vignette|L'imprudente, Elizabeth Jane Gardner, 1884. La noyade est une asphyxie par inondation des voies respiratoires, causée par la submersion ou l'immersion dans un liquide et indépendamment des conséquences et de leur gravité. L’immersion correspond au fait d’être recouvert de liquide (l’immersion de la face ou des voies aériennes seule suffit à causer la noyade). La submersion renvoie au fait que le corps entier est plongé dans un liquide..

La noyade peut être résolue par des manœuvres de sauvetage aquatique pour aider la victime à sortir de l’eau et la pratique des premiers soins adaptés.

Circonstances La noyade peut être collective : inondations et autres catastrophes naturelles comme un tsunami, des naufrages, etc.

Parmi les noyades individuelles, on peut distinguer : les noyades primitives (90 % des noyades) ; nageur épuisé, chute dans l'eau sans savoir nager (surtout enfants de moins de 4 ans), dans des cuves industrielles (accident professionnel) ; les noyades par syncope survenant dans l'eau (10 % des noyades) : traumatisme (plongeon dans une eau pas assez profonde), affection médicale (trouble neurologique, cardiaque, métabolique, allergie aux méduses, hydrocution). La noyade est le mode de suicide le plus utilisé après la pendaison, plus fréquemment en été ; le suicide par noyade en baignoire s'accompagne de prise de psychotropes, d'alcool... Les meurtres par noyade sont rares, ils étaient historiquement un moyen d'infanticide.

Mécanisme La noyade n'entraîne pas nécessairement la pénétration d'une grande quantité d'eau dans les poumons. Même en faible quantité, l'eau inhalée peut provoquer une apnée réflexe associée ou non à un laryngospasme. L'épiglotte se ferme par spasme laryngé pour protéger les voies respiratoires. Par conséquent, l'oxygène disponible dans l'organisme diminue. On parle d'hypoxie. Si l'hypoxie cérébrale se prolonge, le spasme se lève, permettant l'entrée de l'eau dans les voies respiratoires. Un laryngospasme peut ne pas entraîner de fermeture glottique complète. Dès les années 1950, certains auteurs ont affirmé que 10 % des noyades mortelles se produisaient sans que l'eau pénètre dans les poumons : la victime mourrait d'un laryngospasme. Des études du début des années 2000 suggèrent que l'incidence réelle de la noyade sans inhalation de liquide est beaucoup plus faible qu'estimée précédemment. Une évaluation critique de la littérature ainsi que des observations cliniques ont conclu que la « noyade sèche » à la suite d'un laryngospasme n'existait pas. Si un laryngospasme se produit initialement, il cesse de fonctionner en raison de l'hypoxie progressive des muscles laryngés alors que les efforts respiratoires sous l'eau sont soutenus. Des études médico-légales, utilisant également des traceurs microscopiques du liquide de noyade, indiquent que la pénétration de liquide dans les poumons se produit dans presque tous les décès par noyade même chez ceux qui ont un poumon macroscopiquement apparent sec.

Au niveau cardiaque, le cœur s'accélère dans un premier temps puis ralentit et s'arrête (asystolie) en quelques minutes. Ce délai peut très sensiblement s'allonger en cas de noyade en eaux froidesTipton MJ, Golden FS, A proposed decision-making guide for the search, rescue and resuscitation of submersion (head under) victims based on expert opinion, Resuscitation, 2011;82:819-824.

Le fait que la noyade se passe en eaux douces ou en eaux salées ne semble pas changer fondamentalement les donnéesOrlowski JP, Abulleil MM, Phillips JM, The hemodynamic and cardiovascular effects of near-drowning in hypotonic, isotonic, or hypertonic solutions, Ann Emerg Med, 1989;18:1044-1049. Le fait d’aspirer de l'eau douce ou de l’eau salée n’a pas de signification clinique. Dans les deux cas, il y a destruction des alvéoles pulmonaires avec extravasation de sang avec œdème pulmonaire. Il existe également un lavage du surfactant pulmonaire.

Les séquelles persistant après la noyade de la victime sont en fonction de l'importance de l'hypoxie et de sa durée. L'introduction d'eau dans les poumons peut entraîner une contamination par des bactéries ou des champignons.

La noyade ne doit pas être réduite à une forme d'asphyxie. Ainsi, le premier danger est l'hypothermie : dans une eau à 10°, la mort survient au bout d'une à deux heures, indépendamment de la quantité d'eau inhalée. Elle peut être aussi un avantage, procurant une certaine protection contre l'hypoxie tissulaire permettant une récupération malgré une prise en charge un peu plus tardive.

Étapes et temps Le processus de noyade comporte quatre phases : l'aquastress : la victime panique, a des gestes désordonnés, et fait ce qu'on appelle « le bouchon » : s'enfoncer dans l'eau puis remonter successivement, la tête en arrière, en battant l'eau avec les bras, incapable d'appeler à l'aide. Cette phase de la noyade, appelée réaction instinctive à la noyade, passe souvent inaperçue de ceux qui en sont pourtant témoins : la victime ne paraît pas se noyer, mais jouer dans l'eau. De nombreuses personnes se noient ainsi à quelques mètres d'autres nageurs qui ne remarquent rien ; la petite hypoxie : la victime commence à être épuisée, elle est toujours à la surface de l'eau, toujours consciente mais elle a déjà inhalé ou bu plusieurs fois de l'eau ; la grande hypoxie : la victime ne se maintient plus à la surface, elle est complètement épuisée. Elle a déjà inhalé beaucoup d'eau et elle est de moins en moins consciente ; l'anoxie : la noyade dure depuis plusieurs minutes. La victime n'est plus consciente, ne respire plus, et ne montre plus de signe d'activité cardiaque.

Les victimes ne passent pas forcément par toutes ces étapes : dans des cas extrêmes d'hydrocution, d'arrêt cardiaque ou autre, l'inconscience, l'absence de respiration et de circulation sont immédiates. Ces noyades rapides (4 à 5 minutes), sont appelées submersion-inhibition, « noyade syncopale » ou « fausse noyade » (par opposition à la « noyade vraie » par asphyxie). Le phénomène réflexe d'hydrocution s'accompagne d'une fermeture des sphincters, ce qui fait que peu d'eau entre dans les voies aériennes supérieures. Ainsi, la blancheur cireuse des noyés par submersion-inhibition (appelés « noyés blancs ») s'oppose à la cyanose marquée sur le visage (avec les conjonctives hyperhémiées) et le corps des noyés par submersion-asphyxie (appelés « noyés bleus »).

Temps La durée de vie sous l'eau dépend de plusieurs facteurs: l'énergie usée pendant la noyade, les fois dans lesquelles on peut respirer, l'état physique, l'âge, etc.

Inconscience: Sous l'eau, un être humain deviendrait inconscient entre 1 et 3 minutes (très généralement, car ce temps peut être plus ou moins long). Les plus grands spécialistes du monde perdurent environ 3 minutes submergés avant d'être inconscients, et près de 25 minutes s'ils sont totalement statiques, mais à long terme ils peuvent souffrir de séquelles ou d'incidences, et leurs compétitions sont très dangereuses. Mort: Sous l'eau, un être humain peut prendre pour mourir jusqu’à 10 minutes ou un peu plus (de manière très générale, car ce temps peut être plus grand ou moins). Mais, dans un cas exceptionnel et avec les meilleures circonstances, les premiers soins ont réanimé un noyé qui fut sous l'eau environ 1 heure et 5 minutes.

Prévention Prévention sur divers dangers La noyade est un problème contre lequel il y a mesures de prévention étudiées et recommandées par les institutions:

vignette|La supervision de ceux qui sont dans l'eau est d'une grande importance contre la noyade|280x280pxvignette|Les petits enfants peuvent se noyer dans un seauSurveillance : La supervision est importante pour toute baignade, car les noyades ne provoquent pas systématiquement du bruit et des éclaboussures, elles peuvent arriver silencieusement. La surveillance est particulièrement importante pour les enfants. Plus de 500 enfants meurent noyés chaque jour dans le monde. Les jeunes enfants doivent être surveillés, pendant leur baignade ainsi qu'autour du lieu de baignade. Même une personne sachant bien nager devrait être surveillée lorsqu'elle se baigne. Il est nécessaire d'éviter de laisser des enfants seuls dans des endroits avec de l'eau, tels que les piscines, les baignoires, les WC, etc. Un bébé peut se noyer dans d'eau (dans une baignoire, etc.). Un enfant jouant dans le jardin ou la maison peut échapper à la surveillance des adultes et se glisser dans une piscine ou n'importe quelle zone avec de l'eau. Il n'y a pas toujours de chute provoquant de bruit caractéristique ("plouf"), ce qui explique le nombre important d'accidents. Lorsque les enfants jouent dans l'eau, une zone peu profonde est plus sécuritaire.De plus, les baigneurs devraient toujours être proches de quelqu'un pouvant intervenir, afin qu'ils puissent être secourus à temps en cas de danger ; un jeune enfant peut se noyer en une trentaine de secondes, et, en moins de 2 minutes, un adulte peut déjà être inconscient sous l'eau. Les sites de natation surveillés par des sauveteurs sont plus sûrs. L'OMS recommande d'augmenter la présence de sauveteurs dans les lieux de baignade aux horaires de forte fréquentation. Apprentissage de la natation : Savoir nager est une des meilleures façons d'éviter la noyade. Des études recommandent aux enfants d'apprendre à nager lorsqu'ils ont entre 1 et 4 ans, dans un environnement sûr et supervisé. Apprendre à nager peut également être utile pour les adultes, qui doivent également suivre des cours dans un environnement sûr et en étant supervisés. Le fait de savoir nager n'exclut pas la possibilité de noyade (par l'état de l'eau et d'autres circonstances), il est donc toujours recommandé de nager dans des endroits sûrs et sous surveillance. Éducation supplémentaire : L'OMS recommande la formation du grand public en premiers soins pour la noyade, en réanimation cardiopulmonaire (RCP), et pour se comporter en toute sécurité dans l'eau. D'un autre côté, il est pratique de donner aux mineurs des normes de sécurité pour éviter la noyade. S'ils ne savent pas nager, il est recommandé de leur apprendre à ne pas se baigner en eaux profondes. vignette|Il est important de ne pas sauter dans l'eau sans en connaître la profondeur, ni de plonger tête la première. |280x280pxNe pas sauter dans l'eau sans connaître la profondeur : Et savoir s'il y a, ou s'il peut y avoir, des rochers qui ressortent. Les plongeons "tête la première" provoquent plus de 70% de toutes les lésions médullaires liées aux sports et aux activités récréatives. Une chute de grande hauteur sur les eaux peu profondes (dans la mer ou dans les piscines) peut entraîner un choc avec le fond de l'eau. Ce choc peut être létal, induire une paralysie irréversible ou provoquer la noyade. Ne pas nager sous l'emprise de l'alcool ou de drogues : Les statistiques indiquent que l'alcool et les drogues augmentent la possibilité de noyade. Ce danger est plus grand dans les bars à côté de l'eau, lors de fêtes organisées sur des bateaux, etc. Être à l'aise dans l'eau et connaître ses limites : La fatigue est un facteur de risque. Elle peut apparaître à la suite de mouvements réflexes qui surviennent au début de la noyade, ou d'une méconnaissance de ses propres capacités physiques, empêchant le nageur d'atteindre le rivage ou le bord de la piscine. Il est important de faire des pauses et de réduire la durée de la baignade en cas de fatigue. En cas de lésion survenant pendant la baignade, ou de piqûre par une méduse, il est essentiel de sortir de l'eau. Dans le cas d'une crampe ou d'une contracture musculaire, il faut garder son calme, se déplacer vers le rivage ou le bord de la piscine et demander de l'aide. Si un problème rend la nage plus difficile, la position horizontale permet de flotter sans effort et d'économiser ses forces en attendant les secours.