Ingrandes est un toponyme rencontré notamment à : Ingrandes, commune française de l'Indre Ingrandes, ancienne commune française de Maine-et-Loire Ingrandes, commune française de la Vienne Ingrandes-de-Touraine, ancienne commune française d'Indre-et-Loire (intégrée à Coteaux-sur-Loire) Ingrandes-le-Fresne-sur-Loire, commune française de Maine-et-Loire Ingrandes, lieu-dit de la commune de La Réorthe en Vendée la seigneurie d'Ingrande, à Chazé-sur-Argos (Maine-et-Loire)Cf.

Toponymie Variantes Aigurande, Eygurande, Eygurande-et-Gardedeuil, Iguerande, Ingrannes, Ygrande et Yvrandes. Si l'on prend en compte les lieux-dits, 120 toponymes sont issus du même étymon *egorandaJacques Lacroix, p. 51, en référence à une étude de Paul Lebel de 1937..

Toponymes de même signification On peut leur ajouter les toponymes procédant du latin Fines, qui est une traduction simplifiée du mot gaulois à l'époque gallo-romaineDans le cas d'Ingrandes (Indre), la dénomination Fines a effectivement été utilisée à l'époque gallo-romaine, mais n'a pas éliminé la dénomination gauloise. On la trouve sur la Table de Peutinger, sur quelques bornes milliaires. ; par exemple :

Fain-lès-Moutiers, commune de la Côte d'Or Feins-en-Gâtinais, commune du Loiret Fins, commune de la Somme Fismes, commune de la Marne.

Quelques autres toponymes peuvent marquer d'anciennes frontières, mais d'origine différente, notamment le latin basilica qui est devenu Basoche, Bazoges, etc.

Étymologie d'Egoranda ou Equoranda Le terme gaulois réellement utilisé n'est attesté par aucun texte, il est donc reconstitué en fonction des données disponibles et des théories de l'évolution du gaulois. La plus ancienne attestation textuelle date du : "Igoranda" (Ingrandes-sur-Vienne, dans une chronique de la translation des reliques de saint LégerLacroix, p. 51.. Les travaux sur ce toponyme remontent au ; on citera les reconstitutions de : Roger Dion : il propose *ivurandaDion, p. 34 mais aussi *igoranda. Charles RostaingRostaing, pp. 41 et 54 utilise *equoranda. Pierre-Yves Lambert : dans La Langue gauloiseLambert, La Langue gauloise, Editions Errance, 1994., il propose *egoranda. En effet, les formes anciennes présentent un /g/ et non pas /kw/. De plus, le /kw/ n'est pas attesté en gaulois où il a régulièrement abouti à /p/ comme en brittoniqueCf. latin quinque, breton pemp, cinq, à l'exception du nom de la Seine, Sequana (qui peut s'analyser en *Se-ku-wa-na) et de equos, nom d'un mois dans le calendrier de Coligny. Xavier Delamarre suggère *cou *icoranda « limite territoriale »Xavier Delamarre, Dictionnaire de la langue gauloise : Une approche linguistique du vieux-celtique continental, Paris, éditions Errance, 2003, p. 163-164. Le sens est assuré par les gloses latines qui traduisent par fines « limite, frontière ». Jacques Lacroix propose *icoranda (avec un passage de /k/ à /g/) ou *ic(u)oranda (afin d'éviter la graphie en qu qui est malencontreuse).

La signification en serait limite ou frontière (randa)Pierre-Yves Lambert, La langue gauloisemarquée par l'eau*ego, selon Auguste Longnon.. Pour Jacques Lacroix, le radical ic- correspond bien à "eau", on le retrouve par exemple dans Icauna (déesse de rivière à Auxerre). Le toponyme connote généralement l'eau, en particulier lorsqu'il est devenu le nom d'une rivière (l'Egrenne entre la Manche et l'Orne ; l'Egronne dans l'Indre; ). Dans certains cas, le toponyme devient synonyme de "frontière" tout court : ainsi pour le mont Durande (Haute-Loire, 1470 : Guyrandas).

Bibliographie J. Havet, « Igoranda ou Icoranda « frontière ». Note de toponymie gauloise », in Revue archéologique, tome XX, 1892, pp. 170-175 [ouvrage cité par Roger Dion, infra] Auguste Longnon, « Le nom de lieu gaulois ewiranda », Ibidem, pages 281-287 [ouvrage cité par Roger Dion, infra]. Roger Dion, Les Frontières de la France, Hachette, 1947. Charles Rostaing, Les Noms de lieux, PUF (coll. Que sais-je ?), Paris, 1969. Jacques Lacroix, Les Noms d'origine gauloise. La Gaule des combats, Editions Errance, Paris, 2003, pp. 45-52.L'auteur étudie en détail les aspects linguistique et toponymique et, grâce à quelques cartes de cités gauloises, montre que le toponyme est présent tout au long de leur limite.

Notes et références

Catégorie:Homonymie de toponyme Catégorie:Homonymie de communes et d'anciennes communes en France