Le Leslay est une commune française située dans le département des Côtes-d'Armor en région Bretagne.

Géographie Situation

Le Leslay se trouve à au sud-ouest de Saint-Brieuc, la préfecture du département.

La paroisse fait partie du territoire breton traditionnel Fañch.

Relief et hydrographie

Commune de petite superficie, Le Leslay présente un relief assez bosselé ; les points les plus élevés sont au sud-est du territoire communal (248 mètres entre Le Vieux Leslay et la Lande, et même 252 mètres à la pointe sud-sud-est du finage communal) ainsi qu'au sud-ouest (247 mètres à la limite sud de la commune, au sud de Pempoulo) ; le point le plus bas (189 mètres) est à la pointe nord de la commune, dans la vallée du Leff, à l'endroit où ce cours d'eau quitte la commune. Le bourg est vers 206 mètres d'altitude.

Le Leff, affluent de rive droite du Trieux, a sa source dans l'est de la commune et alimente l'étang de Beaumanoir, avant de servir un temps de limite communale avec Cohiniac ; le ruisseau de Kermabo est son premier affluent notable et a aussi sa source dans la commune, mais dans sa partie sud-ouest ; il conflue avec le Leff juste à l'endroit où cette rivière quitte la commune.

Deux petits affluents de la Bronce, elle-même affluente du fleuve côtier Gouët, ont leur source dans la partie sud de la commune.

Hydrographie

La commune est située dans le bassin Loire-Bretagne. Elle est drainée par le Leff..

Le Leff, d'une longueur de , prend sa source dans la commune et se jette dans le Trieux en limite de Quemper-Guézennec et de Plourivo, après avoir traversé ..

vignette|centre|redresse=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique du LeslayLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés..

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique franc, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique. Parallèlement l'observatoire de l'environnement en Bretagne publie en 2020 un zonage climatique de la région Bretagne, s'appuyant sur des données de Météo-France de 2009. La commune est, selon ce zonage, dans la zone « Littoral doux », exposée à un climat venté avec des étés cléments. Elle est en outre dans la zone H2a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves.

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Kerpert à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de . .

Pour afficher une liste d’indicateurs climatiques caractérisant la commune aux horizons 2030, 2050 et 2100 et pouvoir ainsi s'adapter aux changements climatiques, entrer son nom dans Climadiag-commune, un site de Météo-France élaboré à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.

Urbanisme Typologie Au , Le Leslay est catégorisée commune rurale à habitat très dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine et hors attraction des villes...

Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (85,7 % en 2018), une proportion sensiblement équivalente à celle de 1990 (85,8 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : zones agricoles hétérogènes (56,2 %), terres arables (22,3 %), forêts (14,3 %), prairies (7,2 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Toponymie La localité est attestée sous les formes anciennes Le Leslay en 1496., Leleslay en 1496., Le Leslay en 1535, Le Leslé (?) en 1543, treve du Lelay en 1741, treve du Leslay en 1742.

Selon Bernard Tanguy, le toponyme Le Leslay procède du vieux breton lis, les « château », associé au breton laë ou laez « haut », ou au breton le « lieu », ou bien encore à l'anthroponyme breton Lae.

En gallo, langue d’oïl parlée traditionnellement en Haute-Bretagne et essentiellement orale, Bernard Tanguy transcrit la prononciation gallèse sous la forme Le Lèlai en 1992.

Une prononciation du nom en langue bretonne a été recueillie à Saint-Connan et Senven-Léhart et transcrite sous la forme « al Lec'hlae » par Marsel Klerg en 1948.

En breton, la forme actuelle est , d'après les attestations du nom dans la production écrite en cette langue ces dernières décennies.

Al Leslae est également la forme bretonne normalisée donnée par l'Office public de la langue bretonne.

Dans une étude publiée en 1990, Jean-Yves Le Moing indique que 45,0 % des toponymes de la commune sont de langue bretonne.

Histoire

Antiquité

Une voie romaine passait par Rhundault et le Vieux Leslay. Moyen Âge

Le Leslay est issu du démembrement de l'ancienne paroisse de l'Armorique primitive de Pligeaux.. Le centre de peuplement initial se trouvait au village du Vieux-Leslay, à 800 mètres au sud du bourg actuel.

En 1496, le village du Leslay dépend du fief de la seigneurie de Beaumanoir.

Temps modernes

Louis-Guillaume Moreau a décrit le château de Beaumanoir-Eder, construit au par Olive de Beaumanoir, était habité à la fin du par Guy Éder de la Fontenelle, célèbre brigand et ligueur, dans son livre Le brigand de la Cornouaille..

Guy Éder de Lavardin de Beaumanoir, connu sous le nom de La Fontenelle, auteur de pillages et de tueries lors des guerres de Religion, fut condamné par le roi au supplice de la roue et le château de Beaumanoir fut en partie démantelé.

En 1670 Le Leslay possède une église tréviale et un curé y réside.

Le château de Beaumanoir, est reconstruit aux et .

Jean-Baptiste Ogée décrit ainsi Le Leslay en 1778 :

Révolution française

Le Leslay devient une commune en 1790.

Le Le Leslay dépend en 1802 (après le Concordat) de la paroisse de Saint-Gildas et ne devient une paroisse indépendante qu'en 1842..L'ancienne église du Leslay, construite par les seigneurs de Beaumanoir, était un lieu de pèlerinage assez fréquenté : la dévotion à saint Symphorien, patron de la paroisse, y attirait des pèlerins.

A. Marteville et P. Varin décrivent ainsi Le Leslay en 1843 : Joachim Gaultier du Mottay écrit en 1862 que la commune du Leslay dispose d'une école mixte ayant 56 élèves, que son territoire « se compose en grande partie de montagnes arides et couvertes de bruyères ; les terres cultivées sont légères et de médiocre qualité », que « l'église du Leslay, dédiée à saint Symphorien est une simple chapelle construite vers 1721 » et que « le château de Beaumanoir a conservé quelques parties du »..

L'église paroissiale Saint-Symphorien, œuvre de l'architecte Paul CourcouxPaul Jean François Courcoux (1839-1912) architecte à Lannion., est construite en 1896.

Le château de Beaumanoir est restauré entre 1895 et 1905 par l'architecte Auguste Courcoux pour le comte de Saint-Pierre. Charles Singlis y dessine en 1902 le parc à l'anglaise vaste de 25 ha.

Le XXe siècle

La Première Guerre mondiale

Le monument aux morts du Leslay porte les noms de 13 soldats morts pour la Patrie pendant la Première Guerre mondiale ; tous sont morts sur le sol français à l'exception de Louis Le Souder, tué à l'ennemi à Fosses (Belgique) le ; parmi les autres 5 sont morts aussi dès l'année 1914 (Cyr Le Blay, Jean Le Fèvre, Sylvestre Le Liard, Guillaume Mahé et François Quillien) ; Joseph Gicquel est mort après la fin de la guerre, le à l'Hôpital des Invalides à Paris, des suites de ses blessures..

La Seconde Guerre mondiale

Le Leslay n'a eu aucun mort pour la France pendant la Seconde Guerre mondiale ; elle n'en a pas eu non plus dans les autres conflits du .

Politique et administration

Démographie

Lieux et monuments Monuments religieux Église paroissiale Saint-Symphorien : l'église actuelle a été construite à la fin du par l'architecte Courcoux ; elle possède un panneau du en bois polychrome représentant la conversion de saint Hubert datant du et une statue de saint Symphorien datant du , ainsi que la litre funéraire de l'évêque Guillaume Eder.

Plusieurs croix monumentales dont la croix de Rhundault (Moyen-Âge), la croix armoriée du cimetière (1757) et trois croix datant du au bourg, à Kergomar et au Vieux-Leslay.

Château de Beaumanoir

Il s'élève à l'emplacement d'un manoir construit vers 1420 et partiellement démoli par ordre du roi à la fin du . Reconstruit aux et s, l'édifice actuel conserve des éléments de l'édifice antérieur. En 1895, il est restauré par le comte de Saint-Pierre dans un style néo-gothique d'après des plans d'Auguste CourcouxAuguste Courcoux, né le à Lannion, décédé le à Paris., architecte de Saint-Brieuc. Le domaine de Beaumanoir s'étendait sur les territoires du Leslay et de Cohiniac. Il a appartenu à la famille Eder jusqu'au début du , deux chambellans du duc de Bavière, Grawenreuth et de Reingbergen, en étant les derniers héritiers en 1832. Le château et son domaine sont achetés en 1832 par Charles du Merdy, marquis de CatuélanCharles Thérèse du Merdy, marquis de Catuélan, né le à Rennes, décédé en 1842, domicilié à Hénon en 1806., puis son gendre Antoine Espivent de la Villeboisnet (1791-1875), époux de Marie du Merdy de Catuelan, en devint propriétaire. Leur fille Mathilde se maria en 1854 avec le marquis Henri de Méhérenc de Saint-Pierre Henri de Méhérenc de Saint-Pierre, né le , décédé le à Plouagat..

Une allée de hêtres de 1,5 km conduit à la cour d'honneur du château. Cette demeure a été transformée au en application des techniques et des principes d'hygiène les plus novateurs de l'époque (eau courante, électricité, chauffage central). Le château, les communs et le parc constituent l'exemple, rare en France, d'un domaine complet de style victorien, tel que les riches familles férues de progrès le concevaient à la fin des années 1800 en Grande-Bretagne. Les salons, ouverts au public, restituent l'ambiance quotidienne de la vie familiale à travers un mobilier du et une collection d'art moderne. Chaque année des œuvres d'artistes contemporains connus viennent renouveler l'intérêt de la visite. À la fin du le château est possédé par la famille de Méhérenc de Saint-Pierre.

Le château, ses communs et le parc sont un site inscrit aux monuments historiques depuis le .

Le château et son parc servirent de décoren ligne sur Imdb : en 1979, au film Tess de Roman Polanski« Château de Beaumanoir », en ligne sur www.jedecouvrelafrance.com ;