Le contexte de la guerre d'Hiver couvre la période précédent le déclenchement de la guerre d'Hiver entre la Finlande et l'Union soviétique en 1939-1940. La période s'étend de la déclaration d'indépendance de la Finlande en 1917 aux négociations soviéto-finlandaises en 1938-1939.

Avant son indépendance, la Finlande était un grand-duché autonome à l'intérieur de l'Empire russe. Au cours de la guerre civile finlandaise, les Gardes rouges, soutenus par les Bolcheviks russes, furent défaits. Craignant les Soviétiques dans les années 1920 et 1930, les Finlandais tentèrent constamment de s'aligner sur la neutralité scandinaveCependant, pays nordique, comme ses voisins scandinaves, elle présente de nombreux traits communs de civilisation, mais la Finlande n'en est pas pour autant à proprement parler elle-même un pays scandinave., en particulier celle de la Suède. En outre, les Finlandais engagèrent une coopération militaire secrète avec l'Estonie dans les années 1930.

Alors que durant les années 1920 et au début des années 1930, les relations avec l'Union soviétique s’étaient normalisées, à partir de 1938, les Soviétiques, inquiets que la Finlande puisse être utilisée comme un tremplin pour une invasion, entamèrent des négociations en vue de conclure un accord militaire. En même temps, le désir du dirigeant soviétique, Joseph Staline, de récupérer les territoires de la Russie tsariste perdus dans le chaos de la révolution d'Octobre et la guerre civile russe faisait de la Finlande une cible évidente. En raison de la nature des exigences soviétiques, qui comprenaient la mise en place d’installation militaires soviétiques sur le sol finlandais, ces négociations ne menèrent à rienEdwards 2006, p. 55.

En , l'Union soviétique et l'Allemagne nazie signèrent le Pacte germano-soviétique dans lequel l'Europe orientale fut divisée en sphères d'influence, la Finlande étant incluse dans la sphère d'influence soviétique. En , Staline prit le contrôle des États baltes et se tourna vers la Finlande en étant certain que le contrôle soviétique pourrait être acquis sans grand effort. L'Union soviétique exigea des territoires sur l'isthme de Carélie, les îles du golfe de Finlande et une base militaire près de la capitale finlandaise, Helsinki. Comme lors des demandes présentées les années précédentes, les Finlandais refusèrent.

L'Armée rouge attaqua le . En même temps, Staline mit en place un gouvernement fantoche à la tête de la République démocratique finlandaise, dirigé par le communiste finlandais Otto Wille KuusinenChubaryan; Shukman 2002, p. xxi.

Politique finlandaise avant-guerre Premières étapes de la République vignette|droite|Une réunion de la Société des Nations en 1926. La Finlande avait été la partie orientale du royaume suédois pendant des siècles jusqu'en 1809, pendant les guerres napoléoniennes, lorsque la Russie impériale la conquis et la transforma en un État tampon autonome au sein de l'Empire russe pour protéger Saint-Pétersbourg, la capitale impériale. La Finlande jouissait d'une large autonomie et disposait de son propre sénat. Cependant, à la fin du , la Russie entama des tentatives pour assimiler la Finlande dans le cadre d'une politique générale visant à renforcer le gouvernement central et unifier l'Empire par la russification. Ces tentatives ruinèrent les relations entre la Russie et la Finlande et augmentèrent le soutien populaire aux mouvements finlandais visant l'autonomie gouvernementaleTrotter 2002, .

Le déclenchement de la Première Guerre mondiale donna à la Finlande une fenêtre d'opportunité pour atteindre cet objectif. Les Finlandais cherchèrent l’aide tant de l'Empire allemand et des bolcheviks à cette fin. Le , le Sénat finlandais déclara l'indépendance du pays. Le nouveau gouvernement bolchevique russe était faible, et la guerre civile russe éclata bientôt. Le dirigeant bolchevique, Vladimir Lénine, ne pouvait détacher des troupes ou de l'attention pour la Finlande, et par conséquent, la Russie soviétique reconnut le nouveau gouvernement finlandais trois semaines seulement après la déclaration d'indépendance. En 1918, les Finlandais connurent une courte guerre civile dans laquelle les Gardes rouges pro-bolcheviques étaient armés par russes, stationnées en FinlandeTrotter 2002, .

Après la Première Guerre mondiale, une organisation intergouvernementale, la Société des Nations, fut fondée. Ses buts étaient d’empêcher la guerre par la sécurité collective et le règlement des différends entre les pays par la négociation et la diplomatie. La Finlande rejoignit la Société des Nations, en 1920Edwards 2006, .

Dans les années 1920 et 1930, la Finlande connaissait une pluralité politique. Le Parti communiste de la Finlande fut déclaré illégal en 1931, et le mouvement patriotique (IKL) d'extrême droite eut une représentation mineure de 14 sièges (sur ) au parlement. Le centre, occupé par les conservateurs, les libéraux, les agrariens et le Parti populaire suédois de Finlande, eurent tendance à se regrouper avec le Parti social-démocrate, dont le chef, Väinö Tanner, était un fervent partisan du régime parlementaireEdwards 2006, . À la fin des années 1930, l'économie de la Finlande, orientée vers l'exportation, croissait. Le pays avait presque résolu son « problème d’extrême droite » et la Finlande se préparait pour les Jeux olympiques d'été de 1940.

Relations finno-allemandes vignette|droite|Les Jägers finlandais pendant la Première Guerre mondiale. Pendant les dernières phases de la Première Guerre mondiale, les Jägers finlandais, formés par les Allemands, jouèrent un rôle clé dans la Guerre civile finlandaise, et la Division allemande de Baltique intervint également à la fin de la guerre civile. Les Jägers étaient des volontaires issus des cercles d'influence allemande comme les étudiants universitaires. Cette participation à la lutte pour l'indépendance finlandaise créa des liens étroits avec l'Allemagne, mais après la défaite allemande dans la guerre, les relations avec ses voisins scandinaves devinrent plus importantes et l'objectif principal de la politique étrangère finlandaise.

Les relations finno-allemandes se refroidirent après que les nazis accédèrent au pouvoir en 1933. Les Finlandais admiraient l'Allemagne impériale mais non le régime nazi, radical et anti-démocratique. Les conservateurs finlandais n'acceptaient pas la violence de l'État et les politiques contre l’église. Pourtant, ils avaient une certaine sympathie pour les objectifs allemands de réviser le traité de Versailles, bien que la politique finlandaise officielle fût réservée, surtout après l'occupation allemande de la Tchécoslovaquie. La Finlande rappela même brièvement son ambassadeur pour une courte période. Les nazis finlandais et les partis ultranationalistes comme l'IKL ne reçurent qu’un soutien mineur à plusieurs élections, notamment après l’infructueuse rébellion de Mäntsälä en 1932.

Coopération finlando-suédoise

Après l’indépendance de la Finlande en 1917 et la guerre civile finlandaise, les pays scandinaves auraient été de meilleurs candidats pour une alliance politique. La coopération suédo-finlandaise représentait un riche filon d'une histoire partagée dans la culture des deux nations, et les Finlandais suédophones avaient la même langue que les Suédois. Pendant la guerre civile, cependant, la Suède occupa brièvement les îles d’Åland, et elle soutint plus tard le mouvement local qui voulait faire sécession de la Finlande et joindre les îles à la Suède. Le différend fut réglé par la Société des Nations en 1921, et les îles d'Åland restèrent finlandaises, mais une grande autonomie leur fut accordée. Les autres obstacles à des relations plus étroites étaient les conflits linguistiques et sur le statut de la langue suédoise en Finlande. La Suède opposa également le mouvement de résistance de la classe supérieure contre la russification. En conséquence, les jeunes hommes finlandais reçurent leur formation militaire en Allemagne et générèrent le mouvement des Jäger finlandais. Néanmoins, les relations finno-suédoises s’amélioraient considérablement avant la guerre d'Hiver.

La Finlande demanda des garanties de sécurité à la Société des Nations mais n'avait pas de grandes attentes. La Suède en était l'un des membres fondateurs et basait donc ses politiques militaires sur les principes de désarmement et de sanctions. Au milieu des années 1920, les Finlandais établirent un comité de planification spéciale, le comité Erich d’après le nom de son président, Rafael Erich, qui se composait de politiciens et de dirigeants de premier plan. Le but était d'explorer une possible collaboration militaire de la Finlande avec d'autres nations. L'objectif premier était la coopération avec les pays scandinaves parmi lesquels la Suède était le partenaire potentiel le plus important.

Les militaires finlandais et suédois engagèrent une vaste coopération, mais elle était davantage axée sur l'échange d'information et la planification de la défense des îles Åland que sur des exercices militaires ou sur le matériel. L'objectif finlandais était d’impliquer les Suédois dans une politique de défense commune des îles Åland. Si les Suédois s'engageaient à aider la Finlande à fortifier les îles, un précédent important et utile pourrait alors être établi. Le gouvernement suédois était au courant de la coopération militaire mais évita soigneusement de s'engager dans la politique étrangère finlandaise.

Coopération militaire secrète avec l'Estonie

vignette|droite|Le chef de l'état-major général finlandais Lennart Oesch (à gauche) surveille l'armée de terre estonienne lors d’exercices militaire en octobre 1938. Le chef de l'état-major général estonien Nikolai Reek est deuxième à partir de la droite. Les relations finno-estoniennes étaient sur le plan diplomatique plus étroites après la guerre d'indépendance de l'Estonie dans les années 1920. Elles se refroidirent, mais les relations militaires restèrent proches. Du point de vue finlandais, des relations étroites avec l'Estonie n’excluaient pas la politique de neutralité scandinave. Néanmoins, les relations militaires étaient très secrètes, et les pays organisèrent des exercices militaires conjoints. L'objectif central était d'empêcher la flotte soviétique de la Baltique d'utiliser librement sa force dans le golfe de Finlande contre ces deux pays. L'Estonie cherchait également des garanties de sécurité publique et signa l'Entente baltique en 1934 avec la Lettonie et la Lituanie.

Relations avec le Royaume-Uni et la France Après l'effondrement de l'Allemagne impériale en , les Finlandais cherchèrent de nouveaux partenaires politiques. Le Royaume-Uni avait été un partenaire commercial important depuis le , et les Finlandais travaillèrent à améliorer leurs relations pendant les deux décennies suivantes. Dans les années 1930, la Finlande acheta des torpilleurs britanniques Thornycroft ;s'abstint également d'acheter des bombardiers à l'Allemagne à cause des protestations britanniques ; et acheta en lieu et place des Bristol Blenheim modernes, qui serviront plus tard avec succès au cours de la guerre d'Hiver.

Les relations avec la France étaient importantes après la Première Guerre mondiale et dans les années 1920 puisqu'elle avait joué un rôle de premier plan dans les nouvelles dispositions de sécurité européennes. Dans les années 1930, la France commençait à craindre la montée de l'Allemagne nazie et se lança dans un rapprochement avec l'Union soviétique, qui tendit les relations franco-finlandaises. Toutefois, pendant la guerre d'Hiver, la France fut l'un des plus importants fournisseurs de matériel militaire de la Finlande.

Plans de défense finlandais