Paléologue (grec : ), né le à Didymotique, et mort à Constantinople le , est un empereur byzantin qui règne de juin 1341 à août 1376, puis de juillet 1379 à avril 1390 et enfin de à , fils d' et de Jeanne de Savoie.
Biographie
thumb|left|Portrait de Paléologue sur un manuscrit byzantin du .
Guerre civile avec Cantacuzène
Il voit sa minorité troublée par le conflit entre sa mère Jeanne de Savoie, associée au mégaduc Alexis Apokaukos, et , qui se proclame empereur à Didymotique en octobre 1341, quatre mois après la mort d'. Après cinq ans et demi de guerre civile, entre dans Constantinople en février 1347 et écarte Jeanne de Savoie du pouvoir. Le fils du basileus étant mineur, une querelle pour la régence éclate entre qui veut gouverner et l’impératrice qui est la mère du futur .
Pendant ce temps, l'Empire s'affaiblit par les attaques du tsar serbe , l'insolence des Génois et l'établissement des Turcs à Gallipoli, tête de pont pour leur passage en Europe, en 1354.
En 1351, entre à nouveau en guerre civile contre . La défaite de en 1354, puis celle de Mathieu Cantacuzène en 1357, laisse seul empereur.
Déliquescence de l'Empire Homme d'État médiocre et prétentieux, il parvient réellement au pouvoir dans des circonstances extrêmement dramatiques (après une longue guerre civile, l'épidémie de la peste noire et une économie asphyxiée par la guerre civile et l'aristocratie byzantine), le privant de leviers pour relever l'Empire byzantin. En 1364, il entre en guerre avec le tsar bulgare Ivan Aleksandre Asen et s'empare de la ville d'Anchialos. L'année suivante, il remonte le Danube pour rencontrer le roi , sans aucun résultat : il est le premier empereur byzantin régnant à se rendre dans une cour étrangère ; l'empereur se retrouve bloqué de façon très humiliante à Vidin, le tsar bulgare refusant de le laisser passer au retour. Son fils aîné qui assurait la régence à Constantinople, et de surcroît époux de la fille du tsar bulgare, Marie Keratsa de Bulgarie, se garda bien d'intervenirDonald MacGillivray Nicol, Les Derniers Siècles de Byzance, éd. originale 1972, trad.fr. Les Belles Lettres 2005, rééd.Tallandier 2008 .
Jean reçoit le soutien de son cousin du côté maternel ; avec une petite flotte pendant l'été 1366, il reconquiert Gallipoli sur les Turcs, s'empare aussi du port bulgare de Messembrie, assiège Varna et oblige le tsar bulgare Ivan Aleksandre Asen à le libérer. Pour rembourser les frais du comte de Savoie, emprunte presque 42 500 hyperpérions, qu' s'engage à lui restituer s'il se rend à Rome et faire sa soumission au pape. L'empereur byzantin a récupéré deux ports importants (Gallipoli et Messembrie), mais le passage des Turcs en Europe n'est pas interrompu, et à une date incertaine entre 1361 et 1369, le sultan s'empare d'Andrinople ( de l'Empire) et en fait sa capitale.
En 1369, se rend à Rome (premier voyage d'un empereur byzantin en Italie depuis celui de en 663), confiant Constantinople à son fils aîné et Thessalonique à son deuxième fils . En octobre, il fait sa soumission personnelle au pape , et recueille en conséquence l'argent promis par . Au printemps 1370, il se rend de Rome à Venise ; il y négocie l'annulation de ses dettes et le versement de 50 000 hyperpérions contre la cession à la république de Venise de l'île de Ténédos. Mais à Constantinople, refuse de céder Ténédos aux Vénitiens, et est retenu prisonnier à Venise jusqu'à ce que son deuxième fils le rachète l'année suivante. L'empereur rentre à Constantinople en sans avoir rien obtenu en Occident. Pratiquement au même moment, en , les Turcs écrasent les Serbes à la bataille de la Maritsa et étendent considérablement leur domination dans les Balkans.
Guerre avec son fils
Tandis que son fils essaie tant bien que mal de résister à Thessalonique, préfère la voie de l'accommodement : en 1374, il accepte de se reconnaître vassal du sultan et de lui payer tribut. Cette politique entraîne une rupture complète avec son fils aîné Andronic qui, dès 1373, s'allie à un des fils de , Savci Bey, en rébellion lui aussi contre son père. et , alliés eux aussi, défont leurs fils révoltés ; le sultan fait crever les yeux du sien, qui meurt de ses blessures ; l'empereur applique le même traitement, mais moins rigoureusement, à et à son fils Jean (le futur ). Andronic en reste borgne, Jean a les yeux très abîmés, et les deux en garderont pour la vie une haine mortelle de leur père et grand-père.
déshérite donc et sa lignée, et désigne son deuxième fils comme héritier du trône. En 1376, il cède Ténédos à la république de Venise à peu près dans les termes de l'accord bloqué par six ans plus tôt ; mais ce traité avec les Vénitiens provoque une violente riposte des Génois installés dans le comptoir de Pera, près de Constantinople : ils aident à s'évader de prison, s'entendent avec et assiègent la capitale. et son deuxième fils sont capturés et emprisonnés, et Andronic devient l'empereur , qui doit récompenser ses alliés en cédant Ténédos à Gênes au lieu de Venise, et en rendant la place stratégique de Gallipoli à .
Mais la guerre est déclenchée avec Venise, qui s'empare de Ténédos. En 1379, et parviennent à s'évader et se rendent auprès de à Andrinople. renoue leur alliance en lui promettant Philadelphie, ville grecque rendue indépendante par l'isolement au milieu des territoires contrôlés par les Turcs. Avec l'aide du sultan et des Vénitiens, reprend Constantinople, tandis qu' se réfugie dans le comptoir génois de Pera en emmenant sa mère Hélène Cantacuzène et son grand-père maternel, (devenu le moine Joasaph).
En 1381, un traité est signé entre toutes les parties : Venise et Gênes font la paix et se retirent de Ténédos, qui devient un no man's land ; est rétabli comme héritier du trône et reçoit en apanage Sélymbrie ; retourne gouverner Thessalonique ; le troisième fils Théodore doit recevoir le Despotat de Morée après la mort de Manuel Cantacuzène et l'abdication de Mathieu Cantacuzène.
Vassal du sultan ottoman thumb|right|L’Empire byzantin en 1389, réduit à Constantinople et Thessalonique (en gris). La décennie 1380-1389 voit le sultan s'emparer de la plus grande partie des Balkans (chute de Thessalonique en 1387) sans aucune tentative de résistance de la part de . Au printemps 1390, , fils d', s'étant entendu avec et les Génois, s'empare de Constantinople, tandis que son grand-père se barricade dans une forteresse près de la Porte d'Or. Mais en septembre, , ayant rassemblé des troupes, parvient à le chasser et à restaurer . trouve refuge auprès du sultan ; celui-ci le renvoie dans son apanage de Sélymbrie, convoque pour qu'il participe à la prise de Philadelphie aux termes de l'accord de 1379 (la ville avait refusé de se rendre aux Turcs), et ordonne à , en menaçant sinon de faire aveugler , de démolir la citadelle près de la Porte d'Or (l'empereur s'exécute).
meurt en février 1391 de complications de sa goutte, au terme d'un long règne catastrophique pour l'Empire byzantin, durant lequel l'empereur romain d'Orient perdit notamment une grande partie du prestige qu'il conservait auprès des peuples étrangers, devenant un roitelet vassal des Ottomans.
Ascendance
Famille et descendance Marié en 1347 avec Hélène Cantacuzène (1333-1396), fille de et d'Irène Asanina, il eut : (1348–1385) ; Irène (1349–1363), mariée à Halil de Bithynie (mort en 1362), un cousin turc ; (1350–1425) ; , despote de Morée (1351–1407) ; Michel ; Marie ; fille anonyme, épouse ?
Fils illégitime : Manuel.
Notes et références
Annexes Bibliographie Louis Bréhier, Vie et mort de Byzance, Albin Michel, L'évolution de l'humanité, Paris, 1946,. R.-J. Loenertz, « Paléologue à Venise (1370-1371) », Revue des Études Byzantines 16, 1958, p. 217-232.
Articles connexes Empire byzantin sous les Paléologue Guerre civile de Byzance (1352-1357) Guerre civile de Byzance (1373-1381)
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