Signes est une commune française située dans le département du Var dont elle est la plus étendue, en région Provence-Alpes-Côte d'Azur.
Située au pied du massif de la Sainte-Baume, Signes est membre de la communauté d'agglomération Sud Sainte Baume.
Signes se nomme Signo en provençalLou Tresor dóu Felibrige, t2 , édition CPM 1979. (Sinha selon la graphie occitane classique).
Les habitants de Signes sont les Signois.
Géographie Géologie et relief
Signes se situe dans une petite plaine aux riches cultures, encadrée de hautes collines et montagnes couvertes de garrigue et de forêts, et traversée par le canal de Provence. Cette plaine est une formation karstique particulière et forme avec la plaine de Chibron à l'ouest, un double poljé.
Les hauteurs principales sont : au nord-ouest, le signal de la Sainte-Baume (), le Mourre d'Agnis () ; au sud, le Pou de Veze () et la Limatte () sur le massif de Siou-Blanc.
Sismicité La commune est située dans une zone de sismicité faible..
Hydrographie
Second fleuve en importance du département du Var, le Gapeau prend sa source dans la plaine de Signes à 2 kilomètres à l'est du village.
Le ruisseau du Latay (pron. Lataï), qui descend des contreforts de la Sainte-Baume, contourne le village par l'ouest, puis traverse la plaine d'ouest en est pour se jeter dans le Gapeau à la sortie de la plaine. On doit noter qu'au confluent le Latay a derrière lui un parcours nettement plus long que le Gapeau, mais son débit trop faible et surtout irrégulier le classe affluent du Gapeau.
Le Raby est un ruisseau intermittent qui prend sa source à mi-hauteur du vallon de Lavène et traverse le village avant de se jeter dans le Latay.
La commune de Signes est membre du Syndicat mixte du bassin versant du Gapeau (SMBVG), qui a pour missions l’entretien, la restauration et l’aménagement des rivières du bassin versant du Gapeau, l’amélioration de la qualité des eaux, l’entretien des ripisylves, la gestion et la prévention du risque inondation..
Communes limitrophes
Climat
En 2010, le climat de la commune est de type climat méditerranéen franc, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique s'appuyant sur une série de données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, Météo-France publie une typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat méditerranéen et est dans la région climatique Provence, Languedoc-Roussillon, caractérisée par une pluviométrie faible en été, un très bon ensoleillement (), un été chaud (), un air très sec en été, sec en toutes saisons, des vents forts (fréquence de 40 à 50 % de vents > ) et peu de brouillards..
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, « Le Castellet », sur la commune du Castellet à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de . ...
Les paramètres climatiques de la commune ont été estimés pour le milieu du siècle (2041-2070) selon différents scénarios d'émission de gaz à effet de serre à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.. Ils sont consultables sur un site dédié publié par Météo-France en ..
Voies de communications et transports Voies routières La commune de Signes est traversée d'ouest en est par la route départementale 2 du Var, qui permet de rejoindre : vers l'ouest, le Camp du Castellet et La Ciotat ; vers l'est, Méounes-lès-Montrieux et Brignoles. Deux embranchements complètent cette desserte : à l'ouest, la D 402 vers la zone d'activité de Signes et le circuit du Castellet ; à l'est, la D 202 vers Belgentier et Solliès-Pont.
Transports en commun Signes est desservi par : deux lignes départementales d'autocars « Zou ! 83 » (ex-Varlib) : L888 Signes ↔ Le Beausset ↔ Toulon L8822 Signes ↔ Le Beausset ↔ La Seyne-sur-Mer (horaires scolaires, accès tous voyageurs) deux lignes de bus de la communauté d'agglomération Sud-Sainte-Baume : L42, vers Bandol (ligne scolaire, accès tous voyageurs) L29, vers Le Beausset (ligne scolaire, accès tous voyageurs)
Aucun horaire de bus durant la période de l'été (juillet et août) proposé par les deux Autorités Organisatrices des Transports (AOT) Zou ! 83 » (ex-Varlib) et Sud-Sainte-Baume.
8 arrêts se situent sur la Commune dont une gare routière avec deux quais.
Les gares ferroviaires les plus proches sont celles de Saint-Cyr-Les Lecques-La Cadière (à 22 km) et de La Ciotat (à 25 km) pour la direction de Marseille, et de Solliès-Pont (à 22 km) pour la direction de Nice.
L'aérodrome le plus proche est celui de Hyères-le-Palyvestre, à 40 km.
Urbanisme Typologie Au , Signes est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle appartient à l'unité urbaine de SignesUne unité urbaine est, en France, une commune ou un ensemble de communes présentant une zone de bâti continu (pas de coupure de plus de entre deux constructions) et comptant au moins . Une commune doit avoir plus de la moitié de sa population dans cette zone bâtie. ., une unité urbaine monocommunale constituant une ville isolée... Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Marseille - Aix-en-Provence, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de ou plus (hors Paris)...
Occupation des sols Le tableau ci-dessous présente l'occupation des sols de la commune en 2018, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC).
+Occupation des sols en 2018 Type d’occupation Pourcentage Superficie (en hectares)Tissu urbain discontinu 1,5 %200Zones industrielles ou commerciales et installations publiques 1,1 %142Extraction de matériaux 0,7 %94Chantiers 0,2 %25Équipements sportifs et de loisirs 0,05 %7Vignobles 0,9 %115 Vergers et petits fruits 0,3 %34Prairies et autres surfaces toujours en herbe 0,4 %53Systèmes culturaux et parcellaires complexes 3,9 %524Surfaces essentiellement agricoles interrompues par des espaces naturels importants 0,4 %134Forêts de feuillus 50,2 %6699Forêts de conifères 4,7 %626Forêts mélangées 9,1 %1217Pelouses et pâturages naturels 2,1 %275Végétation sclérophylle 20,4 %2723Forêt et végétation arbustive en mutation 0,6 %86Roches nues 0,2 %28Végétation clairsemée 0,7 %354Source : Corine Land Cover. L'occupation des sols montre une faible urbanisation du territoire ainsi qu'une nette prédominance de la forêt sur les terres agricoles. La forêt occupe 69,0 % de la surface communale et est constituée majoritairement de feuillus. La végétation arbustive et/ou herbacée occupe 23,1 % de la surface communale et est constituée surtout de plantes sclérophylles. Les terres agricoles n'occupent que 5,9 % de la surface communale.
Histoire
Préhistoire et Antiquité Les vestiges de fréquentation du territoire signois sont très anciens : chevaux paléolithiques trouvés dans la grotte de Mounoï ; fréquentation humaine remontant au néolithique (poterie, foyers, etc.) dans cette même grotte de Mounoï. ; sites datant de l’âge du bronze ou de l’âge du fer (divers oppidums, dont Château-Panier, la Vaucrette ; grotte gravée de la Bergerie des Maigres, etc.). Les vestiges romains sont aussi très nombreux (monument mouluré des MaulnesL'habitat rural dans le Var à l'époque romaine : Données archéologiques récentes, p.7., tombes et villa à l'emplacement de l'actuel village, etc.).
Moyen Âge La première mention du village de Signa date de 984 (cartulaire de Saint-Victor à Marseille) dans une donation faite par Pons, évêque de Marseille et fils de Guillaume, vicomte de la même ville, aux moines de Saint-Victor.. Trois villages existaient au Moyen Âge : Château-Vieux (Castrum Vetus), Signe-la-Blanche (Signa Blancqua) et Signes-Barrarenques (Signa de Barrarenquis). Le village fut une seigneurie des vicomtes de Marseille, de la famille de Signes, puis des évêques de Marseille du fait de Aymard Amiel qui acheta à Bertrand de Porcelet tout ce que ce dernier possédait à Signes. Les frères Geoffroy et Guigo de Signes rapportèrent de la Croisade des reliques de saint Jean Baptiste qui donnèrent au village et aux seigneurs de Signes un grand prestige au Moyen Âge. Sainte Delphine de Signes (Delphine de Sabran) aurait résidé dans le village, au 28 de l'actuelle rue Louis-Lumière.
La mort de la reine Jeanne ouvre une crise de succession à la tête du comté de Provence, les villes de l’Union d'Aix (1382-1387) soutenant Charles de Duras contre Louis d'Anjou. La communauté de Signes avait choisi elle aussi le camp carliste, mais en 1383, le seigneur d’Ollioules et Évenos fait la conquête du village, qui se trouve de force dans le camp des AngevinsGeneviève Xhayet, « Partisans et adversaires de Louis d'Anjou pendant la guerre de l'Union d'Aix », Provence historique, Fédération historique de Provence, volume 40, 162, « Autour de la guerre de l'Union d'Aix », 1990, 412..
Temps modernes Mgr Jean-Baptiste Cibo, évêque de Marseille, habitat Signes durant la plus grand partie de son épiscopat entre 1541 et 1550. Il est enterré dans l'église Saint Pierre de Signes..
Durant la seconde partie du , Signes abrita l'une des principales communauté protestante de Basse-Provence. Une église dressée dotée d'une consistoire et d'un pasteur. Un pacte fut passé entre catholiques et protestants pour se partager la gestion municipale..
En 1590, le château fut occupé par les troupes du duc d’Épernon, il fut rasé ensuite par les habitants. En 1603, Frédéric Ragueneau, évêque de Marseille et seigneur de Signes, fut assassiné à coups de fusil dans sa résidence de la rue Saint-Jean (les habitants furent longtemps surnommés les « Estrangle évesque »)..
En 1707, un bataillon de soldats austro-savoyards envoyé par le duc de Savoie essuya une cuisante défaite infligée par les habitants eux-mêmes qui firent alors preuve d'un courage « patriotique » remarquablevoir les archives départementales à Draguignan..
Période contemporaine L'ancien terrain militaire de Chibron accueillit un camp d'internement sous le régime de Vichy où furent enfermés des prisonniers politiques de à Jean-Marie Guillon, « Le camp de Chibron juin 1940-février 1941 », in Jean-Pierre Azéma, Antoine Prost et Jean-Pierre Rioux (directeurs de publication), Les communistes français de Munich à Châteaubriand (1938-1941), Presses de la FNSP, 1987, .. Des militants du groupe anarchiste d'Aimargues y sont : les frères Alfred, Élie, Joseph et Vaillant Deschamps, Georges Louche, Marcellin Mari, Paul Perrier et Joseph Chatellier. Et des militants communistes y sont également internés, tels le pédagogue Célestin Freinet, Fernand Brémond, maire de Marsillargues ou François Mercier, futur parlementaire. Le responsable des Jeunesses communistes et résistant Marcel Bertone s'en évade le .
Signes fut ensuite un haut-lieu de la Résistance en Provence pendant l'occupation allemande., comme en témoignent les stèles, plaques et tombes se trouvant alentour : stèle de la ferme de la Limate rappelant les noms des neuf combattants du détachement Guy Môquet ( FTPF de Provence) et d'un berger (qui se trouvait là par hasard) fusillés par les troupes allemandes le ; stèle du monument du Siou Blanc indiquant les noms des dix maquisards toulonnais fusillés le ; vignette|Le charnier de Signes.