La Compagnie des messageries maritimes ou les Messageries maritimes (MM) est une compagnie maritime française prestigieuse, indépendante de 1851 au , puis fusionnée avec la Compagnie générale transatlantique (CGT) pour former la Compagnie générale maritime (CGM).

Histoire vignette|gauche|Quai de la Joliette et Messageries Maritimes dans le port de Marseille (entre 1890 et 1905). En 1851, Albert Rostand, armateur marseillais, proposa à Ernest Simons, directeur des Messageries nationales, de s'associer. Il voulait créer une compagnie maritime de messageries.

Cette compagnie est créée sous le nom de Messageries nationales. Par la suite, elle acquiert le nom de Messageries impériales. Enfin, en 1871, avec les changements de régime politiques en France, elle devient la Compagnie des messageries maritimes.

Comme d'autres compagnies de navigation, puis d'aviation et d'agences de voyages, les bureaux parisiens des Messageries Maritimes sont implantés dans le quartier de la Madeleine à Paris, occupant un grand immeuble, entre le boulevard de la Madeleine et la rue de Sèze, les rues Vignon (22 fenêtres en façade) et Godot de Mauroy. Quartier prestigieux, mais arpenté par des prostituées de luxe, ce qui inspire à un humoriste le dicton suivant : « Les Messageries font le tour du Monde … mais le demi-monde fait le tour des Messageries ».

La messagerie maritime impose de posséder des navires, de les entretenir ou d'en construire. Ainsi, l'ingénieur Henri Dupuy de Lôme et Armand Béhic, s'associant au projet, encouragent le rachat du chantier naval de La Ciotat. La majorité des navires de la compagnie sont construits dans ce chantier naval.

La compagnie assure deux types de lignes : lignes commerciales : transport de passagers (paquebots et paquebots mixtes) et de marchandises (navires de charge et paquebots mixtes). lignes subventionnées par l'État : lignes postales, incluant le transport obligatoire gratuit ou a des prix réduits des "passagers de l'État" (fonctionnaires, etc.) et du matériel de l'État.

À partir de 1881, les primes à la navigation commerciale pour les lignes véritablement commerciales s'ajoutent aux subventions postales. Dans la mesure où la compagnie dessert à la fois des lignes libres, dites commerciales, et des lignes subventionnées, dites postales, elle bénéficie de deux systèmes d'aides publiques. Dès les années 1880, elle se lance même dans la construction de cargos destinés à un usage uniquement commercial lui permettant de récolter les primesMarie-Françoise Berneron-Couvenhes, "La Compagnie des Messageries Maritimes: Initiatives privées et subventions publiques à l'origine d'un grand armement commercial français au XIXe siècle", Revue d'histoire maritime, , 2006, ..

L'analyse des sources comptables de la compagnie révèle la relative inefficacité des aides de l'État. Cette analyse démontre que jamais la compagnie n'afficherait de bénéfices si elle ne percevait pas des subventions. Ce déficit s'accroît à partir de 1882 en raison des particularités techniques de la navigation à vapeurMarie-Françoise Berneron-Couvenhes, , ..

La société est au palmarès des capitalisations de 1891, à la Bourse de Paris, où les sociétés de services (banque, transport, distribution de gaz ou d'électricité restaient dominantes).

Elle dispose de filiales dont les Affréteurs maritimes indochinois fondés en 1920 et dissous en 1948..

Pendant la Seconde Guerre mondiale certains des navires des Messageries maritimes furent saisis, dont en particulier les paquebots Maréchal Joffre et Aramis qui participèrent tous deux à la guerre du Pacifique. Le Maréchal Joffre est saisi par les Forces françaises libres aux Philippines et confié aux États-Unis fin 1941. Ceux-ci, via la War Shipping Administration (WSA) exploitèrent le navire comme transport de troupes dans le Pacifique sous le nom de d'USS Rochambeau jusqu'en 1945, où il est rendu aux Messageries maritimes. LAramis, quant à lui, est saisi par le Japon à Saïgon en 1942 et est également exploité comme transport de troupes sous le nom de Teia Maru. Le , il est coulé avec à bord par trois torpilles du sous-marin américain au sud de Taïwan, alors qu'il navigue au sein du grand qui amène des renforts aux Philippines et à Singapour.

Le dernier paquebot commandé par les Messageries Maritimes est le MS Pasteur, lancé à Dunkerque en 1966. Le Pasteur, construit par les chantiers navals de France-Dunkerque, est un paquebot mixte, doté de cales frigorifiques, exploité sur la ligne Europe-Amérique du Sud. Il est vendu en 1972, du fait de la concurrence croissante de l'aviation. Mais le dernier paquebot à être exploité par les Messageries maritimes est le petit paquebot mixte MS Polynésie, livré en 1955 par les Chantiers Dubigeon de Nantes, qui assure de 1955 à 1975 un service entre la Nouvelle-Calédonie, les Nouvelles-Hébrides et l'Australie.

À partir des années soixante, la majorité, puis la totalité de la flotte des Messageries Maritimes est composée de navires de charge, cargos classiques, porte-conteneurs, navires rouliers ou porte-conteneurs et rouliers ('ConRo'), navires frigorifiques, grands pétroliers et méthaniers et un navire de support scientifique, le Marion Dufresne, pour les Terres australes et antarctiques françaises. Les lignes des Messageries Maritimes desservaient essentiellement l'Asie, le Pacifique Sud, le Moyen-Orient, l'océan indien, l'Afrique et la côte est de l'Amérique du Sud. En , le cargo Maori coule dans le golfe de Gascogne, pour des raisons encore inexpliquées. 38 des 39 membres d'équipage périssent. C'est le dernier naufrage d'un navire de la compagnie.

En 1977, l'État fait fusionner les Messageries maritimes avec la Compagnie générale transatlantique sous le nom de Compagnie Générale Maritime (CGM), qui devint en 1999 la CMA CGM après privatisation avec la CMA.

Présidents

Dans la culture Sahara Blue (1992) d'Hector Zazou, une mise en musique de poèmes d'Arthur Rimbaud. Richard Bohringer y interprète le titre final, Lettre au Directeur des Messageries Maritimes.

Notes

Voir aussi

Articles connexes Transport maritime Liste de paquebots

Bibliographie Les messageries maritimes à Hong Kong : 1918-1941, par François Dremeaux, édition Gope, 2014 Marie-Françoise Berneron-Couvenhes, Les messageries maritimes : l'essor d'une grande compagnie de navigation française, 1851-1894, PUPS, Paris, 2007, 839 p. (texte remanié d'une thèse à l'université de Paris 4, 2002) Marie-Françoise Berneron-Couvenhes, La Compagnie de navigation française des messageries maritimes de 1851 à 1914 : entreprise de transport et service public, 2002 Philippe Ramona, Paquebots vers l'Orient, Nouvelles Editions Sutton, 2001 Commandant Jean Lanfant, Historique de la flotte des messageries maritimes: 1851-1975, édition Hérault, 2000 Pierre Patarin, Messageries maritimes: Paquebots et voyageurs du passé, 1997 Paul Bois, Le grand siècle des Messageries maritimes, 1992 Roger Carour, Sur les routes de la mer avec les Messageries maritimes, éditeur André Bonne 1968 André Siegfried et Jérôme et Jean Tharaud, Cent ans de Services Maritimes Français. Le Centenaire des Services des Messageries Maritimes (1851-1951), édité par Imprimeries Ettighoffer et Raynaud, 1952 Colette Cordebas, La Compagnie des messageries maritimes, mémoire, Institut d'études politiques, 1951 Georges Philippar, Pierre de Saboulin Bollena, Messageries maritimes: . [1852-1927], 1928 La Compagnie des Messageries Maritimes et la guerre, CMM Imprimerie Haymann, 1921

Liens externes

L'encyclopédie des Messageries maritimes Messageries maritimes Centre de conservation et de consultation des archives des Messageries Maritimes

Catégorie:Compagnie maritime ayant son siège en France Catégorie:Armateur (entreprise) Catégorie:Transport maritime à Marseille Catégorie:Entreprise fondée en 1851 Catégorie:Entreprise disparue en 1975 Catégorie:Messageries maritimes