Le Hilda était un paquebot à vapeur affrété par London and South Western Railway (LSWR), qui assura des liaisons entre Southampton, les îles Anglo-Normandes et Saint-Malo jusqu'à son naufrage en 1905, qui coûta la vie à au moins histomar.net, consulté le 11 mars 2018..

Construction Le Hilda fut construit par Aitkin & Mansel, Whiteinch, Glasgow pour un coût de . Il fut lancé en 1882 et sa construction fut achevée en . La coque d'acier du Hilda mesurait de long pour une largeur de et un tirant d'eau de . Il était propulsé par une machine compound à deux cylindres alimentée par deux chaudières, développant une puissance de qui lui assurait une vitesse maximale de soit . Il pouvait transporter . Le Hilda disposait de six canots de sauvetage offrant au total , ainsi que de de sauvetage et de sauvetage.

Histoire Le Hilda termina ses essais en mer le et fut livré le même jour à la LSWR. D'abord utilisé sur la ligne Southampton—Jersey—Saint-Malo, le il fut remplacé sur cette ligne par le Stella et assura à partir de cette date la traversée directe entre Southampton et Saint-Malo. En 1894, il fut équipé de nouvelles chaudières et d'un éclairage électrique.

Le naufrage

Le Hilda avait quitté Southampton à le avec à bord, effectuant son service régulier vers Saint-Malo en Bretagne. Un épais brouillard le force à jeter l'ancre au large de Yarmouth, sur l'île de Wight pour attendre de meilleures conditions météorologiques. Il reprend son voyage à le et passe au large d'Aurigny à . Après avoir dépassé Jersey, les conditions météorologiques se détériorent. À , il s'approche de Saint-Malo. Les lumières de la ville sont visibles, comme celle du phare du Grand Jardin, mais les bourrasques de neige réduisent la visibilité et le capitaine Gregory est contraint d'abandonner sa tentative d'entrer dans le port.

La visibilité s'améliorant, le Hilda effectue plusieurs tentatives, qu'il doit à chaque fois abandonner. Vers , la visibilité s'améliorant encore, il effectue une dernière tentative. Quelques minutes plus tard, il heurte les rochers de la Pierre de Portes, qui affleurent à l'ouest du chenal d'accès au port de Saint-Malo. Des fusées de détresse sont tirées et les passagers endossent leur gilet de sauvetage. Des tentatives sont faites pour lancer à la mer les canots de sauvetage, mais cinq d'entre eux ne peuvent pas être mis à l'eau ou s'écrasent sur les rochers. Le sixième s'échouera à Saint-Cast-le-Guildo à l'ouest de Saint-Malo. La marée est descendante, et le Hilda se brise en deux après s'être échoué. Entre 20 et arrivent à se hisser sur le mât de misaine pour attendre les secours. À le , quand ils sont découverts par l'Ada, un bateau de la même compagnie qui quitte Saint-Malo pour Southampton, il ne reste que six survivants : Olivier Caroff (de Roscoff), Tanguy Laot (de Cléder), Louis Rosec (de Plouzévédé), Paul-Marie Penn, Jean-Louis Mouster (de La Feuillée) et le chauffeur anglais James Grunder. Le journal de bord étant perdu en mer, on n'a jamais connu le nombre exact de personnes qui ont trouvé la mort dans ce naufrage. Parmi les victimes, il y a au moins soixante-dix vendeurs d'oignons (que l'abbé Creignou nommera à partir de 1927 Onion Johnnies) revenus d'Angleterre, où ils ont vendu leur récolte.

Le capitaine William Gregory a travaillé chez London and South Western Railway pendant . Il a rejoint la compagnie en 1869 à l'âge de . Son premier commandement est le Honfleur en 1880. En 1885, il devient capitaine du Hilda. Le seul survivant de l'équipage est le matelot James Grinter, qui avait déjà survécu à deux autres naufrages. Les cinq passagers survivants étaient Olivier Caroff de Roscoff, Tanguy Laot de Cléder, Jean Louis Mouster de La Feuillée, Paul-Marie Pen de Cléder et Louis Rozec de Plouzévédé.

Un autre vapeur de London and South Western Railway, le Stella, fit naufrage aux Casquets, îles Anglo-Normandes, le , faisant . Le , la Great Eastern Railway perdit le Berlin (1894), dont le naufrage à Hoek van Holland fit .

L'enquête Une enquête fut menée selon le Merchant Shipping Act de 1894 sur les circonstances du naufrage du Hilda. La commission d'enquête siégea à l'hôtel de Caxton, Caxton Street, Londres les , 2 et . L'enquête conclut que le navire était en bon état, que les équipements de sauvetage correspondaient aux normes de l'époque. Aucune accusation d'imprudence ou de négligence ne fut retenue contre le capitaine Gregory.

L'épave aujourd'hui thumb|right|upright=1|Le mémorial de Dinard, contenant l'hélice du Hilda. L'épave du Hilda repose à une profondeur de à marée haute. Deux chaudières sont visibles sur un fond de rochers. L'hélice en bronze était posée sur le sable au bout de son arbre, mais elle a été remontée en 1997 pour être exposée au mémorial de Dinard. À cette occasion, une plaque commémorative a été déposée au sommet d'une des deux chaudières. De nombreuses tôles parsèment le fond de sable. Le fond de la coque est parfaitement visible. La machine à triple expansion est encore en place et l’arbre d’hélice descend vers le sable.

Références

Liens externes

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