Le diocèse de Dassa-Zoumé (Dioecesis Dassana-Zumensis) est un diocèse de l'Église catholique au Bénin, dont le siège est à Dassa-Zoumé basé à la .
Évêques
- : Antoine Ganyé - : siège vacant - : François Gnonhossou
Territoire Il comprend les départements des Collines.
Histoire Le est érigé le diocèse de Dassa-Zoumé depuis le diocèse d'Abomey.
Genèse du diocèse Les historiens signalent des implantations missionnaires au Dahomey, plus précisément à Ouidah, en 1644, 1681, 1844, et 1849Jean Bonfils La Mission catholique en République du Bénin. Des origines à 1945. Paris, Karthala, 1999, 276 p., .. Mais ces implantations resteront sans lendemain parce que les évangélisateurs seront amenés à interrompre leur présence dans cette zone.
1861 : le début de l’évangélisation sans rupture L’évangélisation de l’actuel Bénin démarre, sans rupture jusqu’à nos jours, quand le pape Pie IX érige le « vicariat apostolique du Dahomey » le , et le confie à la Société des Missions Africaines (SMA), qui venait de naître à Lyon le Patrick Gantly, Histoire de la Société des Missions Africaines (SMA) 1856-1907. Paris, Karthala. Tome 1, 2009, 547 p. Tome 2, 2010, 444 p..
Deux prêtres SMA débarquent à Ouidah le . Mais le roi d’Abomey, Glélé, leur interdit tout prosélytisme auprès des autochtones : ils n’ont le droit de s’occuper que des familles portugaises et brésiliennes, déjà catholiquesLe P. Borghero a tenté, en vain, au cours d’un séjour à Abomey, d’obtenir du roi Glélé la permission d’évangéliser toute la population. Il le raconte dans une de ses lettres. Texte intégral dans Renzo Mandirola et Pierre Trichet. Lettres du Dahomey. Correspondance des premiers Pères de la Société des Missions Africaines (Avril 1861-Avril 1862). Paris, Karthala, 2011, 350 p., .. Cette situation durera jusqu’en 1894. Pour pouvoir travailler hors du royaume du Dahomey, les missionnaires fondent des missions à Porto-Novo (1864) et à Agoué (1874). Les missions vont longtemps rester situées le long de la côte.
En 1895 : un voyage de reconnaissance chez les Dassa Les Pères espéraient s’installer bientôt à l’intérieur du pays. Aussi, en , une mission de reconnaissance, composée des Pères Schenkel et Steinmetz, se rend à Savalou, Bantè, Pira, puis Dassa-Zoumé, Paouignan et AbomeyPaul Hazoumé, Cinquante ans d’apostolat, Souvenirs de Steinmetz, Lyon, Procure des Missions Africaines, 1942, ..
Le , le pape Léon XIII érige le Dahomey en vicariat apostolique et lui donne son premier vicaire apostolique (évêque), en la personne de Louis-Auguste Dartois S.M.AIl existe une biographie du P. Dartois : Babinet, Gilles. Louis Dartois, Premier Vicaire apostolique du Dahomey, 1861-1905. Lyon, édité par la SMA, 2011, 90 p.. En 1902, celui-ci envoie les P. Joseph Girerd et Oswald Waller, fonder une mission à AbomeyLe P. Waller décrit le premier Noël vécu dans cette station. Texte reproduit dans : J. Bonfils. La mission catholique en République du Bénin. Des origines à 1945, Paris, Karthala, 1999, 276 p., ..
En 1916, la première messe depuis le commencement du monde En 1916, le P. Vacheret, missionnaire à Abomey vient visiter le village de Dassa-Zoumé, et il écrit : « Il y a 15 jours, j’ai fait une tournée à Dassa-Zoumé, où j’ai célébré la première messe depuis le commencement du monde. […] Il y eut cinq communions et onze baptêmes de négrillons et négrillonnes. […] Le roi m’a expliqué pourquoi ses aïeux s’étaient fixés si haut [dans les blocs granitiques]. C’était pour résister plus facilement aux attaques des terribles guerriers des Monarques Dahoméens. […] Ce bon vieux chef désire beaucoup que je fonde une école chez lui et il m’a promis beaucoup d’enfants« Lettre du R. P. Vacheret, missionnaire à Abomey. L’Echo des Missions Africaines, janvier-février 1917, .. »
1922 : le P. Girerd vient habiter à Dassa-Zoumé Après la mort de Dartois, François Steinmetz est nommé pour lui succéder. Il va diriger la chrétienté dahoméenne de 1906 à 1935. Il fonde plusieurs missions dans son vaste vicariat (qui recouvre alors tout le Dahomey), principalement dans le sud (de plus en plus christianisé), sans toutefois oublier l’intérieur du pays. En 1921, il demande au P. Girerd d’aller ouvrir une mission à Dassa-Zoumé. Celui-ci fait bientôt savoir : « Je suis définitivement à Dassa-Zoumé depuis le : j’y suis parti avec mes vieux outils de menuisier comme bagages. […] Les Dassas sont cultivateurs, ils passent une grande partie de l’année dans leurs champs, mais le dimanche, ils sont fidèles à venir à la messe et au catéchisme ; il en vient de tous les villages. Le nombre des catéchumènes inscrits pour la mission de Dassa-Zoumé est pour le moment de 654 (411 hommes et 243 femmes), et pour la mission secondaire de Sokponta 328 (219 hommes et 109 femmes). Une mission secondaire a été établie aussi à Savalou […] et une autre encore à PaouignanJoseph Girerd. « La nouvelle mission de Dassa-Zoumé ». L’Echo des Missions Africaines, décembre 1922, .. »
Zoumahoun avait reçu la visite du Père Chabert, supérieur général Quelques mois avant l’érection de cette station principale, Dassa-Zoumé avait reçu la visite du P. Chabert, supérieur général des Missions Africaines, qui avait séjourné à Dassa et avait rédigé un long compte rendu de ce qu’il avait glané làJ.-M. Chabert. « Les Dassas ». L’Echo des Missions Africaines, septembre 1922, p. 129-132 ; octobre 1922, p. 145-148 ; novembre 1922, p. 170-173.. Il avait rencontré Azomaou, roi des Dassa, qui lui avait raconté comment il avait fait venir les missionnaires catholiques. Le P. Chabert avait même fait, avec le P. Gauthier, « l’ascension de la montagne Gnité. Forteresse inviolée, elle a brisé tous les assauts des rois du Dahomey et elle est devenue un musée national. »
La mission de Dassa va s’entourer de « stations secondaires » La nouvelle mission ne part pas de rien. En 1922, on y trouve : « Un prêtre, 4 catéchistes, 66 catholiques, 1 139 catéchumènes, un dispensaire, 3 stations secondairesÉtat de la Société des Missions Africaines, 1922-1923, p. 24. Consultable aux archives des Missions Africaines, à Rome. ». Le missionnaire va visiter souvent les villages des alentours, et y fonder une « station secondaire » (avec un catéchiste-instituteur qui fait l’école et dirige la prière dans la chapelle) dès que quelques personnes vont exprimer le désir de devenir chrétiennes.
En , Steinmetz envoie le P. Antonin Gauthier, visiteur (c’est-à-dire responsable de tous les Pères SMA du Dahomey) prêcher la retraite de confirmation. Dans une lettre datée du , celui-ci décrit les nouvelles installations et continue : « Hier, en parcourant la ville, j’ai aperçu une petite case d’idoles toute remplie d’ordures, il y en avait bien deux brouettées. – Vous ne balayez donc plus vos temples ? dis-je à un féticheur. – Eh ! me répondit-il, il n’y a plus que nous, les vieux, à nous occuper des idoles, et nous ne suffisons pas au soin de tous leurs temples. – Avant peu d’années il n’y aura, en effet, plus de païens dans la régionAntonin Gauthier. « La mission des Dassas ». L’Echo des Missions Africaines, juin 1923, .. »
En 1923, une campagne d’intimidation Mais les féticheurs tentent de réagir. Dans une lettre du , le P. Girerd en rend compte : « Les féticheurs ont répandu les bruits les plus saugrenus. Un jour on annonçait que la mission était fermée, inutile d’y aller ; un autre, que tous ceux qui allaient à la mission seraient frappés par les dieux. On assurait d’ailleurs que l’Administrateur du cercle allait venir dans le pays et qu’il infligerait une amende à tous ceux qui seraient rencontrés portant une croix ou une médaille. Nos braves catéchumènes en riaient. Alors on tenta des menaces. Ils tinrent bon. Maintenant le calme est rétabli. Ces événements ont été plutôt favorables pour la mission. Je ne crois pas en effet que nous ayons inscrit autant de catéchumènes que durant cette période où le démon cherchait à nous nuireJ. Girerd. « Vicariat apostolique du Dahomey ». L’Echo des Missions Africaines, mai 1924, .. »
La chrétienté continue de croître. Dans une lettre du , le P. Girerd communique : « Nous avons eu, au commencement de mars, les cérémonies de la Confirmation. Dassa-Zoumé nous a donné 87 confirmations et Sokponta 80J. Girerd. « Vicariat apostolique du Dahomey ». L’Echo des Missions Africaines, juin 1924, .. »
En 1926, Dassa-Zoumé est entouré de 12 stations secondaires (dont Sokponta, avec 159 baptisés et 66 catéchumènes ; Chakaloké, avec 130 baptisés et 50 catéchumènes ; Savalou, avec 75 baptisés et 30 catéchumènes ; Savè, avec 64 baptisés et 13 catéchumènes, etc.État de la Société des Missions Africaines, 1926-1927, .)
Les progrès observés par le P. Schmitt (1926) Après le décès du P. Girerd (le ), le P. Émile Schmitt lui succède à Dassa-Zoumé. Il annonce que Sokponta est désormais « station principale »… même si on ne peut pas lui fournir un prêtre résidant pour le moment : « Nous avons maintenant deux stations principales : Dassa-Zoumé et Sokponta et douze stations secondaires. Dassa-Zoumé reste toujours le centre principal, mais Sokponta, avec ses quatre stations secondaires et ses nombreux petits villages, se développe rapidement et menace de dépasser Dassa dès qu’un Père pourra s’y fixerE. Schmitt. « Dahomey, Lettre du P. Emile Schmitt ». L’Echo des Missions Africaines, mai 1926, .. »
Le P. Faroud construit une église en dur (1927) En 1927, la mission de Dassa est confiée aux soins du P. François FaroudIl existe une biographie du P. Faroud : Babinet, Gilles. François Faroud, 1885-1963. Un pionnier au Sahel. Lyon, SMA, 2010, 103 p. (qui deviendra plus tard Préfet apostolique de Parakou). Il se lance dans la construction d’une église… pour laquelle il sollicite l’aide des lecteurs de l’Echo des Missions Africaines : « Notre église sera modeste : sur 35 à l’intérieur. […] Malgré ces dimensions exiguës, la dépense atteindra près de 90.000 francs. Dans un pays où les termites mangent rapidement tout ce qui n’est pas dur, et où d’autre part la pierre abonde, j’ai rejeté complètement terre glaise et bois blanc. Notre église sera en pierres avec charpente en fer. Qu’on ne m’accuse pas de viser au luxe. Ces matériaux sont en réalité plus économiques à cause de leur duréeF. Faroud. « Chez les Dassas ». L’Echo des Missions Africaines, juin-juillet 1929, .. » Puis, lui aussi, rapporte l’histoire des Dassa, et même le repli de certains Dassa dans le massif de l’Akposso au Togo voisin, dans le village de Dadja. Et il rend compte de la présence des protestants et des musulmans qui, à Dassa, font concurrence aux catholiques. Puis il cite plusieurs réactions courageuses de catholiques qui veulent rester fidèles à leur foi, et s’interroge : « Pourquoi nos chrétiens, perdus encore dans la masse des païens, persévèrent-ilsIdem, . ? »… avant de citer diverses réponses qu’il trouve dans les livres religieux qui nourrissent sa foi.
Savè et Kilibo étaient visités par Kétou