Furrina, ou moins souvent Furina, est une divinité romaine peu connue dont la fête, les , était célébrée le . Un bois sacré lui était consacré au pied du Janicule. C'était d'après Georges Dumézil la déesse des eaux souterraines et la patronne du creusement des puits.

Culte Selon le témoignage de Varron, Furrina était une divinité presque oubliée à son époque. Varron dit que, de son temps (au ), son nom était à peine connu de quelques-uns : .

Furrina disposait d'un flamine mineur préposé à son culte, le Varron indique qu'il est mentionné par Ennius, dans les Annales., ce qui atteste d'une certaine importance dans la religion archaïque.

Clôturant, dans le calendrier des fêtes religieuses romaines, la série de fêtes liées à la Canicule (Lucaria et Neptunalia), la fête des Furrinalia était célébrée le dans un bosquet sacré du Janicule appelé le . C'est dans ce bois sacré que Caius Gracchus, mis hors la loi par un et poursuivi par ses ennemis, trouva la mort en Le se trouvait à l'emplacement actuel du parc de la Villa Sciarra. Sous l'Empire, aux , la y côtoie d'autres cultes, d'origine orientale, attestés par des inscriptions en grec à Zeus Keraunios et à Jupiter Héliopolitain ; on y trouve aussi un relief représentant la déesse syrienne Atargatis Dercéto avec deux lions.

Selon une lettre de Cicéron à son frère QuintusCicéron, Ad Quintum fratrem, 3, 1, 2., Furrina avait aussi un sanctuaire près d'Arpinum.

Recherches étymologiques Origine étrusque Paul Gauckler, archéologie que localisa le et y effectua un sondage en 1908, remarque que les variantes nommant la déesse comportent la même série de consonnes f-r-n. Il fait le rapprochement avec les mots Feronia, Ferentis, Ferentum, Ferentinum, Ferentina, désignant des toponymes étrusques ou d'influence étrusque. Similaire à la nymphe étrusque Féronie, Furrina serait donc elle aussi d'origine étrusque, et le aurait été aménagé près de Rome durant la période de domination étrusque.

Origine indo-européenne Georges Dumézil suggère que le nom de Furrina serait issu de la racine indo-européenne *bhrewr-, d'où dérivent les mots « source » en grec ancien et en gotique, et « puits » en arménien. Cette racine aurait donné en proto-latin *freuor ou *frur, dont le « r » aurait migré en *furr-, désignant les puits et les eaux souterraines. Tombée en désuétude au profit de puteus, cette forme ancienne ambiguë aurait progressivement disparu du vocabulaire romain, privant ainsi la divinité archaïque de son support étymologique. Toutefois, ce mot latin frur ou furr n'existe pas. Selon George Dumézil, on peut penser qu'il a existé (peut-être l'homophonie du nominatif avec celui de « (voleur ») a-t-elle contribué à le faire disparaître au profit du nouveau puteus ?) et qu'il survit dans son dérivé devenu incompréhensible aux Romains eux-mêmes, Furrina, le nom de la déesse dans laquelle on reconnaît une patronne du travail de creusement des puits.  Furrina fut probablement évincée par la figure de Neptune/Poséidon. À l'image du dieu Fons (divinité des sources naturelles), elle fut progressivement reléguée au rang de nymphe et de divinité secondaire et réduite au mystère de son étymologie.

Notes et références

Voir aussi Bibliographie . .

Liens externes Lucus Furrinae in Platner-Ashby, A Topographical Dictionary of Ancient Rome, Londres, Oxford University Press, 1929.

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