vignette|Quatrain mural de Simon Vestdijk Un quatrain est une strophe de quatre vers, qui peut être soit un poème indépendant, soit une strophe d'un poème plus long. Le quatrain se prête à de très nombreuses combinaisons en jouant sur les mètres et sur les rimes, ceux qu’ont su exploiter tous les poètes, notamment Paul Verlaine dans Fêtes galantes. Il se révèle d’un emploi extrêmement varié tout au long de l’histoire littéraire malgré son apparente simplicité, ce qui fait de lui la strophe de base de la poésie française.

Le mot correspond au genre du robāʿi, un poème de quatre vers très utilisé dans la littérature persane. Ce genre est particulièrement connu grâce aux Robâ‘iyât du poète Omar Khayyâm. Fernando Pessoa a aussi adopté cette forme.

Combinaisons métriques

Les quatrains isométriques Ils comportent un seul type de vers ou des vers libres pour certains.

Alexandrins Les alexandrins sont des vers de douze syllabes.

Décasyllabes Les décasyllabes sont des vers de dix syllabes.

Octosyllabes Les octosyllabes sont des vers de huit syllabes.

Heptasyllabes Les heptasyllabes sont des vers impairs de sept syllabes.

Pentasyllabes Les pentasyllabes sont des vers impairs de cinq syllabes.

Autres D’autres quatrains existent encore, pairs ou impairs : tétrasyllabes (quatre syllabes) comme « Charleroi » de Verlaine dans le recueil Romances sans paroles), ennéasyllabes (neuf syllabes) comme « Art poétique » de Verlaine dans le recueil Jadis et naguère)

Les quatrains hétérométriques Les quatrains hétérométriques ont des vers possédant un nombre de syllabes différents. Les combinaisons sont extrêmement variées, en voici quelques-unes :

8/8/12/8 syllabes

6/6/6/4 syllabes

12/6/12/6 syllabes

6/6/2/6 syllabes

12/3 syllabes Au moment de rentrer en France

Vers libres

Combinaisons des rimes

Genre des rimes

Alternance classique rime masculine/rime féminine

Rimes uniquement masculines

Rimes uniquement féminines

Rimes uniquement masculines ou féminines avec alternance strophique Par exemple avec la première strophe masculine et la seconde féminine :

Disposition des rimes

Rimes plates ou suivies De forme A/A féminine/B/B masculine

Rimes croisées De forme A masculine/B féminine/A masculine/B féminine

Rimes embrassées A féminine/B/B masculine/A féminine

Utilisation dans différents types de poème

Quatrain isolé Le quatrain peut être utilisé seul : il constitue alors un petit poème complet comme l’illustrent de nombreux exemples depuis le Moyen Âge. En voici quelques-uns :

Plaisant et désabusé chez François Villon

Mystérieux chez Nostradamus

En forme d’épigramme chez Voltaire

Poème de circonstance comme chez Mallarmé : dédicace à Hérédia

En contrerime

Forme formalisée et baptisée par Paul-Jean Toulet : quatrain combinant rimes embrassées (A/B/B/A) et structure métrique croisée (généralement 8/6/8/6), qui donne au poème une impression de déséquilibre systématique. Les poèmes du recueil comportent deux, trois ou quatre strophes ; une seule fois le quatrain est autonome :

Suggestif chez Prévert

Dans des poèmes courts

Il est très utilisé dans des poèmes plutôt courts, de huit à vingt vers, avec une certaine préférence pour le poème de quatre quatrains (proche visuellement du sonnet sans ses contraintes) comme « L'albatros » de Charles Baudelaire dans Les Fleurs du mal ou « Elle était déchaussée, elle était décoiffée » de Victor Hugo dans Les Contemplations’’).

Dans des poèmes longs

Le quatrain se présente souvent dans de longs poèmes isostrophiques (uniquement des quatrains) :

Autres exemples célèbres : « Le Bateau ivre » d'Arthur Rimbaud, 1871 ; « Liberté » de Paul Éluard, 1942 ; Je vous salue ma France... de Louis Aragon, 1943 ;

On trouve parfois l’association de quatrains isométriques et hétérométriques comme dans « À Villequier » de Victor Hugo dans Les Contemplations’’, 1856, ou Le Lac d'Alphonse de Lamartine dans Méditations poétiques, 1820.

On le trouve plus rarement dans de longs poèmes hétérostrophiques comme dans « Présentation de la Beauce à Notre-Dame de Chartres » de Charles Péguy dans La Tapisserie de Notre-Dame, :

Utilisation dans des poèmes à forme fixe

Dans le rondeau (première strophe)

Comme envoi de la petite ballade en octosyllabes

Ballade des dames du temps jadis

Comme strophe régulière dans le pantoum

Dans le sonnet

Les sonnets comportent deux quatrains dans les deux premières strophes que complètent un sizain ou deux tercets :

Références

Voir aussi

Bibliographie

Articles connexes Muzain

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