L’équitation en Bretagne est pratiquée au moins dès l'époque celte, perdurant par nécessité militaire et pour les déplacements. Si les courses de chevaux représentent une tradition très ancienne en Basse-Bretagne, le sport hippique, codifié en Angleterre, s'implante au , au détriment de traditions plus populaires. La pratique de l'équitation se raréfie avec l'amélioration des transports aux , avant de connaître de profondes mutations avec la croissance des marchés du sport et du loisir.
Le tourisme équestre est désormais très présent en Bretagne, notamment le long du circuit régional de randonnée Equibreizh. Les sports équestres ont valu, depuis la fin du , des récompenses européennes et mondiales à des équitants bretons, en particulier en endurance, grâce à des cavaliers de niveau international comme Stéphane Fleury et Élodie Le Labourier. Nonobstant, la plupart des compétitions équestres organisées en Bretagne concernent le saut d'obstacles, en particulier au stade équestre du Val Porée et à Lorient.
Histoire De l'Antiquité à la fin du vignette|gauche|alt=Cavalier sur son cheval de profil.|Seigneur breton partant à la chasse (reproduction de tableau, date inconnue). L'équitation semble inconnue au Néolithique. Elle est certainement introduite par des migrants du , période qui marque les débuts de l'âge du bronze. Des mors en bronze et d'autres pièces de harnachement ont été retrouvés dans des dépôts bretons du bronze final, attestant la pratique de l'équitation vers - 750 / - 1000. Les peuples celtes d'Armorique pratiquent une équitation essentiellement militaire. Cette débouche sur un culte du guerrier. Les cavaliers armoricains portent des casques en bronze, et parfois des cuirasses..
Monté ou attelé aux chars de guerre, parfois aux chariots de commerce dans l'intérieur des terres selon Diodore de Sicile, le cheval n'est jamais attelé à la charrue, ce travail restant l'apanage des bœufs. L'apparition de courses de chevaux en Bretagne remonte elle aussi à l'époque celtique. En 549, Saint Telo aurait prié Dieu pour que les guerriers bretons soient les plus forts et les plus vaillants de toutes les nations au combat à chevalChristian Cressard, Le cheval de nos campagnes, éditions Ouest-France, Rennes, 1998, cité par . En 851, la cavalerie de Bretagne menée par Erispoë bat les armées de Charles le Chauve près de Redon. L'aristocratie féodale découle du rôle militaire de cet animal. Au Moyen Âge, le cheval continue d'être essentiellement monté et les attelages sont traînés par des bœufs. La duchesse Anne, par exemple, a recours à la traction bovine. Au , Le Boucher du Crosco, membre de l'Académie royale d'agriculture de Bretagne, propose l'établissement de courses hippiques en Bretagne sur le modèle de l'Angleterre. Au , les paysans bretons utilisent toujours majoritairement le bœuf au labour, ainsi que le rapporte Jacques CharpyUniversités d'Angers, Brest, Le Mans, Rennes II et Tours, Annales de Bretagne et des pays de l'Ouest, Volume 109, Numéro 1, Université de Haute-Bretagne, 2003, .
vignette|alt=Un homme et un enfant sur un cheval de profil.|Gravure d'un pilhaouer (chiffonnier) sur un bidet allant l'amble. Au , l'utilisation du cheval devient plus importante.
Utilisation paysanne Au , le cheval est monté ou attelé pour une foule de travaux : déplacer des matériaux tels que la pierre et le bois, labourer, tirer la herse, transporter des personnes, porter les produits de la ferme au marché, ramasser le goémon, etc. Les Bretons des montagnes pratiquent l'équitation sur une bonne partie du siècle : l'une des particularités de la Bretagne sur les autres provinces françaises est en effet l'absence d'utilisation de l'âne. D'après Ephrem Houël, même les paysans les plus pauvres se doivent de posséder au moins un cheval. Une grande polyvalence est recherchée, en lien avec les structures agricoles : jusqu'aux années 1900, un même animal doit être apte à tracter la herse au pas dans les champs et à se rendre au marché au trot sur les routes. D'après Houël, c'est surtout aux noces que la chevauchée est de rigueur : . Houël témoigne aussi du harnachement : un léger bât, garni d'une peau ou d'un coussin, serré au milieu par une sangle. La bride est dure, les étriers sont généralement deux cordes doubles dans lesquelles le pied s'enfonce jusqu'au talon. Les cavaliers se tiennent droits et parfaitement d'aplomb. Leurs genoux sont relevés à la hauteur de l'arçon. Alexandre Bouët et Olivier Perrin expliquent dans Breiz Ivel, ou Vie des Bretons dans l'Armorique (1835) que les mariés, les parents et les amis montent à cheval juste après la fin de la cérémonie des noces, avec un bât, une bride grossière et sans étriers, avant de partir au grand galop.
Houël témoigne aussi de l'équitation de ces paysans : . Les femmes montent à califourchon tout comme les hommes, si l'on en croit les photographies des cartes postales d'époque, à la fin du et au début du .
Développement du hippisme vignette|gauche|alt=Plusieurs cavaliers pendant une course.|Course de bidets ambleurs à Langonnet, en 1830. Les courses de chevaux, traditionnelles en Basse-Bretagne, en font une région pionnière dans ce sport. Ces courses représentent une tradition et un honneur dans les villages. Le vainqueur attache une branche de laurier à la tête de sa monture, un bidet des montagnes . L'animal est monté par un adolescent de douze à quinze ans. Ils courent à dix ou douze à la fois, quelquefois plus, sur des terrains accidentés et sans tomber.
Le sport hippique se développe tout au long du . Il faut attendre 1805 pour que s'implante le hippisme codifié et importé depuis l'Angleterre, à l'instigation de Napoléon . L'idée est d'encourager à des races locales. L'année suivante, les courses impériales de Saint-Brieuc et celles du Morbihan sont fondées. Les courses dites constituent de véritables parcours de fond sur une lieue, passant sur des terrains difficiles. Elles sont ouvertes aux cavaliers des deux sexes, il n'est pas rare que les femmes y remportent des victoires. La première course de Saint-Brieuc est courue le 14 juin 1807. Ces premières épreuves voient s'affronter des cultivateurs locaux sur leurs bidets montés à cru, en bridon et sans mors. Le ministre de l'intérieur dégrade en 1813 les courses de Saint-Brieuc en , arguant que cavaliers et chevaux des Côtes-du-Nord ne peuvent rivaliser avec ceux de Paris. Elles se maintiennent néanmoins, et voient leur nombre de participants croître avec l'établissement d'un grand nombre de courses dans les cinq départements bretons et tout l'Ouest.
Dans les années 1820, les premiers Pur-sangs arrivent dans la région, montés par des jockeys professionnels. Ils remportent de plus en plus de victoires, les courses perdent leur aspect populaire. De 1840 à 1850, les sociétés de course se multiplient, avec notamment celle de Langonnet où se pratique la . Les courses de trot se développent plus tardivement, dans un premier temps à Nantes en 1835. Leur implantation est préconisée par l'État français pour permettre aux locaux de concourir à nouveau.
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vignette|droite|alt=Jument dans un pré.|Jument postier breton de loisir. Comme toutes les régions d'Europe occidentale, la Bretagne connaît une profonde mutation dans la pratique de l'équitation, avec la fin de l'utilisation militaire et utilitaire du cheval. Seuls les sports hippiques se développent au cours de ce siècle. Vers 1984, les maraîchers bretons employaient encore environ 400 chevaux dans leur activité. En 2004, tous ou presque ont disparu. Le marché du sport et du loisir se développe nettement au même moment. Dans les années 1970, certains éleveurs commencent à s'y adapter en passant de l'élevage des chevaux de trait à celui des chevaux de loisir destinés au tourisme équestreItinéraires Bretagne, diffusé sur France 3 Bretagne le vendredi 29 mai 2015, à 19h15. Dans les années 1990, les deux haras nationaux de Bretagne communiquent autour de la pratique de l'attelage, et certaines villes commencent à valoriser leurs loisirs équestres. Le haras national d'Hennebont se transforme en pôle cultuel conçu comme un musée de plein air. Le haras national de Lamballe s'investit encore davantage, en menant une politique de soutien à l'élevage du cheval de loisir, au grand dam des éleveurs bretons de chevaux de boucherie. Une nouvelle génération d'éleveurs issue de milieux non agricoles acquiert des chevaux de race bretonne dans une démarche d'utilisation pour l'équitation et l'attelage de loisir.
Fin 2013, la Bretagne s'associe aux manifestations françaises contre l'« équitaxe ». Le 16 novembre, des manifestations anti-équitaxe ont lieu à Quimper, Brest, Rennes et Nantes. personnes manifestent à Nantes avec 300 poneys, à Rennes où un flashmob est organisé pour l'occasion. Comme partout ailleurs en France, le secteur équestre breton traverse une crise depuis 2014, due à l'augmentation de la TVA et à la réforme des rythmes scolaires.
Pratiques D'après le comité régional d'équitation de Bretagne, la région administrative (sans la Loire-Atlantique) compte de la fédération française d'équitation en 2011, avec une augmentation de 48 % depuis 2005. Ces chiffres sont stables, car le nombre de licenciés comptabilisés début 2015 se monte à environ . La plupart des écuries de cavaliers professionnels de Bretagne sont récentes, et ne remontent pas au-delà de l'année 2000.
Loisirs et tourisme
vignette|alt=Cavalière sur son cheval sur une plage.|Tourisme équestre sur une plage du Finistère. La Bretagne a très nettement développé le secteur du tourisme équestre.. 229 gîtes d'étape et 87 établissements y sont dédiés en 2011. Cela permet aux cavaliers randonneurs estivants de découvrir des paysages variés. La plupart des centres équestres bretons proposent des formules de randonnées touristiques sur les sites réputés de la région. L’Equibreizh, un circuit de randonnée régional unique en France, permet de faire le tour de la Bretagne. à cheval, sur de chemins publics et privés, en passant par les petites cités de caractère, les hauts lieux et les monuments. Il comporte deux axes en diagonale, l'un relie Paimpont aux Montagnes Noires, l'autre Saint-Brieuc à Josselin. Les chemins sont inscrits au Plan départemental des itinéraires de promenade et de randonnée, et balisés par des carrés orange avec un fer à cheval au centre. Des points halte avec des box ou des prés attenants sont prévus tous les .
La Costarmoricaine, la Trans-Ille-et-Vilaine, le Finistours et la Transmorbihannaise sont des circuits de randonnée équestre départementaux. La Costarmoricaine dure six jours et traverse le département des Côtes d'Armor. Depuis 1991, il est également possible de traverser la baie de Saint-Brieuc à cheval. La Trans-Ille-et-Vilaine est organisée chaque année par l'AACIV, l'Association à cheval en Ille-et-Vilaine. Pendant 6 à 10 jours au mois de mai, elle propose un itinéraire et un thème chaque fois différents. La Transmorbihannaise est organisée traditionnellement pendant le week-end de l'Ascension. Le Finistours l'est sous l'égide du comité départemental de tourisme équestre du Finistère, sur les de circuit de randonnée équestre du département.
Sports hippiques vignette|alt=Courses de chevaux à l'hippodrome.|Course de trot à l'hippodrome de Saint-Jean-des-Prés (Guillac)