Les Unités de protection du peuple (, abrégé YPG, prononcé ) forment la branche armée du Parti de l'union démocratique (PYD) kurde en Syrie. Elles sont créées en 2011 lors de la guerre civile syrienne.

Histoire En juillet-, des YXG (, Unités d'autodéfense du Peuple) sont créées dans le contexte des manifestations contre le régime syrien. Ces premières unités sont constituées de groupes d’autodéfense mis en place à la suite des émeutes de Qamichli en 2004, ainsi que de Kurdes de Syrie ayant combattu au cours des années 1990 dans les rangs de la guérilla kurde du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK).

En 2012, les YXG sont restructurées et prennent le nom de YPG..

Effectifs

Les troupes des YPG sont composées de deux types de structures : d'une part, celui formé de cadres, engagés en principe à vie, qui renoncent à toute propriété privée, vie de famille et aux relations sexuelles, et celui formé de miliciens (ou locaux, heremî). Ces derniers, contrairement aux cadres, ne sont pas considérés comme des professionnels mais sont salariés ( syriennes, l’équivalent d’environ ).

Le , un porte-parole des YPG affirme que le mouvement dispose de : Kurdish militia has 35,000 fighters: spokesman., chiffre que la BBC estime cependant plutôt entre .. En , Hamid Messoud, reporter de France 24, écrit que les forces des YPG sont d'environ France 24 : Reportage : sur le front syrien, les combattantes kurdes affrontent l'EIIL.. En 2015, leurs effectifs sont estimés entre , dont environ 40 % de femmes, qui sont pour certaines intégrées dans les Unités de protection de la femme (YPJ), une branche féminine des YPGMoyen-Orient, Kurdistan(s), une nation, des états ?, numéro 26, avril-juin 2015, .. En mars 2016, Salih Muslim, coprésident du PYD, déclare que les forces kurdes comptent entre et femmesSyrie: les forces kurdes prépareraient la bataille de «libération» de Raqqa, Le Soir, 31 mars 2016.. Fin 2016, les YPG affirment disposer de et femmes dans leurs rangs — dont pour les YPJ — et annoncent que leur objectif est de dépasser les pour la seconde moitié de l'année 2017Tom Perry, Exclusive: Syrian Kurdish YPG aims to expand force to over 100,000, Reuters, 20 mars 2017.. Selon le porte-parole des YPG, chaque combattant recevra un salaire mensuel de , contre maximum en 2016.

Selon Foreign Policy, près de 40 % des troupes des YPG sont composées de femmes.. Certaines unités de combat sont exclusivement féminines ; d'autres totalement masculines, et d'autres encore sont mixtes.

Selon les combattants kurdes, la présence de femmes soldats dans leurs rangs leur donne un avantage contre les djihadistes car ces derniers pensent être privés du paradis s'ils sont tués de la main d'une femme.. Selon Rusen Aytac, chargé du département des droits de l'Homme à l'Institut kurde de Paris : . Cependant ces affirmations, abondamment relayées par les combattantes kurdes, sont contestées par l'historien militaire Laurent Touchard : ..

Selon le témoignage en d'un militaire français cité par Le Monde : ..

Combattants étrangers thumb|upright=1.2|Combattants étrangers servant dans les rangs des YPG, avec au centre l'acteur britannique Michael Enright.

Pendant la guerre, des combattants occidentaux, généralement anciens militaires, hommes et femmes, se joignent également aux YPG pour combattre les djihadistes..... Initialement peu nombreux, leur nombre augmente après la bataille de Kobané, le , l'OSDH affirme que 400 volontaires occidentaux venus d'Amérique, d'Europe et d'Australie combattent au sein des YPG, et qu'à cette date huit d'entre eux ont été tués, dont une femme..

En mai 2015, à Ras al-Aïn, un bataillon, baptisé « al-Shahid Sarkan » (« le martyr Sarkan »), est entièrement formé par des combattants turcs du Parti communiste marxiste-léniniste (MLKP)..

Le , à Rojava, un bataillon, baptisé « Bataillon international de libération », est formé par des combattants étrangers. Le groupe a été mis en place par des membres du MLKP inspirés par les Brigades internationales qui ont combattu durant la guerre civile espagnole. Le groupe est composé de combattants turcs, espagnols, grecs, allemands, albanais, circassiens, arabes, arméniens et lazes.

Au , selon les YPG, huit combattants occidentaux ont été tués dans leurs rangs ; un Américain, deux Britanniques, deux Allemands, deux Australiens et un Canadien..

Selon France 24, entre 2013 et début 2018, étrangers ont rejoint les rangs des YPG.. Parmi ces derniers figurent plusieurs profils : des aventuriers sans expérience militaire et sans motivations politiques ; d'anciens militaires, pour certains proches de l'extrême-droite, motivés par le combat contre l'État islamique ; et des militants d'extrême-gauche, de plus en plus nombreux, séduits par le projet révolutionnaire instauré par le PYD au Rojava....

Pour la France, ceci a pour conséquence une certaine inquiétude de la part des services de renseignement, qui redoutent des attentats perpétrés par des militants révolutionnaires formés aux pratiques militaires. Il s'ensuit les arrestations du 8 décembre 2020, considérées par certains comme abusives et idéologiques.. Sept personnes sont mises en examen pour association de malfaiteurs en vue de commettre des actes terroristes.

Commandement Commandant en chef des YPG : Sipan Hemo .. Commandante des YPJ : Nassrin Abdalla.. Porte-parole : Rêdûr Xelîl..

Affiliation Le , les YPG et des brigades de l'Armée syrienne libre créent un centre d’opérations conjoint dans la région de Kobané appelé « Volcan de l'Euphrate ». Il a pour objectif de reprendre les territoires contrôlés par l'État islamique.

Les Forces démocratiques syriennes Le , les YPG et les YPJ forment avec plusieurs autres groupes les Forces démocratiques syriennes (FDS). Cette alliance rassemble également l'Armée Al-Sanadid, le Conseil militaire syriaque, Jaych al-Thuwar et quelques brigades de l'Armée syrienne libre, ainsi qu'un Bataillon International de Libération. Le , un bataillon du Martyr Nubar Ozanyan, composé de combattants arméniens, a été formé au sein des FDS.. Les YPG et les YPJ restent toutefois très largement la force dominante......

Actions En 2012 thumb|upright=1.2|Un milicien du PYD, à Afrine, en août 2012.

En , l'armée syrienne se retire du Kurdistan syrien (Rojava) pour se redéployer à Alep et sur d'autres fronts. Les loyalistes demeurent dans les villes d'Al-Qamishli et Hassaké, mais les miliciens kurdes du PYD, la branche syrienne du PKK, prennent sans tirer un coup de feu le contrôle d'Afrine le , de Kobané le et de plusieurs autres localités... La région passe alors sous le contrôle du PYD et de sa branche armée, les YPG. Ces derniers écartent les partis du Conseil national kurde (CNK) liés à Barzani et proches du Conseil national syrien et dont les dirigeants sont contraints de s'exiler au Kurdistan irakienMoyen-Orient, Kurdistan(s), une nation, des États ?, numéro 26, avril-juin 2015, . Contribution de Jordi Tejel Gorgas..

À partir de , des heurts commencent à opposer les YPG aux brigades rebelles islamistes. Le , des combats éclatent à Ras al-Aïn entre les YPG et le Front al-Nosra et la brigade Ghouraba Al-Cham de l'Armée syrienne libre. Une trêve est conclue le mais en décembre les combats reprennent et se poursuivent pendant trois mois, jusqu'à ce qu'une nouvelle trêve soit conclue en . ...

En 2013 thumb|upright=1.2|Des combattants des YPG en 2013.

En 2013, les YPG entrent en conflit direct contre certains groupes rebelles et en particulier contre les djihadistes du Front al-Nosra et de l'État islamique en Irak et au Levant, après que ces derniers ont pris en otages 200 civils kurdes le ..

Le , les combats reprennent à Ra’s al-‘Ayn, les forces kurdes du PYD prennent l'avantage et parviennent à chasser le Front al-Nosra de la ville.. Les YPG mènent ensuite une offensive en octobre dans le gouvernorat de Hassaké. Selon l'OSDH, au moins 12 combattants kurdes et 29 djihadistes du Front al-Nosra et de l'État islamique en Irak et au Levant sont tués le .. Du 2 au , les YPG prennent 19 villages sur la route de Ra’s al-‘Ayn à Hassaké et près de Tall Tamer..

En 2014 vignette|gauche|Une combattante des YPJ en novembre 2014.

Le , les YPG lancent une offensive contre les forces rebelles à Tall Hamis et Tell Brak. Les Kurdes affrontent principalement les islamistes d'Ahrar al-Sham et de l'État islamique en Irak et au Levant. Ils parviennent à prendre Tell Brak et à entrer dans Tall Hamis mais ils sont finalement repoussés le . Les Kurdes laissent 35 prisonniers qui seront décapités par les djihadistes... Les YPG repoussent cependant à leur tour une offensive des djihadistes de l'EIIL à Al-Manajir le .. Le , les Kurdes lancent une nouvelle attaque et reprennent Tell Brak... Cependant le village repassera encore sous le contrôle de l'EI.

En , le YPG est le premier groupe armé syrien à signer l'Appel de Genève sur l'interdiction des mines antipersonnel et des violences sexuelles..

Le , les djihadistes de l'État islamique lancent une offensive contre la ville de Kobané (Aïn al-Arab en arabe), tenue par les YPG. Les Kurdes reçoivent des renforts venus de Turquie et parviennent à résister à l'attaque. Après un mois de combats, les YPG revendiquent la mort de 685 djihadistes contre 74 tués dans leurs rangs.. Mais , l'État islamique lance une nouvelle offensive contre Kobané. Cette fois-ci les djihadistes progressent rapidement, ils prennent près de 400 villages en deux semaines, pénètrent dans la ville le et s'emparent de son centre quatre jours plus tard. Cependant la coalition intervient et concentre 75 % de ses frappes en Syrie sur Kobané. Le , après des mois d'intenses combats, les Kurdes parviennent à reprendre la totalité de la ville. Ils lancent ensuite une contre-offensive pour reprendre les villages, dont la plupart sont rapidement reconquis. De septembre à février, plus de 500 combattants kurdes et sont morts pendant la bataille de Kobané.....

Vers juillet-, les YPG s'allient avec le Parti démocratique du Kurdistan (PDK) afin de lutter contre l'État islamique qui progresse en Irak. Des unités YPG pénètrent alors en Irak., elles ouvrent un couloir humanitaire dans les monts Sinjâr et procèdent à l'évacuation de Yézidis menacés de famines et de massacres par l'État islamique. Selon le bilan des YPG, les combats livrés entre le et le dans les zones de Rabia, Sinjar et Jazaa ont fait 54 morts dans leurs rangs contre 473 morts, dont trois émirs, du côté des djihadistes de l'EI..

Le , dans le gouvernorat de Hassaké, en Syrie, l'État islamique s'empare de la localité de Qassiab. Les YPG la reprennent deux jours plus tard. Selon l'OSDH, au moins trois combattants kurdes et 44 djihadistes sont tués dans ces affrontements...

En 2015 thumb|upright=1.2|Des combattantes des YPJ en 2015.

Pendant l'année 2015, grâce au soutien de la coalition, les YPG font de grosses avancées dans le nord de la Syrie. Le , dans le gouvernorat de Hassaké, les YPG et le Conseil militaire syriaque lancent une offensive sur la ville de Tall Hamis, située à l'est de Hassaké et tenue par l'État islamique. Cependant, les djihadistes réagissent et deux jours plus tard ils attaquent à leur tour les positions kurdes et syriaques au sud de la ville de Tall Tamer, située de son côté à l'ouest de Hassaké et tenue par les Kurdes. À Tall Hamis, l'offensive kurde est un succès, la ville est prise le , suivie de Tell Brak le lendemain. Les YPG s'emparent également de Jazah et de 400 villages près de la frontière irakienne. Une fois encore, les Kurdes bénéficient du soutien aérien des forces de la coalition, au moins 200 djihadistes et quelques dizaines de Kurdes sont tués dans ces affrontements... À Tall Tamer, les combats sont plus indécis, les djihadistes s'emparent de plusieurs villages chrétiens et tentent de progresser vers Tall Tamer et Ras al-Ain. Fin mai, l'offensive de l'EI est finalement repoussée et les forces kurdes et assyriennes reprennent le terrain perdu..