La bataille de l'Oued-el-Leben a lieu en - au nord de Fès. Elle oppose les forces de Hassan Pacha, beylerbey de la régence d'Alger, à celles de l'Empire chérifien où règne alors la dynastie des Saadiens.

Contexte Malgré les accords conclu au préalable entre la régence d'Alger et les Saadiens, ces derniers renouvelèrent leurs attaques et envahirent de nouveau la région de Tlemcen sous le commandement de Abdallah al-Ghalib. En réaction, le beylerbey d'Alger Hassan Pacha prépare une contre-offensive et marche avec ses troupes vers Tlemcen pour reprendre la ville. Face à l'avancée de cette armée, les forces saadiennes évacuent la cité avant l'arrivée des troupes d'Alger, incitant Hassan Pacha à les poursuivre en territoire marocain, ce qui mène au basculement du conflit et à l'affrontement de l'Oued-el-Leben.

Déroulement Une expédition ottomane est alors lancée contre le Maroc saadien pendant l', dirigée par Hassan Pacha, beylerbey d'Alger. Les deux armées se confrontent au nord de Fès, sur les bords de l'oued el-Leben (litt. ), un affluent du Sebou.

Dans une lettre, Abdallah el-Ghalib revendique la fuite des Ottomans vers les montagnes avoisinantes, où les Marocains les ont poursuivis le lendemain jusqu'à l'oued Luyma, et rapporte la mort de trois de leurs capitaines. Selon lui, les forces ottomanes se sont ensuite réfugiées dans une autre montagne où elles ont établi leur campement, et le , les Marocains les ont harcelées jusqu'à la nuit. Abdallah el-Ghalib affirme également que le , les Marocains ont continué à poursuivre les Ottomans dans les montagnes de l'Ouargha, en ont massacré une partie et se sont emparés de leurs bêtes de somme et de leurs chevaux, ne laissant que très peu de turcs à avoir pu traverser l'oued Ouargha. Il ajoute que le pacha d'Alger s'enfuit précipitamment avec une escorte de 2000 renégats. Selon l'historien marocain et chercheur au CNRS Nabil Mouline, le contingent ottoman a été décimé, et Hassan Pacha n'a survécu que grâce à la rapidité de son cheval, même si la première confrontation fut défavorable aux troupes saadiennes.

Selon d'autres sources, la victoire fut algérienne.

Issue et conséquences Au terme de la bataille Hassan Pacha établit son camp sur les hauteurs des collines environnantes. Les forces turco-algériennes sont cependant rapidement contraintes de se retirer, à l'annonce d'une probable attaque espagnole contre la Régence depuis Oran ainsi qu'à la suite de la défection du prince de Debdou, qui rallie le camp saadien lors du deuxième jour de la batailleP. Boyer, (lien), dans : Revue de l'Occident musulman et de la Méditerranée, vol.1 (1966), .. Hassan Pacha divise alors son armée en deux groupes ; certains goums battent en retraite par voie terrestre vers Tlemcen tandis que lui-même et les arquebusiers embarquent vers Alger depuis le port de Qassassa, près de Melilla, afin de se préparer à contrer les Espagnols qui ne tarderont pas à lancer une offensive contre Mostaganem en août-septembre de la même année.

La bataille de l'Oued-el-Leben revêt une grande importance pour le Maroc et la dynastie Saâdienne : la tentative d'invasion ottomane va créer une union sacrée autour du sultan, qui lui concèdera seize ans de répit.

Référencement Bibliographie

Notes et références

Annexes

Articles connexes Conflits algéro-chérifiens

Wadi al-Laban Wadi al-Laban Wadi al-Laban Oued-Leben