Le C-201 est un missile anti-navire d'origine chinoise, à moyenne et longue portée, pouvant être lancé depuis les aéronefs, les navires ou des sites de lancement côtiers, comme arme de défense du littoral. Faisant également partie de la grande famille des missiles , ce missile, dont le développement est issu du HY-1, est très ressemblant à celui étant à l'origine de tous les missiles anti-navires chinois, le P-15 Termit.

Historique L'histoire officielle de l'industrie aéronautique chinoise, qui décrit en détail l'évolution des missiles HY-1 et SY-1, ne fait aucune mention d'un quelconque HY-2, bien qu'elle apparaisse pourtant à de nombreuses reprises dans diverses brochures chinoises Consulté le 22 octobre 2013..

En avril 1965, le lancement des travaux fut autorisé et les premiers essais eurent lieu en septembre 1967. Après 5 années de développement, le programme passa le stade final des tests de validation du concept du missile. En 1970, il parvint à toucher 6 fois sa cible sur les 7 tirs effectués et fut déclaré valide pour le service opérationnel au mois de mars de cette même année. Le HY-2A, version à guidage infrarouge de ce missile effectua ses premiers vols d'essais entre 1975 et 1977, qui furent des échecs, reportant sa validation opérationnelle à l'année 1982. Une version améliorée HY-2AII fut, elle, validée en juin 1985.

Le HY-2 n'entra pas en service avant le début des années 1980, et fut par la suite largement exporté. Parmi les missiles antinavires chinois, il est celui auquel la désignation de Silkworm est la plus attribuée, mais elle est souvent attribuée par erreur à tous les autres modèles de la gamme.

Généralités Ce missile fut développé par la China Aerospace Science and Industry Corporation (CASIC - 中国航天科工集团公司) et construit par l'organisation gouvernementale China Haiying Electro-mechanical Technology Academy (CHETA - 中国海鹰机电技术研究院, aussi connue comme la Academy).

Désigné par l'OTAN CSS-C-3 , le C-201 était une version améliorée du HY-1 (OTAN : CSS-C-2 ), dont le fuselage avait été allongé (de ), augmentant ainsi la capacité de ses réservoirs de carburant et allongeant sa distance franchissable à une valeur de . D'une construction améliorée, il était également doté de systèmes de contrôle plus performants, d'un pilote automatique amélioré pour la phase de vol de croisière, de propulseurs plus puissants, et pouvait atteindre sa cible avec une meilleure précision.

Le missile était conçu pour voler très bas, afin de diminuer au maximum sa probabilité de détection par les radars ennemis. Par la suite, la modification de son radar d'approche terminale lui apporta une meilleure précision et une résistance accrue aux contre-mesures électroniques. Sa lourde charge militaire pouvait couler ou sévèrement mettre-à-mal des navires ayant une masse pouvant atteindre .

Il était décliné en deux versions principales :

Le Hai Ying-2, ou HY-2 (du , aigle de mer), était la version lancée depuis les sites terrestres., destinée à la protection des côtes, des bases ou des îles, engageant tout navire ennemi se présentant à proximité. Son complexe de lancement couvrait une longue distance et possédait un angle de tir assez large (± ), permettant à un seul bataillon de missiles de couvrir une surface d'océan de . Une fois le missile tiré, les informations de contrôle et de guidage venant du sol n'étaient plus nécessaires, permettant de maintenir les positions à l'abri de toute forme de repérage par l'ennemi.

Le Shang Yo-1A ou SY-1A (du , contre-courant), dont la désignation OTAN est CSS-N-2 ., était destiné à être employé depuis les navires, mais il ne vit jamais la moindre plateforme embarquée, sa taille trop importante étant un inconvénient majeur pour ce type d'emploi.

Le C-201, qui désignait à-la-fois la version aéroportée du missile et sa désignation à l'exportation, servit également plus-tard de base au développement d'autres versions plus évoluées ou destinées à d'autres emplois.

Caractéristiques techniques

Description rapide À bien des égards, le missile était similaire aux autres modèles de la série des Silkworm, partageant le même schéma de structure, lui-même emprunté à celui du missile soviétique P-15 Termit.. Bien qu'il fût plus grand et plus lourd, il employait également des ailes portantes en delta, placées à mi-longueur du fuselage, et un empennage en , assurant un contrôle du vol du missile sur ses trois axes principaux.

Le modèle de base employait un radar actif à balayage conique, constitué d'un émetteur de type , éclairant le décor en continu, et qui se balançait autour d'un axe de pivot. Cet autodirecteur présentait le défaut d'être très facile à brouiller et avait également la fâcheuse tendance à verrouiller l'océan en le prenant pour une cible. Ce problème fut résolu avec les versions suivantes du Seersucker, qui employaient un radar à impulsions Doppler de type , bien plus résistant aux contre-mesures et plus fiable. D'autres versions employaient des capteurs à imagerie infrarouge ou des systèmes TV. La détection initiale de la cible s'effectuait grâce à un radar type-254 travaillant en bande-I, transporté sur un camion. Toutefois, il n'était pas nécessairement obligatoire de pré-cibler un ennemi : le Seersucker était en-effet capable de détecter tout-seul sa cible, pour peu que les opérateurs aient réussi à le lancer approximativement dans une direction correcte. Il lui fallait juste être lancé de manière qu'il finisse par voir apparaître sa cible dans son cône de détection radar.

Fonctionnement Le HY-2 était tiré depuis un camion-plateau, à-partir d'un rail de lancement fixe qui limitait le champ de détection de son autodirecteur. Il pouvait également être tiré depuis une plateforme tractée compacte, autorisant une utilisation plus large du système au sein de l'armée chinoise. En 2000, avec l'aide des chinois, les militaires cubains parvinrent à modifier quelques vieux chars soviétiques T-54 et T-55 afin d'en faire des lanceurs chenillés mobiles.

Lorsqu'il était lancé, le missile était propulsé jusqu'à une altitude de par son accélérateur à poudre (bosster), qui brûlait tout son mélange en une poignée de secondes. Un clapet dans le flux d'échappement du booster signalait au missile de le larguer, une fois que sa poussée était terminée. À ce moment-là, le moteur-fusée à ergols liquides prenait le relais, et le missile entamait sa phase de croisière à une vitesse de Mach 0.9 et à une altitude comprise entre . Le missile abordait finalement sa phase d'approche terminale à une distance d'environ de sa cible, à-partir de laquelle il allumait son autodirecteur et descendait à une altitude de . C'est à cette altitude-là qu'il impactait le navire, causant d'énormes dégâts à quelques centimètres seulement de sa ligne de flottaison.

Précautions d'emploi Le propulseur de croisière du Seersucker était extrêmement dangereux. Ce moteur-fusée employait en-effet des ergols liquides extrêmement toxiques et corrosifs, en l'espèce d'un carburant pour fusées AK-20F, et d'un oxydant Type TG-02, appartenant à une catégorie de comburants plus connue sous le nom d'acide nitrique fumant rouge, ou IRFNA.

L'IRFNA est une substance extrêmement dangereuse, pouvant causer des brûlures très profondes à la peau, tandis que les gaz émis peuvent causer une cécité ou des lésions pulmonaires graves. Ce produit est même capable de transpercer les combinaisons de protection des opérateurs, et un contact prolongé est même capable de ronger du métal. Même après avoir séché, son sous-produit (Dioxyde d'azote) est un poison.

En conséquence, les équipes de préparation des missiles devaient porter des combinaisons NBC complètes, lorsqu'elles ravitaillaient le Seersucker avant son lancement, ce qui rendait la tâche assez difficile. Sur les sites de lancement, les réservoirs en acier inoxydable contenant l'IRFNA devaient être refroidis au fluorure, alors qu'en parallèle, le carburant AK-20F était également quelque chose de dangereux, car très explosif. En-fait, les opérateurs opérant à-partir de sites non durcis auraient fait face à un énorme danger s'ils avaient dû se retrouver dans des conditions de combat réelles.

Carrière opérationnelle

Guerre Iran-Irak Le Silkworm se fit une renommée dans les années 1980, quand il fut employé par les deux camps en conflit, lors de la guerre Iran-Irak. Ces deux pays avaient été approvisionnés en armes par la Chine elle-même.

De à , les troupes iraniennes occupèrent la péninsule de Fao.

En 1987, l'Iran effectua son premier achat de missiles Seersucker et relança l'activité des usines à missiles irakiennes saisies sur la péninsule. Au-cours de cette même année 1987, l'Iran lança plusieurs missiles depuis les environs de la péninsule, dont certains parvinrent à toucher des navires étrangers, par exemple le pétrolier libérien Sungari (ce navire était en fait propriété des États-Unis). Un autre parvint à frapper le pétrolier battant pavillon américain Sea Isle City, le à 5h30 du matin... Les réparations à effectuer, concernant la passerelle et la zone-vie de l'équipage, bloquèrent le navire à quai pendant 4 mois.. Lors de l'explosion du missile 18 membres de l'équipage furent blessés et le capitaine du navire, John Hunt, gardera comme séquelle une cécité totale, après avoir reçu des projections de verre au visage..

Plus tôt dans l'année, cinq autres missiles avaient déjà frappé des zones du Koweït. En octobre 1987, le terminal pétrolier off-shore fut touché par un Silkworm, qui fut observé comme provenant de la même péninsule de Fao. Cette attaque mena le Koweït à déployer une batterie de défense à missiles Hawk sur l'île de Failaka, afin de protéger ce terminal.. En décembre de cette même année, un autre Silkworm iranien fut lancé contre ce terminal mais alla percuter une barge installée à-côté pour servir de leurre..

Avant ces attaques, la portée du missile avait été estimée comme étant inférieure à , mais ces assauts répétés prouvèrent que la portée réelle du missile dépassait aisément les . Les observateurs militaires koweïtiens avaient en effet constaté que les missiles provenaient de la péninsule, en suivant leurs évolutions au radar, tandis que les satellites américains avaient permis de confirmer la position des sites de lancement.

Au-cours de l'opération , menée en 1988 contre l'Iran, une batterie côtière iranienne lança deux missiles contre le navire américain , le . Les deux furent brouillés par les mortiers lance-leurres Mark.36 de la frégate (ou tombèrent à court de carburant), et s'écrasèrent devant le navire. Cet incident fut source de confusions, certains officiels américains refusant d'avouer une quelconque attaque, alors que les deux missiles avaient bien été suivis pendant leurs évolutions par plusieurs unités, dont une qui avait carrément eu un contact visuel avec eux ! Deux autres missiles furent tirés (des Silkworm ou des Seersucker) en direction de barges utilisées par la marine américaine dans le golfe Persique, mais manquèrent largement leur cible.

Seulement un mois plus tôt, en mars 1988, la Chine avait pourtant accepté de stopper l'approvisionnement de l'Iran en missiles HY-2. Mais il semblait que cette fourniture d'armes était toujours à l'ordre du jour en 1989. Les Iraniens ont depuis acquis la capacité à développer eux-mêmes leurs propres missiles.

Opération Tempête du désert Au mois d'août 1990, les irakiens avaient réparé les installations de Fao et disposaient de 84 missiles opérationnels, auxquels s'ajoutaient d'autres exemplaires en réserve à l'intérieur des terres.

Attaque de l'USS Missouri