Les premières représentations imagées des Amérindiens dans des œuvres européennes, qui remontent aux , montrent peu de différences physiques entre les Autochtones et les Européens. Ces représentations changent drastiquement au alors que des stéréotypes raciaux apparaissent dans les œuvres des cinéastes, des photographes, des bédéistes et des illustrateurs..
On peut d’ailleurs retrouver cette iconographie stéréotypée dans des dessins d’enfants, qui réservent à l’« Indien », d’Amérique du Nord notamment, une panoplie de signes de reconnaissance, tels que les tipis, les coiffes de plumes, les canots, les feux de camp, les flèches, etc. Ces représentations n’ont rien à voir avec la réalité ethnologique et les situations sociales actuelles des autochtones américains : les enfants qui n’ont pas de contact avec ceux-ci n’ont que la télévision, la bande dessinée et les arts en général comme références.. vignette|droite|300px|Le tableau The Silenced War Whoop du peintre américain Charles Schreyvogel, réalisé en 1908, est représentatif des stéréotypes de l'époque sur les Amérindiens.
Représentation des Autochtones dans le cinéma américain (USA) vignette|Affiche du film Custer's Last Fight (Le Dernier combat du lieutenant) de Francis Ford lors de sa re-sortie en 1925. Origines L’Autochtone est présenté depuis les tout débuts du cinéma américain. En effet, il occupe une place de choix dans les courtes scènes filmées dès 1894 par Thomas Edison et son proche collaborateur Dickson dans leur studio nommé « Black Maria ». : Buffalo Dance et Sioux Ghost Dance, tous deux très courts métrages de William Kennedy Laurie Dickson (1894), sont effectivement parmi les premières apparitions au cinéma d'Indiens de non-fiction.
La représentation de l’Autochtone dans le western En 1903, le western fait son apparition avec le film The Great Train Robbery d’Edwin S. Porter. À la suite de ce premier film, les Autochtones ont été introduits dans la recette du Western pour compléter l’image du Far West. Les trames des premiers films westerns situent leur action entre 1860 et 1890, à une époque où beaucoup de guerres amérindiennes eurent lieu dans les plaines centrales du Sud-Ouest américain (les Indian Wars). Ces combats ayant été grandement médiatisés, ceux-ci eurent le stéréotype d’Autochtones assoiffés de sang. C’est pourquoi ils furent représentés ainsi dans les films qui cherchent à tenir compte de cette période historique. Pour les réalisateurs de ces films westerns ayant un caractère historique, l’Autochtone n’est pas qu’un simple élément à respecter dans une reconstitution historique ; son utilisation cinématographique servait à représenter la sauvagerie et la nature, et cela fut un élément conventionnel de ce genre. On retrouve également la représentation d’Autochtones aux longs cheveux coiffés d’un chapeau de plumes. Ils sont d’ailleurs reconnaissables par leur physique, leurs costumes et leur utilisation de l’arme blanche. L’autochtone est également souvent représenté en tant que personnage taciturne. Il est soit bon, soit méchant, et est toujours lié à la nature d’une manière ou d’une autre, par exemple, en représentant soit un « menaçant fauve » ou « un gentil agneau » (M. Lefebvre). C’est la présence de l’Autochtone filmé en arrière-plan avec les plaines et les steppes qui lui donne la personnification de la nature ; il est le représentant d’une nature ensauvagée..
La valorisation des Autochtones dans les films westerns . . À l’opposé, ils sont perçus de manière positive dans les westerns de transition (Broken ArrowDelmer, Daves (1950). Broken Arrow [enregistrement vidéo], États-Unis, Twentieth Century Fox Film Corporation, 93 min., par exemple), où l’autochtone devient le « bon indien » et la civilisation devient méchante, et dans les westerns professionnels (El DoradoHawks, Howard (7 juin 1967). El Dorado [enregistrement vidéo], États-Unis, Paramount Pictures, 126 min. est un exemple de western professionnel), où le héros s’« indianise ». Le type de valorisation de l’autochtone dans les films est fait en fonction du type de western présenté, et donc du déplacement du protagoniste dans la société frontalière (versant sauvage et versant civilisé) dans ces films..
En 2018, dans Taqawan, Éric Plamondon écrit
Dans la bande dessinée
Les Autochtones occupent une place caricaturale dans les corpus de bande dessinée et les lecteurs saisissent moins bien les signes humoristiques de situation qui pourraient contrebalancer ces caricatures. De plus, on remarque que les bandes dessinées présentent les idées que les Blancs se font des Autochtones et ne présente pas une vision qui pourrait rectifier cette idée chez les enfants..
Les Autochtones dans les Lucky Luke Dans les Lucky Luke scénarisés par Goscinny, il existe des catégories d’albums présentant des images et des épisodes avec des Autochtones, lorsqu’ils y sont présents..
Apparitions minimales et négatives Dans les albums Des barbelés sur la prairie, Les rivaux de Painful Gulch, Les Dalton dans le blizzard, Billy the kid, La ville fantôme, Les Dalton se rachètent, L’escorte, et Dalton city, il y a peu d’images comportant des représentations d’Autochtones dans les albums s’y retrouvant ; ils n’ont pas d’importance sur le déroulement de l’histoire. De plus, l’image globale de l’amérindien est présentée de manière négative. Par exemple, les Autochtones sont peureux face au Dalton, ou encore ils sont naïfs et brutaux parce qu’ils se sont fait duper par ceux-ci. Dans certains cas, l’image de l’amérindien peut être positive dans la mesure où l’image de l’amérindien est un stéréotype de l’Indien qui circule dans la culture euro-américaine..
Infériorité par rapport à l’homme blanc Dans les albums La diligence, La caravane, Les collines noires, Le cavalier blanc, Le fil qui chante, Calamity Jane, Western Circus et Le pied tendre, les épisodes avec des Autochtones sont essentiels pour le déroulement de l’histoire. Le contact entre les Amérindiens et les hommes blancs est présenté comme une situation de déséquilibre où l’homme blanc a souvent le dessus sur les Amérindiens en ayant recours, soit à l’utilisation de stratagèmes pour accentuer la crédulité des Autochtones, soit en exploitant leurs moments de « faiblesse » ou encore que le contact avec les hommes blancs les déculture..
Autochtones influençables Dans les albums Les Dalton courent toujours, Chasseur de primes et Le de cavalerie, le nombre d’images et d’épisodes comportant l’apparition d’Autochtones est élevé et tous ces épisodes sont importants pour le déroulement de l’action. Ces Autochtones sont influencés d’une manière ou d’une autre dans leur comportement par les hommes blancs et finissent par attaquer ces derniers. Soit les Dalton les convainquent de participer à leurs crimes, soit la vérité par rapport à une situation est compromise par un chasseur de primes blanc, ou soit qu’un soldat-renégat les pousse à attaquer le Fort Cheyenne..
Indiens déculturés L’album Lucky Luke, Canyon Apache, se différencie premièrement par son très grand nombre d’images avec des Autochtones (soit environ 44 % des images totales), et deuxièmement par la manière dont les Autochtones y sont particulièrement traités. Dans cet album, le chef Patronimo et son sorcier sont les principaux personnages, en fait « métis », et 133 des 180 images comportant des Autochtones illustrent soit le personnage de Patronimo, soit des Autochtones ne possédant plus vraiment leur culture à cause de leurs contacts avec des Blancs qui provoque un processus d’acculturation-déculturation. Dans cette catégorie, l’image de Autochtone est négative, car il ne s’agit plus d’eux-mêmes, mais « d’Autochtones déculturés par l’homme blanc ». Goscinny n’est pas loin de suggérer que la violence chez les Autochtones est liée aux influences de l’homme blanc..
Conclusion de la représentation des Autochtones dans les Lucky Luke Les mêmes thèmes associés aux Autochtones (envoi de messages, attaques, transaction de toutes sortes, etc.) représentant les traits culturels qui les caractérisent, et ils sont repris dans toutes les catégories. Goscinny se serait dans ses œuvres arrêté aux situations de contact entre les hommes blancs et les Autochtones et aux résultats de ces contacts.
L’assimilation de l’Autochtone sous la domination de l’invasion de leur culture par les Blancs est le message principal que René Goscinny a voulu faire passer..
Dans le sport vignette|droite|300px|Logo de la mascotte Chief Wahoo de l'équipe de baseball des Indians de Cleveland pour la période 1946-1950.
Notes et références
Annexes
Bibliographie Hans Staden, Nus, féroces et anthropophages, 1557, réédition Métailié, 2005 André Thevet, Les Singularitez de la France antarctique, 1557 José de Anchieta, De gestis Mendi de Saa, 1563 Jean de Léry, Histoire d'un voyage, 1578 Théodore de Bry, Peregrinationes in Indiam orientalem et Indiam occidentalem, (1590-1634) John White, qui a résidé chez les peuples algonquiens en 1585-1590 Bartolomé de las Casas, Brevísima relación de la destrucción de las Indias (1539-1552) Inca Garcilaso de la Vega, Le Commentaire Royal, ou l’Histoire des Yncas, Roys du Peru (1609), La Florida del Inca (1605) Nicolas Bancel (dir.), L'invention de la race (2014) Bartra, Roger, 1992, El Salvaje en el espejo, México, Ed. Era. Bouyer, Marc, et Duviols, Jean-Paul, 1992, Le Théâtre du Nouveau Monde. Les Grands Voyages de Théodore de Bry, Paris, Gallimard. Duviols, Jean-Paul, 2006, Le Miroir du Nouveau Monde. Images primitives de l’Amérique, Paris, PUPS. Staden, Hans, 1979, Nus, féroces et anthropophages (1557), Paris, Ed. Métailié. (Vespucci, Amerigo), 2005, Le Nouveau Monde. Les voyages d’Amerigo Vespucci (1497-1504). Traduction, introduction et notes de Jean-Paul Duviols, Paris, Chandeigne. Alejandro Canseco-Jerez (Dir.), La représentation de l'INDIEN dans les Arts et les Littératures d'Amérique latine, 2008, Université de lorraine Elke Bujok, Neue Welten in europäischen Sammlungen : Africana und Americana in Kunstkammern bis 1670, 2004, Elke Bujok, Der Aufzug der "Königin Amerika" in Stuttgart : das "Mannliche unnd Ritterliche Thurnier unnd Ringrennen" zu Fastnacht 1599, revue Tribus, 2003
Médiagraphie Delmer, Daves (1950), Broken Arrow [enregistrement vidéo], États-Unis, Twentieth Century Fox Film Corporation, 93 min.
Hawks, Howard (1948). Red River [enregistrement vidéo], États-Unis, Charles K. Feldman Group, 133 min. Hawks, Howard (). El Dorado [enregistrement vidéo], États-Unis, Paramount Pictures, 126 min.
Lloyd, Frank (1937). Wells Fargo [enregistrement vidéo], États-Unis, Paramount picture, 97 min.
Articles connexes
Controverses sur la représentation des natifs américains dans le sport
Amérindiens de fiction
Buffalo Bill Western, Western B, Ostern, Western spaghetti Apaches, désignation journalistique des bandes criminelles (Paris, 1900), Apaches (Geronimo) Malec chez les Indiens (The Paleface, 1922), film muet américain écrit et réalisé par Buster Keaton et Edward F. Cline Stéréotypes sur l'histoire de l'Afrique
Masques et déguisements Costume, Déguisement, Travestissement Société festive et carnavalesque, Carnaval Masques et Mascarades Satire et caricature Cosplay, Jeu de rôle Fête brésilienne de 1550 Indiens de Mardi gras (Carnaval de La Nouvelle Orléans), Indian Red Travestissements de Carnaval, Carnaval des Noirs et Blancs
Histoire
, Explorateurs de l'Amérique du Nord
Esclavage des Amérindiens Guerres indiennes, Films sur les guerres indiennes Loi canadienne sur les Indiens (1876), registre des Indiens, droit autochtone canadien Actes de génocide en Amérique, Déportation des Amérindiens Journal de la Société des américanistes, Liste d'ethnologues américanistes Apaches, Comanches, Navajos, Yanomami, Shuars...
, (1790-1920) République Lakota (2008), Russell Means (1939-2012) Explorateurs de l'Amérique du Sud
Critiques