Le bon Pasteur était une prison de Nantes sous la Révolution.
Le couvent transformé en prison Couvent religieux avant la Révolution, la maison du Bon pasteur, située place du Bon-Pasteur, est reconvertie en prison pour femmes à la demande du représentant Gillet en . Le même mois, les prisonnières de la Visitation y sont envoyées, suivies des femmes détenues aux Saintes-Claires, le Alfred Lallié, Les prisons de Nantes, 43-44.. Restée sur place, les religieuses de l'l'Ordre de la Pénitence de la Madeleine adressent des secours aux détenues, mais le , sur ordre du Comité révolutionnaire de Nantes, les 48 filles pénitentes du Bon Pasteur, remplacées par de « bonnes citoyennes » sont transférées au Sanitat, les enfants qui l’occupaient ayant été envoyés aux OrphelinsAlfred Lallié, Les prisons de Nantes, 44..
Le Bon-Pasteur sert de prison pour les suspectes nantaises et des femmes et des enfants des « brigands ». Fin mars 1794, le nombre des détenus dépasse les sept cents. La prison n'aurait dû en recevoir que deux cents. La prison est dirigée par le geôlier-concierge Fleurdepied dont les escroqueries, les chantages et les violences seront fréquemment dénoncés après ThermidorAlfred Lallié, Les prisons de Nantes, 49-50..
La prison pendant la Terreur La dame Desguiot-Mallet, entrepositaire des tabacs, a passé un an au Bon Pasteur. Dans sa déposition au procès du Comité (1795), elle déclare :
Les détenues vivent dans une incertitude totale concernant leur sort et subissent fréquemment les menaces des gardiens, pendant une soirée la prison est secouée par une vague de panique car un homme de la compagnie Marat a été aperçu en train de rédiger une liste. Les prisonnières sont persuadées qu’on a l’intention de les noyer mais sous la menace du médecin Thomas armé d’un sabre et d’un pistolet, le sans-culotte se retire et l’affaire en reste làAlfred Lallié, Les prisons de Nantes, 44-45..
À la mi-, la prison est frappée par une épidémie de petite vérole, le 25 le médecin Thomas demande que les enfants détenus soient renvoyés chez leurs parents. Mais un autre médecin envoyé juge la prison saine et la demande n’est pas suivie. Le , des demandes de réparations de la cour et des latrines sont adressées sans que l’on sache si les autorités y ont donné suite. En avril, à la suite de l'épidémie et de la surpopulation de la prison le médecin Thomas obtient du Comité le transfert d’une partie des prisonnières au SanitatAlfred Lallié, Les prisons de Nantes, 46-47..
Mais la surpopulation reste importante, les représentants Bô et Bourbotte écrivent à l’administration que :
Le , les détenues adressent une pétition suivie de 156 signatures au représentant Bourbotte :
À la suite de l'arrestation du Comité révolutionnaire, les représentants nomment une commission chargée d’examiner les dossiers des prisonnières. Celle-ci prononce plusieurs libérations mais le , il reste encore 444 femmes enfermées au Bon-Pasteur et une nouvelle pétition est adressée le Alfred Lallié, Les prisons de Nantes, 49. :
Le nombre des détenues diminue progressivement, le il reste encore 348 femmes et 14 enfants. Selon un rapport du , il ne reste plus que « très peu de détenues, » dont on propose le transfert au Sanitat. La prison est fermée le , elle est néanmoins réutilisée sous le Directoire afin de servir de lieu de détention pour les prêtres réfractaires dans l’attente de leur déportation pour CayenneAlfred Lallié, Les prisons de Nantes, 51..
Voir aussi Liste des prisons de Nantes sous la Révolution Jean-Baptiste Carrier Noyades de Nantes Fusillades de Nantes Épidémies à Nantes pendant la Révolution
Bibliographie , 43-51.
Références
Catégorie:Prison de Nantes sous la Révolution