Champigny-sur-Veude est une commune française du département d'Indre-et-Loire, en région Centre-Val de Loire.

Exposée à un climat océanique altéré, elle est drainée par la Veude, le Mable et divers autres petits cours d'eau. La commune est incluse dans le parc naturel régional Loire-Anjou-Touraine.

Champigny-sur-Veude est une commune rurale qui compte en .

Le patrimoine architectural de la commune comprend deux immeubles protégés au titre des monuments historiques. Le château, commencé par Louis Ier de Bourbon et achevé par Louis II, premier duc de Montpensier, est apporté en dot à Gaston d'Orléans en 1625 par Marie de Bourbon. Sa chapelle est classée en 1911 et les anciens communs du château ainsi que les abords sont classés en 1945. Le château de la Pataudière, un château du modifié au , est inscrit partiellement en 1997 (façades, toitures, cour et clôture).

Géographie La commune se situe aux marches de la Touraine, sur la route de Chinon à Châtellerault, dans une vaste vallée au confluent de deux petites rivières : la Veude et le Mâble.

vignette|centre|Carte de la commune.

Hydrographie vignette|gauche|redresse=1.2|Réseau hydrographique de Champigny-sur-Veude. Le réseau hydrographique communal, d'une longueur totale de , comprend deux cours d'eau notables, la Veude () et la Mable (), et huit petits cours d'eau pour certains temporaires...

La Veude, d'une longueur totale de , prend sa source à une altitude de sur la commune de Thuré (Vienne) et se jette dans la Vienne à ., à la limite entre les communes d'Anché et de Rivière, après avoir traversé .. La station hydrométrique de Lémeré permet de caractériser les paramètres hydrométriques de la Veude. Le débit mensuel moyen (calculé sur pour cette station) varie de au mois d'août à au mois de février. Le débit instantané maximal observé sur cette station est de le , la hauteur maximale relevée a été de ce même jour... Sur le plan piscicole, la Veude est classée en deuxième catégorie piscicole. Le groupe biologique dominant est constitué essentiellement de poissons blancs (cyprinidés) et de carnassiers (brochet, sandre et perche)..

La Mable, d'une longueur totale de , prend sa source à une altitude de sur la commune d'Orches et se jette dans la Veude à Champigny-sur-Veude à l'entrée sud du bourg, à , après avoir traversé .. Sur le plan piscicole, la Mable est également classée en deuxième catégorie piscicole.

Une zone humide a été répertoriée sur la commune par la direction départementale des territoires (DDT) et le Conseil départemental d'Indre-et-Loire : « la vallée de la Fontaine de Jable »...

Transports

Géré par la région Centre-Val de Loire et exploité par Transdev Touraine, le réseau Rémi. permet de relier Champigny-sur-Veude a de multiples communes via les lignes H2 et TE.

Un service Rémi + à la demande. est également disponible, à destination des communes de Richelieu et Chaveignes.

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique altéré, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique altéré. et est dans la région climatique Moyenne vallée de la Loire, caractérisée par une bonne insolation () et un été peu pluvieux.. Elle est en outre dans la zone H2b au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Ligré à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... . Urbanisme Typologie Au , Champigny-sur-Veude est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine et hors attraction des villes...

Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (72,4 % en 2018), une proportion sensiblement équivalente à celle de 1990 (72,7 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : terres arables (39 %), prairies (23,3 %), forêts (22 %), zones agricoles hétérogènes (9,4 %), zones urbanisées (4,7 %), zones industrielles ou commerciales et réseaux de communication (0,9 %), cultures permanentes (0,7 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC). Risques majeurs Le territoire de la commune de Champigny-sur-Veude est vulnérable à différents aléas naturels : météorologiques (tempête, orage, neige, grand froid, canicule ou sécheresse) et séisme (sismicité modérée).. Un site publié par le BRGM permet d'évaluer simplement et rapidement les risques d'un bien localisé soit par son adresse soit par le numéro de sa parcelle..

vignette|redresse=1.2|Carte des zones d'aléa retrait-gonflement des sols argileux de Champigny-sur-Veude. Le retrait-gonflement des sols argileux est susceptible d'engendrer des dommages importants aux bâtiments en cas d’alternance de périodes de sécheresse et de pluie. 85,9 % de la superficie communale est en aléa moyen ou fort (90,2 % au niveau départemental et 48,5 % au niveau national). Sur les dénombrés sur la commune en 2019, 500 sont en aléa moyen ou fort, soit 98 %, à comparer aux 91 % au niveau départemental et 54 % au niveau national. Une cartographie de l'exposition du territoire national au retrait gonflement des sols argileux est disponible sur le site du BRGM...

Concernant les mouvements de terrains, la commune a été reconnue en état de catastrophe naturelle au titre des dommages causés par la sécheresse en 1990 et 1997 et par des mouvements de terrain en 1999.

Toponymie

Histoire vignette|250px|gauche|Château (anciens communs).

Champigny-sur-Veude est un village très ancien (Campiniacus en 1080)Carré de Busserolles, Dictionnaire géographique, historique et bibliographique d'Indre-et-Loire, 1878. De cette époque date le rattachement de la paroisse de Champigny à l'abbaye Notre-Dame de Noyers qui en conservera la cure et les revenus jusqu'à la fin du .

Le domaine. appartenait au comte d'Anjou Foulques le Réchin (comte d'Anjou et de Touraine en 1068-1109) qui fit construire une forteresse (castrum) qu'il confia à Robert de Blo(u), son vassal, fils de Josselin et mari d'Ermessinde (mais pour Jacques-Xavier Carré de Busserolle., le premier seigneur de Champigny connu est le chevalier Bernier, fl. fin -début ; Josselin serait alors son gendre). Barthélemy de L'Isle († vers 1108), s'empara temporairement du castrum et de Garnier Maingoth, neveu de Robert de Blou. La réconciliation survint, puisqu'il y eut mariage entre Robert II de Blo(u)/de Blô, fils de Josselin II et petit-fils de Robert , sénéchal de Touraine, et Eustachie, la propre belle-sœur de Barthélemi (elle était veuve du frère cadet dudit Barthélemi, Aimeri/André Péloquin de L'Isle-Bouchard, † vers 1138/1141). À la fin de sa vie, Robert II de Blo soutint la révolte des fils du comte-roi Henri II Plantagenêt contre leur père en 1173/1174. Le fils de Robert II (et de son autre femme, Elisabeth, possible fille d'Hugues Ier d'Amboise ?), Aimery , eut pour fils Josselin III de Blo, lui-même père d'Aimeri II et grand-père d'Emma de Blo (1222-1264) : cette dernière porta Champigny à son mari Guy de Beauçay-en-Loudunais (Beauçay à Mouterre-Silly et La Mothe-Chandeniers ; Guy mourut croisé en 1270).

De grandes familles : les Beauçay ; les Artois (le capétien Charles d'Artois (1328-1385) épousa en 1356 Jeanne de Beauçay († 1402), veuve de Geoffroy de Beaumont de Brienne du Lude, fille d'Hugues IX de Beauçay († vers 1357), lui-même petit-fils d'Emma de Blô et Guy de Beauçay) ; les Anjou (Jeanne et Charles d'Artois vendirent à Louis Ier, comte puis duc d'Anjou en 1351-1384) ; les Beauvau (Louis II, duc d'Anjou en 1384-1417, céda à Pierre de Beauvau-Craon (1380-1435) ; une branche cousine des Beauvau possédait le Rivau), se sont alors succédé à la seigneurie de Champigny. Enfin, les Bourbon-Vendôme héritèrent du domaine, Jean VIII de Vendôme († 1477), ayant épousé en 1454 Isabelle/Isabeau de Beauvau-Craon, dame de Champigny (-sur-Veude) et de La Roche (-sur-Yon). La fille aînée de Jean VIII et d'Isabelle, Jeanne de Vendôme (1460-1487), mariée en 1478 à Louis de Joyeuse de Bothéon († 1498), fut dame de Champigny et de La Roche-sur-Yon, mais leur postérité n'en hérita pas : ces domaines revinrent à un frère de Jeanne, Louis de Vendôme ci-après.

Louis de Bourbon-Vendôme, prince de La Roche-sur-Yon (1473-1520 ; dernier fils de Jean VIII et d'Isabelle), souche des Bourbons, ducs de Montpensier, construisit un magnifique château (1499) et eut le privilège, en tant que descendant de saint Louis, d'édifier une Sainte-Chapelle sur le modèle de celle de son ancêtre. L'ensemble fut terminé par son fils Louis II ou III (1513-† 1582 à Champigny), duc de Montpensier en 1561 et dauphin d'Auvergne en 1543, père du duc François, lui-même père du duc Henri et grand-père de Marie de Montpensier (1605-1627). La Sainte-Chapelle de Champigny était gérée par la collégiale Saint-Louis qui fut dotée des revenus nécessaires pour l'entretien et les charges qui lui incombait.

Outre la collégiale Saint-Louis, il y avait dans la paroisse un couvent de filles de Saint-François, Notre-Dame-de-Bonne-Espérance (1565), une chapelle Notre-Dame-de-Lorette (1598) et un couvent des Minimes (1600).

Au , le cardinal de Richelieu entreprit d'édifier sa ville nouvelle de Richelieu à moins de de la cité des Bourbon-Vendôme dont il tira ombrage. Il acquit en 1635 la propriété de Champigny appartenant à Gaston duc d’Orléans (frère cadet de Louis XIII ; sa première femme était l'héritière Marie de Bourbon-Montpensier rencontrée ci-dessus : parents d'Anne-Marie-Louise d'Orléans alias la Grande Mademoiselle) et détruisit le château ‒ on ne peut plus que l'imaginer dans la perspective de la cour d’honneur et face à la chapelle ‒ mais il conserva les communs. La Sainte-Chapelle aussi était de trop : il fallut l'intervention de l'évêque de Poitiers et du pape Urbain VIII pour qu'il renoncât à la détruire comme il en avait l'intention.