Les houillères de Vy-lès-Lure sont un site d'extraction minière de l'Est de la France, en Haute-Saône, au hameau de la Grange du Vau situé entre les communes de Vy-lès-Lure et de Mollans. Elles ont connu deux périodes d'activité, la première entre 1826 et 1905 avec l'accord d'une concession en 1842, la seconde dans les années 1940 par le Bureau de recherches géologiques et géophysiques (BRGG). Sa houille keupérienne a servi principalement au fonctionnement des chaudières utilisées dans la concentration de la saumure des salines locales, en particulier celle de Gouhenans, propriétaire de la concession de Vy-lès-Lure entre 1879 et 1925.
Des vestiges de cette activité (entrées de mines, terrils et une cité minière) subsistent au début du .
Situation vignette|gauche|upright=1.8|alt=Carte des contours des concessions.|Les différentes concessions de Haute-Saône pour l’exploitation du bassin keupérien.
La concession possède une superficie de principalement répartie sur les communes de Vy-lès-Lure et de Mollans mais qui englobe aussi Amblans et Genevreuille. L'exploitation se fait à la limite entre Vy-lès-Lure et Mollans, au hameau de la Grange du Vau situé à à l'est de Vesoul, dans le département de la Haute-Saône en région française de Bourgogne-Franche-Comté..
Géologie vignette|upright=1.5|alt=Schémas montrant comment l’évaporation d'une lagune a permis des dépôts de bancs de sels et de débris végétaux avant que ceux-ci ne soient recouverts par les sédiments.|La formation du gisement de sel et de charbon du Keuper en Franche-Comté.
Le gisement de houille exploité fait partie du bassin houiller keupérien de Haute-Saône. Il est formé par une couche stratiforme datant du Trias supérieur. Le terrain houiller est caractérisé par un schiste argileux et une marne noire. L'épaisseur de la couche varie entre et et sa profondeur va de à . Le pendage de la couche est de 8 % vers le sud.
Le charbon se compose de % de cendre, % d'humidité, % de matières volatiles et % de carbone.. La houille est de type tendre et le coke qui en est dérivé est d'aspect métallique..
Histoire Découverte Des travaux de recherche sont entrepris par deux groupes d'entrepreneurs différents vers 1826 sur des affleurements distants de l'un de l'autre. Le , les associés Ferrier de Luxeuil et Klengk de Vy-lès-Lure émettent une demande de concession qui reste sans suiteDRIR, Houillères de Vy-lès-Lure, dossiers 1 et 2..
En 1839, un puits de de profondeur est foncé par messieurs Ghautier et compagnie sur la commune de Mollans, à au sud-ouest de la Grange du Vau. Il révèle des couches de houille de de puissance entrecoupées de d'argile, permettant la demande d'une concession. La même année, ils sont autorisés à commercialiser le charbon issu des travaux de recherche mais pas à entrer en phase d’exploitation.
Cette compagnie et sa concurrente ont également creusé quatre autres puits précédemment. En , un puits de de profondeur (dont de puisard) rencontre une couche dont l'épaisseur varie de 66 à , à de fond. Ce puits possède une galerie de de long entrecoupée par cinq autres. Un autre puits mesure de profondeur, rencontre le charbon à et possède une galerie de de long. Le , un autre puits creusé jusqu'à rencontre trois couches de 5, 16 et . Il est abandonné au mois de juin suivant. Enfin, un puits nommé Conrad, creusé par un autre groupe, s'est éboulé au bout de .
Concession thumb|left|upright=1.2|alt=Un groupe de trois anciennes maisons dont deux rénovées.|Une ancienne cité minière à proximité du puits de la Driole. thumb|alt=Un plan de trois voies ferrées.|Plan du projet de voie ferrée entre les houillères de Vy-lès-Lure et la saline de Gouhenans (annulé et remplacé par une liaison avec la gare de Magny-Vernois).
La concession est accordée le à messieurs Favre, Conrod, Sallot et Didier, mais aucune exploitation n'a lieu avant 1853. pour cause de faillite de la société Ghautier. La société Sallot reprend un puits rectangulaire de de profondeur (section de sur ) donnant accès à une galerie boisée carrée de de long coupée par une autre de . La couche est épaisse de . Monsieur Ghautier réclame d'indemnité pour les travaux déjà réalisés, mais monsieur Sallot lui en propose 460. Le , la concession est cédée à messieurs Tissot et CouvreuxDRIR, Houillères de Vy-lès-Lure, dossier 3.. Elle est ensuite revendue en 1856 à monsieur de Grimaldi.
De 1856 à 1860, le charbon est extrait par les puits Sallot et Gauthier ainsi que par la galerie Saint-Jean. En 1856, de houille sont extraites. De 1896 à 1906, les puits de la Driole, de la Misère et la galerie Sainte-Barbe sont les charbonnages actifs. Entre 1854 et 1902, dix-huit puits de moins de et douze sondages entre 10 et rencontrent la houille. En 1858, les 4/ de la production sont utilisés par la saline de Mélecey pour y faire évaporer la saumure. Les quatre concessions de Vy-lès-Lure, Gouhenans, Athesans et Saulnot sont réunies par un décret présidentiel du pour exploiter la houille..
En , les de la mine dont se mettent en grève en raison d'une réforme des salaires. Le , la construction d'une voie ferrée à voie étroite de entre les houillères et la gare de Magny-Vernois par la Société des salines, houillères et fabriques de produits chimiques de Gouhenans est déclarée d'utilité publique. Jusque-là, le charbon utilisé par la saline est transporté par voiture jusqu'à cette gare.DRIR, Houillères de Vy-lès-Lure, dossier 4 et 5.. Cette voie de est terminée en 1901, date à laquelle la production annuelle est passée à contre l'année précédente avec un personnel de dont 84 au fond de la mineProcès-verbal de visite de mine du .. En 1904, le quartier de la Driole arrive à épuisement et la production chute à contre l'année précédente. Les effectifs sont également en baisse et passent ainsi de à une cinquantaine. Le salaire quotidien varie de 2 à pour les adultes et de à pour les galibots. Sur la production de 1904, sont commercialisées (principalement aux salines jurassiennes) tandis que le reste est mélangé avec deux tiers de houille d'Anzin ou de Bruay pour alimenter les fours de la saline de GouhenansProcès-verbal de visite de mine du .. En 1905, sont produites et entièrement consommées par la saline avant l'abandon des travaux de Vy-lès-Lure, au profit d'une relance de ceux de Gouhenans et Saulnot. Cette décision est prise par les dirigeants en raison de la mauvaise qualité du charbon, du coût de son transport et des recherches infructueuses de nouvelles zones exploitables. travaillent alors à Vy-lès-LureProcès-verbal de visite de mine du ..
En 1923, monsieur Gaillard, le représentant de la Société minière et industrielle de Gouhenans, fait une demande de renonciation de concession. Cette renonciation est décrétée le .
Relance vignette|upright=0.85|alt=plaque commémorative gravée.|Plaque des mineurs des houillères de la Granges-du-Vau morts pour la France pendant la Seconde Guerre mondiale.
Pour faire face aux pénuries dues à l'Occupation, de nouvelles recherches sont lancées par le Bureau de recherches géologiques et géophysiques (BRGG), entre 1942 et 1943 ; comme dans d'autres petits bassins qui échappent au contingentement de l'occupant.. Quarante-cinq sondages de reconnaissance et une descenderie d'extraction sont creusés pendant cette période. Celle-ci est creusée à de la lisière du bois de la Driole avec une pente de 30° et rencontre la houille à de profondeur, au sud-est de la faille Saint-Jean. L'exploitation dure de 1942 à 1944 pour alimenter la saline de Gouhenans. La concession de Gémonval est également relancée mais pas celle de Corcelles. Le combustible, présent sur d'épaisseur, est exploité par des travers-bancs de 10 à de long situés de part et d'autre de la galerie principale jusqu'à de fond. En 1942, la production atteint une moyenne de par jour (soit par ouvrier) et pour l'année complète. La houille est chargée dans des camions avant d'être utilisée dans les chaudières de la saline. De à , sont extraites avec une cadence qui baisse à par jour..
Après-mine En 1998, le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) réalise une étude sur les vestiges miniers dans le cadre de l'. Celle-ci a pour but de déterminer si des travaux de mise en sécurité ou de dépollution sont nécessaires. ; ce ne sera finalement pas le cas.. Des vestiges subsistent et sont répertoriés par le rapport..
Travaux Puits de mine + Liste des puits. Fonçage Nom Profondeur Épaisseur de la couche Vestiges Localisation Dès 1837 anciens puits Bois en friche et trous dont l'un mesure de diamètre et de profondeur. 1854 puits Ghautier Un trou obstrué par des branchages et un terril plat. 1900 puits de la Misère 1902 puits de la Driole Un terril étroit et long. ? puits Gannot ? puits Sallot Un petit terril. ? puits Sainte-Barbe
Galeries + Liste des galeries Fonçage Nom Longueur Vestiges Localisation 1857–1860 galerie Saint-Jean 1898 galerie Sainte-Barbe > Deux terrils. 1942 descenderie Un terril de mesurant ,un mur de pierre de et une tranchéede de long et de profondeur à l'entrée.
Sondages + Liste des sondages Date Numéro Profondeur Épaisseur de la couche 1857 1 1857 2 1857 3 1858 4 1858 5 1860 6 1860 7 1903 8 1903 9 1903 10 1903 11 1903 12 négatif 1942 13 1942 14 1942 15 1942 16 traces 1942 17 1942 18 1942 19 traces 1942 20 1942 21 1942 22 1942 23 1942 24 1942 25 1942 26 1942 27 1942 28 1943 29 1943 30 traces 1943-1944 31 à 45 ? ?
Notes et références
Voir aussi
Articles connexes Vy-lès-Lure Mollans Bassin houiller keupérien de Haute-Saône Mines de charbon de France
Bibliographie
Catégorie:Bassin houiller keupérien de Haute-Saône Catégorie:Entreprise charbonnière ayant son siège en France