Kilstett est une commune française située dans la circonscription administrative du Bas-Rhin et, depuis le , dans le territoire de la collectivité européenne d'Alsace, en région Grand Est.

Ses habitants sont appelés les Kilstettois et Kilstettoises.

Géographie Localisation

Kilstett est située à environ au nord de Strasbourg. Le village possède une gare SNCF sur la ligne Strasbourg - Lauterbourg, entre La Wantzenau et Gambsheim. Il est situé sur la Véloroute Rhin EV 15 (1 320 km) qui relie la source du Rhin, située à Andermatt en Suisse, à son embouchure à Rotterdam. Le risque de conurbation entre La Wantzenau, Kilstett et Gambsheim est élevé selon l'ADEUS ADEUS: référentiel paysage Ried-Nord sur bas-rhin.fr Voir pp. 67 et 79.. La construction d'un lotissement au nord de la ville de La Wantzenau, au lieu-dit SchwemmlochSchwemmloch sur sers.eu, en direction de Kilstett, renforce cette hypothèse.

Communes limitrophes

Hydrographie Réseau hydrographique La commune est dans le bassin versant du Rhin au sein du bassin Rhin-Meuse. Elle est drainée par le ruisseau le Landgraben, le ruisseau le Giessen, la Fosse Neugraben et le ruisseau l'Erlengraben..

Le Landgraben, d'une longueur de , prend sa source dans la commune de Berstett et se jette dans la Moder à Dalhunden, après avoir traversé .

vignette|centre|redresse=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique de KilstettLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés..

Gestion et qualité des eaux Le territoire communal est couvert par le schéma d'aménagement et de gestion des eaux (SAGE) « Ill Nappe Rhin ». Ce document de planification concerne la nappe phréatique rhénane, les cours d'eau de la plaine d'Alsace et du piémont oriental du Sundgau, les canaux situés entre l'Ill et le Rhin et les zones humides de la plaine d'Alsace. Le périmètre s’étend sur . Il a été approuvé le . La structure porteuse de l'élaboration et de la mise en œuvre est la région Grand Est..

La qualité des cours d’eau peut être consultée sur un site géré par les agences de l’eau et l’Agence française pour la biodiversité..

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat des marges montagnardes, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat semi-continental. et est dans la région climatique Alsace, caractérisée par une pluviométrie faible, particulièrement en automne et en hiver, un été chaud et bien ensoleillé, une humidité de l’air basse au printemps et en été, des vents faibles et des brouillards fréquents en automne (25 à ).. Elle est en outre dans la zone H1b au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Waltenheim-sur-Zorn à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... . Urbanisme Typologie Au , Kilstett est catégorisée petite ville, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle appartient à l'unité urbaine de KilstettUne unité urbaine est, en France, une commune ou un ensemble de communes présentant une zone de bâti continu (pas de coupure de plus de entre deux constructions) et comptant au moins . Une commune doit avoir plus de la moitié de sa population dans cette zone bâtie. , une unité urbaine monocommunale constituant une ville isolée.. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Strasbourg (partie française), dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de ou plus (hors Paris)...

Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (77,6 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (82,8 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : terres arables (77,4 %), zones urbanisées (18,5 %), forêts (3,8 %), zones agricoles hétérogènes (0,2 %), eaux continentalesLes eaux continentales désignent toutes les eaux de surface, en général des eaux douces issues d'eau de pluie, qui se trouvent à l'intérieur des terres. (0,1 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Histoire Bataille de Kilstett (janvier 1945) En janvier 1945, pendant la Seconde Guerre mondiale, une contre-offensive lancée par l'armée allemande pour tenter de reprendre Strasbourg fut stoppée lors de la bataille de Kilstett. Les Allemands lancent l'opération « Nordwind » pour reprendre Strasbourg : les combats ont lieu au nord et au sud de la ville et Kilstett est le lieu de défense de ses accès : les Allemands sont contenus quand la Armée décide de faire venir des Vosges des éléments d'artillerie du RA, en appui à la Wantzenau et Hœrdt, pour protéger le régiment de Tirailleurs Algériens, le chasseurs, le régiment de Marche de la Légion Étrangère, et le SpahisBataille de Kilstett (site de la ville).

Le au matin, alors que la armée française est tout entière au contact dans la poche de Colmar, de Lattre, ayant reçu l'ordre d'inclure Strasbourg dans la zone de son armée, décide aussitôt d'y envoyer le général Guillaume avec sa DIA. Mais cette grande unité, alors sur la ligne des crêtes vosgiennes, ne pourra rejoindre que le en fin de journée. Or la menace sur Strasbourg se précise. Dans la nuit du 4 au 5 - selon un renseignement F.F.I. -, l'ennemi a entrepris la construction d'un pont devant Gambsheim afin de permettre à ses blindés de traverser le Rhin. Le général Schwartz, gouverneur militaire de Strasbourg, affirme qu'il se battra jusqu'au bout. Il ne dispose cependant que de très faibles forces : 4 escadrons de la garde républicaine médiocrement armés, à effectif très réduit (moins de 350 hommes) et des F.F.I. strasbourgeois. Les 4 unités de la garde républicaine (...) constituaient, sous les ordres du chef d'escadron Daucourt, un groupement articulé en 2 sous groupements : le et le escadron d'une part ; le et le escadron d'autre part. Chaque escadron avait créé un groupe franc qui patrouillait la nuit ou tenait des observatoires avancés vers le Rhin.

Pour cette mission très dangereuse, le chef d'escadron Daucourt désigne les et escadrons, renforcés par un peloton du escadron, soit à peine 200 hommes. Liaison est aussitôt prise avec les F.F.I. locaux et avec un élément américain qui se trouve encore là en arrière-garde du repli amorcé. (...) La progression aidée par les F.F.I. de Kilstett démarre à 15 h 15, sur un terrain découvert et absolument plat. À du premier objectif - Bettenhoffen - les premiers éléments sont pris sous le feu d'armes automatiques. Plusieurs gardes républicains sont blessés. Malgré l'absence totale de feux de soutien ami, la progression continue sous un violent tir d'artillerie et de mortiers. Le lieutenant Cambours, commandant le escadron, tombe mortellement frappé. Son adjoint, le lieutenant Perré est grièvement blessé. Les escadrons manœuvrent pour déborder la résistance allemande. Vers 16 h 30, les tirs d'artillerie ennemis s'intensifient, tuant 3 gardes républicains et en blessant encore plusieurs autres. Malgré tout, la progression se poursuit. 2 blessés refusent de se faire évacuer. Il s'agit du garde Barjolet, le visage ravagé par un éclat d'obus et du garde Martin, qui, un œil crevé et divers bras fracassé, doit faire l'objet d'un ordre ferme pour aller se faire soigner. En dépit de l'opposition acharnée de l'ennemi, les abords de Bettenhoffen sont atteints. Cependant, devant la supériorité écrasante des tirs adverses et la diminution inquiétante des munitions, le repli est décidé. Les gardes décrochent sous un feu d'enfer et viennent se réinstaller défensivement devant Kilstett, ramenant avec eux les blessés et mourants. La nuit tombe, troublée de rafales de mitrailleuses et d'explosions d'obus, tandis que de menaçants grondements de chars ennemis laissent présager l'attaque au petit jour. Celle-ci ne se produira cependant pas. Les Allemands ont été « bluffés » par l'ardeur combative des gardes et par ailleurs, l'artillerie américaine alertée, a détruit le pont en construction devant Gambsheim, interdisant ainsi aux panzers la traversée du Rhin. En lieu et place d'une attaque allemande, c'est une compagnie américaine arrivée le à 7 h qui tente aussitôt, avec 3 chars et la garde républicaine en accompagnement, de poursuivre l'opération commencée la veille. Cette colonne ne peut percer mais ramène une centaine de prisonniers allemands. Les gardes les font parler et apprennent avec stupéfaction - mais non sans fierté - qu'avec 200 hommes à peine ils ont réussi à tenir en échec la tête de pont ennemie comprenant combattants aguerris (...). Ce renseignement exalte le moral de tous sans cependant estomper le lourd tribut des pertes subies : 1 officier tué : lieutenant Georges Cambours ; 3 gardes tués : Émile Barbin, Fernand Kember et Irénée Lannoy ; 1 officier très grièvement blessé : lieutenant Perré (devenu général en 1977) ; 15 gradés et gardes blessés, la plupart grièvement. (...) La gendarmerie a fait élever, avec le concours des habitants du village, une stèle solennellement inaugurée le et devant laquelle la gendarmerie d'Alsace célèbre chaque année les combats de par une prise d'armes commémorative.

Contrairement à ce qui est dit ci-dessus, ce n'est pas une compagnie américaine qui est arrivée en renfort au matin du , mais des éléments de la compagnie de marche du Tchad, unité de la D.B. du général Leclerc. Au cours des combats furent tués, entre autres, l'adjudant Groetz et le caporal Saussier. À l'origine, la compagnie du régiment de marche du Tchad fut créée avec une unité de F.F.I. du arrondissement de Paris nommée « Escadron de Vaugirard ».

À l'issue de la bataille, le général de Lattre de Tassigny, commandant en chef de la Armée française, cite à l’ordre de l'Armée le bataillon du régiment de tirailleurs algériens de la DIA et à l'ordre du corps l'armée, son bataillon :