Le musée d'art contemporain de Caracas (en , dont le nom officiel est depuis 2018 ., et dont le sigle est MACC (depuis 2018, MACCAR est également utilisé), a été créé le puis inauguré à Caracas, au Venezuela, le . Il possède l'une des collections d'art moderne et contemporain les plus importantes d'Amérique Latine, avec des œuvres représentatives des principaux mouvements artistiques occidentaux tout au long du .

Histoire Fondation en 1973 par Sofía Ímber vignette|gauche|Entre 1990 et 2006, l'institution s'appelait Museo de Arte Contemporáneo Sofía Ímber

Le musée est créé le par Sofía Ímber, qui en sera la directrice pendant 31 ans. Jesús-Rafael Soto en réalise la peinture murale. Il sera ouvert au public un an plus tard, le , sous le nom de (MACCSI), dans un bâtiment de 5 étages situé dans le Complexe du Parque Central, au centre de la capitale.

Le siège a une surface de distribués en 13 salles où sont exposées environ œuvres, un auditorium, un atelier d'art, une place, un jardin, un magasin, un café et un laboratoire de conservation.

Trois autres salles satellites dépendent de l'administration du musée d'art contemporain de Caracas : la Salle d'Art Cadafe (dans l'édifice Cadafe à El Marqués), la Salle Ipostel (dans l'édifice Ipostel de San Martín) et Trasnocho Cultural (dans le centre commercial Paseo Las Mercedes). En 1988, le musée d'art de Coro est par ailleurs créé dans la capitale de l'État de Falcón.

En 1999, comme conséquence des fortes pluies qui tombent sur Caracas, le musée doit déplacer les œuvres situées dans les sous-sols vers la salle 10 afin d'éviter que l'eau qui y a fait irruption endommage les pièces d'art.

Vols d'œuvres Vol de l'Odalisque de Matisse L'œuvre de Henri Matisse, L'Odalisque au pantalon rouge (1925), est achetée en 1981 par la directrice Sofía Imber pour à la Marlborough Gallery de New York.

La pièce sort légalement du pays entre et 1997 : elle est prêtée à l'occasion de l'exposition présentée au à Madrid. Elle aurait disparu lors du trajet.

Selon le livre El rapto de la odalisca (2009) de la journaliste vénézuélienne Marianela Balbi, elle aurait pu disparaître dans les sous-sols du musée lui-même, en ces temps d'« incertitude institutionnelle » ; elle aurait été soustraite puis remplacée par un faux dans le cadre original. Les détectives d'Interpol, le FBI et les polices espagnole, britannique et française cherchent pendant des années ce tableau du père du fauvisme représentant une odalisque, l'un de ses thèmes favoris.

Le mystère demeure jusqu'en , quand des agents du FBI la retrouvent dans un hôtel de Miami Beach, l'œuvre étant alors estimée à environ 10 millions de dollars.

Le , l'œuvre rentre au Venezuela et est exposée à nouveau au public après une phase de restauration ; elle attire lors de cette exposition plus de visiteurs.

Autres vols En plus de l'Odalisque, la directrice Rita Salvestrini a confirmé qu'un total de 14 œuvres — évaluées à environ — avaient disparu des sous-sols du musée entre 2000 et 2003. Parmi elles, des tableaux de Henry Moore et Lucian Freud. Après diverses recherches, trois d'entre elles ont pu être récupérées début 2003 : une d'Antonio Moya (à la suite d'un écart de comptabilité) et deux de Jesús Soto, retrouvées à .

En août de la même année, la nouvelle directrice Carmen Hernández et l'équipe des archives du musée retrouvent 6 pièces dans les sous-sols : deux d'entre elles dans les réserves de peinture, et les autres dans celles de papier. Après plusieurs recherches, il y avait près de 200 œuvres non cataloguées et le contrôle nécessaire de l'institution était impossible. Les œuvres restantes sont soit toujours disparues, soit on n'a pas d'information.

Œuvres volées récupérées Paisaje sin historia (1997, Fernando Cánovas) Génesis Naranja (1993, Jesús Mendoza) Série de 4 dessins Sin novedad en el frente occidental (1929, Eugene Biel-Bienne) Sketchbook A and B (1980, Henry Moore) Escritura (1980, Jesús-Rafael Soto) Dos Grandes Barras (1971, Jesús-Rafael Soto) Tiempo y Memoria (1995-1999, Antonio Moya) After Chardin (2000, Lucian Freud)

Œuvres volées disparues Relaciones Amarillo y Plata (1964, Jesús-Rafael Soto) Broom (1975, Jasper Johns) Señas de Identidad 1 y 2 (1996, Guido Anderloni) Sans titre (, Luis Barba) Sans titre (1998, Lucho Farías) Sans titre (1998, )

Incendie de 2004 Le , un incendie consomme pratiquement un tiers de la Tour Est, et au moins dix étages sont complètement détruits par l'incendie. À ces étages se trouvaient d'importants bureaux gouvernementaux, et le chaos provoque la fermeture temporaire du musée pour protéger les œuvres d'art et les transférer dans les sous-sols. Néanmoins, grâce à sa forte structure, l'édifice peut supporter l'incendie pendant 15 heures sans s'effondrer.

Le lendemain, alors que la tour est toujours en flammes, le MACC avait prévu d'inaugurer une exposition d'importantes œuvres d'art abstrait de la collection, à l'occasion des trente ans du musée. Les dommages trop importants empêchent le musée d'ouvrir pendant un certain temps. L'agitation fait que l'institution, les conservateurs et les préposés aux registres ainsi que les pompiers et les gendarmes doivent se concentrer sur le lieu de conservation de la collection, repoussant le montage de l'exposition pour éviter toute perte.

Le musée rouvre ses portes avec de nouvelles expositions un an plus tard.

Chávez destitue Ímber En 2006, le président Hugo Chávez annonce dans son allocution hebdomadaire Aló Presidente que le nom de Sofía Ímber sera supprimé du nom officiel de ce musée. Les protestations de Fernando Botero n'y changeront rien, et sitôt Sofía Ímber destituée, de nombreuses œuvres ont commencé à disparaître du musée — à tel point que des rumeurs prétendaient qu'elles étaient conservées par des membres du gouvernement chez eux. Le vol de L'Odalisque au pantalon rouge d'Henri Matisse au début des années 2000 alimente la rumeur.

Liste des directeurs Sofía Ímber (1974-2001) Rita Salvestrini (2001-2003) Carmen Hernández (2003-2004) Vivian Rivas (2004-2005) Luis Angel Duque (2005-2007) María Luz Cárdenas (2007-2008) Edgar Cruz (2008-2008) Luis Angel Duque (2010-2011) Jacqueline Rousset (2011-2012) Daniel Briceño (2012-)

Espaces Entrées Le musée dispose de trois grandes entrées : Entrée principale (au nord) Située face à l'Avenida Bolívar et à l'hôtel Alba Caracas, on y accède par le pont piéton ou le jardin de sculptures qui s'étend sur la place mitoyenne. Ornée d'un bronze de Kenneth Armitage, elle donne lieu à un grand vestibule présidé par l'œuvre Mural Signals de Jesús-Rafael Soto et illuminé par une coupole de verre à travers laquelle on voit la Tour Est de Parque Central. Depuis la réception principale, on accède à un petit magasin qui propose des catalogues et des affiches du musée, et on peut accéder aux salles principales du musée par des escaliers.

Entrée arrière (au sud) C'est l'entrée la plus ancienne du musée ; on y accède par des escaliers mécaniques qui relient le musée au Niveau Bolívar de Parque Central et à la zone commerciale de la Torre Este. Dans ses espaces voisins, il y a une série d'œuvres monumentales intégrées à l'architecture, parmi lesquelles on peut noter le Mural Amsterdam et le Mural B.I.V., tous deux de Jesús Soto.

Entrée du Jardin de Sculptures Peu fréquentée et souvent fermée à cause des expositions, elle relie le musée au jardin par lequel on peut entrer et sortir du musée facilement, bien qu'elle ne soit pas recommandée.

Premier niveau vignette|200px|Dans la Salle 1, on peut apprécier des œuvres de Jesús-Rafael Soto et Cruz-Diez

Espace Cruz-Diez (Salle 1) Dans ce grand et illuminé espace au plafond bas, on y voit la collection Cruz Díez : quatre œuvres, une induction chromatique de 1973 et trois physichromies du début des années 1980. Son travail peut s'apprécier dans les séries intitulées , , et . Dans cette dernière, qu'il commence en 1959, il crée des images géométriques changeantes qui émergent, s'intensifient, changent et se dématérialisent selon l'observateur qui bouge d'un côté à l'autre de l'œuvre ; il obtient cet effet au moyen de fines bandes verticales de métal ou de plastique, situées sur la superficie plane, ainsi que de lignes de couleurs peintes. On peut notamment y admirer les physichromies , 2021, 2024 et 2022..

Espace Soto (Salle 1) Partageant la salle avec Cruz-Díez, trois œuvres de la collection Jesús-Rafael Soto évoquent ses premières recherches rétiniennes du début des années 1960 ainsi que ses recherches postérieures. On peut y admirer Progresión Caracas I (1974), Progresión Caracas II (1974) et Cuadrados Azules y Negros (1972). Les œuvres de Soto ne représentent pas seulement une forme d'expression, mais aussi de connaissance et de compréhension de l'environnement et démontrent l'engagement entre la capitale et son architecture.

La salle de l'atelier de l'éducation Elle contient une sélection du matériel bibliographique du musée, partant du caractère pédagogique avec la finalité de pousser le public — aussi bien adulte que plus jeune — à développer sa créativité par des activités et des ateliers, ainsi qu'à l'étude des œuvres d'artistes vénézuéliens et étrangers qui composent la collection FMN-MACC.

Auditorium Au même étage, dans ce qui était avant la salle 1 du musée, se trouve l'Auditorium. Cette salle, à l'acoustique modernisée, a une capacité de 175 personnes et dispose d'une estrade de , deux vestiaires, une salle d'attente et un espace destiné à servir le public.

On y réalise diverses activités telles que des conférences sur les expositions et des concerts.

Deuxième niveau Salle 2 (Plaza Contemporánea) vignette|200px|La Plaza Contemporánea vignette|200px|Œuvres de Francis Bacon au MACC La salle 2 ou « Plaza Contemporánea » est la plus illuminée de toutes, profitant d'un toit haut tout en baie vitrée par lequel entre la lumière du jour. Cette salle est destinée aux expositions temporaires.

vignette|gauche|200px|Gego, Estructuras Aéreas Ambientales (1973) Depuis les baies vitrées de la salle 2, on peut apprécier les Estructuras aéreas ambientales de Gego, une installation de sculptures élaborées spécialement par l'artiste pour l'environnement extérieur de l'aile sud du musée. Elle est réalisée à base de tendeurs sur trois niveaux et de cordes en nylon qui quadrillent l'espace et s'intègrent pleinement à l'architecture.

Section ouest (La collection) Les salles 3, 4, 5 et 6 sont consacrées à l'analyse et à la réflexion de la figure humaine auxquelles se sont consacrés les artistes contemporains lors des décennies passées ; ainsi, le musée obtient un atelier alternatif destiné à faciliter la compréhension et le dialogue entre différentes œuvres, lesquelles restent distancées par une rigidité chronologique en relation aux événements et processus de l'art du . Cette approche inclut des représentations des recherches impressionnistes sur la lumière et la couleur développées par Armando Reverón ; les nouvelles avant-gardes de la conception et de la représentation de la figure au sein de l'espace plastique, projetées par Pablo Picasso, Fernand Léger, Henri Laurens ou Henry Moore ; la rationalisation de l'espace et des formes à travers la géométrie comme Auguste Herbin, Piet Mondrian, Josef Albers, Nicolas Schoffer et Alejandro Otero ; les poétiques récurrentes du quotidien et du Pop Art chez Larry Rivers, Emilio Tadini et George Segal ; et incluant l'art figuratif de la fin du de Lucian Freud et Francis Bacon ; formant toutes une synthèse des concepts significatifs qui ont caractérisé l'art moderne et contemporain.

Espace Fontana