Les Amours jaunes est l'unique recueil de poésie du « poète maudit »Paul Verlaine, Les Poètes maudits, 1884 : Tristan Corbière, Arthur Rimbaud, Stéphane Mallarmé. Tristan Corbière. Publié à compte d'auteur en 1873 chez Glady frères, éditeurs à Paris, il comprend la quasi-totalité de son œuvre en vers, soit 101 poèmes de taille et de forme diverses. L'impression, en 490 exemplaires, est payée par le père du poète, dédicataire de l'ouvrage. Certains exemplaires incluent un autoportrait que l'auteur a gravé à l'eau-forteNotice , in: Mille nuits de rêves III. Collection Geneviève et Jean-Paul Kahn, Pierre Bergé et associés, catalogue de la vente du 18 juin 2021.. Paru deux ans avant la mort du poète à l'âge de 29 ans, le livre passe totalement inaperçu.
Titre et structure Énigmatique, le titre instaure d'emblée une dissonance qui marque tout l'ouvrage. Les termes qu'il associe procèdent d'un oxymore qui évoque Les Fleurs du mal : empreint d'ironie grinçanteTristant Corbière se croyait laid, donc incapable de susciter l'amour d'une femme., le lyrisme des sentiments amoureux déclenche un « rire jaune » maladif à résonance baudelairienne.
Le recueil se divise en 7 sections : Ça ; Les Amours jaunes ; Sérénade des sérénades ; Raccrocs ; Armor ; Gens de mer ; Rondels pour après.
Ces sections sont encadrées par deux poèmes qui font écho à la célèbre fable de La Fontaine La Cigale et la Fourmi. Elles sont dédicacées à l'unique muse du poète, Armida Josefina CuchianiCharles Cros, Tristan Corbière, Œuvres complètes, éd. Pierre-Olivier Walzer et Francis F. Burch pour Tristan Corbière, Gallimard, coll. Bibliothèque de la Pléiade, 1970, page 1261., que Corbière appelle Marcelle sans raison apparente.
La section finale, Rondels pour après, regroupe six berceuses funèbres d'une rare inspiration, telle cette pièce particulièrement prenante :
Il fait noir, enfant, voleur d'étincelles ! Il n'est plus de nuits, il n'est plus de jours ; Dors… en attendant venir toutes celles Qui disaient : Jamais ! Qui disaient : Toujours !
Entends-tu leurs pas ? … Ils ne sont pas lourds Oh ! les pieds légers ! – l'Amour a des ailes... Il fait noir, enfant, voleur d'étincelles ! Entends-tu leurs voix ? … Les caveaux sont sourds.
Dors : Il pèse peu, ton faix d'immortelles : Ils ne viendront pas, tes amis les ours Jeter leur pavé sur tes demoiselles... Il fait noir, enfant, voleur d'étincelles !''
À Marcelle. Le Poète et la cigale
Ça (3 poèmes) alt=Portrait de Tristan Corbière âgé de 16 ou 17 ans, vers 1861-1862, photographie anonyme sur papier salé, 18 x 13 cm.|vignette|Tristan Corbière vers 1862. Photographie sur papier salé.
Les Amours jaunes (24 poèmes)
Sérénade des sérénades (14 poèmes)
Raccrocs (21 poèmes)
Armor (7 poèmes)
Gens de mer (17 poèmes)
Rondels pour après (6 poèmes)
À Marcelle. La Cigale et le Poète
Notes et références Notes
Références
Liens externes
Lire en ligne (texte intégral, édition de 1873)
Catégorie:Recueil de poèmes en français