La société de l'Empire allemand ou société de l’Allemagne wilhelmienne (parfois wilhelminienne) est la société, comprenant l'ensemble de l'art, de la culture et des institutions, d'une période de l'Histoire de l'Allemagne correspondant au Deuxième Reich, sous les règnes de Guillaume , Frédéric III et enfin Guillaume II, le dernier Kaiser« Wilhelm » est l'équivalent allemand du prénom « Guillaume ».. Cette période historique s'ouvre avec le « Gründerzeit », le temps des fondateurs, et s'achève avec une phase de personnification autocrate du pouvoir par Guillaume II, le « wilhelminisme », qui aboutira finalement à la Première Guerre mondiale et la fin de l'Empire au terme de la défaite militaire allemande face aux forces alliées.
La période wilhelmienne est marquée par un vaste développement industriel. et celui de l'Empire colonial allemand. Elle voit ainsi le développement du complexe militaro-industriel allemand et de la Kaiserliche Marine. C'est aussi une période qui compte certaines avancées sociales, comme l'apparition d'un régime de protection sociale, encore en vigueur de nos jours en Alsace-Lorraine française.
Société et vie sociale vignette|Im Biergarten, peinture de Adolf Menzel (1815-1905) datée de 1883.
De 1878 à 1890, une série de lois sociales sont prises par Otto von Bismarck.
Cour impériale
Classes sociales, niveau de vie et démographie
Syndicalisme
Féminisme L'année 1894 voit la fondation de l’ Allgemeiner Deutscher Frauenverein (« Association générale des femmes allemandes ») par Louise Otto-Peters, entre autres cofondatrices.
Protection sociale
Critiques de la société wilhelmienne Selon le concept du « Sonderweg », terme qui semble avoir été forgé par l'historien Hans-Ulrich Wehler Hans-Ulrich Wehler, Deutsche Geschichte, t. 9: Das Deutsche Kaiserreich 1871-1918, Vandenhoeck und Ruprecht, Göttingen, 1973 (Kleine Vandenhoeck-Reihe 1380)., l'Allemagne wilhelminienne se serait modernisée sans se démocratiser, au contraire de pays comme la France, la Grande-Bretagne ou les États-Unis — Karl Marx parlant de « misère allemande » pour désigner l’attitude d’une bourgeoisie allemande qui préfère passer un compromis avec l’aristocratie terrienne et les princes plutôt que de s’allier avec le peuple pour libérer la nation des entraves morales et politiques héritées du passéFrançois Genton, « La « misère allemande », un problème du socialisme européen vers 1900. La controverse Jaurès-Mehring à propos de Frédéric II de Prusse et de l'Aufklärung », Chroniques allemandes, , 1998-1999, ..
Deux mois avant le déclenchement de la Première Guerre mondiale paraît Le Sujet de l'Empereur (en allemand Der Untertan), une violente critique sociale romanesque d'Heinrich Mann.
Vie politique et opinion publique Chanceliers impériaux Titulaire Mandat Parti Note Prince Otto von Bismarck1815-1898 Du au Sans étiquette Bismarck fut ministre-président et ministre des Affaires étrangères du royaume de Prusse de 1862 à 1890, ainsi que chancelier confédéral de 1867 à 1871 et chancelier impérial de 1871 à 1890. 60px|Leo von Caprivi en 1880.. Comte Leo von Caprivi1831-1899 Du au Sans étiquette Prince Chlodwig zu Hohenlohe-Schillingsfürst1819-1901 Du au Sans étiquette Prince Bernhard von Bülow1849-1929 Du au Sans étiquette Theobald von Bethmann Hollweg1856-1921 Du au Sans étiquette Georg Michaelis1857-1936 Du au Sans étiquette Comte Georg von Hertling1843-1929 Du au Sans étiquette Prince Maximilian von Baden1867-1936 Du au Sans étiquette
Armée et société
Presse
Socialisme et communisme
Question coloniale : lobbying et opinion publique
Arts, sciences et culture
En 1876, le compositeur Richard Wagner crée le Festival de Bayreuth, un festival d'opéra consacré à l'exécution de ses dix principales œuvres opératives. Il se tiendra chaque été au Palais des festivals (Festspielhaus) de Bayreuth, en Bavière, un théâtre conçu par Wagner pour pouvoir réaliser sa conception particulière de l'ouvrage lyrique comme « œuvre d'art totale ».Paragraphe introductif de l'article dédié.. Mouvements culturels
L'année 1903 va voir la fondation de la Deutscher Künstlerbund (La Ligue des artistes allemands) et 1907 celle de la Deutscher Werkbund (Association allemande des artisans) à Munich par Hermann Muthesius. Littérature Roman populaire, science-fiction et littérature fantastique La littérature populaire allemande trouve sa figure de proue en Karl May, l'un des écrivains allemands les plus vendus au monde, notamment pour ses romans d'aventures au Far West dont les deux héros sont le Blanc Old Shatterhand et l'Apache WinnetouSelon Adolf Hitler, Karl May fut son auteur préféré d'avant-guerre..
Architecture
Sciences Guillaume II a fondé en 1911 la Kaiser-Wilhelm-Gesellschaft zur Förderung der Wissenschaften (Société Empereur Guillaume pour la Promotion des Sciences), qui devint après la Seconde Guerre mondiale la prestigieuse Max-Planck-Gesellschaft.
Économie
Éducation Jusqu'en 1870, l'enseignement supérieur allemand faisait contrepoids à l'autorité militaire mais, depuis 1871, l'enseignement supérieur s'est pénétré de la doctrine bismarckienne : la valeur d'une nation est toute dans sa force militaire, industrielle et commerciale. L'Allemagne, qui au commencement du , paraissait le temple des méditations idéales, tendait à devenir de plus en plus un laboratoire d'industriels, de chimistes et de commerçants. Aux jeunes gens qui terminaient leurs études, on donnait un enseignement moral où la religion remplaçait la philosophie. Celle-ci n'était plus étudiée que par les étudiants en théologie. Quant aux étudiants en sciences, pendant les cinq ou six derniers mois de leur dernière année de cours, c'est-à-dire vers leur 25 ans, ils assistent à quelques leçons de philosophie, très incomplètes. De même que la doctrine morale des étudiants se réduisait au catéchisme, leur conception politique se réduisait à l'impérialisme. Ils reprenaient fidèlement les opinions conventionnelles de leurs pères. Enseignements primaire, secondaire et professionnel thumb|210px|Photographie d'écoliers allemands d'une Bürgerschule, en 1905.
L'Allemagne n'avait pas, pour l'instruction publique, un régime unique comme pour l'armée, les États s'organisant suivant leurs traditions ou leurs besoins. Cependant l'instruction publique, particulièrement l'enseignement primaire, offrait, dans tout l'Empire, certains caractères généraux. La loi, très rigoureusement appliquée, implique l'obligation scolaire : les illettrés étaient extrêmement rares. Mais, si l'enseignement était obligatoire, il n'était ni laïc, ni gratuit, ni égalitaire. Les enfants de la bourgeoisie étaient élevés à part. En Saxe, par exemple, dans toute commune qui comptait au moins , il y avait 2 écoles primaires bien distinctes. La Bezirksschule (école du district), destinée au peuple : l'écolage y était de 1,50 marks par mois, payables par quinzaine ; une famille, quel que fut le nombre d'enfants fréquentant la même école, ne payait que pour un seul. La Bürgerschule (école des bourgeois), au programme de laquelle figuraient les langues étrangères, particulièrement le français, avait un écolage de 6 marks par mois, payable en un seul versement. L'argent ainsi payé servait à l'entretien des écoles. Aussi, beaucoup d'entre elles ont une propreté et même un confort remarquable.
L'élève reste à l'école de 6 à 14 ans. La totalité des vacances par an ne devait pas dépasser les 8 semaines. Les inspecteurs primaires avaient le droit de fixer les dates de ces vacances suivant les travaux, particulièrement les travaux agricoles. Cette date variait naturellement d'après les productions des contrées, voire des communes. Ici, on avait besoin des enfants en septembre, pour la cueillette du houblon ; là, on en avait besoin pour les vendanges ou la récolte des pommes de terre. Les grandes vacances proprement dites sont de 5 semaines de suite. L'examen de sortie, pour les écoles primaires, comprenait une rédaction, des exercices de calculs et de géométrie : il correspondait au certificat d'étude primaire en France, à l'époque. La pédagogie allemande n'admettait pas de composition durant le courant de l'année : ni classement, ni prix d'aucune sorte. L'année scolaire commence à Pâques. Dans les régimes scolaires allemands, Pâques était un point de départ à cause des actes religieux, première communion ou confirmation. Toutes les écoles étaient rattachées à l'église ou au temple, suivant que la commune était à majorité catholique ou protestante. Le curé ou le pasteur avaient droit d'inspection, tout instituteur était payé par la commune. De là une double subordination, contre laquelle les congrès et les associations d'instituteurs s'élèvent fréquemment, mais sans résultats.
Pour entrer à l'école, les jeunes gens qui se destinaient à l'enseignement suivaient les cours, non pas d'une école communale, mais d'une Realschule, c'est-à-dire d'une école où l'on distribuait un enseignement spécial, professionnel, moderne et pratique. Quant aux futures institutrices, pour se préparer à l'école normale, elles suivaient les cours de la Bürgerschule (école des bourgeois), puis ceux d'une école supérieure. Dans tous ces établissements, les frais d'études étaient assez élevés. L'âge minimum pour l'examen de concours aux écoles normales est de 14 ans, la durée de études de 5 ans ; quant aux frais d'étude, ils s'élèvent à 150 marks. De plus, comme les écoles normales allemandes n'ont pas en général d'internat, les élèves doivent prendre pension au-dehors. Ces frais additionnés supposent, chez les familles des élèves-maîtres, une réelle aisance. Après avoir subi le dernier examen de l'école, l'élève-maître peut être nommé "délégué" dans une école au traitement annuel de 900 marks. S'il ne trouvait pas de place dans une école publique, il entrait comme professeur dans une privée ou dans une famille. Deux ans après sa sortie de l'école, il subissait l'examen constatant les aptitudes pédagogiques, examen où toutes les matières de l'enseignement étaient passées en revue en des épreuves écrites ou orales. S'il était reçu, il pouvait alors être nommé instituteur. Son temps de délégation ne comptait pas pour la retraite. Parfois candidats et candidates attendaient leur nomination pendant 4 ou 5 ans. Les associations d'instituteurs allemands réclamaient un traitement de minimum de 1350 marks. Des avantages importants leur étaient faits pour les retraites. La caisse des retraites était constituée par l'État, l'instituteur n'y versait rien, il touchait son traitement intégral ; si après 10 ans d'enseignement, il ne pouvait plus faire classe, il avait une retraite égale au quart de son traitement.
Les universités allemandes thumb|220px|Carte postale avec l'Université de Berlin en 1900. Les universités allemandes différaient des universités françaises de l'époque. L'État continuait à les soutenir, mais elles se gouvernaient seules. Elles se divisaient en 4 facultés : Droit, Médecine, Théologie et Philosophie. La philosophie comprenait la littérature et les sciences naturelles. Une cinquième faculté fut créée plus tardivement, celle des Sciences politiques et administratives, mais elle n'octroyait pas de grade. Les professeurs des facultés formaient le . Ils élisaient tous les ans leur recteur. Les étudiants avaient le droit d'être jugés par ce Sénat. Tel était le fondement de la liberté, dans la Civitas universitatis. L'étudiant était inviolable à la police. Il ne pouvait être, même pour crime, livré aux tribunaux qu'après une décision du Sénat académique. Devant le Sénat, la parole de l'étudiant faisait foi, sans autre preuve ni témoignage.
Les plus célèbres universités allemandes sont celles de Halle, de Leipzig, de Iéna, de Munich et de Bonn. Elles ont travaillé à l'œuvre d'unification nationale. Le général prussien Scharnhorst déclara : « La maison des Hohenzollern a pour garde d'honneur l'université de Berlin. ».
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