Avril anciennement connu sous le nom de Sofiprotéol est un groupe agro-industriel français spécialisé dans l’alimentation humaine, l’alimentation animale, l'énergie et la chimie renouvelable.
Il dispose d’un portefeuille de marques comme Lesieur, Puget, Vivien Paille, Sanders ou Diester.
Le groupe est fondé en 1983 à l'initiative d’une démarche collective du monde agricole français qui s’est structuré en filière pour assurer des débouchés aux productions françaises d’oléagineux (colza, tournesol, soja) et de protéagineux (pois, féverole, lupin).
Le groupe Avril possède 82 sites industriels, opère dans et emploie . En 2025, son chiffre d’affaires s’élève à d'euros..
Son siège est basé à Paris.
Historique
1962 – 1983 : Du Plan protéines à la CNTA, la genèse de Sofiprotéol En 1962, un accord conclu dans le cadre du Dillon Round entraine en Europe une arrivée massive du soja américain, exonéré de droits de douane. Le soja, riche en protéines, s’impose comme l’aliment idéal pour le bétail.
En , à la suite d'une sécheresse exceptionnelle, le gouvernement américain décrète un embargo sur l'exportation de graines et de tourteaux provoquant une flambée des cours. Les éleveurs français et européens prennent conscience de leur dépendance.
En 1974, un Plan protéines est lancé en France sous la houlette d'un jeune syndicaliste agricole, Jean-Claude Sabin, avec l'appui des pouvoirs publics. L'objectif : augmenter les productions oléoprotéagineuses de colza, tournesol, pois, lin et féveroles en créant une filière française des huiles et protéines végétales. Deux organisations interprofessionnelles voient alors le jour : l'Union nationale interprofessionnelle des plantes riches en protéines (UNIP) en 1976 et l'Organisation nationale interprofessionnelle des graines et fruits oléagineux (ONIDOL) en 1978. Ces organisations fusionnent en 2015 pour donner naissance à Terres Univia.
Dans les années 1970, le Comptoir national des techniques agricoles (CNTA), acteur clé du Plan protéines, s'impose comme l'outil industriel de la filière française des oléoprotéagineux. Son dépôt de bilan en 1983 fragilise la filière dont il absorbe l'essentiel des productions. Les interprofessions décident alors de créer un fonds financier pour le renflouer : Sofiprotéol.
1983 : Naissance de Sofiprotéol vignette|Logo de Sofiprotéol. La nouvelle société veut devenir le financier principal de la filière française des huiles et protéines végétales. Elle compte parmi ses actionnaires de nombreux acteurs du monde agricole : l’UNIP, l’ONIDOL et la Fédération française des producteurs d'oléagineux et de protéagineux (FOP), qui réunit près de 100 000 producteurs.
Sofiprotéol compte cinq salariés en 1983.. Elle est présidée par Jean-Claude Sabin et la direction générale est confiée à Philippe Tillous-Borde, un ingénieur agronome spécialiste des investissements industriels. Ensemble, ils dirigent la société pendant près de 20 ans.
Dès l'origine, les objectifs de Sofiprotéol sont de sécuriser financièrement les productions des différents acteurs de la filière et d'assurer un débouché industriel aux récoltes d'oléagineux et de protéagineux. Elle joue d'abord le rôle de « banque de développement » de la filière en tant qu'établissement financier. Puis, dans les années qui suivent sa fondation, la société reprend des actifs dans le domaine de la trituration des graines, des semences et du conditionnement d'huiles alimentaires afin de développer les débouchés. C'est le début de la construction de la filière industrielle prolongeant la filière agricole – constituée par les agriculteurs, les organismes stockeurs de graines et les semenciers.
Au départ, Sofiprotéol finance son activité grâce à un fonds alimenté par les agriculteurs, la cotisation volontaire obligatoire (CVO), une taxe prélevée directement sur les exploitations de colza. Ce système opaque est épinglé en 2002 par la Cour des comptes, laquelle dénoncera un dispositif « à la légalité douteuse » et une « trésorerie surabondante ».
1987 – 1993 : Développement d'une filière française des biocarburants En quête de débouchés pour le colza français, l'ONIDOL lance en 1987 avec l'Institut français du pétrole (IFP) les premières études en vue de la création d'un biocarburant élaboré à partir d'esters méthyliques de colza. Après trois ans d'expérimentation, la marque Diester est lancée en 1990 et Sofiprotéol étoffe son outil de transformation des graines oléagineuses.
Sur la période 1991 – 1995, l'Union européenne alloue une enveloppe de 300 millions de francs pour soutenir des projets innovants dans le domaine des utilisations non alimentaires des produits agricoles dont font partie les biocarburants.. En 1992, la France autorise l'incorporation de biocarburants au diesel à hauteur de 5 % et jusqu'à 30 % pour les véhicules appartenant à une entreprise ou à un organisme. Sofiprotéol développe son activité industrielle en s'impliquant dans la gestion des outils de production du biogazole. C'est le début de la filière biogazole, marquée par la construction dès 1988 d'une première usine à Compiègne.
1993 – 2006 : renforcement de la stratégie de co-produits En 1993, Sofiprotéol inaugure une grande usine de trituration de colza et de tournesol à Grand-Couronne, près de Rouen. D'une capacité de , le site alimente dès 1995 une nouvelle usine destinée à la fabrication de biogazole.. Dans cette période, l'entreprise complète sa démarche d'économie de la performance où le déchet d'une industrie est revalorisé en coproduits. Sofiprotéol développe ainsi sa filière industrielle dans l'oléochimie, les biotechnologies, l'alimentation animale et l'alimentation humaine.
En 1996, Sofiprotéol crée Novance en partenariat avec Rhône-Poulenc Chimie. La société commercialise les produits dérivés des huiles végétales pour des utilisations non-alimentaires, comme la glycérine. Le groupe prend une participation en 1998 dans Glon Sanders, leader en France de l'alimentation animale, qu'il acquiert en totalité en 2012. En rachetant Lesieur en 2003 et Puget en 2004, Sofiprotéol devient le premier fabricant d'huiles alimentaires en France.. Entre 2007 et 2008, six nouvelles unités permettent de tripler la production de biogazole encouragée par les Plans biocarburants.
2007 – 2015 : Restructuration et internationalisation En 2007, Sofiprotéol crée deux pôles d'activité : un pôle végétal est chargé de valoriser les huiles végétales ; un pôle animal assume le développement des activités du groupe dans le domaine de la nutrition et des productions animales (rachat de 60% des actions de Sanders), et d'expertises connexes (biosécurité, spécialités nutritionnelles, etc.)..
Sofiprotéol renforce son positionnement international dans cette période. Avec l'acquisition de la société belge Oleon en 2008, le groupe devient le leader européen de l'oléochimie. Avec le rachat en Roumanie d'Expur en 2010, le groupe s'implante au cœur du bassin de production d'oléagineux d'Europe de l'Est et de la mer Noire, l'un des plus vastes d'Europe..
En 2011, Lesieur reprend Lesieur Cristal, le leader marocain d'huiles alimentaires d'olive, de graines et de savons. Sofiprotéol accompagne le développement des filières marocaines de colza, tournesol et olive dans le cadre du Plan Maroc Vert.
En 2012, Jean-Philippe Puig succède à Philippe Tillous-Borde à la tête du groupe.
2015 à aujourd'hui : nouvelle identité et nouvelles activités En 2015, le groupe, qui porte alors le nom de Sofiprotéol, devient une société en commandite par actions et adopte le nom « Avril ». Cette opération permet notamment de mieux distinguer les activités industrielles du groupe de celles de sa société d’investissement (qui conserve le nom de Sofiprotéol).
Toujours en 2015, le groupe revend Glon-Sanders, la branche volaillère issue de la fusion des abattoirs Glon avec Sanders en 1999https://www.lesechos.fr/1999/01/naissance-officielle-de-glon-sanders-760659 à LDC, renforçant encore la position dominante de cette dernière sur ce marché; le groupe conserve la branche historique de Sanders, la nutrition animale. Le groupe Avril annonce également l’acquisition de The Kerfoot Group, une société familiale britannique spécialisée dans la distribution et le conditionnement d’huiles destinées principalement aux industries agroalimentaires, ainsi qu’à l’industrie cosmétique et la restauration hors domicile.. La filiale Lesieur du groupe Avril devient actionnaire majoritaire de la SPHB (Société de Production des Huiles de Bourbon).
En , le groupe se dote d’une nouvelle usine, inaugurée par Manuel Valls, pour l’embouteillage et le conditionnement des huiles végétales Lesieur à Bassens..
En 2016, le Groupe Avril lance un fonds Sofiprotéol Dette Privée avec la société de gestion Tikehau IM, pour faciliter le financement des filières agroindustrielles et agroalimentaires.. En , le groupe Avril met en place une filière intégrée colza en Tunisie avec le gouvernement local..
En , Avril annonce l'acquisition d'une participation majoritaire dans Costa d'Oro, un producteur d'huile d'olive italienne (le groupe Castel prenant lui une participation minoritaire).. Avril lance en Oleo100, un carburant élaboré à partir de colza français (il s’agit du premier carburant entièrement végétal fabriqué en France)..
En , Avril fait l’acquisition de Lecico, société allemande spécialisée dans la lécithine et les phospholipides.. Saipol, filiale d’Avril, lance OleoZE en , un service d’achat des graines oléagineuses françaises durables. La plateforme permet aux agriculteurs et organismes collecteurs d’y commercialiser leurs graines de colza et de tournesol en rétribuant les pratiques agricoles qui réduisent les émissions de CO2..
Sur le plan financier, cette période se caractérise aussi par le retour du groupe en situation de bénéfice en 2018 (le cours du pétrole ayant pénalisé son activité de biocarburants les années précédentes.) et 2019, année où le bénéfice net double de 16 millions d'euros à 35 millions d'euros..
En 2019, Avril s’associe à Terrena pour créer une unité industrielle d’une capacité annuelle de 30 000 tonnes, spécialisée dans la trituration d’oléagineux Bio, destinée à produire des aliments pour le bétail et des huiles bio 100% françaises..
En 2021, Avril décide de se recentrer sur le végétal. Le groupe cède la société Théséo spécialisée dans la biosécurité..
En , Saipol, filiale du groupe Avril et Europorte, filiale de fret ferroviaire de Getlink, lancent une expérimentation pour faire rouler des locomotives avec Oleo100, carburant entièrement issu de colza français.
En , la direction d'Avril indique être entrée en négociations exclusives avec Bigard pour lui céder ses participations majoritaires dans les entreprises d'abattage porcin d'Abera et Porcgros..
En , le groupe Avril annonce son objectif de réduire de 60 % d’ici 2025 les émissions de CO2 liées aux transports. Cet engagement concerne l’ensemble des activités d’Avril en France.
Avril construit avec le groupe néerlandais DSM à Dieppe une unité destinée à la production de protéines de colza portée par la société Prolein. La protéine sera extraite par un procédé innovant sans solvant chimique.. La société Olatein produira de la protéine végétale destinée aux producteurs de jus végétaux, steaks et barres protéinées.. C'est pour le développement de cette nouvelle filière, que le groupe Avril et le fonds « Société de Projet industriel » (SPI) géré par Bpifrance, s'associent en .
En , l'autorité de la concurrence donne son feu vert pour le rachat au groupe Soufflet de sa filiale Soufflet Alimentaire par Avril.. Soufflet Alimentaire réalise un chiffre d'affaires annuel de 178 millions d'euros et va permettre à Avril de poursuivre son recentrage sur ses activités de transformation végétale..
En , Avril annonce négocier l'acquisition des activités liées à l'alimentation animale d'Axéréal..