Le vol Siberia Airlines 1812 (авиакомпания Сиби́рь) est un vol commercial assuré par la compagnie aérienne russe Siberia Airlines, parti de Tel Aviv, en Israël, à destination de Novossibirsk, en Russie, et qui a été abattu par l'armée ukrainienne au-dessus de la mer Noire le . L'avion, un Tupolev Tu-154 de fabrication soviétique, emportait 66 passagers et 12 membres d'équipage. La plupart des passagers étaient des Israéliens partis rendre visite à des proches en Russie. Aucun ne survécut.

Le lieu de l'écrasement se situe à environ à l'ouest-sud-ouest de la station balnéaire de la mer Noire de Sotchi et à au nord de la ville côtière turque de Fatsa ainsi qu'à au sud-sud-est de Théodosie en Crimée. L'Ukraine a finalement admis Ukraine admits it shot down Russian airliner - Ben Aris, The Daily Telegraph, 13 octobre 2001 que la catastrophe avait probablement été causée par un missile égaré tiré par ses forces armées. L'Ukraine paya quinze millions de dollars de dédommagements aux parents des 78 victimes (soit par victime), mais n'a pas indemnisé la compagnie aérienne.

Information initiale Le vol 1812 est parti de l'aéroport international de Tel Aviv-David Ben Gourion, en Israël, à destination de l'aéroport de Novossibirsk-Tolmatchevo de Novossibirsk, en Russie. Il vole à une altitude de au-dessus de la mer Noire lorsque le contrôle au sol russe de Sotchi perd soudain tout contact avec lui. Très peu de temps après, un pilote d'un vol arménien traversant la mer dans les environs rapporte avoir vu l'avion russe exploser avant de s'abîmer en mer à environ heure de Moscou ( GMT).

La plupart des passagers étaient des Israéliens rendant visite à des proches en Russie. Aucun ne survécut. Une journée de deuil national fut décrétée en Israël — minute de silence, drapeaux en berne, et programmes spéciaux dans les écoles au sujet de la tragédie. Un monument aux victimes fut érigé dans la forêt de Ben-Shemen en Israël.

Incident Survenant moins d'un mois après les attentats du 11 septembre 2001, les responsables russes ont d'abord soupçonné que l'incident était un acte terroriste commis par des rebelles tchétchènes. Par la suite, l'agence IAC basée à Moscou a jugé que l'accident avait été causé par la frappe accidentelle d'un missile ukrainien S-200 lors de manœuvres militaires russo-ukrainiennes qui se tenaient au large du cap Onouk (ou Tchoulouk) en Crimée.

Un rapport préliminaire russe confirma les évaluations de responsables militaires américains faites à titre privé : le missile S-200 avait dépassé sa cible téléguidée qui avait été détruite avec succès par un S-300 tiré au même moment. Au lieu de s'autodétruire, le missile S-200 prit pour cible le long courrier qui se trouvait à près de ; le projectile explosa en projetant des billes d’acierTupolev : c'était un missile - Geoffroy Tomasovitch, Le Parisien, 13 octobre 2001 (shrapnel) au-dessus de l'avion.

Les responsables militaires ukrainiens nièrent d'abord que leur missile avait abattu l'avion ; ils déclarèrent que le S-200 avait été lancé vers la mer et qu'il avait réussi à s'autodétruire. Le porte-parole du ministère de la Défense Konstantin Khivrenko affirma que Toutefois, les responsables ukrainiens admirent par la suite que c'était bien leur armée qui avait abattu l'avion de ligne.

Leonid Koutchma, président ukrainien à l'époque, avait qualifié l'affaire de « tragique coïncidence »10 avions abattus en vol qui ont marqué l'histoire - Radio-Canada, 17 juillet 2014. En 2011, devant les journalistes l'interrogeant sur la catastrophe, il exprime les mots suivants :

L'Ukraine aurait interdit les tests de Bouk, S-300 et autres systèmes de missiles similaires pendant sept ans après cet incident.

Indemnisations Indemnisation des citoyens israéliens Le , un accord d'indemnisation à titre gracieux a été signé entre les gouvernements ukrainien et israélien Associated Press « Israel, Ukraine sign agreement on compensation for Russian jet victims » [Israël et l'Ukraine signent un accord d'indemnisation pour les victimes de l'avion russe] Haaretz, 20 novembre 2003.. Il fut par la suite ratifié par les familles des victimes, qui en acceptèrent les conditions. En plus des éléments relatifs à l'indemnisation, l'accord stipulait que Commentant le contenu de l'accord, le général Oleksandr Kuzmuk, l'ex-ministre de la défense démis après l'accident , 25 octobre 2001., déclara aux médias que Plus tard, en tant que vice premier ministre du gouvernement de Viktor Ianoukovytch, Kuzmuk nia la responsabilité de l'armée ukrainienne dans le tir au-dessus de la Mer Noire, bien que l'Ukraine ait accepté de payer des indemnités« Accident-Prone Ukraine » sur news.kievukraine.info, .

Indemnisation des citoyens russes L'Ukraine accepta de payer la somme de aux familles de chacun des 38 citoyens russes tués - un montant identique à celui accepté pour chacun des 40 israéliens tués. L'accord fut ratifié par le parlement russe en , et le président Poutine le fit acter dans une loi en Russia agrees airliner payout - BBC News, 14 juin 2004.

Indemnisations supplémentaires demandées par les familles et Siberian Airlines Tribunal local de Pechersk Certaines familles des victimes du crash refusèrent d'accepter l'indemnisation offerte par l'UkraineSerhiy Solodky (29 octobre 2002). "Ministry of Foreign Affairs promises payment for the Tu-154 incident next year". www.day.kiev.ua.. Elles intentèrent une action en justice civile contre le gouvernement ukrainien auprès du tribunal local de Pechers'ky à Kiev. Pendant les auditions, les représentants du ministère de la défense ukrainien affirmèrent que l'avion « ne pouvait pas avoir été abattu par un missile ukrainien » selon les analyses médico-légales des débris de l'appareil, les données radar et les possibilités techniques des missiles. Ils arguèrent également que le système d'identification « ami ou ennemi » de fabrication soviétique du missile en question l'aurait empêché de frapper un avion de ligne de fabrication soviétique ВИСНОВОК ЕКСПЕРТІВ... (Archive) (Hand-signed and stamped "Experst Conclusion" of the Kyiv Forensics Scientific and Research Institute with the Ministry of Justice of Ukraine issued on May 21, 2010, with number of court case in question) (en ukrainien). L'avocat représentant les plaignants défendit dans les médias le point de vue selon lequel la culpabilité du gouvernement ukrainien était en fait prouvée par le fait qu'il ait négocié des indemnisations avec les familles des victimes israéliennes. Aucune des 11 analyses médico-légales menées jusqu'ici n'a établi la probabilité qu'un missile ukrainien puisse frapper un Tupolev-154.

Jugements en appel Le , la cour d'appel de Kiev rejeta la plainte des familles des victimes contre le ministère de la Défense ukrainien, jugeant que l'armée ukrainienne n'avait aucune responsabilité dans l'accidentMaria Danilova (22 August 2007) « Ukrainian Court Decides Missile Not Behind Crash » New-York Times. La décision de la cour est en conflit avec un rapport du groupe IAC, qui a mené une enquête sur l'accident à la demande de la Russie.

Plainte de Siberian Airlines Sur la période 2003-2005, le gouvernement ukrainien versa 15,6 millions de dollars d'indemnisation aux familles des victimes. En 2004, Siberian Airlines déposa une plainte contre le ministère de la Défense et le ministère des Finances ukrainiens auprès d'un tribunal de Kiev, demandant 15,3 millions de dollars d'indemnisation pour la perte de son avion de ligne. Cependant, la cour d'appel commerciale interrégionale de Kiev rejeta en la demande d'indemnisation de la part de la compagnie russe. Un appel auprès de la cour d'appel économique de Kiev fut rejeté en . Le jugement fut ensuite confirmé, en , par la cour suprême de commerce de l'Ukraine « Ukraine Court Upholds Dismissal of Airline Shoot-Down Claim » en.ria.ru, 11 décembre 2012 « Kiev court rejects S7 Airlines' appeal in case on Tu-154 crash in 2001 » KyivPost. Interfax-Ukraine. 29 mai 2012.

Cérémonies commémoratives Des cérémonies commémoratives ont ensuite eu lieu en Israël, à Sotchi, et Novossibirsk.

Notes et références

Voir aussi Articles connexes Liste d'accidents aériens Liste d'avions civils abattus Liste des accidents aériens par nombre de victimes Incidents similaires Vol Itavia 870 (également détruit par ce que l'on soupçonne être un missile ou une bombe) Vol Korean Air Lines 007 Vol Iran Air 655 Vol Malaysia Airlines 17 Vol Ukraine International Airlines 752 Relations entre Israël et la Russie

Relations entre la Russie et l'Ukraine Statistiques d'accidents d'avion

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