La politique étrangère de l'Arabie saoudite est caractérisé par une rééquilibrage de ses relations extérieures entre l'Occident, l'Asie et Moyen-Orient depuis le début du . Le royaume est membre des Nations-Unies, de la Ligue arabe, de l'Organisation de la coopération islamique, et du Conseil de coopération du Golfe, autant d'organisations internationales dans lesquelles Riyad a une grande influence diplomatique.

Chronologie des relations

Relations avec les autres pays du Moyen-Orient

Relations avec l'Irak L'Irak et l'Arabie saoudite sont séparés par une frontière de , les deux pays ayant précédemment fait partie de l'Empire ottoman jusqu'à son démantèlement après la Première Guerre mondiale.. Tous deux membres et cofondateurs de la Ligue arabe., de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole., et de l'Organisation de la coopération islamique..

Après la révolution irakienne de 1958, bien que n'ayant que peu d'affinités avec la monarchie pro-occidentale d'Arabie Saoudite, le gouvernement irakien cherche à trouver avec elle un modus vivendi régional et à la rassurer sur le fait qu'il n'a aucune intention de s'ingérer dans ses affaires, ni d'y exporter sa révolution.. En 1961 toutefois, l'Arabie saoudite, solidaire du Koweït l'autre monarchie pro-occidentale de la région, est l'un des principaux contributeurs à la force multinationale arabe déployée dans ce pays pour empêcher l'Irak de l'annexer.. vignette|Rencontre entre le roi saoudien Fayçal ben Abdelaziz Al Saoud et le Premier ministre irakien Abd al-Rahman al-Bazzaz en 1966. Une véritable détente entre l'Irak et l'Arabie saoudite s'instaure en 1975 après la signature d'un accord sur la délimitation des frontières, qui permet par ailleurs une détente des relations entre l'Irak et l'Iran, autre pilier de la stratégie américaine dans le Golfe. Les deux pays se rapprochent davantage à la suite de la révolution iranienne de 1979 qui déclenche une forte inquiétude en Arabie saoudite qui voit l'émergence d'une théocratie chiite dans un pays voisin. La famille royale saoudienne, souhaitant nouer contre l'Iran une alliance avec l'Irak, alors principale puissance militaire du Moyen-Orient, décide de recevoir Saddam Hussein en visite officielle durant l'été 1980, marquant la première visite d'un président irakien dans le royaume. Les deux pays s'accordent sur le fait qu'il est dans leur intérêt commun que l'Irak attaque l'Iran : cela satisferait les ambitions expansionnistes de Saddam Hussein en élargissant son accès à la mer et en lui donnant le contrôle de régions pétrolifères, et cela neutraliserait une menace importante pour l'Arabie saoudite.

Ainsi, lorsque la guerre Iran-Irak commence en , l'Arabie saoudite est l'un des principaux soutiens étrangers de l'Irak.. En 1981, à la suite de la destruction par l'armée de l'air israélienne du réacteur nucléaire Osirak, le roi Khaled d'Arabie Saoudite déclare que Riyad financera la reconstruction de la centrale. L'Irak, de son côté, se lance dans la construction de deux importants pipelines pour acheminer de barils de pétrole par jour jusqu'aux ports saoudiens sur la mer Rouge, acceptant ainsi de lier ses intérêts les plus vitaux à sa coopération avec le royaume. Au , un pacte de non-agression est conclu entre Riyad et Bagdad, tandis que l'Arabie saoudite accepte d'effacer la dette de l'Irak que celle-ci avait accumulé pendant sa guerre contre l'Iran. vignette|Le Roi saoudien Fahd ben Abdelaziz Al Saoud (au premier plan) au pouvoir de 1982 à 2005, reçu en 1990 par le Président américain George H. W. Bush pour évoquer la situation en Irak. Aligné sur la politique étrangère américaine, le roi Fahd soutient Saddam Hussein lors de la guerre Iran-Irak, puis participe à la coalition internationale contre l'Irak lors de la guerre du Golfe. Ces relations se détériorent à la suite de l'invasion du Koweït par l'Irak en 1990, à la suite de laquelle Riyad rompt ses relations avec Bagdad, ferme sa frontière terrestre avec l'Irak et participe à la guerre du Golfe au sein de la coalition internationale. Une large part des forces de la coalition stationne en Arabie saoudite, et leurs positions sont bombardées à plusieurs reprises par l'armée irakienne..

Les tensions irako-saoudiennes s'accentuent après que la guerre d'Irak de 2003 qui modifient le système politique irakien ; Riyad est accusée par le gouvernement irakien désormais chiite, de soutenir les mouvements d'oppositions politiques sunnites. L’Iran, de son côté consolide son influence politique et place des milices chiites qui lui sont affiliées en Irak, éloignant davantage le pays de son autre voisin saoudien.

Ce n'est qu'en 2015 que les deux États rétablissent leurs relations diplomatiques, sous l'influence des États-Unis qui cherchent une unité arabe dans le cadre de la lutte contre l'État islamique.. Après avoir été absente du pays après la chute de Saddam Hussein, ce qui crée un vide rempli par l’Iran, l’Arabie saoudite se tourne de nouveau tournée vers Bagdad, et y nomme son premier ambassadeur en . Mais celui-ci est rappelé quelques mois plus tard pour des propos controversés sur l'action de milices chiites Hachd al-Chaabi dans les combats contre les djihadistes de l'État islamique dans des zones sunnites.. En , l'Arabie saoudite et l'Irak annoncent leur décision de rouvrir le passage frontalier d'Arar, dans le nord de l'Arabie saoudite, fermé depuis la guerre du Golfe, pour faciliter les échanges commerciaux.. En , l'Arabie saoudite annonce son intention d'offrir un stade de football à l'Irak, construit à Bagdad, d'une capacité d'accueil de ..

En , les relations diplomatiques reprennent officiellement entre les deux pays avec l'inauguration de deux consulats saoudiens à Bagdad. et à Najaf, lieu important de pèlerinage pour la communauté chiite.. La même année, le Premier ministre irakien, Adel Abdel-Mehdi se rend en Arabie saoudite et conclut treize accords politiques et économiques. L'Irak signe notamment avec le Conseil de coopération du Golfe un accord pour importer de l'électricité, afin d'alléger une pénurie qui prive les Irakiens de courant parfois jusqu'à par jour.. vignette|Adel Abdel-Mehdi, Premier ministre irakien de 2018 à 2020 Le , l'arrivée au poste de Premier ministre de Moustafa al-Kazimi, pro-américain, est favorablement perçu par la monarchie saoudienne, entretenant elle-même des relations bilatérales très fortes avec Washington.. Le nouveau gouvernement irakien affirme, dans un discours nationaliste, vouloir replacer l'Irak dans son environnement arabe en cohérence avec sa population majoritaire. Deux semaines plus tard, le ministre irakien des Finances et du Pétrole, Ali Allaoui se rend en Arabie saoudite. Un accord est conclu avec des entreprises saoudiennes pour investir dans les gisements de gaz d'Okaz, dans la province irakienne d'al-Anbar, tandis que Riyad annonce le retour à Bagdad d'un nouvel ambassadeur saoudien. Le vice-ministre saoudien de la Défense, le prince Khaled ben Salmane déclare sur Twitter : .

Une rencontre entre Moustafa al-Kazimi et le prince Mohammed ben Salmane en Arabie saoudite est toutefois annulée le mois suivant, en raison de problèmes de santé de ce dernier. En , l'Irak et l'Arabie saoudite annoncent la réouverture officielle du poste-frontière d'Arar, fermé depuis 1990. Moustafa al-Kazimi et Mohammed ben Salmane se rencontrent finalement à Riyad en , lors d'une visite destinée à renforcer les liens commerciaux entre les deux États, ainsi que la coopération économique et les investissements dans l'énergie et des transports. Les délégations signent cinq accords dans les domaines financier, commercial, économique, culturel et médiatique et conviennent d'établir un fonds commun avec un capital estimé à trois milliards de dollars. Elles prévoient également d'achever un projet d'interconnexion électrique, et de maintenir leur coopération pour maintenir la stabilité sur le marché mondial du pétrole, alors que l'Irak et l'Arabie saoudite sont les deux principaux producteurs d'or noir au sein de l'OPEP.

En , à l’occasion de la visite en Arabie saoudite du président chinois Xi Jinping, le nouveau Premier ministre irakien Mohammed Chia al-Soudani représente son pays au sommet sino-arabe organisé par Mohammad ben Salmane. Il y déclare son intention de , tout en . Dix jours plus tard, le ministre saoudien des Affaires étrangères Fayçal ben Farhane se rend en Jordanie qui organise la deuxième « conférence de Bagdad », et assure que son pays se tenait .

En , le fonds souverain du royaume (saoudien) (PIF) crée une unité dotée de de dollars pour investir dans plusieurs secteurs irakiens – les mines, les infrastructures, la finance, l’immobilier et l’agriculture – dans le cadre d’un plan de de dollars destiné à six pays de la région. Dans la foulée, la compagnie pétrolière Saudi Aramco entame des pourparlers avec le gouvernement irakien pour investir massivement dans le gisement de gaz d'Akkas dans la province irakienne d'Al-Anbar.

Relations avec l'Iran

Relations avec Israël À la différence d'autres pays dans la région, l'Arabie saoudite n'a pas participé aux conflits armés entre les pays arabes et Israël. Mais l’Arabie saoudite a toujours été une fervente partisane de la cause palestinienne, et c'est à son initiative que le prix du pétrole exporté vers les États-Unis a fortement augmenté en 1973 pour sanctionner ces derniers de leur soutien à Israël pendant la guerre du Kippour.

Depuis la révolution iranienne de 1979, l'Arabie saoudite et Israël ont l'Iran comme ennemi commun tout en partageant une alliance forte avec les États-Unis. De cette position commune, découle des relations cordiales entre les deux États et une coopération économique et miliaire, bien qu'ils n'aient aucune relation diplomatique officielle. En 1981, le prince héritier Fahd, devenu roi en 1982, propose lors du sommet de la Ligue arabe à Fès un plan abordant les éléments de discussion habituels entre Arabes, mais laissant également entrevoir une reconnaissance de facto d’Israël.

En , l'Arabie saoudite propose une normalisation de ses relations diplomatiques avec Israël, en cas de retrait d'Israël de tous les territoires occupés. Le plan saoudien, l'Initiative de paix arabe, est adopté le mois suivant par le sommet de la Ligue arabe 2002. Les années suivantes, la recherche par l'Arabie saoudite d'investissements étrangers pour diversifier son économie trop dépendante du pétrole, pousse le royaume à coopérer davantage avec l'État hébreu.

En , le prince saoudien Mohammed Ben Salmane reconnait le droit des Israéliens d'avoir un territoire, tranchant avec la position habituelle de l'Arabie saoudite qui ne reconnait pas Israël. Il déclare en outre partager beaucoup d'intérêts avec l'État hébreu, économiques et sécuritaires, et n'avoir aucun problème avec les Juifs. L’émergence du nationalisme saoudien sous MBS affecte également l’approche de l’Arabie saoudite vis-à-vis de la Palestine : les jeunes décideurs saoudiens sont moins liés émotionnellement à la cause palestinienne, et plus pragmatiques à l’égard d’un rapprochement avec Israël. Ce changement se produit dans le contexte du renforcement des liens personnels entre le dirigeant saoudien et son homologue américain Donald Trump, dont la politique étrangères est à la fois très favorable au royaume saoudien et à l'État hébreu.

En , l'Arabie saoudite engage dans des pourparlers avec Israël en coulisses pour inclure des représentants saoudiens dans la gestion de la mosquée al-Aqsa à Jérusalem-Est, actuellement sous l’administration du Waqf dirigé par la Jordanie. En , à la suite de l'établissement des relations diplomatiques entre Israël et les Émirats arabes unis, l'Arabie saoudite accepte le survol de son territoire pour permettre d'établir une liaison aérienne entre l'aéroport Ben Gourion à Tel-Aviv et Abou Dhabi. Mais l'Arabie saoudite réitère en même temps son refus de normaliser ses relations avec Israël sans paix avec les Palestiniens.