Pierre de Porcaro, né le à Dinan (Côtes-du-Nord) et mort le au camp de concentration de Dachau, est un prêtre catholique français du diocèse de Versailles. Quatrième d'une famille de cinq enfants, il est le fils d'Edmond de Porcaro et de Marthe du Hamel de Canchy.

Il est l'une des cinquante victimes du décret de persécution du Troisième Reich du . Ce décret fut porté par Ernst Kaltenbrunner, chef de la Gestapo, contre l'activité de l'action catholique française au sein des travailleurs civils français dans le ReichL'histoire de l'abbé Pierre de Porcaro est celle de la résistance authentique, mais exclusivement spirituelle : . Il est important de la saluer et de la donner en héritage aux jeunes afin qu'ils restent vigilants en notre siècle. (Charles Molette).. Le , le pape Léon XIV a signé à Rome un décret reconnaissant le martyre de ces cinquante victimes, présentés comme des martyrs de l'apostolat, ouvrant donc la voie à leur béatification. Celle-ci a eu lieu le en la cathédrale Notre-Dame de Paris.

Biographie La famille de Porcaro est, depuis le , originaire de la paroisse de Porcaro, dans le département du MorbihanHenri de La Messelière, Les Filiations bretonnes, Saint-Brieuc, éditions Prudhomme, 1922, tome 4, p. 437-439.. Ses armes portent de gueules au héron d'argent becqué et membré de sableGuy Le Borgne, Armorial de Bretagne, Rennes, 1681, .. Elle compte dans ses rangs un zouave pontifical et une fille de la charité de Saint-Vincent-de-Paul. Le premier auteur recensé de cette famille bretonne est Jean de Porcaro, maintenu noble en Bretagne, le . S'ensuit une nombreuse postérité.

L'abbé Pierre de Porcaro est né le à Dinan. Il est le fils d'Edmond-Marie de Porcaro, né le , à Saint-Jouan-des-Guérets, chef d'escadrons de cavalerie, chevalier de la Légion d'honneur, et de son épouse née Marthe du Hamel de Canchy, née le , fille du général Arthur du Hamel de Canchy, commandeur de la Légion d'honneur et de Louise-Gabrielle Mallet de Chauny. Pierre de Porcaro a trois frères, Jean, Yves (qui sera à son tour ordonné prêtre) et André et une sœur, Louise, née à Vesoul le .

Entré au grand séminaire de Versailles en 1923, Pierre de Porcaro est ordonné prêtre en 1929. Puis il exerce les fonctions de professeur au petit séminaire de Versailles (aujourd'hui Lycée privé Notre-Dame du Grandchamp), avant de devenir vicaire à la paroisse Saint-Germain de Saint-Germain-en-Laye en 1935. Il est mobilisé en et fait prisonnier dans les Vosges avec son unité le . En captivité à Colmar avec français, il célèbre chaque jour la messe, puis il est transféré au Stalag V-A au nord-est de Stuttgart. Parmi des soldats bretons, il est muté enfin au stalag IX B, près de Bard-Orb. Libéré le en tant qu’aumônier militaire, il rejoint la paroisse de Saint-Germain-en-Laye.

Le , l'abbé Rodhain s'adresse aux évêques au nom du cardinal Suhard pour inviter les prêtres français à rejoindre en Allemagne les ouvriers français du Service du travail obligatoire, car écrit-il, . Il ajoute que . Dans ce but, un service d'aumônerie efficace est créé et confié à des prêtres françaisCharles Molette, L'Abbé Charles de Porcaro, p. 71..

En , les évêques de France permettent à vingt-cinq prêtres de partir clandestinement comme prêtres ouvriers en Allemagne. Roland-Gosselin, son évêque, lui avait expressément demandé s'il voulait bien partir en Allemagne comme aumônier clandestin STO. L'abbé Pierre de Porcaro part un mois plus tard, le , pour Dresde : il exerce son apostolat auprès des ouvriers français, dans une usine de cartons ondulés et y organise une section de la Jeunesse ouvrière chrétienneIl parvient à rassembler environ 150 ouvriers chrétiens répartis par petits groupes dans de petites assemblées de prière nocturnes.. Mais, victime d'un accident du travailUn carton de 180 kilos tombe sur son pied gauche et entraîne une double fracture., il est rapatrié en France le . Dès , en Allemagne, des mesures contre l'action catholique se mirent en place. Puis à partir d', les arrestations des responsables jocistes et de l'aumônerie clandestine en Allemagne commencent, à la suite du décret de Kaltenbrunner du , contre . Pierre de Porcaro repart néanmoins en sachant ce qu'il risquait.

thumb|Carte d'enregistrement de Pierre de Porcaro en tant que prisonnier dans le Camp de concentration de Dachau. L'abbé Pierre de Porcaro retourne à Dresde, dans l'usine de cartons ondulés, le pour y poursuivre son apostolat auprès des ouvriers français. Il est dénoncé par un ouvrier français à la Gestapo et il est arrêté le avec le séminariste Évode BeaucampÉvode Beaucamp (1917-1997) entre chez les Franciscains en 1947. Il est ordonné prêtre en 1949. Licencié en théologie, il exerce les fonctions de professeur dans de nombreuses facultés catholiques. Il publie une thèse sur la Vision de l'Univers et l'Histoire du Salut en 1959 dans la collection Lectio Divina, sous le titre La Bible et le sens religieux de l'Univers. Il a également publié une suite d'ouvrages sur les prophètes et les psaumes.. Retenu en prison à Dresde, il est envoyé au camp de concentration de Dachau dans la seconde quinzaine de . Il y rencontre le père Michel Riquet, qui occupe comme lui la baraque 21. Il reçoit le numéro matricule Charles Molette, ibid, .. Il exerce son ministère auprès de ses camarades déportés. Mais malade et épuisé, il meurt du typhus le (Charles Molette, ibid., )..

L'hommage que rend le père Edmond Cleton du diocèse de Lille à l'abbé de Porcaro, mort le dans les bras de l'abbé Beauvais, témoigne de sa sainteté et de sa conviction de demeurer accompagné par Dieu au cœur de la souffrance : Maurice Le Bas, Pierre de Porcaro, prêtre-ouvrier (STO), mort à Dachau, Paris, Lethielleux, 1948, p. 157..

Procédure de béatification Convaincu de la force de l'exemple de l'abbé Pierre de Porcaro, l'évêque Éric Aumonier a placé le séminaire de Versailles sous son patronage. Il soutient sa cause en béatification auprès du Saint-Siège.

Le , 80 ans après sa mort, cette cause de béatification aboutit puisque le pape Léon XIV signe au Vatican le décret reconnaissant le martyre de cinquante Français, dont Pierre de Porcaro. Celle-ci a lieu le samedi à 14h30 à Notre-Dame de Paris. Cette béatification collective est la plus importante célébration de ce type jamais organisée en France.

La «baraque des prêtres» à Dachau Guillaume Zeller, La Baraque des Prêtres - Dachau 1938-1945..

«Prêtre clandestin volontaire» En , à l'occasion du anniversaire de sa mort, les éditions Plein Vent (du groupe Elidia) en partenariat avec le diocèse de Versailles publient une bande dessinée intitulée . Le scénario est écrit par le Père Pierre Amar, les illustrations sont de Venzac. Notes et références

Voir aussi Bibliographie Henri de La Messelière, Les Filiations Bretonnes, Saint-Brieuc, Éditions Prudhomme, 1922, tome IV. Arthur Haulot, Dachau, éditions Est-Ouest, Bruxelles, 1945. Gabriel Piguet, Prison et déportation, éditions Spes, Paris,1947. Abbé Roger Chetaneau, Le Christ chez les rayés, par le n° 31397, préface de Piguet, Fontenay, éditions Lussand, 1947. Maurice Le Bas, Pierre de Porcaro, prêtre-ouvrier (STO), mort à Dachau, Paris, Letielleux, 1948. Pierre de Porcaro, 1904-1945, Saint-Germain-en-Laye, éditions Hybride, 2004. Charles Molette, Prêtres, religieux et religieuses dans la résistance au nazisme, édition Fayard, 1995. La mission Saint-Paul traquée par la Gestapo, édition Guilbert, 2003. L'abbé Pierre de Porcaro, mort à Dachau en 1945, l'un des Cinquante, Éditions Socéval, 2005. NED, Artège, 2025. Martyrs de la résistance spirituelle, victimes de la persécution nazie décrétée le , tome 2, éd. X.de Guibert, article Pierre de Porcaro, p. 1031 et suivantes. Jean Bernard, Bloc des prêtres 25 487, éditions Saint-Paul, Luxembourg, 2006. Arnaud Boulligny, Les Français arrêtés au sein du Reich et internés en camp de concentration, Bulletin trimestriel de la Fondation Auschwitz, N° 94, janvier-. Dominique Morin, Résistances chrétiennes dans l'Allemagne nazie - Fernand Morin, compagnon de cellule de Marcel Callo, préface d'Émile Poulat, éditions Karthala, 2014. Guillaume Zeller, La baraque des prêtres, Dachau, 1938-1945, éditions Tallandier, 2015. Abbé Pierre Amar, Pierre de Porcaro, prêtre clandestin volontaire (bande dessinée), Éditions Plein Vent, 2025.

Articles connexes Liste des familles subsistantes de la noblesse française (L à Z) Action catholique Service du travail obligatoire Jeunesse ouvrière chrétienne Liste de religieux français tués hors de France

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