Les sont les États fédérés de la Confédération suisse.
Par ordre alphabétique, il s'agit des cantons d'Appenzell Rhodes-Extérieures, d'Appenzell Rhodes-Intérieures, d'Argovie, de Bâle-Campagne, de Bâle-Ville, de Berne, de Fribourg, de Genève, de Glaris, des Grisons, du Jura, de Lucerne, de Neuchâtel, de Nidwald, d'Obwald, de Saint-Gall, de Schaffhouse, de Schwytz, de Soleure, du Tessin, de Thurgovie, d'Uri, du Valais, de Vaud, de Zoug et de Zurich.
Étymologie Du temps de l'ancienne Confédération suisse, les États qui la composent sont désignés généralement par les termes de « villes » et « campagnes » au . (pluriel de , « lieu » en allemand) remplace de plus en plus ces termes à partir de la première moitié du . Pour le traduire en Suisse romande, le mot « canton » est dérivé de l'italien « » et du latin médiéval « », qui signifie d'abord « coin », « quartier », puis « partie d'un pays ». Canton est employé pour désigner un État confédéré dans des documents fribourgeois dès 1475. Sous cette acception, le mot se répand dès 1490 dans les pays de langue française et italienne, puis dans d'autres régions d'Europe.
Dans l'aire linguistique allemande, « » apparaît en 1650, sans parvenir à éliminer les termes privilégiés de « » et d'« ». « », qui signifie en français « ordre » ou « état », est entré en usage vers 1550 et jouit aussitôt d'une grande faveur car il implique une certaine liberté et souveraineté. La révolution helvétique de 1798 fait disparaître les termes d'« » et de « ». « Canton » est alors utilisé dans les principales circonscriptions nouvelles de la République helvétique. Après l'acte de Médiation en 1803, « » et « » deviennent des synonymes ; avec le Pacte fédéral de 1815, « » reste préféré en allemand. Depuis 1848, les constitutions successives désignent les États souverains de la confédération par « cantons » en français, « » et son synonyme « » en allemand et « » en italien.
En parallèle, les mots « république » ( emprunt de l'allemand au français) s'est répandu au pour décrire le régime de la plupart des cantons et pays alliés de la Confédération. Cette formulation exprime alors leur souveraineté à l'égard de puissances étrangères (Genève envers la Savoie en 1603), le remplacement d'une monarchie par un régime d'assemblée (cas des dizains valaisans en lutte contre le prince-évêque de Sion en 1628) ou le statut d'exemption de la Confédération envers le Saint-Empire romain germanique dès 1648. La notion rencontre cependant davantage de succès dans les grands cantons protestants de l'ouest comme Berne que dans les cantons catholiques à , car la république n'implique pas la démocratie et peut même lui être expressément opposée. En 1815, quelques anciens cantons, dont celui de Berne, reprennent la dénomination traditionnelle de « Ville et République », mais cette forme est finalement abandonnée en faveur de « canton », sans doute pour éviter une mise en avant du chef-lieu. Les nouveaux cantons de la Suisse latine choisissent quant à eux le titre de « république », qui souligne leur indépendance, alors que « canton » met l'accent sur l'appartenance à la Confédération. Genève, Neuchâtel et le Tessin ont ainsi conservé la formulation « République et canton ». Dans le cas de Neuchâtel, cette appellation reflète le passage du statut de principauté prussienne à celui de membre souverain de la Confédération. Lorsque le canton du Jura est créé en 1979, il prend lui aussi la dénomination de « République et canton ».
Généralités
Les ont chacun leurs propres constitution, parlement, gouvernement et tribunaux. Les abréviations de deux lettres désignant les cantons suisses sont largement utilisées. Par exemple, elles servent aux plaques d'immatriculation et aux codes ISO 3166-2 avec le préfixe « CH- » (ex. : CH-SZ pour le canton de Schwytz).
Les Conférences des directeurs cantonaux, regroupées dans la Maison des cantons, constituent des institutions intercantonales.
Données cantonales + Armoiries et drapeaux CantonListe dans l'ordre constitutionnel. Entre parenthèses le nom du canton dans ses langues officielles autres que le français. Depuis Chef-lieu. Population() Superficie[km] Densité[/km] Nombre decommunes() Languesofficielles Localisation UR40px 40pxUri Altdorf 19 allemandsans_cadre|120x140px SZ40px 40pxSchwytz (Schwyz) Schwytz 30 allemandsans_cadre|120x140px OW40px 40pxObwald (Obwalden)Sarnen 7 allemandsans_cadre|120x140px NW40px 40pxNidwald (Nidwalden)Stans 11 allemandsans_cadre|120x140px LU40px 40pxLucerne (Luzern) Lucerne 79 allemandsans_cadre|120x140px ZH40px 40pxZurich (Zürich) Zurich 160 allemandsans_cadre|120x140px GL40px 40pxGlaris (Glarus) Glaris 3 allemandsans_cadre|120x140px ZG40px 40pxZoug (Zug)Zoug 11 allemandsans_cadre|120x140px BE40px 40pxBerne (Bern) Berne 334 allemandfrançaissans_cadre|120x140px FR40px 40pxFribourg (Freiburg) Fribourg 119 françaisallemandsans_cadre|120x140px SO40px 40pxSoleure (Solothurn) Soleure 104 allemandsans_cadre|120x140px BS40px 40pxBâle-Ville (Basel-Stadt) Bâle 3 allemandsans_cadre|120x140px BL40px 40pxBâle-Campagne (Basel-Landschaft)Liestal 86 allemandsans_cadre|120x140px SH40px 40pxSchaffhouse (Schaffhausen)Schaffhouse 26 allemandsans_cadre|120x140px AR 40px 40pxAppenzell Rhodes-Extérieures (Appenzell Ausserrhoden) Aucun (de jure) 20 allemandsans_cadre|120x140px AI40px 40pxAppenzell Rhodes-Intérieures (Appenzell Innerrhoden) Appenzell 0 (de jure)5 (de facto) allemandsans_cadre|120x140px SG40px 40pxSaint-Gall (St. Gallen)Saint-Gall 75 allemandsans_cadre|120x140px GR40px 40pxGrisons (Graubünden, Grischun, Grigioni) Coire 100 allemandromancheitaliensans_cadre|120x140px AG40px 40pxArgovie (Aargau)Aarau 196 allemandsans_cadre|120x140px TG40px 40pxThurgovie (Thurgau) Frauenfeld 80 allemandsans_cadre|120x140px TI40px 40pxTessin (Ticino)Bellinzone 100 italiensans_cadre|120x140px VD 40px 40pxVaudLausanne 300 françaissans_cadre|120x140px NE Références pour le canton de Neuchâtel : Date d'entrée : ; Chef-lieu : 40px 40pxNeuchâtelNeuchâtel 24 françaissans_cadre|120x140px GE Références pour le canton de Genève : Date d'entrée : ; Chef-lieu : 40px 40pxGenève Genève 45 françaissans_cadre|120x140px VS Références pour le canton du Valais : Date d'entrée : ; Chef-lieu : 40px 40pxValais (Wallis)Sion 122 françaisallemandsans_cadre|120x140px JU 40px 40pxJura Delémont 51 françaissans_cadre|120x140px CH 40px 40px Suisse (Schweiz, Svizzera, Svizra) (Confédération des III cantons) (État fédéral)Berne (de facto) 2 110 allemandfrançaisitalienromancheAu niveau fédéral, le romanche est reconnu comme « langue nationale » mais pas officielle, selon l'.sans_cadre|120x140px
Demi-cantons Six cantons étaient considérés jusqu'en 1999 comme des demi-cantons : Nidwald, Obwald, Appenzell Rhodes-Intérieures, Appenzell Rhodes-Extérieures, Bâle-Ville et Bâle-Campagne. Depuis lorsChancellerie fédérale. Votation populaire du 18 avril 1999., ils sont nommés cantons au même titre que les autres. Cette modification de la Constitution ne change que la dénomination des demi-cantons ; ceux-ci conservent leurs règles constitutionnelles particulières, à savoir qu'ils ne bénéficient que d'un seul siège au lieu de deux au Conseil des ÉtatsArt. 150, al. 2 de la Constitution fédérale suisse.Page d'accueil Assemblée fédérale deux sièges pour chacun des 20 cantons et d'un siège pour chacun des 6 demi-cantons. et qu'ils ne comptent que pour moitié dans le décompte des voix des cantons lors de votations fédéralesArt. 152, al. 4 de la Constitution fédérale suisse..
Entrées dans la Confédération et modifications territoriales
Les entrées des cantons dans la Confédération suisse s'est construite par alliances et conquêtes progressives de territoires à travers les siècles.
Début : alliance des contrées d'Uri, de Schwytz et de Nidwald (comprenant Obwald et regroupés, plus tard, sous le nom générique d'Unterwald). Création des cantons d'Uri, de Schwytz et d'Unterwald : trois cantons.
Le , la ville de Lucerne et ses environs, rejoignent la Confédération : quatre cantons.
Le , ayant besoin de la route du Gothard pour son commerce, la ville de Zurich et ses environs, rejoignent la Confédération : cinq cantons.
Le , la ville de Glaris et sa vallée rejoignent la Confédération : six cantons. Le suivant, les Confédérés assiègent la ville de Zoug et s'en emparent : sept cantons.
Le , la ville de Berne et ses environs rejoignent la Confédération : huit cantons.
Le , les villes de Fribourg et de Soleure demandent leur adhésion à la Confédération. Après trois ans de discussion et l’intervention de Nicolas de Flüe, les deux villes sont acceptées par la Diète fédérale : dix cantons.
Le , la ville de Bâle et ses environs intègrent la Confédération : onze cantons. Le suivant, la ville de Schaffhouse et ses environs rejoignent également la Confédération : douze cantons.
Le , les vallées Appenzelloises rejoignent la Confédération : treize cantons.
Le , séparation en deux du canton d'Appenzell (tensions religieuses) : création de deux demi-cantons d'Appenzell Rhodes-Intérieures et d'Appenzell Rhodes-Extérieures..
En 1798, plusieurs villes, cantons et leurs alliés font leur révolution. Environ 40 républiques sont proclamées mais celles-ci ne survivront que quelques mois.
En , réunion des bailliages communs de Rheintal, Werdenberg, Gams, Gaster, Uznach, ainsi que la baronnie de Sax-Forstegg, le bailliage de March et la république de Rapperswil : création du canton de Sargans.
Le : Le canton de Berne est amputé du sud de son territoire : création du canton de l'Oberland. Création des cantons du Léman et de l'Argovie. Le « pays allié » de la République des Sept-Dizains est intégré à la République : création du canton du Valais. Les cantons d'Uri, de Schwyz, de Unterwald et Zoug sont réunis : création du canton de Waldstätten. Le canton de Glaris et de ses bailliages communs sont réunis : création du canton de la Linth. Le canton d'Appenzell, ses pays alliés et le canton et Saint-Gall sont réunis : création du canton du Säntis. Réunions de plusieurs « bailliages communs » : création des cantons de Baden, de Bellinzone, de Lugano et de Thurgovie.
En , dissolution du canton de Sargans : il est absorbé par le canton de la Linth.
En 1799, le « pays allié » des Trois Ligues est intégré à la République : création du canton de Rhétie.
Le , annexion de territoires de la région de Brisgau, en Autriche antérieure : création du canton de Fricktal. Le suivant, dissolution du canton du Valais : création de la République rhodanienne (république indépendante). Le , Napoléon Bonaparte impose l'Acte de Médiation qui définit une nouvelle Constitution pour le pays ainsi qu'un nouveau découpage des frontières cantonales. Cela donne naissance à la Confédération des XIX cantons qui est en réalité un État soumis au contrôle français.
Le : Dissolution des cantons de l'Oberland, du Léman, des Waldstätten, de la Linth, du Säntis, de Baden, de Bellinzone, de Lugano et de Fricktal. Modifications des frontières de certains cantons : création des cantons d'Argovie, de Thurgovie, de Saint-Gall, du Tessin, de Vaud et des Grisons.
Après la chute de Napoléon Bonaparte et la fin du régime de l'Acte de Médiation, la Confédération des cantons est proclamée. C'est au Congrès de Vienne qu'aboutissent les négociations pour l'entrée dans la Confédération de trois nouveaux cantons ainsi que des modifications de frontières en 1815. le : rattachement d'une partie du département du Mont-Terrible au canton de Berne. le : la principauté de Neuchâtel et la république de Genève adhèrent à la Confédération : création des cantons de Neuchâtel et de Genève. le : le département du Simplon adhère à la Confédération : création du canton du Valais.
En 1831, séparation en deux du cantons de Schwytz (tensions politiques) : création de deux demi-cantons de Schwytz-Intérieur et de Schwytz-Extérieur.