Cette page présente la chronologie des événements qui se sont produits durant l'année 2018 dans le domaine de l'astronautique.
Principaux événements de l'année 2018 Exploration du système solaire vignette|La sonde spatiale de la NASA InSight doit se poser sur Mars pour étudier la structure interne de la planète. vignette|Décollage du lanceur lourd Falcon Heavy pour son vol inaugural (6 février 2018). vignette|Tests thermiques de l'observatoire solaire de la NASA Parker Solar Probe. Le bouclier thermique est situé dans la partie supérieure de la photo. vignette|L'astéroïde Bénou photographiée par la sonde spatiale OSIRIS-REx peu après son arrivée (10 décembre).
L'année 2018 est particulièrement riche en nouvelles missions d'exploration du système solaire : Mars : en 2018 s'ouvre une fenêtre de lancement vers cette planète. La NASA la met à profit pour lancer en mars la sonde spatiale InSight le . Cet atterrisseur se pose le sur Mars et doit utiliser ses instruments pour analyser la structure interne de la planète. Soleil : l'observatoire solaire Parker Solar Probe de la NASA est lancé le pour effectuer des observations à une distance très réduite de l'astre. La sonde survole Vénus le et fait son premier passage rapproché du Soleil le . Mercure : la sonde spatiale BepiColombo développée conjointement par l'Agence spatiale européenne et de la JAXA est lancée le vers Mercure autour de laquelle elle se mettra en orbite en 2026. Lune : la Chine lance deux engins vers la Lune : le relais de télécommunications Queqiao a été lancé le et s'est placé au du système Terre-Lune pour servir de relais au rover Chang'e 4, lancé le , qui doit être déposé sur la face cachée de la Lune (ce qui constituerait une première dans l'histoire de l'exploration de cet astre).
Début 2018, 18 sondes spatiales explorent le système solaire :
Deux engins spatiaux poursuivent leur étude de la Lune en 2018 : L'orbiteur américain Lunar Reconnaissance Orbiter dispose de suffisamment d'ergols pour poursuivre sa mission durant plusieurs années. l’atterrisseur Chang'e 3 devrait continuer de fonctionner. Par contre le statut du rover Yutu associé n'est pas connu. Pour Vénus, la sonde spatiale japonaise Akatsuki poursuit son recueil des données sur l'atmosphère de cette planète. Pour Mars : La sonde européenne ExoMars Trace Gas Orbiter achève vers juin-juillet ses manœuvres d'aérofreinage destinées à transformer son orbite haute très elliptique initiale en une orbite basse circulaire de . À l'issue de cette phase elle commence le recueil des données scientifiques. L'orbiteur Mars Odyssey, le satellite le plus ancien de la "flotte" martienne, poursuit son étude de surface de la planète et est le principal relais des données envoyées par le rover Opportunity. L'orbiteur MRO s'intéresse principalement aux variations saisonnières de l'atmosphère et de la surface de Mars. MAVEN poursuit sa deuxième année martienne (=2 années terrestres) d'étude de l'atmosphère martienne et joue un rôle croissant dans la retransmission vers la Terre des données collectées par les rovers au sol. Mars Express qui en est à son sixième prolongement de mission mène une étude de l'atmosphère de Mars conjointement avec MAVEN en réalisant simultanément des occultations radio. L'orbiteur indien Mars Orbiter Mission poursuit son étude de Mars. Il s'agit toutefois plus d'un démonstrateur technologique que d'une mission scientifique et un deuxième orbiteur mieux équipé devrait le rejoindre en 2018. Le rover Opportunity poursuit son exploration du cratère Endeavour, mais une tempête de poussière qui bloque le rayonnement solaire entraîne la perte du contact avec le rover le . Fin 2018 les chances que le rover se réveillent restent très minces. Le rover Curiosity poursuit son ascension du mont Sharp. Les forages ont repris après une longue coupure. Pour les astéroïdes : Dawn poursuit sa mission autour de l'astéroïde (1) Cérès. Sa mission s'achève le après épuisement de ses ergols. La mission américaine de retour d'échantillon d’astéroïde OSIRIS-REx atteint (101955) Bénou en novembre. La mission japonaise de retour d'échantillon d’astéroïde Hayabusa 2 se place en orbite autour de Ryugu en juillet. Le , l'atterrisseur MASCOT se pose sur Ryugu. Pour les planètes externes : Juno poursuit sa mission en orbite autour de Jupiter. New Horizons survole le transneptunien (486958) Arrokoth le . Les sondes Voyager 1 et Voyager 2 continuent à s'éloigner du Soleil. Début 2018 elles sont respectivement à plus de et unités astronomiques du Soleil.
Satellites scientifiques Plusieurs satellites scientifiques dont quatre télescopes spatiaux sont placés en orbite en 2018.
ADM-Aeolus : satellite destiné à l'étude de l'atmosphère terrestre de l'Agence spatiale européenne (ESA). CSES : satellite chinois consacrée à l'étude de l'ionosphère. TESS : télescope de la NASA destiné à la caractérisation des exoplanètes. GOLD : instrument de la NASA permettant d'étudier les couches supérieures de l'atmosphère installé à bord d'un satellite de télécommunications commercial SES-14 lancé en .
Le télescope spatial Kepler achève sa mission le à la suite de l'épuisement de ses ergols après avoir détecté plus de exoplanètes (découvertes confirmées) en un peu plus de 8 ans d'observation.
Missions spatiales habitées vignette|Le lanceur lourd Falcon Heavy a effectué son premier vol le 6 février 2018, à 20h45 UTC.
L'équipage permanent de la station spatiale a été réduit de 6 à 5 personnes à la suite de la décision de la Russie de faire passer le nombre de cosmonautes de 3 à 2.
Lanceurs
En 2018 il y a eu 114 lancements ce qui constitue une progression particulièrement forte par rapport à 2017 (90 lancements). Il faut remonter à 1990 pour retrouver un chiffre aussi élevé. Cette forte progression est pratiquement due uniquement à l'activité spatiale chinoise qui passe de 18 à 39 lancements (+21). Les États-Unis progressent légèrement (31 lancements contre 29) avec une légère progression des lanceurs de SpaceX (21 vols contre 18). La Russie réalise le même nombre de lancements que l'année précédente (20) mais le lanceur Proton perd encore des parts de marchés avec seulement 2 vols contre 4 l'année précédente. Malgré le nombre particulièrement élevé de lancements, les échecs ont été peu nombreux : 2 échecs totaux (Soyouz et le nouveau micro-lanceur chinois Zhuque-1) et un échec partiel. Le plus spectaculaire a été celui du lanceur Soyouz dont la charge utile était constituée par le vaisseau Soyouz MS-10 dont l'équipage a pu en échapper à une issue fatale. Cet incident, le premier affectant un lancement russe avec équipage depuis de nombreuses décennies, met une fois de plus en évidence les défaillances de l'industrie aérospatiale russe. Le lanceur Ariane 5 a connu un échec partiel (sous performance du lanceur) qui a pu être compensé par les satellites (utilisation de leur propre propulsion pour atteindre l'orbite visée) au prix d'un raccourcissement de leur durée de vie.
Deux lanceurs effectuent leur premier vol en 2018 :
Le lanceur lourd Falcon Heavy a effectué son premier vol le , envoyant une Tesla Roadster en orbite héliocentrique vers l'orbite de Mars. Le micro-lanceur chinois Zhuque-1 (300 kg en orbite basse) effectue un premier vol inaugural le qui est un échec (défaillance du système de contrôle d'attitude du étage).
Deux micro-lanceurs qui avaient chacun effectué un vol inaugural infructueux en 2017 refont une tentative réussie en 2018 : Le micro-lanceur Electron néo-zélandais de la société Rocket Lab effectue un premier vol réussi le puis réalise deux autres vols également réussis au cours de l'année. le lanceur japonais SS-520, dérivé d'une fusée-sonde parvient à placer en orbite sa charge utile le .
Vols suborbitaux
Le , l'avion spatial suborbital VSS Unity effectue son premier vol de test propulsé. Le , piloté par Mark Stucky (devenant le humain à voler au-dessus de 80 km) et Rick Sturckow, il réalise son premier vol suborbital et atteint 82,7 km d'altitude a Mach 2,9..
Programme spatial américain
La NASA, qui bénéficie d'une embellie budgétaire, a été très active en 2018 avec le lancement de l'observatoire spatial solaire Parker Solar Probe et celui de la sonde spatiale InSight qui s'est posé sur le sol martien à la fin de l'année. Le rover Curiosity qui étudie le cratère Gale sur cette planète semble avoir surmonté les problèmes qui touchaient son système de prélèvement d'échantillons du sol. Par contre les contrôleurs au sol du Jet Propulsion Laboratory sont sans nouvelle du rover Opportunity silencieux depuis la tempête de poussière qui a affecté toute la planète. La sonde spatiale Dawn, qui a démontré brillamment les capacités de la propulsion ionique et a étudié en profondeurs les deux principaux astéroïdes (Vesta et Cérès) a mis fin à sa mission après avoir épuisé les ergols qu'il utilisait pour contrôler son orientation. Un deuxième engin tout aussi emblématique, le télescope Kepler, qui a permis la découverte de plus de 2600 exoplanètes, a également achevé sa mission pour les mêmes raisons. La NASA a lancé deux missions scientifiques : TESS un petit télescope spatial destiné à détecter les planètes telluriques tournant autour d'étoiles proches et l'instrument GOLD installé à bord d'un satellite commercial. SpaceX poursuit ses succès commerciaux avec le lanceur Falcon 9 tirés à 20 reprises en utilisant à plusieurs reprises des étages ayant déjà volé. Le lanceur lourd Falcon Heavy a effectué son vol inaugural avec succès. Le cahier des charges du lanceur super lourd BFR a continué d'évoluer ainsi que les spécifications du moteur Raptor qui doit le propulser. Le lanceur Delta II a effectué son dernier vol en 2018. Le premier vol des deux vaisseaux américains chargés d'effectuer la relève des équipages de la Station spatiale internationale - le Dragon-2 de SpaceX et le CST-100 de Boeing - qui devait avoir lieu en 2018 a été repoussé en 2019.
Programme spatial européen
L'Agence spatiale européenne (ESA) a lancé avec succès la sonde spatiale BepiColombo qui doit se placer en orbite autour de Mercure. L'ESA a également lancé un satellite scientifique d'observation de la Terre ADM-Aeolus, un micro satellite expérimental RemoveDebris chargé de mettre au point des techniques d'élimination des débris spatiaux. L'ESA continue de mettre en place son programme Sentinel (recueil systématique de différentes données sur la surface et l'atmosphère terrestres) avec le lancement de Sentinel-3-B ainsi que le Système de positionnement par satellites Galileo avec la mise en orbite de 4 satellites. L'agence spatiale a placé en orbite la deuxième composante (hébergée par un satellite commercial) de son réseau de télécommunications EDRS chargé de jouer le rôle de relais entre les satellites en orbite basse et les stations terriennes (équivalent du TDRS américain). Le dernier satellite météorologique de la série MetOp a été placé sur une orbite polaire pour le compte de l'organisation européenne Eumetsat. Le développement du nouveau lanceur Ariane 6 se poursuit selon le calendrier prévu ainsi la construction de son pas de tir à Kourou.
Programme spatial chinois
La Chine a largement battu son record de lancements mais tous ont été effectués avec l'ancienne génération des fusées à ergols hypergoliques (Longue Marche 2, 3 et 4). Il n'y a eu aucun vol lié au programme spatial habité. La majorité des engins spatiaux lancés sont des satellites d'observation de la Terre à usage civil ou militaires (sans doute 8 lancements d'engins militaires). Par ailleurs 8 satellites Beidou-M (Système de positionnement par satellites) ont été placés en orbite en 2018. Enfin la Chine a lancé deux missions liées à l'exploration de la Lune (Chang'e 3 et Queqiao) et une mission scientifique (CSES) développée en coopération avec d'autres pays.
Programme spatial russe