile de Bonnefoy du Charmel, et qui deviendra créatrice de bijoux.. Son père quitte le foyer alors qu'elle est encore toute jeune..

Loin des tumultes du monde parisien, elle est élevée par sa mère à Cogolin et à Beauvallon, près de Sainte-Maxime, en compagnie de Sarah, Ivan et Mikis Cerieix, nés de l'union de sa mère avec Jean-Yves Cerieix, ainsi que d’Olivier Guespin, fruit de la relation amoureuse de sa mère avec le photographe et journaliste Jean-Jacques Guespin (en outre père des jumeaux Pierre et Laurent Malet.), comme Lison Guespin et Charlotte Guespin.. Enfant du spectacle, elle a un tempérament rebelle. Les études ne l'intéressent guère. Elle rêve de devenir actrice et imite ses camarades d'école.

En 1971, à l'âge de , elle fait de la figuration dans La Course du lièvre à travers les champs, un film de René Clément, puis également en 1975, à l'âge de , dans Demain les mômes, un film de Jean Pourtalé, avec tous les enfants de son village, dont son demi-frère Olivier. Elle voue très jeune une admiration à Romy Schneider, son actrice fétiche..

En 1980, âgée de , elle part en séjour à Montréal (Canada) dans une famille amie de son père. C'est le coup de foudre pour ce pays qu'elle considère comme une deuxième patrie et elle décide d'y rester. Elle y poursuit ses études, apprend l'anglais et passe son Baccalauréat français au Collège international Marie-de-France. Elle y rencontre le réalisateur Robert Altman qui l'encourage à devenir actrice..

Débuts et révélation critique (années 1980) En 1983, à , de retour en France, elle suit brièvement les cours d'art dramatique de Jean-Laurent Cochet à Paris. Elle impressionne David Hamilton par sa beauté, lequel lui offre, au bout de trois mois, son premier rôle dans son film érotique Premiers Désirs. Elle enchaîne avec Un amour interdit, de Jean-Pierre Dougnac, en 1984, rôle qui lui vaut de concourir pour le César du meilleur espoir féminin en 1985. Sa carrière d'actrice de cinéma, de télévision et de théâtre est lancée.

En 1986, la jeune actrice, aux côtés de Daniel Auteuil, obtient le succès au niveau international avec le film Manon des sources, de Claude Berri, d'après l’œuvre de Marcel Pagnol. Ils sont récompensés conjointement en 1987 du César de la meilleure actrice dans un second rôle et du César du meilleur acteur. Ils partagent la vedette avec Yves Montand et Hippolyte Girardot.

En 1991, elle obtient un vif succès dans son rôle de La Belle Noiseuse de Jacques Rivette, où elle joue une jeune femme qui pose nue pour l'artiste-peintre Édouard Frenhofer, interprété par Michel Piccoli. La même année, elle donne la réplique à Daniel Auteuil dans Un cœur en hiver de Claude Sautet, où elle joue le rôle de Camille Kessler, une jeune et talentueuse violoniste qui tombe sous le charme de Stéphane (Daniel Auteuil) qui n'éprouve aucun sentiment pour elle et la manipule jusqu'à ce qu'elle s'en aperçoive.

Confirmation (années 1990) vignette|redresse|gauche|Avec Michel Piccoli lors de la présentation de La Belle Noiseuse au festival de Cannes 1991. En 1995, elle est sollicitée par le cinéma américain, avec Mission impossible de Brian De Palma, aux côtés de Tom Cruise et de Jean Reno. La même année, le magazine Empire la classe dans la liste des « 100 Sexiest Stars in film history » ; en 1997, le magazine Femmes Fatales la classe dans la liste du classement « Sci-Fi's Sexy 50 » .. Sorti durant l'été 1996, le blockbuster remporte un succès critique et commercial mondial, mais l'actrice n'apprécie pas l'esprit hollywoodien et revient vite en France, où elle joue des pièces et renoue avec le cinéma français d'auteur.

vignette|redresse|L'actrice au festival de Cannes 1998 pour la présentation de Voleur de vie, d'Yves Angelo. En 1997, elle tient ainsi le premier rôle féminin de l'adaptation Don Juan, de Jacques Weber, qui s'arroge aussi le rôle-titre. Puis elle partage l'affiche du drame Le Temps retrouvé, écrit et réalisé par Raoul Ruiz, avec Catherine Deneuve. En 1998, nouveau tandem féminin, qu'elle présente au festival de Cannes 1998 : elle donne la réplique à Sandrine Bonnaire pour Voleur de vie, d'Yves Angelo.

Elle conclut cette décennie avec un film populaire au large succès, la comédie dramatique La Bûche, de Danièle Thompson, aux côtés de Sabine Azéma et Charlotte Gainsbourg.

Chirurgie esthétique Au début des années 1990, Emmanuelle Béart a recours à une opération de chirurgie esthétique des lèvres dont le résultat est un désastre, mais qu'elle assume ouvertement : . La critique va même jusqu'à lui reprocher de ne plus pouvoir jouer, de par la crispation de certains des muscles de son visage et de sa bouche notamment.. Se refusant à juger les personnes qui, comme elle, sont passées sous le scalpel, Emmanuelle Béart se dit cependant être devenue opposée à la chirurgie esthétique.

Tête d'affiche (années 2000) En 2000, elle est la tête d'affiche du drame Les Destinées sentimentales, d'Olivier Assayas, présenté au Festival de Cannes 2000. Sa performance lui vaut sa cinquième et dernière nomination au César de la meilleure actrice. Puis l'année suivante, elle évolue aux côtés de Dieudonné et Anémone pour la comédie légère Voyance et Manigance, qui passe inaperçue.

Elle se concentre donc sur le cinéma d'auteur : elle présente au Festival de Cannes 2001 le drame La Répétition, de Catherine Corsini, mais connaît surtout un large succès critique et commercial grâce au film choral Huit Femmes, de François Ozon. Elle fait partie d'un casting quatre étoiles, composé de Danielle Darrieux, Catherine Deneuve, Isabelle Huppert, Fanny Ardant, Firmine Richard, Virginie Ledoyen et Ludivine Sagnier.

En 2002, elle retourne aux États-Unis pour À la recherche de Debra Winger, un documentaire réalisé par Rosanna Arquette, qui croise les regards de plusieurs actrices.

vignette|redresse|L'actrice, membre du jury du festival de Cannes 2004. Elle présente au Festival de Cannes 2003 le drame historique Les Égarés, d'André Téchiné, dont elle est la tête d'affiche, secondée par un jeune Gaspard Ulliel. Puis elle tient le rôle féminin principal de l'un des derniers long-métrage de Jacques Rivette, la romance Histoire de Marie et Julien. Enfin, elle renoue avec les rôles de femme fatale pour le drame Nathalie..., d'Anne Fontaine. L'actrice y donne la réplique à Fanny Ardant et Gérard Depardieu. La même année, elle pose nue en couverture du magazine Elle à l'occasion d'un reportage réalisé pour le magazine à l'île MauriceLa photographe Sylvie Lancrenon confie à Libération : Cf. ..

L'année 2004 est marquée par la sortie du drame À boire de Marion Vernoux. L'actrice y évolue aux côtés d'Édouard Baer et Atmen Kelif. En 2005, deux autres projets passent inaperçus : l'adaptation de la pièce éponyme de Feydeau par Michel Deville, Un fil à la patte, puis le drame L'Enfer, de Danis Tanović. L'actrice en partage l'affiche avec Karin Viard et Marie Gillain. Parallèlement, elle devient l'égérie de la marque de bijoux danoise Pilgrim..

La même année, elle est membre du jury du 57 festival de Cannes.

En 2006, elle tient l'un des rôles principaux du thriller américain Un crime, de Manuel Pradal, porté par Norman Reedus. Puis elle est au casting du drame français Le Héros de la famille, aux côtés de Gérard Lanvin et Catherine Deneuve. L'année suivante, le drame choral Les Témoins, qui marque ses retrouvailles avec André Téchiné, est acclamé par la critique.

Diversification et théâtre (années 2010) vignette|gauche|redresse|Emmanuelle Béart au festival du cinéma américain de Deauville 2010. Pourtant, en 2008, elle surprend en défendant trois projets très différents : tout d'abord, elle s'aventure dans la comédie potache avec Disco, de Fabien Onteniente ; puis elle est la tête d'affiche du film d'horreur, Vinyan, une coproduction internationale mise en scène par Fabrice Du Welz. Enfin, elle incarne l'une des trois « stars » de la comédie noire Mes stars et moi, de Laetitia Colombani, aux côtés de Catherine Deneuve et Mélanie Bernier.

vignette|redresse|L'actrice à un défilé haute-couture, en juillet 2009. En 2010, elle tient le premier rôle féminin de la comédie dramatique Nous trois, de Renaud Bertrand, puis de la romance indépendante Ça commence par la fin, première réalisation de l'acteur Michaël Cohen.

En 2011, elle est la tête d'affiche du drame Ma compagne de nuit, réalisé par Isabelle Brocard. Elle y est secondée par Hafsia Herzi. En 2012, elle défend deux projets très différents : tout d'abord, elle est la tête d'affiche de la comédie noire Bye Bye Blondie, de Virginie Despentes. Puis elle est au casting de la comédie historique Télé Gaucho, de Michel Leclerc, portée par Sara Forestier et Félix Moati.

Entre 2013 et 2014, elle alterne l'expérimental Par exemple, Électre, de Jeanne Balibar et Pierre Léon, et le populaire Les Yeux jaunes des crocodiles, de Cécile Telerman. Elle tient aussi le premier rôle du drame australien My Mistress, de Stephen Lance.

Elle se fait ensuite beaucoup plus rare au cinéma, préférant se concentrer sur le théâtre. vignette|261x261px|Emmanuelle Béart au Festival de Cannes 2016. Déjà depuis 2010, elle affirme que le théâtre est pour elle une priorité, au détriment du cinéma.. Elle travaille notamment avec le metteur en scène Stanislas Nordey, qui la choisit comme artiste associée depuis sa prise de fonction en 2014 en tant que directeur du Théâtre national de Strasbourg..