Le marbre de Saint-Berthevin ou encore marbre de Laval est une variété de marbre rouge ou rose extrait à Saint-Berthevin près de Laval utilisée pour les objets ou les monuments.
Histoire
Les chroniqueurs comme Charles Maucourt de Bourjolly indique qu': Ordinairement, François de Laval se faisait accompagner par un frère cordelier, fils d'un architecte d'Orléans. Ce frère ébauche et polie cette pierre, et la transforme en un petit vase en forme de cul-de-lampe pour servir de bénitierCe bénitier a disparu depuis, après un nouveau séjour dans la chapelle de Beauregard. au haut de l'église de Sainte-CatherineSur le bord duquel est gravé F. de Laval, E. de Dol et au-dessous de ce vase il y a la figure d'un petit ange avec ce chiffre 1547, qui est l'année que le bénitier fut fait..
On peut dater de 1547 la découverte du marbre de Saint-Berthevin. Par la suite, des carrières ouvertes à Saint-Berthevin et dans les communes environnantes fournirent leurs belles colonnes aux autels d'Avesnières, de la Trinité de Laval et de Saint-Maurice d'Angers. Le marbre de la carrière du Chastellier fournit les plus beaux spécimen allant du brun rouge au lilas pâle.
Au , on compte 3 carrières : La ChambrulerieSur le territoire actuel de Laval., dont on tirait un calcaire dur, servant à la construction courante. Cette carrière a servi au début de son exploitation au début du à fournir des colonnes de marbre rouge, probablement destinés à quelques retablesJacques Salbert ajoute comme celles qui firent l'objet d'une contestation entre Tugal Caris et Etienne Arnoul en 1636. ; La carrière de Grenoux, qui fournissait du marbre noir ; Le Châtelier ou Châtelet à Saint-Berthevin, qui a fourni les premières colonnes de retables lavalloisMarchés de Chantepie en 1606, et d'Agenyau en 1610 pour l'église Saint-Vénérand de Laval. au début du . Par la suite, sortirent des quantités de colonnes, balustres, plaques que l'on peut trouver sur les façades des églises de l'Ouest de la France, ou encore qui contribue à la décoration de La Sorbonne, du Louvre, de la Malmaison. Le marbre de Versailles provient en partie de Laval et de Sablé.
Architectes et marbre Ce marbre est utilisé par les architectes lavallois Étienne Corbineau, Pierre Corbineau et Langlois, ou encore le sculpteur François Vignier pour leurs réalisations. Ils sont à l'origine de l'école lavallois de retables.
Nommé architecte de la ville de Laval en 1645, les Corbineau sont associés à d'autres architectes pour l'exploitation des marbres de Saint-BerthevinEtienne obtient une concession de carrière d'Adenette Gastin, dame du Chastellier il doit ouvrir, en comblant la partie abandonnée et mettant avec soin la bonne terre en dessus, et payer 4 livres tournois par charretée de marbre.. Ce marbre trouvait son emploi dans les autels que construisaient les Corbineau.
En 1642, c'est pour le duc de la Trémoille, et suivant le dessin que lui a remis Monseigneur le duc, qu'il passe un important marché avec les marbriers Jean Nicquet et Philippe CuvelierCeux-ci s'engagent à lui fournir vingt-six balustres de marbre de Saint-Berthevin, dont quatorze de 3 pieds de longueur et grosseur à proportion, et douze de 2 pieds 7 pouces, et six pieds d'estaux qui porteront leurs corniches tout autour par le hault avec un plinte par le bas, de 3 pieds de hault, et trente pieds de corniche moulurée. . Rien n'indique à quelle église ou à quelle demeure, château de Laval, d'Olivet ou autre, était destinée cette décoration de marbre..
Monuments On trouve du marbre de Saint-Berthevin dans les monuments suivants : Côtes-d'Armor : Lamballe, bénitier de la collégiale Notre-Dame de Lamballe Ille-et-Vilaine : Bais, retable de l'église Saint-Marse de Bais Fougères, autel de l'église Saint-Sulpice de Fougères Rennes, colonnes de la basilique Saint-Sauveur Maine-et-Loire : Chazé-sur-Argos, cheminée à la Borderie Mayenne : Ahuillé, colonne du cimetière, près de l'église Notre-Dame-de-l'Assomption d'Ahuillé Ballée, bénitier de l'église () Hambers, autel de l'église Laval, Ursulines de Laval Laval, fontaine Saint-Tugal Saint-Berthevin, église Sarthe : plusieurs monuments du site de Cherré/Aubigné-Racan. Deux-Sèvres : Thouars, balustres du grand escalier du château des ducs de La Trémoïlle.
Note
Bibliographie
Jules-Marie Richard, Les constructeurs de retables, Bulletin de la Commission historique et archéologique de la Mayenne, 1906. Jacques Salbert, Ateliers de retabliers Lavallois aux XVII et XVIII siècles : Études historiques et artistiques, Presses universitaires de Rennes, 1976.
Annexes Articles connexes Marbre, Marbres antiques et Marbres modernes Histoire du marbre
Voir aussi Retable lavallois
Saint-Berthevin