vignette|alt=illustration représentant un ruban en jean bleu et recourbé sur lui-même|Ruban en jean - un symbole de solidarité avec le mouvement démocratique en Biélorussie. La révolution en jean, ou révolution bleue, est une tentative avortée de révolution pacifique en Biélorussie menée par le Zubr et soutenue par les États-UnisFilm de Manon Loizeau diffusé par France Ô. dans le but de mener à la destitution du président Alexandre Loukachenko. La dénomination « révolution en jeanPourquoi la Biélorussie est-elle étanche aux révolutions de couleur?, www.nouvelle-europe.eu, 14 août 2010. » renvoie à la chemise brandie par un opposant du nom de Mikita Sasimhttp://www.charter97.org/bel/news/2005/09/16/omon à Minsk en 2005 (depuis, les jeunes militants portent une bande de blue-jean en brassard).

Contexte Alexandre Loukachenko est un proche allié de Moscou. La Russie espère tirer profit de la situation géographique de la Biélorussie en tant que route d’exportation pour son gaz naturel vers l'Europe. De même, la crainte d'une réunification des deux pays et du rétablissement du lien politique qui existait du temps de l’Union soviétique, alarme les AméricainsFailed reset?: United States decries “sovietization” of former USSR states..

Les premiers signes de la volonté d’intervention de Washington en Biélorussie datent de . Alors que le président sortant, Alexandre Loukachenko, se représente, les médias occidentaux le décrivent sous les traits d'un « dictateur » et qualifient son régime de « tyrannique »Wild accusations herald Belarus vote, BBC news, 5 septembre 2001.. George W. Bush promet de financer la révolution en Biélorussie. En , lors des événements de Kiev, des activistes biélorusses du Zubr prenaient d'ailleurs une leçon pratique auprès des étudiants ukrainiensLes Américains ébranlent l'empire russe, Le Point.fr, 31 mars 2005..

La National Endowment for Democracy a dépensé des millions de dollars pour renverser le régime d'Alexandre LoukachenkoLes États-Unis en Eurasie: De Bill Clinton à Barack Obama, le leadership américain à l'épreuve de Julien Zarifian, p. 133.site du NED sur leur contribution financière au Belarus.. Robert Fielding, un représentant de l’AFL-CIO, travaillant pour le compte de la National Endowment for Democracy, est « accusé de fomenter un coup d’État avec l’opposition en cas de réélection de M. Loukachenko »« Beleaguered Belarus Leader Steps Up Press Crackdown », New York Times, 28 août 2001.American Expelled for Alleged Election Plotting, Los Angeles Times, 27 août 2001., il est renvoyé aux États-Unis.

L'opposition

Zubr (Bélarus : ЗУБР) est une organisation de droits civiques, proche des idées occidentales, qui a été créée en 2001Zubr : les bisons contre Loukachenko. Il s’agit d’une coalition de jeunes et d’organismes qui promeuvent la défense de la démocratie en Biélorussie, l’intégration du pays à l’Union européenne et aux structures de l’OTAN. dans le but de renverser le régime du président Alexandre Loukachenko. Inspirée du mouvement OtporL'Organisation de Coopération de Shanghaï: Nouvelle puissance ou tigre de papier ?...Ses militants auraient inspiré d’autres organisations, Kmara en Géorgie, Pora en Ukraine, Zubr en Biélorussie, MJAFT! en Albanie…On dit aussi que l’Open Society Institute financée par le milliardaire américain George Soros, avec près de 30 fondations, la plupart dans les ex-pays communistes, serait intervenue à différentes reprises. et des idées de Gene Sharp, elle a obtenu une reconnaissance internationale quand en 2005, Condoleezza Rice rencontra ses dirigeants en Lituanie. L'organisation a atteint militants, bénévoles et un réseau de coordinateurs dans 152 villes. En six mois, l'audience du Zubr a grandi à Minsk et dans quelques grandes villes. Elle n'est toutefois pas comparable à celle d'Otpor en Serbie, même si, de toute évidence, les jeunes Biélorusses ont bénéficié comme les jeunes Serbes d'un soutien américain sous forme de conseils, de stages à l'étranger et d'aide matérielle. .

Le , le Zubr commence sa première action en déployant devant le palais présidentiel une banderole sur laquelle il est écrit : « Les kidnappeurs doivent répondre de leurs actes ». L'un des manifestants est arrêté et condamné à quinze jours de prisonLa révolte des « bisons » biélorusses, liberation.fr..

Des activistes mènent notamment deux campagnes civiques, Khopits ! (Assez !) et Za Svabodu (Pour la liberté), qui aboutissent à l’organisation d’un concert de rock avant les élections et à l’installation, sur la Place d’Octobre, d'un village de tentes appelé « village de la liberté »Sur la place d'Octobre, les opposants biélorusses n'osent pas croire au succès d'une révolution, www.lemonde.fr, 22.03.2006. au moment des manifestations postélectorales.

Répression Dès le début de la campagne des élections présidentielles, les manifestations prennent de l'ampleur, amenant aussi le pouvoir à durcir la répression. Le , le président Alexandre Loukachenko déclare qu’il n’y aura pas, au Belarus, de « révolution rose », « orange », ou « de la banane ».

Les militants du Zubr, que les médias biélorusses assimilent à un groupe de « voyous caucasiens avinés », sont exclus des universités et ne peuvent plus continuer leurs études, , RFI.fr, 18/03/2006..

Le dimanche , jour de la proclamation des résultats du scrutin, de nombreuses manifestations protestant contre la falsification des résultats se mettent à tout casser. Des portes et des fenêtres du siège gouvernemental sont briséesBiélorussie : siège du gouvernement assiégé, lefigaro.fr.. Ce soir là, les policiers anti-émeutes arrêtent 639 opposants. L'Union européenne et les États-Unis condamnent la vague de répressionTollé après la répression en Biélorussie, Europe 1, 20/12/2010.. Alexandre Loukachenko déclare que les protestations de l'opposition contre sa réélection sont du « banditisme » et les manifestants des « vandales ». L'Occident dénonce l'élection et la répression biélorusses,www.lefigaro.fr..

Conséquences Le président Alexandre Loukachenko reste très populaire en Biélorussie[://www.cairn.info/zen.php?ID_ARTICLE=RTM_193_0055 Les ONG internationales et occidentales dans les « révolutions colorées » : des ambiguïtés de la démocratisation], Cairn., notamment parce que le niveau de vie des Biélorusses leur semble assez bon. Les élections de 2006 voient la réélection d'Alexandre Loukachenko avec 82,6 % des voix, son principal opposant Alexandre Milinkevitch n’obtenant officiellement que 6,1 % des voix.

Le , alors que la Russie entend « ne pas commenter cette élection qui est un évènement interne à la Biélorussie et externe à la Fédération russe », le président de la République ukrainienne, Viktor Ianoukovytch reconnaît la victoire de Loukachenko et « félicite le vainqueur, M. Loukachenko, pour sa victoire dans cette élection », tandis que le président de la République du Kazakhstan, Noursoultan Nazarbayev, « salue la victoire de Loukachenko et le reconnaît vainqueur de l'élection présidentielle ».

À la suite de la victoire de Loukachenko, le Zubr cesse son existence en Biélorussie.

Voir aussi Révolutions de couleur

Notes et références

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