Henri Maux (-) est un ingénieur des ponts et chaussées coloniaux, spécialiste de l'hydraulique agricole (irrigation et drainage) et l'un des premiers hauts fonctionnaires français à traiter le problème du chômage.
Carrière
Il effectue les dix premières années de sa carrière en Indochine : sept ans au Cambodge, puis trois ans en Cochinchine. Grâce à la politique des Grands Travaux décidée par la métropole, il multiplie par dix la production du riz dans la région du Transbassac et fait remuer autant de terre que pour le creusement du canal de SuezLa Belle Aube. Jeune ingénieur en Indochine 1927-1936, A.Maux-Robert, Les Presses du Midi, 2014Conférence sur l’Hydraulique Agricole en Indochine, par H. Maux, 1944 à la Ligue Maritime et coloniale, puis à la Sorbonne; Note sur les canaux mixtes de Basse Cochinchine par H. Maux, Bulletin de l’association internationale des Congrès de Navigation, janvier 1937.. Au cours de ses voyages, il prend de nombreuses photos.
Il effectue ensuite une mission dans la Chine de Tchang Kaï-chek, pour le compte de la Société des Nations, au début de la guerre sino-japonaiseLe Dragon de l’Est. En mission dans la Chine en guerre 1937-1939 , A. Maux-Robert, Champflour, 1999, édité avec le concours du ministère des Affaires étrangères et prend de nombreuses photos.
Il rentre en France à la déclaration de guerre en , et accepte un poste dans le cabinet du ministre du Travail René Belin : commissaire adjoint à la Lutte contre le chômage pour la zone sudLe commissariat à la lutte contre le chômage en zone sud, in Guerres mondiales et conflits contemporains , 2002, Presses Universitaires de France. Le Juste oublié. La Lutte contre le chômage à Vichy 1939-1944, A Maux-Robert, Lavauzelle, 2003, Prix Auguste Pavie de l’Académie des sciences d'outre-mer. Il y recrute des figures de la Résistance comme Berty Albrecht et Guy de Saint-Hilaire et devient ensuite correspondant du réseau Marco.
En lui est confiée la gestion du sort des étrangers établis en zone sud (), qui embarrasse le gouvernement de Vichy. Il va protéger les Juifs, ce qui lui vaudra d'être nommé Gardien de la VieAssociation Française pour l'Hommage aux Gardiens de la Vie par le Consistoire central de FranceLettre du Pt du Consistoire Central de France, Jean Kahn, 2 juillet 2004 : Gardien de la Vie, dossier 16-258.
Le sort des travailleurs indochinois l’intéresse particulièrement : il fait envoyer en Camargue environ 500 Indochinois familiarisés avec la culture du riz, qui peuvent ainsi échapper au sort pénible qui leur est réservé dans les camps et les usines d’armement.
Maux est à l'origine de l'extension de la riziculture en Camargue. Survolant en avion avec son ministre, le delta du Rhône, en , il constate que selon l'écrivain Alexandre Vialatte venu l'interviewer à deux reprisesInterview Alexandre Vialatte, journaliste au Petit Dauphinois, Vichy, août 1941. La première récolte de riz en Camargue a lieu à l’automne 1942 et représente 125 tonnes de riz consommable, pour 250 hectares de rizières.
Malgré ses efforts pour dresser les contours d'une politique de lutte contre le chômage Maux sera exclu de Vichy en raison de son opposition aux lois d’octobre 1942 et des activités anti-gouvernementales qu’il couvre : camouflage des véhicules militaires depuis le début de 1941, refus du serment de fidélité des fonctionnaires au Maréchal Pétain et de la Francisque, fabrication de faux papiers, protection des Juifs Denis Peschanski, Les camps français d’internement (1938-1946), Doctorat d’État en Histoire, Université Panthéon-Sorbonne - Paris I, 2000, . .
Avant de quitter son poste, Maux va obtenir le maintien de son service, qui protège près de : ce sera le « Service liquidateur du CLC » qui survivra encore deux ans, dans des conditions de plus en plus difficiles.
En 1945 il est nommé par le général de Gaulle pour créer et diriger la Mission économique française d’Extrême-Orient.
Il a le statut de ministre plénipotentiaire, rapportant le dossier de la conférence inter-États, qui devait se réunir le à Pau"Les accidents des 12 et 14 juin font rebondir les commentaires au sujet du trafic des piastres", article dans "Le Monde" du 17 juin 1950 , et participe aux conférences économiques de l'ECAFEUN Intellectual History Project, from ECAFE to ESCAPdédiées à l'Asie et à l'Extrême-Orient. Il disparaît le lors du crash en mer du DC-4 Air France assurant la liaison entre Saïgon et l'île de Bahreïn ; c'est l'une des de la catastrophe des deux DC-4 d'Air France en .
Notes et références
Annexes Bibliographie
Antoinette Maux-Robert, La lutte contre le chômage à Vichy - Henri Maux, le Juste oublié 1939-1944, Éditions Charles Lavauzelle, Panazol, 2002.
Liens externes
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