Nikolaï Nikanorovitch Doubovskoï ( ; – ) est un peintre de paysages russe.
Biographie Doubovskoï est né à Novotcherkassk, une ville de l'oblast de Rostov, en 1859.. De 1877 à 1881, il étudie à l'Académie impériale des beaux-arts de Saint-Pétersbourg sous la direction de Mikhail Konstantinovitch Klodt. En 1886, il devient membre des Peredvizhniki (Les Ambulants), un groupe de peintres russes formé en réaction aux restrictions de l'académisme. Les Ambulants formaient à l'origine l'Artel des artistes (une coopérative). En 1870, le groupe évolue en Société des expositions itinérantes. La société est formée à Saint-Pétersbourg sous l'impulsion d'Ivan Kramskoï, Grigori Miassoïedov, Nikolaï Gay et Vassili Perov. En 1900, il devient membre de l'Académie des arts.
Œuvres
Ses œuvres sont emplies de ferveur, réalisées magistralement quant à la technique et font appel à des sujets fort appréciés de la nature russe. Elles prolongent la tradition des grands paysages panoramiques telle que son maître Mikhaïl Klodt (1832-1902) lui avait enseignée. Le peintre a réalisé plus de quatre cents peintures et environ un millier de croquis d'étude Коптева А. Н. Мастер «пейзажа настроения». К 150-летию Н. Н. Дубовского. Краснодарская краевая универсальная научная библиотека им. А. С. Пушкина..
N. N. Doubovskoï est un des rares peintres russes paysagistes qui ait obtenu tant de prix pour sa participation à des expositions de peintures à Paris, Munich, Rome. Ses toiles sont exposées à la galerie Tretiakov à Moscou, au Musée russe à Saint-Pétersbourg, au musée des beaux-arts des villes d'Omsk, de Nijni Novgorod, de Novotcherkassk, Kazan, Krasnoïarsk et encore d'autres nombreuses villes en Russie et à l'étranger.
Années d'apprentissage vignette|left|210px|Vue générale de Novotcherkassk, ville natale de N. N. Doubovskoï. Gravure-photographie. Fin du . vignette|right|210px|Cathédrale militaire de l'Ascension à Novotcherkassk, principale attraction de la ville natale de N.N Doubovskoï. La cathédrale militaire de l'Ascension est la principale église des Cosaques du Don, « second soleil du Don », fondée et consacrée le jour de la fondation de Novotcherkassk le 18(30) mai 1805 le jour de la fête de l'Ascension. Elle a été construite en un siècle. Elle est de style néo-byzantin. Elle est considérée comme la troisième de Russie par sa taille (), (après la Cathédrale du Christ-Sauveur de Moscou à Moscou et la Cathédrale Saint-Isaac de Saint-Pétersbourg à Saint-Pétersbourg. La troisième version a été ouverte et consacrée le 6 mai 1905. Photo de 1905 (ГПИБ). vignette|left|210px|Académie russe des beaux-arts sur l'Île Vassilievski à Saint-Pétersbourg, où Doubovskoï étudia puis plus tard puis enseigna. Ce bâtiment est construit à la demande de Catherine II de Russie en 1764—1788 suivant les plans des architectes Jean-Baptiste Vallin de La Mothe et Alexandre Kokorinov. Photo de 1912. vignette|right|210px|Kiev. Vue du Dniepr du côté de la statue élevée à Vladimir Ier (Vladimir le Grand)La Statue de Saint-Vladimir à Kiev fut érigée en 1853 ; elle est l'œuvre des sculpteurs Vassili Demuth-Malinovski et Peter Clodt von Jürgensburg, et de l'architecte Constantin Thon). et de la colline de Vladimir. C'est la ville qui a accueilli Doubovskoï et lui a donné l'occasion d'apprendre la science militaire et de se marier, sans abandonner sa première passion pour le dessin. Photographie vers 1890—1900.
C'est en copiant des illustrations de revues qu'il commence à dessiner : celles de la « Niva », « Illustration mondiale ». Son oncle, artiste, lui apprit, enfant, à dessiner de mémoire Дубовской Николай Никанорович на портале «Артведия».. Malgré son intérêt précoce manifesté pour le dessin, dans une famille dont l'intérêt pour l'art était une tradition, il est obligé par son père de choisir une carrière militaire. Sur l'insistance de ce dernier, en 1870, il fut inscrit à l'École des Cadets « Vladimir » de KievDu fait des réformes militaires russes le nom de l'École des cadets a changé plusieurs fois : en 1852—1857 — Неранжированный Владимирский Киевский кадетский корпус, en 1857—1865 — Владимирский Киевский кадетский корпус, 1865—1882 — Владимирская Киевская военная гимназия, en 1882—1920 — Владимирский Киевский кадетский корпус..
Étudiant à l'École des Cadets de Kiev, Doubovskoï n'abandonne pas sa passion, le cours de dessin reste toujours son cours préféré. Il attire sur lui l'attention de ses professeurs du fait qu'il passe tous ses temps libres à dessiner. Il trouve le moyen d'avoir quelques heures supplémentaires de liberté pour dessiner en se levant deux heures plus tôt que ses compagnons. Comme il avait remarqué son vif intérêt pour l'art, le directeur de l'École des Cadets conseille vivement à son père de l'envoyer étudier la peintureМинченков, Я. Д. Дубовской Николай Никанорович //В книге Минченков Я. Д. «Вспоминания о передвижниках». Ленинград. 1965. Издание пятое..
Après avoir terminé les cours de l'École des Cadets Vladimir de Kiev en 1877 à l'âge de 17 ans, il obtient l'autorisation de son père de se rendre à Saint-Pétersbourg, où il réussit à entrer à l'Académie russe des beaux-arts au début comme élève libre. Puis il suit les cours du peintre paysagiste Mikhaïl Klodt, qui devient son professeur. À l'Académie russe des beaux-arts, il étudie pendant quatre ans et reçoit ses quatre premières médailles d'argent. Encore étudiant, il exposé ses tableaux dans la classe de l'Académie et à la Société impériale d'encouragement des artsLa Société impériale d'encouragement des arts (1882—1917.) (À l'origine existait une société d'encouragement des arts entre 1820 et 1882 qui avait été fondée à Pétersbourg par un groupe de mécènes amoureux d'art. Son but était de promouvoir l'art en Russie et d'aider les artistes. Cela joua un rôle tout à fait positif sur le développement de l'art russe. L'organisation d'expositions, des concours et des prix favorisent la création d'œuvres artistiques. Elle libère aussi des artistes du servage, procure de l'aide aux artistes nécessiteux, subsidie des voyages d'artistes à l'étranger. Grâce à la Société d'encouragement, il existe enfin une école russe pour les élèves libres et un musée pratique des beaux-arts..
Bien qu'il soit inscrit et qu'il soit bon élève, il refuse néanmoins de participer au concours pour la médaille d'or et de peindre sur un sujet imposé. Sans terminer l'Académie, il abandonne les cours en 1881, répétant le geste du lors de la « Révolte des Quatorze »« Révolte des Quatorze » — Le scandale éclata à l'Académie russe des beaux-arts le 9 novembre 1863 quand quatorze élèves admis au concours pour la médaille d'or, refusèrent de peindre sur le sujet imposé tiré de la mythologie scandinave « Pir à Valhalla ». Il s'agissait en fait de treize peintres (Johann Gottlieb Wenig, Nikolaï Dmitriev-Orenbourgski, Alexandre Litovtchenko, Alexeï Korzoukhine, Nikolaï Choustov, Alexandre Morozov, Constantin Makovski, Firs Jouravliov, Ivan Kramskoï, Kirill Lemokh, Alexandre Grigoriev, Mikhaïl Peskov, Nikolaï Petrovitch Petrov), auquel se joignit un sculpteur (Vasily Kreitan)., tous diplômés de l'année 1863 qui, dirigés par Ivan Kramskoï, se privèrent par leur refus de la possibilité d'obtenir une bourse pour un séjour à l'étranger Статья «Николай Никанорович Дубовской» на сайте «Вольная станица»(Nikola Doubovskoï sur le site « village affranchi ».. Après son départ de l'Académie, le peintre débutant se consacre entièrement à la peinture de paysage. Il aime passionnément la nature. Il peint à cette époque Avant l'orage et Après la pluie, qui ne furent pas retenus par le Conseil académique, mais exposés lors d'une exposition de la « Société impériale de promotion des arts » : ils obtinrent tous les deux un prix.
Évolution du peintre vignette|left |210px|Le critique d'art réputé Vladimir Stassov (1824—1906) soutint les débuts de Doubovskoï lors de l'exposition des Ambulants en 1884. Pour Stassov, les Ambulants venaient en second lieu immédiatement après son amour pour la musique. Il était passionné par leur peinture et défendait leurs idées avec force. vignette|right |210px|L'immeuble de la Société impériale d'encouragement des beaux-arts dans la rue Bolchaïa Morskaïa à Saint-Pétersbourg, qui fut créée en 1820 pour soutenir le développement des beaux-arts. Photo de 1912. vignette|right|210px|Pavel Tretiakov (1832-1898) industriel-commerçant est un des premiers à remarquer et à soutenir les talents de Doubovskoï et à suivre sa création. Ensemble avec Savva Morozov et Dmitri Bakhrouchine ils poursuivent dans la tradition russe du mécénat. L'illustre collectionneur Tretiakov des chefs-d'œuvre russes, « qui a porté sur ses épaules toute la peinture russe » (Répine), créateur d'une galerie d'art privée mais destinée au public et qui en fit don à la ville de Moscou en 1892 (plus tard appelée : galerie Tretiakov). vignette|left|210px| À partir de 1884 et de sa toile Hiver (galerie Tretiakov) Doubovskoï s'affirme, devient plus indépendant grâce notamment à l'exposition des Ambulants de la même année où sa toile fut fort appréciée de la critique et des collectionneurs en vue. vignette|left|210px|Silence (1890, musée Russe, galerie Tretiakov (copie de l'auteur)), fut récompensée par la médaille d'argent de l'Exposition universelle de 1900 à Paris et reconnue comme un chef-d'œuvre de la peinture de paysage russe. C'est avec cette toile que Doubovskoï commence à développer ses « paysages d'humeur ». C'est l'étape la plus importante de sa vie d'artiste qui va inscrire son nom dans la lignée des grands paysagistes russes.
À partir de 1882, le jeune peintre commence à participer à toutes les expositions de la société d'encouragement des beaux-arts. Cette même année, il obtint pour ses tableaux Après la pluie et Avant l'orage à Malorossiï le second prix de la Société d'encouragement. Ses premiers pas dans le domaine du paysage attirèrent l'attention du public sur lui dès 1880.
En 1884, pour la des Ambulants, Doubovskoï s'affirme résolument avec son tableau Hiver, qui apparaît comme un évènement majeur dans le domaine du paysage. Personne avant lui n'avait réussi à rendre par la couleur la fraicheur des premières neiges dans les dernières taches de lumière du soir. Le spectateur ne regarde pas une froide transposition de la nature, mais au contraire est emporté par la profondeur, la sincérité de l'expérience de l'artiste qui poursuit calmement sa communion avec la nature.
Les premières participations aux expositions des Ambulants furent vivement appréciées par les critiques d'art et en particulier par Vladimir Stassov, de même que par les collectionneurs. Pavel Tretiakov fait l'acquisition de ce tableau pour sa galerie. Dans l'Hiver, si on observe, malgré l'indépendance acquise du peintre, l'influence de son maître Mikhaïl Klodt, on y retrouve aussi les liens qui l'unissent aux œuvres d'Alexeï Savrassov, de Fiodor Vassiliev et d'Arkhip Kouïndji Статья «Дубовской Николай Никанорович» на сайте «NoNaMe».. Le motif naturel, chez Doubovskoï, lié à un éclairage magique et précis, crée une atmosphère étonnamment poétique. « (…) Il semblait que F. Vassiliev et A. Kouïndji avaient réuni les meilleurs aspects de leurs talents pour produire ce chef-d'œuvre », — écrivait à cette époque le rédacteur de la revue ArtisteАртист est une revue artistique, de musique et de théâtre. Éditée à Moscou par Fiodor Koumanine de 1889 à 1895. V. N. Mikheïev. Après ce succès, Doubovskoï commença à exposer lors de toutes les expositions des Ambulants, soit 700 de ses œuvres.
Les convictions et la vision du monde de Doubovskoï l'ont amené du côté des Ambulants, où il reçut un soutien et une reconnaissance vite acquise de son œuvre. Ce fut une pléiade de jeunes peintres tels qu'Abram Arkhipov, Isaac Levitan, Valentin Serov ou Apollinaire Vasnetsov qui l'accueillit en 1884 parmi ces Ambulants Статья «Дубовской Николай Никанорович» на сайте « ArtOnline »..