La guerre de Gaza de 2014 est un conflit armé se déroulant durant les mois de juillet et d', opposant l'État d'Israël à diverses factions armées palestiniennes dont le Hamas et le Jihad islamique.
Bien qu'ayant de multiples causes, tant économiques que politiques, ces combats sont une conséquence directe de plusieurs événements s'étant déroulés au mois de dont le meurtre de trois adolescents israéliens en juin 2014 en Cisjordanie, suivi de l'arrestation en Cisjordanie d'environ 800 Palestiniens et du meurtre de neuf autres par l'armée israélienne. En réaction à ces événements, le Hamas et d'autres factions armées tirent des roquettes depuis Gaza en direction du territoire israélien. L'État d'Israël lance le , l« L’offensive israélienne à Gaza », Le Monde, 8 juillet 2014. (en , Mivtza' Tzuk Eitan, littéralement « »), offensive militaire de l'armée israélienne dans la bande de Gaza.
L'armée israélienne tue 2 251 Palestiniens, dont 551 enfants, tandis que 67 soldats et 6 civils israéliens sont tués par les organisations armées palestiniennes. Sur le plan matériel, les destructions à Gaza sont évaluées à plus de 6 milliards de dollars. Plus de 200 écoles et bâtiments publics, un tiers des hôpitaux, 350 sites industriels, une grande partie des infrastructures routières et plus de 18 000 logements sont détruits.
De même nature que la guerre de Gaza de 2008-2009, elle se caractérise par des tirs de roquettes depuis la bande de Gaza vers Israël et par des raids et bombardements aériens suivis d'une offensive terrestre lancée le . L'objectif déclaré de l'armée israélienne est de mettre fin aux tirs de roquettes du Hamas depuis la bande de Gaza. L'objectif des groupes paramilitaires palestiniens est de faire lever le blocus de la bande de Gaza et à terme l'indépendance de la PalestineHamas, Jihad and Popular Legitimacy: Reinterpreting Resistance in Palestine Tristan Dunning, 2016. Il s'agit de la troisième guerre menée contre la bande de Gaza en moins de six ans, après la guerre de 2008-2009 (nommée par Israël, qui fait 1 400 morts côté palestinien, principalement des civils, et 13 morts côté israélien) et la guerre de 2012 (nommée par Israël, qui fait 177 morts et plus de 1 200 blessés côté palestinien, et six morts côté israélien).
Contexte
Israël évacue en 2005 ses troupes et ses colonies de la bande de Gaza, après 38 ans d'occupation militaire (depuis 1967). Cependant, les zones tampons imposées par Israël couvrent près de 14 % du territoire total de Gaza et au moins 48 % de la totalité de la terre arable. L'espace aérien et les eaux territoriales de Gaza restent sous contrôle israélien.
Le Hamas remporte en 2006 les élections législatives palestiniennes, puis prend le contrôle de la bande de Gaza l'année suivante après un conflit avec le Fatah. La bande de Gaza est placée sous blocus israélien à partir de 2007. Ce siège a créé une « catastrophe humanitaire » dans la bande de Gaza en empêchant la population d’accéder normalement à l'eau potable, à l'électricité et aux soins médicaux.
Israël déclenche deux offensives militaires majeures contre le bande de Gaza : l' en 2008-2009 ( morts côté palestinien, dont 300 enfants, et 13 morts côté israélien), l' en 2012 (177 morts coté palestinien, dont 26 enfants, et 6 morts coté israélien).
Le , prenant acte de l’échec des négociations israélo-palestiniennes menées sous égide américaine, le président palestinien Mahmoud Abbas décide de demander auprès des Nations unies le rehaussement du statut de l’État de Palestine au sein de l’instance internationale et son intégration à la Cour pénale internationale (CPI) en tant que membre à part entière, ainsi que l’adoption d’une résolution qui déboucherait sur une mise en œuvre de la solution à deux États.
Le , le Fatah au pouvoir en Cisjordanie et le Hamas qui contrôle la bande de Gaza forment un gouvernement palestinien d'union nationale. Cette réconciliation est saluée par les États-Unis mais condamnée par Israël.
Chronologie
À la suite de l'enlèvement de trois adolescents israéliens près d'une colonie israélienne en Cisjordanie le , Israël lance le l' durant laquelle sont arrêtés en en Cisjordanie 800 Palestiniens sans inculpation ni procès, dont des députés et le président du parlement Abdel Aziz Doweik. Neuf palestiniens sont tués au cours de l'opération.
En réaction, le Hamas procède, pour la première fois depuis le cessez-le-feu de 2012, à des tirs de roquettes vers Israël. Au , plus de 200 ont été tirées. Ces tirs sont suivis par des représailles de l'aviation israélienne. Dans le même temps, six membres des Brigades Izz al-Din al-Qassam du Hamas sont tués par une explosion dans un tunnel qu'ils creusaient sous la frontière entre Israël et la bande de Gaza.
Pendant les dix jours de l' , Israël a arrêté environ 800 Palestiniens a tué 9 civils et a effectué des descentes dans presque 1300 immeubles résidentiels, commerciaux et publics. Son opération militaire visait notamment les membres du Hamas relâchés pendant les accords Schalit en 2011.
Le , les tirs de roquette et les raids aériens israéliens augmentent. Douze raids israéliens contre des installations palestiniennes sont conduits à la suite de nouveaux tirs de roquettes. Une jeune palestinienne est tuée. De plus, trois Palestiniens sont blessés par une explosion apparemment provoquée par un tir visant le sud d’Israël, mais qui a atteint la bande de Gaza.
Le , deux membres palestiniens du Comité de résistance populaire, qui a revendiqué des tirs de roquettes sur le sud d'Israël, sont tués et un troisième est blessé par une frappe aérienne israélienne alors qu'ils circulaient en voiture. Dans la matinée, quatre autres Palestiniens, dont un enfant de onze ans, sont blessés par des tirs israéliens près de la frontière entre Israël et la bande de Gaza.
La violence monte entre Palestiniens et Israéliens, principalement autour de la bande de Gaza. Le Hamas lance des centaines de roquettes (une dizaine le , 40 le , 80 le 7 et 146 le ) en direction d’Israël. Israël bombarde Gaza, effectuant plus de 200 raids et attaquant 750 cibles, causant majoritairement des pertes civiles selon les secours locaux.
Dans la nuit du au , un adolescent palestinien est brûlé vif par trois Israéliens à Jérusalem-Est.
L'opération débute le par une phase de bombardements aériens israéliens qui font plus de 240 morts, alors que le Hamas tire un millier de roquettes et faisant un mort israélien.
Le au soir, cette phase s'achève avec le rejet par le Hamas du cessez-le-feu proposé par les Égyptiens, l'échec de la tentative d'infiltration du Hamas en Israël par un tunnel et le début de l'offensive terrestre israélienne.
Une deuxième phase débute par une opération terrestre dans la bande de Gaza dont l'objectif est, selon le Premier ministre israélien, de « vise(r) à frapper les tunnels de la terreur allant de Gaza jusqu’en Israël ».
Le , l'Égypte, l'État de Palestine et Israël ont annoncé qu'un accord de cessez-le-feu permanent a été trouvé et entrait en vigueur le jour même à 16h GMT, ce dernier inclurait un arrêt immédiat des hostilités, l’ouverture des points de passages entre Gaza et Israël uniquement pour faire circuler l’aide humanitaire et d’urgence et l'extension de la zone de pêche Gazaouie, passant de 3 à 6 puis à 12 milles marins.
Fin , l'Égypte réunira les deux parties pour discuter entre autres de la levée du blocus de la bande de Gaza à proprement parler, de la construction d'un port dans la bande de Gaza et la réouverture de l'aéroport de gaza, de la libération de prisonniers palestiniens, de la remise des corps de soldats israéliens et de la démilitarisation de la bande de Gaza.
Le coordinateur de l'ONU pour le Proche-Orient, Robert Serry, annonce le un accord entre le gouvernement israélien et l'Autorité palestinienne sur la mise en place d'un « mécanisme provisoire » pour accélérer la reconstruction de Gaza. L'ONU assurera la surveillance du mécanisme afin de vérifier que les matériaux de construction acheminés dans la bande de Gaza restent à usage civil. Robert Serry a expliqué que cet accord tripartite « permettra des travaux d'une ampleur nécessaire dans la bande de Gaza, en impliquant le secteur privé et en donnant un rôle de direction dans les efforts de reconstruction à l'Autorité palestinienne » et qu'il s'agissait d « un pas important vers l'objectif d'une levée de toutes les restrictions » pesant sur la bande de Gaza. Aucun accord n'a été adopté concernant la libération des prisonniers palestiniens détenus en Israël, la restitution des restes et des biens des soldats israéliens tués à Gaza durant la guerre, la construction d’un port à Gaza et la réouverture de l’aéroport de Rafah, et le dégel des fonds qui permettraient de payer les fonctionnaires de Gaza.
Le , après une première séance de négociations indirecte entre israéliens et palestiniens organisée sous l'égide de l’Égypte, il a été annoncé que les négociations reprendront fin octobre en raison des fêtes religieuses juives et musulmanes. Fin octobre, ces négociations sont à nouveau reportées sine die à l'initiative de l'ÉgypteHaaretz: Palestinian militants from Gaza behind Sinai attacks, Egyptian official says, 26 octobre 2014.
Le , à la suite d'un tir de roquette venu de la bande de Gaza, l'aviation israélienne a mené un raid au sud de cette enclave, le premier depuis la fin de la guerre. Israël a affirmé avoir visé , aucun mort n'a été a déploré selon le ministère de la Santé à Gaza.. Conférence internationale des donateurs au Caire Les destructions causées à la bande de Gaza sont estimées à plus de 6 milliards de dollars. Plus de 18 000 logements ont été détruits ou rendus inhabitables, laissant environ 108 000 personnes sans abri. Les efforts de reconstruction sont entravés par le blocus israélo-égyptien. L'approvisionnement en ciment est ainsi soumis à de fortes contraintes.
Lors de la conférence internationale des donateurs pour la reconstruction de la bande de Gaza qui se tient après ce conflit, les 4 et au Caire en Égypte, les participants, une cinquantaine de pays et d'organisations internationales, s'engagent à financer cette reconstruction par une promesse de dons d'un montant global de 5,4 milliards de dollars. Cette somme est destinée au « peuple palestinien », dont la moitié pour la reconstruction de Gaza.
Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, souligne et déplore qu'« en 2009, la communauté internationale se soit déjà réunie » en Égypte pour la reconstruction de Gaza et qu'elle soit à nouveau réunie avec le même ordre du jour. « Le cycle construction-destructions se poursuit, il empire ». Le secrétaire d'État américain John Kerry demande un retour aux négociations entre Israéliens et Palestiniens soulignant qu'un « un cessez-le-feu, ce n'est pas la paix » et que les parties en conflit doivent faire des choix difficiles afin d'assurer une paix durableLa Nouvelle République : La reconstruction de Gaza sous condition de la paix .
Selon le mécanisme négocié avec Israël, les agences onusiennes doivent superviser l’utilisation des matériaux entrants pour garantir qu’ils ne seront pas détournés à des fins militaires. Elles sont supposées collecter et mettre à disposition d’Israël des informations sur les familles palestiniennes à prendre en charge en priorité, Israël pouvant exercer à cet égard un droit de veto (notamment pour soupçon d’appartenance au Hamas). Ce mécanisme ralenti considérablement la reconstruction de la bande de Gaza.
Opérations militaires Offensive militaire israélienne Bombardements aériens thumb|Une carte montrant la localisation des dégâts des missiles à Gaza
Selon le magazine Air Combat, de , l'armée de l'air israélienne a lancé des raids sur 4762 sites entre le et le et plus de 5800 missions au .
Le rapport de l'ONU fait état de 6 000 frappes aériennes israéliennes et de 50 000 obus tirés par l'artillerie et les chars sur la bande de Gaza.
Frappes sur des habitations