La méthode mixte, appelée également « méthode semi-globale », est une méthode d'apprentissage de la lecture qui tente de combiner les avantages de la méthode syllabique et de la méthode globale, les mots appris par l'analytique étant utilisés pour découvrir les syllabes et sonorités, permettant ainsi le déchiffrage de nouveaux mots.

Cette méthode, utilisée depuis 30 ans en France, fait l'objet de critiques.

Description En pratique, elle commence généralement par faire apprendre par cœur un certain nombre de mots, tels que des articles et des mots de liaison (« mots outils »), pour poursuivre en se combinant avec une analyse syllabique ou phonétique.

La méthode mixte n'est pas une méthode synthétique. C'est une méthode analytique puisqu'elle va du texte vers la lettre et qu'elle aborde la lecture par les phonèmes auxquels elle fait correspondre les différents graphèmes. Dans les faits, elle est aujourd'hui pratiquement la seule utilisée depuis 30 ans en France.

La méthode mixte invite à une reconnaissance visuelle globale des mots, en s’appuyant très souvent sur un court texte illustré. En s’aidant de l’illustration, l'élève est appelé à mémoriser le profil graphique des mots écrits, voire des phrases, dont le maître lui indique la prononciation, sans qu’on lui demande de les déchiffrer. Il s’agit d’entraîner l’élève à la reconnaissance directe de mots qu’il aura photographiés et stockés en mémoire. Les manuels parlent aussi à cet égard d’imprégnation, de connaissance par cœur, ouvrant la voie à la compréhension.

Critiques

Ses détracteurs l'accusent de provoquer dyslexie et dysorthographieMéthodes de lecture : un débat à reprendre d'urgence. Le professeur de lettres Jean-Paul Brighelli la critique vivement dans son essai La Fabrique du crétinJean-Paul Brighelli, La Fabrique du crétin : la mort programmée de l'école, Jean-Claude Gawsewitch Editeur, 2005 . L'orthophoniste Colette Ouzilou, dans son livre Dyslexie, une vraie-fausse épidémie, affirme que l'utilisation des méthodes mixtes est à l'origine de la fausse épidémie de dyslexies : « La méthode mixte se tient dans un équilibre précaire entre approche visuelle globale et méthode synthétique. Étant donné l'incoordination entre l'étude de la lettre-son et sa mise en pratique dans la lecture, la synthèse n'est jamais mise en pratique. Code et combinatoire jouent donc les seconds rôles, ils seront dévalorisés. L'exploitation du texte avant la lettre occulte le décodage rendu, aux yeux de l'enfant, inutile » (éd. 2010, ).

L'étude de Jérôme Deauvieau, portant sur des classes de quartiers populaires, a mis en avant un plus haut taux de réussite à des tests de déchiffrage et d'écriture chez des élèves apprenant la lecture à l'aide de la méthode syllabique.

Selon Stanislas Dehaene, le département d'évaluation des programmes de l'éducation nationale n'a pas pris la peine de mener lui-même une évaluation des méthodes. L'enquête Deauvieau révèle que 77 % des enseignants des zones défavorisées choisissent toujours un manuel de lecture inapproprié, qui fait appel à une méthode mixte, c'est-à-dire où l'enfant passe un temps considérable à des exercices de lecture globale et de devinettes de mots qu'il n'a jamais appris à décoder. Seuls 4 % adoptent une méthode syllabique, qui propose un enseignement systématique et structuré des correspondances entre les lettres et les sons, avec 20 points de réussite supplémentaires sur 100 aux épreuves de lecture et de compréhension.

Notes et références

Voir aussi

Articles connexes Lecture Apprentissage de la lecture Méthode syllabique Méthode globale Enseignement du français Pédagogie du français Didactique du français

Liens externes Assemblée nationale - Rapport d'information déposé par la commission des affaires culturelles et de l'éducation, en conclusion des travaux d'une mission d'information sur l'apprentissage de la lecture (Mme Annie Genevard et M. Fabrice Le Vigoureux), n° 2108 Dysorthographies au collège : résultat d'études sur des élèves ayant appris à lire par la méthode mixte

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