La famille du Fou, originaire de Bretagne, est une famille subsistante de la noblesse française, d'ancienne extraction, maintenue noble en 1669 sur preuves remontant à 1426. Elle a formé deux branches subsistantes : la branche aînée du Fou et la branche cadette du Fou de Kerdaniel.
Histoire Selon René Kerviler, la famille du Fou est une ancienne famille de la paroisse de Mûr-de-Bretagne (Côtes-d'Armor) « qu’il ne faut pas confondre avec celle des vicomtes du Faou (…) parait remonter à Hamon, dit Stultus, témoin d'une donation d'Alain IV de Rohan à l'abbaye de Bonrepos en 1204, (en sorte que le nom ne viendrait pas ici de Fagus, mais du français fou, traduction de Stultus) »..
On trouve en Bretagne plusieurs familles appelées du Fou qui ont peut-être la même origine.
On trouve sans qu'ils soient reliés à cette famille du Fou, Geoffroy de Fou qui en 1289 donne par testament la terre de Quenquis-Tenguy, en Allineuc et Jean, son fils, qui la rachète 12 livres.. On trouve aussi sans qu'ils soient reliés Alain du Fou mentionné dans des actes de 1293 et 1336 et Roland du Fou, écuyer, qui comparut à une montre de 1336.
Selon Gustave Chaix d'Est-Ange et Régis ValetteRégis Valette, Catalogue de la noblesse française, éd. Robert Laffont, 2007, p.87, la filiation suivie remonte à Guillaume du Fou, marié à Jeanne de la Houssaye, qui comparut en 1426 à la réformation de la noblesse de la paroisse de Mur. Chaix d'Est-Ange ajoute « La Chesnaye des Bois fait de ce gentilhomme le fils d'un Jehan du Fou, baron de Pirmil, châtelain de Noyan-sur-Sarthe, dans le Maine, seigneur de Coriller et de la Plesse-Chamaillard, en Anjou, seigneur de la Rocheguéhenneuc, à Mur ».
Selon d'autres sources la filiation commence avec Jean du Fou qui décéderait vers 1400 et qui ratifia le second traité de Guérande en 1381. Il fut officier de la maison de Jean IV de Bretagne à partir de 1385, puis trésorier payeur général au moins jusqu'en 1399. Par contrat passé à Angers le , Il acheta pour 4700 livres à Jean de Bourbon, comte de Vendôme les terres, seigneuries et domaines de Pirmil, Noyen, Courcelles, La Plesse-Chamaillart et la foret de Minclou, dans la Sarthe.. En 1517 Christophe du Fou devint seigneur de Pirmil, Noyen, Courcelles et La Plesse-Chamaillart par héritage de sa petite nièce Jeanne de Labrégement, dont la mère était Isabeau du Fou, dame de Pirmil.. La branche ainée conserva la terre de Pirmil jusqu'à son extinction en 1605 avec la mort de Jean III du Fou. La baronnie de Pirmil passa alors à François de Querveno, fils de Suzanne du Fou, dame de Pirmil.. Cette branche embrassa la religion protestante vers le milieu du XVI.. Ils participèrent activement aux guerres de Religion, notamment lors de la prise du Mans en 1562.
Même si la branche ainée s'est fixée dans le Maine à partir du , les branches puinées sont demeurées pendant tout l'Ancien Régime en Bretagne où ses membres étaient attachés à la maison de Rohan : en 1377, jean du Fou achète les seigneuries de Guémené-Guinguamp et de la Roche Piriou pour le compte du vicomte de Rohan. Vers 1500, le maréchal de Gié offre comme cadeau de mariage à Tanguy de Guémadeuc et Anne du Fou un manuscrit enluminé de Guido Mazzoni. Christophe du Fou rendit hommage à la vicomté, en , des seigneuries de la Roche-Guehennec et Moreac et son fils Jean III du Fou en 1571.
La famille du Fou a été maintenue noble d'ancienne extraction le devant la chambre de réformation du parlement de Bretagne, à Rennes sur une filiation noble remontant à 1426.
Dans les pièces présentées le pour preuves de noblesse et vérification par le parlement de Bretagne, Laurent du Fou produit un « arbre de la généalogie et filiation desdits deffendeurs par laquelle ils articulent qu’ils sont descendus originairement de messire Jean du Fou, chevalier, baron de Piremil et chastelain de Noyan-sur-Sartre , dans le Maynne, chatelain de Corcelles et de la Plesse-Chamaillart, en Anjou, et seigneur de la Roche-Guehennec (…) mary de Dame Mahault de Montfort, fille de monsour Guy de Montfort (…) qui eurent pour fils messire Guillaume du Fou, chevalier, seigneur des memes seigneuries ».
Dans les actes produits Jean du Fou est qualifié « noble écuyer » dans un acte d' et son fils Guillaume du Fou est également qualifié « écuyer » dans une patente ou un arrêt du duc de Bretagne du .
Quatre générations de la branche de Bézidel occupèrent la charge de gouverneur du château de Pontivy de la seconde partie du à 1789.
Sous la Révolution émergent deux de ses membres : François-Marie-Bonaventure du Fou (1765-1833), négociant et armateur, maire de Nantes de 1813 à 1816 et François-Joseph du Fou de Kerdaniel (1777-1865), chef chouan (voir "personnalités" ci-dessous).
La famille du Fou a été admise à l'ANF en 1947Annuaire ANF 2017, éd. Albedia, Aurillac, .
Généalogie Jean du Fou (premier du nom dans le Maine) écuyer, baron de Pirmil, seigneur de Noyen, Courcelles, La Plesse-Chamaillart, la Roche-Guehenneuc et du Breil-Robert, mort en 1400 .. (cité plus haut), marié à Mahaut de Montfort, fille d’un Gui de Montfort, que Dom Morice juge être un puiné de Raoul de Montfort VII, sire de Montfort, de Gael, de Lohéac, de la Roche-Bernard etc... Guillaume du Fou, écuyer, seigneur et baron de Pirmil, seigneur de la Roche-Guehenneuc, marié vers 1418 à Jeanne de la Houssaye, né en 1393/94 et mort au commencement de l'année 1464. La réformation des nobles de Bretagne tirée de la chambre des comptes de l'an 1427 le cite comme un noble gentilhomme de la paroisse de Mûr., dont : Even du Fou, écuyer puis chevalier, baron de Pirmil, seigneur de la Roche-Guehenneuc, marié à Catherine Le Parisy et mort en 1477. Dont : Jean II du Fou, écuyer, baron de Pirmil, seigneur de Noyen, Courcelle-La-Tour et La Plesse-Chamaillart, dans le Maine, seigneur de la Roche-Guehenneuc, en Bretagne, marié en 1474 à Beatrice d'Estuer, mort vers 1500, dont : Isabeau du Fou, dame héritière de Pirmil, de Noyen, Courcelle-La-Tour, La Plesse-Chamaillart, dans le Maine, et de la Roche-Guehenneuc, en Bretagne. Elle se maria à Tristan de Robien le , qui décéda en 1498 sans laisser de postérité. En secondes noces, elle épousa Louis de La Trémoille, dit de Labrégement. Elle meurt en 1501. Du second mariage. : Jeanne de Labrégement, dame héritière de Pirmil, de Noyen, Courcelle-La Tour, La Plesse-Chamaillart, dans le Maine, et de la Roche-Guehenneuc, en Bretagne. Elle épousa le Louis de Malestroit. Elle mourut en 1517 sans postérité; ses biens passent à Christophe du Fou. Christophe du Fou devint baron de Pirmil, seigneur de Noyen, Courcelle-La-Tour et La Plesse-Chamaillart, dans le Maine, et seigneur de la Roche-Guehenneuc, en Bretagne, vers 1517 à la mort de sa nièce. Il épousa Françoise de Bouesnay. Il meurt le : D'où : Christophe II du Fou, baron de Pirmil, seigneur de Noyen, Courcelle-La Tour et La Plesse-Chamaillart, dans le Maine, et seigneur de la Roche-Guehenneuc, en Bretagne, marié en premières noces par contrat du Marie-Bonaventure de la Porte, et en secondes noces par contrat du Anne de Champagne. Il meurt vers 1561 : D'où du premier lit : Jean III, seigneur de Pirmil, seigneur de Noyen, La Plesse-Chamaillart, dans le Maine, seigneur de la Roche-Guehenneuc, en Bretagne, chevalier de l'Ordre Royal de Saint-Michel, marié à Jeanne de Maillé, dame de Lathan, il meurt vers 1605 et est inhumé dans un cercueil en plomb dans l'église de Noyen. Ils n'eurent qu'une fille qui suit. : Suzanne du Fou, mariée le à George de Kerveno. Ce dernier meurt en 1592 lors d'un engagement près d'Auray. D'où : François de Kerveno, baron de Kerveno, Baud et Pirmil, seigneur de Noyen, La Plesse-Chamaillart, etc. Jehan du Fou (décédé en 1529), seigneur de Beauchesne, marié avec Jeanne de La Cour . D'où : Christophe du Fou, seigneur de Bézidel en Cléguérec (Morbihan), marié en premières noces par contrat du Françoise Marigo puis en secondes noces à Louise de Kerlogoden. Du premier lit : Charles du Fou, seigneur de Bézidel en Cléguérec (Morbihan), marié à Isabeau de Kermellec puis à Isabeau de La Cour. Le , il vend à Louis du Fou, sieur de Launay certaines rentes convenancières qu’il avait recueilli en la paroisse d’Allineuc de la succession de Christophe du Fou, sieur de Bézidel, son père. D'où du premier lit : Hervé du Fou (vers 1573-1655), seigneur de Bézidel en Cléguérec (Morbihan), marié en premières noces vers 1613 à Marie Guynement, décédée vers 1619, puis à Charlotte le Gascoing D'où du second lit : Laurent du Fou (1629-1684), seigneur de Bézidel en Cléguérec (Morbihan), gouverneur du château de Pontivy, descendant de Jehan du Fou, fut maintenu d'ancienne extraction noble en Bretagne le (avec la qualification de chevalier pour lui et d'écuyer pour ses puinés)., marié en premières noces par contrat du avec Françoise Tanguy (1625-1670/77), dame de Kerdaniel en Ploudaniel et de Kersabiec en Bodilis, puis en en secondes noces par contrat du à Françoise-Joseph du Quellenec (1662-1691). D'où du premier litHenri de La Messelière, Filiations Bretonnes, éd. Prudhomme, Saint-Brieuc, 1913, T.II, Sébastien-François du Fou (1663-1731), seigneur de Bézidel, gouverneur du château de Pontivy (Morbihan), marié par contrat du avec Marie de La Fosse, dont : François-Marie du Fou (1696-av.1762), seigneur de Bézidel, gouverneur de Pontivy et des villes et châteaux du duché de Rohan, marié en 1719 à Marie Bonaventure Hervieu, dame de Montmény, auteur de la branche ainée subsistante, dont : François Marie Joseph du Fou (1724-1778), seigneur de Bézidel, gouverneur des ville et château de Pontivy (Morbihan), marié en 1762 à Thérèse-Marie de Tollenare (1741 - + durant la révolution). Nicolas-Rolland du Fou (1701-1755), seigneur de Kerdaniel, sous-brigadier des mousquetaires de la garde à cheval du roi, chevalier de Saint-Louis, marié Laurence Aval, puis en 1741 à Jeanne-Charlotte de Lantivy (1719-1775) auteur de la branche cadette subsistante de Kerdaniel, dont : Jérôme-Bonaventure du Fou (1744 - 1835), seigneur du Boishardouin en Moustoir-Remungol et de Kerdaniel, gouverneur de Pontivy (Morbihan), colonel honoraire, chevalier de Saint-Louis, marié en 1768 à Marie Louvart de Pontigny (1744-1805).
Personnalités Branche ainée de Bézidel François-Marie-Joseph du Fou (1724-1778), seigneur de Bézidel, gouverneur de la ville et du château de Pontivy. Louis du Fou (1763-1841), lieutenant de vaisseau, chevalier de Saint-Louis, émigré en 1790. François-Marie-Bonaventure du Fou (1765-1833), négociant et armateur, maire de Nantes (Loire-Atlantique) de 1813 à 1816, chevalier de l'Empire, titré comte héréditaire par lettres patentes du , officier de la Légion d'honneur. Il fit partie des 132 Nantais qui, en , furent expédiés à Paris pour y être jugés. Jules du Fou (1801-1864), comte du Fou, consul de France.
Rameau dans le Maine-et-Loire (éteint) Bonaventure du Fou (1808-1873), négociant et armateur, maire de Gesté (Maine-et-Loire) de 1848 à 1852. Georges-Bonaventure du Fou (1843-1917), cofondateur de la Caisse syndicale de Crédit Mutuel Agricole d'Anjou, maire de Gesté de 1908 à 1917. Even du Fou (1887-1957), maire de Gesté de 1945 à 1957. Alain du Fou (1891-1968), président et administrateur de la Caisse syndicale de Crédit Mutuel Agricole d'Anjou, fondateur de l'Office National Interprofessionnel des Céréales, membre de la Chambre d'Agriculture, cofondateur de la Banque Française de l'Agriculture et du Crédit Mutuel.
Branche cadette de Kerdaniel Jérôme-Bonaventure du Fou (alias Dufou de KerdanielDossier de la Légion d'honneur LH/832/65 page 6. (1765-1833), seigneur de Kerdaniel, gouverneur de Pontivy, émigré en 1791 à l'Armée des émigrés, puis à Jersey, rentré en France en 1814, colonel honoraire en 1816, chevalier de Saint-Louis