Louis-François de Boufflers, duc de Boufflers, né le à Crillon (Oise) et mort le à Fontainebleau, est un militaire français. Il est élevé à la dignité de maréchal de France en 1693, puis fait duc en 1695 et reçu pair de France en 1709.

Biographie Origines et jeunesse Louis-François de Boufflers est issu de la famille de Boufflers, une famille noble de Picardie dont l'origine remonte au . Formé à l'école des Condé et des Turenne, il se distingue en tant que colonel général des dragons durant la guerre de Hollande (1672-1678).

Il se marie avec Catherine Charlotte de GramontNe pas confondre avec Catherine Charlotte de Gramont (1639-1678), princesse de Monaco et fille du duc Antoine III de Gramont (1669 - 1739), fille d'Antoine-Charles de Gramont, duc de Gramont, et de Marie Charlotte de Castelnau. tous deux ont plusieurs enfants, parmi lesquels Joseph Marie de Boufflers ; Charlotte-Julie de Boufflers, abbesse d'Avenay.

Carrière militaire Il est gouverneur militaire de la province de Trois-Évêchés. En , il vient à Metz mettre de l’ordre. Il rend public le jardin Boufflers.

Guerre de la Ligue d'Augsbourg

Il prend la forteresse de Mayence le , malgré les nouvelles fortifications érigées par l’archevêque et prince-électeur Anselm Franz von IngelheimCf. Börckel.. Il contribue en 1690 à la victoire de Fleurus. En 1692, il succède au duc de La Feuillade à la tête des Gardes-Françaises.. Il prend Furnes en 1693. Il est nommé maréchal de France en 1693 et son comté de Caigny, près de Beauvais, est érigé en duché en 1694, année durant laquelle il obtiendra le gouvernement de Lille et la Flandre, suite à la mort du Maréchal d'Humières.

En 1695, il est chargé de la défense de Namur assiégée par Guillaume d'Orange. Les Français, retranchés dans la citadelle fortifiée par Vauban, se rendent aux assiégeants le après deux mois de combats et de lourdes pertes de part et d'autre.

Guerre de Succession d'Espagne

Il commande l'armée des Flandres en 1702. Durant la guerre de Succession d'Espagne, il commande l'armée française aux Pays-Bas espagnols. Il vainc les Hollandais à la , durant la guerre de Succession d'Espagne mais est repoussé ensuite par le duc de Marlborough. En 1704, il commande les Gardes du corps du roi. Dans les circonstances difficiles qui suivent la déroute d'Audenarde, il défend Lille en 1708 contre le prince Eugène de Savoie et dirige d'une main de maître la retraite qui conclut la sanglante bataille de Malplaquet en 1709 en remplacement du maréchal de Villars, blessé au combat.

Le retour du maréchal de Boufflers à la cour de Versailles à la suite de la chute de Lille (automne 1708) a fourni au duc de Saint Simon la matière d'un parallèle cinglant entre le duc de Vendôme, toujours imbu de lui-même après la défaite d'Audenarde qu'il avait subie malgré une supériorité numérique et une avance considérable sur l'ennemi, et les excuses du maréchal de Boufflers au roi, alors qu'il venait de soutenir un siège désespéré pendant plusieurs mois et s'était retiré avec les honneurs..

Il est inhumé le dans l'église Saint-Paul de Paris, où sa sépulture n'est plus visible. Son cénotaphe, attribué à François Girardon (profané en 1794, il contenait son cœur) se situe dans l'église de Crillon (Oise) .

Le , le père de La Rue, jésuite, prononça son oraison funèbre dans l'église des Minimes de la place Royale, à Paris.

Anecdote Pendant le siège de Lille un paertisan lui a fait sentir qu'il pourrait tuer facilement le prince Eugène. Boufflers lui répondit "Votre fortune est sûr, si vous pouvez le prendre prisonnier: Mais vous serez puni avec la plus grande sévérité, si vous attentez à ses jours; et si vous en eussiez en la pensée, je vous ferois enfermer pour le reste de votre vie".

Distinction

Chevalier de l'Ordre du Saint-Esprit (1692)

Iconographie Un premier portrait de Louis François de Boufflers, avant qu'il ne soit nommé maréchal, est réalisé par le graveur Nicolas Arnoult vers 1692 le représentant une lance à la main.

Le portrait du maréchal de Boufflers a été peint par Hyacinthe Rigaud en 1694 contre : « Monsr le maréchal de Boufflers [Bouflers] », .. Selon Joseph Roman, l’original était en possession de Victor Brinquant à Paris en 1919 et se trouve désormais dans une collection privée en Haute-Loire.

L'effigie a été gravée par Claude Duflos dans un ovale, en buste à droite avec la lettre suivante : LUDOVICUS FRANCISCUS DUX DE BOUFFLERS GALLIAE MARESCALLUS. Sur le plat du socle, à droite : C. Duflos sculp. Plusieurs autres gravures existent dont une de Simon Thomassin en 1701. Certains exemplaires portent la date de 1707.

Le portrait que fit Rigaud du duc, qui précède d’ailleurs de peu celui du comte de Thieux J. Roman, 1919, (celui-ci simplement estimé à ) et dont la gravure de Duflos ne nous donnait qu’une idée tronquée (port de tête, bras tendu vers l’extérieur, armure…) nous a été révélé il y a peu par la réplique de l’atelier de Rigaud que nous avons retrouvée. De grande taille (ce qui explique les 500 livres), elle reproduit une posture que l’on retrouve avec variantes dans le portrait du marquis de FlamarensPaiement inscrit aux livres de comptes en 1695 pour . Roman, 1919, . et dans celui de Marc de Beauvau-CraonPaiement inscrit aux livres de comptes en 1711 pour . Roman, 1919, . : dans un intérieur, pris aux genoux, tenant un bâton de commandement posé sur une table où un casque trône. À droite, un drapé apparaît. C’est sans doute à l’occasion de sa nomination comme maréchal de France que le duc sollicite le peintre. La gravure de Duflos semble pouvoir être datée de 1703, date à laquelle Boufflers est fait chevalier de la toison d’or espagnole car la distinction est absente de la toile. Malgré la présence du cordon bleu de l’ordre du Saint-Esprit sur la toile, il semble qu’il faille attribuer cette distinction à son fils, Joseph-Marie, qui l’obtint le . Ce rajout évident est donc probablement une erreur. Boufflers profite d’ailleurs de son passage chez Rigaud pour lui commander ( en 1698) une copie du portrait de Louis XIV en pied (dans sa version de 1694 et une en buste valant . En 1701, Boufflers offre à nouveau à Rigaud pour un portrait de Philippe V d'Espagne qui lui avait obtenu le collier de l'Ordre de la Toison d'or.

Un portrait à l'huile sur toile du maréchal de Boufflers, de , présenté comme « …une reprise du portrait (…) par Rigaud, aujourd'hui perdu… » est passé en vente publique à Drouot le , par le ministère de l'étude Collin du Bocage (expert René Millet).

Une tapisserie (hauteur : - largeur : ), tissée à la manufacture de Beauvais à partir de 1708, et signée Philippe Béhagle fils, représente toutes les distinctions du maréchal de Boufflers. Elle est aujourd’hui la propriété du musée Gramont de Bayonne.

Armoiries

Figure BlasonnementD'argent, à trois molettes de gueules, 2 et 1, acc. de neuf croix recroisettées du mêmewww.euradlic.comwww.heraldique-europeenne.org/Armoriaux/Saint_Esprit/1688.htm#418.

En , Louis XIV autorise le maréchal de Boufflers à porter sur l’écusson de ses armes les étendards de colonel général des dragons et les drapeaux de colonel des gardes françaises.

Notes et références

Annexes

Bibliographie . Edmond Lecomte, Le Maréchal-duc de Boufflers et sa famille - Le Duché-pairie de Boufflers - Etude historique, 1892, Amiens, T. Jeunet, 109 pages ; . .

Articles connexes Famille de Boufflers Liste des seigneurs, comtes et ducs de Gramont

Liens externes

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