Lugdunum ou plus précisement Lugdunum Musée et théâtres romains, nom officiel depuis 2017, anciennement musée gallo-romain de Fourvière et musée de la Civilisation romaine, est un musée archéologique situé à Lyon, en France. Il comprend un espace muséal couvert et depuis novembre 2017 les théâtres romains sur la colline de Fourvière, colline située autrefois au cœur de la cité romaine de Lugdunum. Le musée est géré par la métropole de Lyon. Il accueille régulièrement des expositions temporaires.

Histoire des collections antiques à Lyon

La conservation des collections gallo-romaines avant le musée Lugdunum (Lyon), capitale de la province Lyonnaise, était une cité gallo-romaine importante et prospère qui a laissé de nombreux vestiges découverts au fil des siècles, d'abord présentés au Musée des Beaux-Arts et dans un autre lieu appelé « Antiquarium ».

Les collections au Palais Saint-Pierre L'ancienne abbaye des Dames de Saint-Pierre est transformée en musée par décret du . François Artaud, conservateur de 1806 à 1830, rassemble sous les arcades du cloitre de nombreux objets antiques dont la table claudienne et la mosaïque des Jeux du cirque. Artaud recupère aussi en 1810 les deux plus importantes collections monétaires lyonnaises d'avant la Révolution, celles du collège de la Trinité et celle du cabinet de la ville. Le médailler du musée s'enrichit ensuite au fil des découvertes et des acquisitions de monnaies de antiques et médiévales.

L'antiquarium La plus grande partie du mobilier archéologique découvert lors du dégagement des théâtres à partir de 1937 est entreposée au fur et à mesure des fouilles à proximité du site, dans l’ancien couvent de ND de la Compassion, puis dans la maison Magneval, au 3 de la rue Cléberg, deux bâtiments appartenant à la Ville de Lyon. Ce dépôt est bientôt dénommé Antiquarium, par référence à l’Antiquarium créé à Rome par les papes pour leurs collections de sculpture. En 1938, Paul Gélis, architecte en chef des monuments historiques chargé de la circonscription de Lyon, propose la création d’un musée lapidaire et d’un centre archéologique à la place des bâtiments de l’ancien couvent, mais son projet est abandonné en avril 1944. Une salle de la maison Magneval est aménagée entre 1952 et 1954 sous la direction de Pierre Wuilleumier, pour être ouverte au public.

L’Antiquarium récupère en 1957 plusieurs pièces importantes déposées au Musée des Beaux-Arts, comme la Table claudienne, le calendrier de Coligny et le char de la-Cote-Saint-André. Le musée du Louvre lui remet aussi un buste de Caracalla, puisque ce dernier est né à Lugdunum. Des maquettes explicatives sont réalisées, présentant les théâtres et un modèle du mécanisme de lever de rideau du théâtre, réalisé vers 1960. L’Antiquarium demeure néanmoins un musée réduit à trois salles dans des locaux vétustes, disproportionné face à l’importance des collections archéologiques. Le remplacement de l’Antiquarium est décidé en 1967, par la construction d’un grand musée archéologique sur le même emplacement, en raison de sa proximité du site des théâtres. L’Antiquarium ferme en définitivement en 1969, pour être démoli. Ses collections sont mises en caisse, et entreposées à proximité rue Roger-Radisson. La période de construction du nouveau musée, jusqu’en 1975, est mise à profit pour restaurer ou nettoyer les collections. Durant cette période, plusieurs mosaïques remarquables (mosaïque du Bestiaire bossu, mosaïque d’Orphée et une troisième non identifiée) sont détruites dans le sinistre de l’atelier d’un restaurateur.

Historique du musée Envisagé dès 1938, le musée actuel est construit en 1971 par l’architecte Bernard Zehrfuss et inauguré le .

Premier projet : Paul Gélis

Lorsque le chantier archéologique de la colline de Fourvière débute en 1933, le seul lieu à Lyon destiné à la conservation des antiquités est le Musée des beaux-arts de Lyon, où est organisé un musée lapidaire sous les portiques de l'ancien cloitre. Toutefois, la masse des objets découverts lors de ses fouilles empêchent leur accueil dans cet endroit, déjà surchargé.

En 1938, Paul Gélis, architecte en chef des monuments historiques chargé de la circonscription du Rhône, propose de créer sur le site acquis par la ville un lieu d'exposition des découvertes réalisées. En 1940, il réalise et expose le plan d'un bâtiment qu'il nomme « musée lapidaire », et qui serait installé à l'emplacement de l'ancien couvent des sœurs de la Compassion, le long de la rue de l'Antiquaille. Il imagine alors un groupe de quatre galeries où seraient installées les pièces importantes. En 1943, il relance son projet en le complétant. Il envisage d'étendre le musée vers le jardin Magneval pour y adjoindre un centre d'étude et une bibliothèque. La municipalité, ayant de lourdes difficultés en raison de la guerre, renonce au projet en avril 1944 ; sa priorité est de dégager le terrain pour entreposer les découvertes.

Le projet d'André Donzet

En 1958, Lyon organise des festivités pour célébrer le bimillénaire de sa fondation, dans ce cadre, la municipalité relance l'idée d'un musée consacré à ses merveilles archéologiques. L'année précédente, elle fait appel à André DonzetNotice biographique sur Agorha, plateforme de données de la recherche de l'Institut national d'histoire de l'art., architecte des monuments historiques. Pour l'occasion, Lyon sollicite et obtient le soutien du directeur des musées de France, et une promesse d'aide financière.

Le projet de Donzet est inspiré du travail de Paul Gélis et il envisage également d'installer le musée le long de la rue de l'Antiquaille. Souhaitant un édifice discret pour mettre en valeur le théâtre et l'odéon, il prévoit un édifice en pierre au toit en tuiles creuses. Il serait doté de grandes verrières au sein des espaces d'expositions pour admirer l'odéon. Sachant que cet emplacement est celui d'une voie romaine non encore fouillée, il propose de prévoir une section basse du musée qui serait au niveau de la voie antique, pour l'intégrer directement à la muséographie. Il propose un autre élément novateur pour l'époque, celui de présenter les mosaïques au sol, pour améliorer leur visibilité. Les parcours des collections seraient établis pour présenter la civilisation gallo-romaine, en quatorze sections. Donzet complète le musée lui-même par plusieurs zones annexes, une salle de conférence, un bibliothèque, des bureaux, une salle de dessin archéologique, un laboratoire photographique, etc.

Le projet prend du retard pour des raisons financières, notamment car l'établissement du bâtiment sur un site non fouillé complique l'estimation des travaux. Mais surtout, des oppositions se font jour qui reprochent l'emplacement même du site, qui bloque la vue vers les monuments antiques. Charles Delfante, directeur de l'atelier d'urbanisme municipal, en particulier, estime que les proportions du musée sont trop importantes en regard des théâtres. En 1966, Bernard Zehrfuss, inspecteur général des bâtiments civils et palais nationaux est sollicité et il tranche contre le projet. En juillet 1966, il est abandonné.

Le projet de Bernard Zehrfuss Dès sa visite du site en 1966, Bernard Zehrfuss a l'idée d'un musée placé sur le côté, inscrit dans la colline. Cette idée est bien accueillie, même si des voix soulèvent certaines craintes. Ainsi, les ingénieurs et géologues de la ville demandent plusieurs expertises pour être certain qu'il n'y ai pas de glissement de terrain. Pour anticiper d'éventuelles découvertes majeures lors des terrassements, Amable Audin procède à des sondages archéologiques. Pendant le temps des fouilles, Zehrfuss finalise son projet d'un musée enterré, sur trois niveaux avec quinze salles thématiques. Il prévoit également un dépôt lapidaire, une salle de conférence, une bibliothèque, des bureaux, deux logements de service, et des parkings pour les visiteurs.

Le projet est soutenu par le directeur des musées de France qui met à disposition des équipes le spécialiste de la muséographie Claude Poinssot. Il joue un rôle important de coordinateur entre les conservateurs, Amable Audin et son adjoint Jacques Lafargues, et les équipes du cabinet d'architecte. Le 27 janvier 1969, le conseil municipal entérine le projet de Zehrfuss, pour un montant de 12.610.000 de francs. Les surcoûts portent finalement le montant à , financés à hauteur de 40 % par l'État.

Fouilles préventives et construction vignette|Foulage du raisin et écoulement du moût dans les cuves. Dim. . Musée Lugdunum. Les fouilles préliminaires à la construction du nouveau musée n’ont concernées qu’un petit secteur au sud de l’emplacement de l’Antiquarium. Les sondages ont repéré quatre sections de murs parallèles orientés nord-sud et l’angle d’un cinquième mur perpendiculaire, délimitant quatre pièces. La plus à l’ouest au sol en comporte deux blocs-cuisines et deux foyers. Les tessons d’amphores soutenant le radier du sol pourraient dater des . La troisième pièce est décorée de fresques très détériorées et d’un sol en avec un panneau central de de côté. Son décor est constitué de cercles inscrits dans des octogones tangents. En bordure du panneau central, ont été retrouvés divers fragments de mosaïques, dont un représente un homme foulant le raisin au-dessus de deux jarres. La quatrième pièce contenait un fragment de mosaïque noir et rouge de 40 cm, au motif de canard et trident.

Rattachement administratif

A son ouverture en 1975, le musée appartient à la ville de Lyon. En 1991, il est transféré au département du Rhône, qui l'associe au musée gallo-romain de Saint-Romain-en-Gal. En 2015, il a été transféré à la Métropole de Lyon.

Le bâtiment du musée Le bâtiment est inscrit en bordure du site antique, enterré dans le versant de la colline. Intérieurement, il est constitué d'une rampe en béton brut descendant en spirale et se ramifiant vers des paliers destinés à l'exposition des collections du musée sur . Le 8 novembre 2017, le musée est renommé LugdunumLugdunum, musée et théâtres romains, dossier de presse, métropole du Grand Lyon, 7 novembre 2017, p. 9..

Parcours du visiteur Muséographie vignette|Ouverture du musée sur le site du théâtre antique.

Le musée est aménagé de façon à offrir des vues sur les vestiges encore visibles du Théâtre et de l’Odéon. Il rassemble les découvertes faites sur le site antique de Lyon, de la région, voire d'ailleurs pour certaines pièces.

Le musée a été pensé par Zehrfuss pour mettre en valeur les œuvres, certaines parties du musée ayant été, dans une discussion constante entre l'architecte et le conservateur, conçues pour accueillir spécifiquement une pièce majeure. De même, le musée a été organisé pour éviter une accumulation illisible, mais au contraire pour ne présenter qu'une sélection d'œuvres parmi les plus intéressantes.

La volonté de Zehrfuss est de rompre avec la construction muséographique traditionnelle, en insistant sur la lisibilité du parcours, sur l'ouverture sur l'extérieur pour que l'architecture s'adapte aux pièces présentées, et non l'inverse. .

Lyon avant Lugdunum Les recherches ont montré que le site de la ville était occupé dès le On a aussi trouvé des armes et des outils bien antérieurs, abandonnés par des chasseurs-cueilleurs. Les objets préhistoriques ont été collectés principalement dans l'actuel quartier de Vaise, le long de la Saône. Parmi ceux-ci, des pointes en silex de petite taille ou microlithes, datant d'environ , et une gaine d'outil en bois de cerf, datant d'environ , découvertes lors de fouilles préventives du périphérique nord dans le arrondissement de Lyon, entre 1994 et 1997.

Une jarre en terre cuite de à quatre anses, servant à stocker des denrées alimentaires et datant de 1900 à 1800 , a été trouvée lors de fouilles préventives du périphérique nord dans le arrondissement de Lyon, entre 1994 et 1997.

Le musée contient également des objets de l'époque celte, antérieure à l'occupation romaine.